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 Nombre d’entreprises leader sur le marché n’ayant su s’adapter à l’évolution rapide du marché ont eu du mal à se redresser, certaines n’ont même jamais réussi

M.Buelher, PDG de Janus Consulting et professeur d’intelligence économique et financière.

En est-il de même pour un pays tout entier ?

La saga Venezuela est une saga sans fin. Depuis des années, et ceci chaque année, les économistes et analystes voient un défaut du pays entre 50% et 90% sans que rien n’arrive. Faut il que le pays fasse défaut et « reparte à 0 » comme l’a fait l’Argentine ou vaut il mieux éviter un défaut du pays, ce que le président Vénézuélien tente en vain. Regardons un peu les données récentes. Les chiffres du Venezuela font peur :

720% d’inflation, un PIB à -8%, un des pays les plus corrompus du monde, une baisse du Bolivar de 96%, près de 50% de la population sous le seuil de pauvreté. Afin de comprendre comment le pays en est arrivé là revenons quelques années en arrière

Jusqu’en 2013, et dirigé par Président Vénézuélien Hugo Chavez, le Venezuela connu des années de succès, mené par la hausse des prix du pétrole dont le pays dispose des plus grandes réserves mondiales, bien plus encore que les réserves de l’Arabie Saoudite. Il faut savoir que 96% des rentrées de devises furent liés au pétrole grâce à la compagnie pétrolière PDVSA. Ces rentrées de devises (principalement libellé en USD) permirent au pays de vivre décemment et d’importer des produits de première nécessité tels que nourriture et médicaments. Chavez fût très populaire tant il a donné au pays une grandeur nationale et internationale. Nationale car il a permit de réduire les inégalités, la pauvreté, le chômage mais aussi d’augmenter le salaire minimum (2000% de hausse) à travers diverses aides sociales dû aux recettes tirées du pétrole. Internationale car PDVSA fût une des plus sociétés pétrolières les plus puissantes du monde devant Chevron ou Shell, qui a permit au pays d’avoir l’une des meilleures croissances mondiales (5,5% en 2012)

En 2013, suite au décès de H.Chavez, Nicolas Maduro (alors vice président de Chavez) prend la relève par intérim, puis fût élu président de la république Vénézuélienne peu de temps après, le pays subit de plein fouet la chute des prix du pétrole, passant de 100 dollars le baril à 25 dollars le baril en l’espace de 2 ans. Il faut comprendre que les recettes du pays dépendaient et ne dépendent que du pétrole. Les recettes de la société PDVSA ont été divisées par 3. Le pays s’est donc fortement endetté auprès de plusieurs pays et fonds « vautour » (fonds d’investissements spécialisés dans le rachat de dette à bas prix), et le comble est qu’il en a été réduit à importer du pétrole car n’ayant pas investis dans de nouvelles infrastructures, il coûte plus cher d’extraire que d’importer du pétrole.

Le gouvernement n’a pas eu d’autres choix que de limiter, voire couper, les importations afin de conserver les aides octroyés aux vénézuéliens. Couper les importations d’aliments ou de nourriture a donc entraîné la révolte du peuple, un bilan sanitaire désastreux, avec une hausse de la mortalité. La question que l’on peut se poser et qui reste sans réponses est pourquoi le gouvernement ne s’est pas diversifié. Ne compter que sur les recettes liées au pétrole fonctionna un temps mais sur le long terme ce fût un très mauvais investissement que le Venezuela paye au prix fort.

L’année 2018 devrait être une année décisive pour le pays. En décembre, le peuple devra voter pour un nouveau président. Les vénézuéliens s’attendent à un changement de gouvernement qui pourrait redonner à son pays sa puissance d’époque.

Le pays ne souffre pas d’un mauvais gouvernement (quoique très corrompu) mais d’autres facteurs économiques plus importants. Le pétrolé est le facteur numéro un. Une hausse soutenue des prix du baril restaurera petit à petit les bénéfices de PDVSA. L’année 2018 devrait voir le prix du baril avoisiner les 85 dollars qui aiderait le pays à paye une partie de sa dette.

Il est bon de noter que plusieurs pays sont derrière le Venezuela, telles que la Russie ou la Chine qui ont des milliards de créances. Ils n’y verraient aucun intérêt à ce que le pays fasse défaut.

Le facteur numéro 2 est que les Etats Unis sont les plus gros créanciers de la dette vénézuélienne, mais l’administration Trump empêche les sociétés américaines d’acheter à nouveau de la dette Vénézuélienne. Mais bizarrement quelques mois auparavant Goldman Sachs à investis massivement dans les obligations d’états vénézuéliennes (pour près de 850 millions d’USD). Excellent timing ou Goldman Sachs était au courant du futur blocage de Trump ? Connaissant Goldman Sachs la deuxième option est la plus probable.

Pour conclure, à ce jour le pays est condamné à un faible prix du baril couplé à une mauvaise politique. Mais attendons la fin de l’année 2018 afin de savoir si un nouveau gouvernement peut se mettre en place d’une part, si la hausse de la demande prédit par l’OPEP va permettre une hausse des prix du pétrole d’autre part.

Si aucun changement ne s’est opéré d’ici là, la solution la plus logique et radicale serait une remise à 0 du pays, que le pays fasse défaut sur sa dette comme l’a fait l’Argentine en 2001 (entre 2002 et 2008 le PIB argentin fût de 9% par an en moyenne, puis la crise de 2008/2009 à touché le monde entier). Le défaut du pays bloquerait l’accès aux marchés financiers pendant plusieurs années, permettrait aux créanciers de saisir les actifs du pays situés à l’étranger et subirait des sanctions commerciales, on comprend mieux pourquoi Maduro ne souhaite pas un tel scénario même s’il semble inévitable à terme.

Affaire à suivre en 2018…

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