Hugo GRASSIOT: l’Ubérisation et les géants du VTC

Hugo GRASSIOT: l’Ubérisation et les géants du VTC

Bien que les VTC soient une activité récente, ils trouvent leurs origines lorsque Le Louvres faisait encore office de Palais Royal, où des « chauffeurs » de l’époque, nommés « cochets », attendaient la prise en charge de personnalités éminentes et recevaient une remise en fonction de leur importance. C’est donc le secteur regroupant l’ensemble des activités du transport de personnes à la demande, exercé par des chauffeurs professionnels qui est visé.

On peut donc évidemment faire le lien avec l’activité d’un taxi. Cependant, alors qu’ils exercent la même activité, Taxi et VTC sont à différencier.

Le plus connu de ces services VTC est bien entendu Uber, anciennement UberCab, entreprise américaine technologique qui s’est donc révélée être le principal concurrent des taxis, valorisée à plus de 68 milliards de dollars au premier semestre 2017 et commercialisant ses activités dans plus de 310 villes à travers le monde. C’est alors qu’est apparu le terme « ubérisation », phénomène récent dans le domaine de l’économie, permettant un contact direct entre professionnels et clients.

Mais alors comment se sont développés ces services de transports de personnes?

Les taxis ont-ils réellement vu leur marché s’effondrer avec l’arrivée de ces VTC ?

Quel avenir pour les VTC et qui pourrait être l’acteur principal du marché ?          

Le marché des VTC s’est en effet amplifié très rapidement avec le développement des applications mobiles. Ces dernières sont des plateformes mettant en relation avec une très grande simplicité les chauffeurs représentant l’offre, et les clients, des passagers donc, représentant la demande. Depuis leurs apparitions, ce phénomène n’a cessé d’augmenter de façon exponentielle. D’un point de vue économique, cette nouvelle orientation vers ce marché pourrait s’expliquer de deux façons :

  • La première est que cette demande de mobilité, ce besoin, ne devait pas être entièrement satisfaite par les offres initialement présentes.
  • La deuxième est que cette activité des VTC doit être bien plus attractive en termes de conditions (rapidité, tarifs, qualité de service).

Cependant, 90% de l’activité reste située en île de France, représentant 6% de la croissance de cette région en 2016. Cette croissance n’est pas seulement bénéfique pour le secteur en lui-même, mais crée aussi diverses activités, comme par exemple les vendeurs ou loueurs de véhicules, les assureurs, ou la procuration de recettes fiscales pour l’Etat. Le principal avantage des VTC reste la création d’emplois (1/4 des emplois en île de France créer par la filière VTC), même au sein de secteurs difficiles ou défavorables à l’emploi.

Avec tous ces avantages, on comprend que les taxis traditionnels ont dû affronter une réelle menace face à l’arrivée  de ce marché. En effet, la France est le second marché d’Uber en Europe. Initialement les taxis G7 disposaient du quasi-monopole et aujourd’hui encore près de 65% des taxis appartiennent à la compagnie. Ces derniers dénoncent donc une concurrence déloyale vis-à-vis des démarches à faire en termes de temps et d’argent pour être taxi. En effet le nombre de taxis parisiens est contrôlé par l’Etat, faisant payer les licences pour être taxi près de 235 000 euros contre une simple carte de 170 pour les VTC. Aussi, La formation des taxis est beaucoup plus difficile : ces derniers doivent passer un examen tandis que les chauffeurs VTC ont simplement une formation de 250 heures à effectuer. Il est donc normal que les taxis veuillent défendre leurs rentes, mais face à des entrepreneurs libéraux favorisant le progrès et l’innovation, le combat est rude et de nombreuses négociations sont toujours entreprises.

Néanmoins même au sein de ces VTC la concurrence se fait rude. Uber s’est clairement imposé comme le principal VTC, mais comment se passe désormais la concurrence entre les différents VTC ?

Uber possède tout de même quelques défauts. La rémunération de ses chauffeurs n’est pas exceptionnelle ce qui pose un problème pour une partie non négligeable d’entre eux. En effet, les chauffeurs d’Uber sont généralement indépendants et ne signent que des contrats de partenariat ne garantissant pas un niveau de revenu fixe ou réguliers. Cette problématique peut avoir des conséquences sociales, comme pour des emprunts bancaires par exemple ou la location immobilière, nécessitant une fiche de salaire. L’objectif désormais serait donc, vis-à-vis des taxis et des inconvénients de certains VTC, d’adapter les règles dans une société en pleine métamorphose.

Mais toujours dans la même logique imposant aux taxis de faire face à Uber, Uber va devoir affronter la concurrence. En effet, dernièrement un acteur important du secteur des VTC s’est révélé : Taxify. La question que tout le monde se pose en ce moment vis-à-vis de cette filière est : Uber va-t-il finir Uberisé ? Et comment Taxify pourrait-il s’imposer sur le marché des VTC présentant déjà une belle somme d’avantages ?

Taxify

Mis en route le jeudi 5 octobre 2017 en France, Taxify est une start-up Estonienne, soutenue par le géant chinois Didi Chuxing, avec pour but de détrôner Uber, et donc les 6 autres services importants de VTC comme Chauffeur privé par exemple. L’application a déjà fait ses preuves dans 19 pays (Europe centrale et occidentale, Afrique, Chine), et possède plus de 100 000 chauffeurs. En effet, Taxify est valorisé à 50 milliards de dollars et s’est déjà emparé des activités de Uber en Chine il y a maintenant 1 an.

Cette entreprise s’est d’ailleurs imposée dès le mois d’Octobre en proposant une réduction de moins 50% sur tout le mois, ainsi qu’une de 25% au mois de novembre.

De plus, Il faut noter que Taxify ne compte pas révolutionner le marché, mais le dynamiser. Effectivement, le principe reste le même qu’Uber, mais deux changements font la différence :

  • Seulement 15% de commissions sont prises aux chauffeurs contre 25% pour Uber (qui ne prenait à l’origine que 20%. Cette augmentation a lieu en raison de l’accroissement du nombre de chauffeur).
  • De plus le prix de la course est 10% moins cher que la firme Uber.

Les prix sont donc jusqu’à présent considérés comme imbattables. En effet, les dépenses structurelles étant faibles (équipe locale de 4 personnes, peu de marketing, …), le CEO a affirmé vouloir garder les tarifs déjà sur place. Par exemple, le journal « Le Figaro » avait fait le test entre Paris centre et l’aéroport Roissy Charles De Gaulle : le prix de la prestation s’élevait à environ 22 euros pour Taxify contre 45 pour Uber. Egalement, le standing est du genre milieu de gamme. Bien que les Uber permutent en général avec chauffeur privé, ils se mettent désormais aussi à Taxify, qui n’impose pas de tenue correcte, ou encore de chargeurs de téléphones ou bouteilles d’eau pour ses clients.

Pourtant, Taxify n’est pas dépourvu de points négatifs. Par exemple, étant moins connu, le temps d’attente peut s’avérer plus long que celui d’attente pour un Uber (pour l’instant). Une fois que l’on tombe sur un chauffeur avec son application, il faut attendre en moyenne 15 minutes jusqu’à présent.

Il convient de se demander, en dépit des quelques défauts existants,  si avec tous ces avantages Taxify serait pour Uber, ce que Uber était pour les taxis ? Et où va s’arrêter cette course des VTC ?

Effectivement, si Uber est dernièrement dans une situation délicate (perte de licence à Londres, agressions sexuelles sur des passagères, piratage informatique …), l’arrivée de ce nouveau VTC va tout de même avoir un impact non négligeable sur le marché. Les taxis ont cependant déjà commencé à s’attaquer à cette nouvelle plateforme qu’est Taxify, s’étant entretenus avec la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), et s’intéressant également au marketing avec des réductions mal vues par les syndicats. Mais Taxify ne se laisse pas abattre et compte bien conquérir chaque pays d’Europe, même si la réglementation serait selon Markus Villig, le jeune PDG de 23 ans de Taxify, l’unique frein.

Selon Grégoire Leclercq, président de l’Observatoire de l’ubérisation,  «Les prochains 18 mois vont être passionnants, car à ce stade, aucune des deux entreprises n’est en mesure de dire qui va emporter le marché français ». Il va donc falloir attendre que Taxify se mette bien en place pour pouvoir conclure sur l’éventuel gagnant de cette guerre des taxis et VTC.

Références:

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/taxis-vs-uber-5-questions-pour-en-finir-avec-les-idees-recues-897680.html

http://www.lefigaro.fr/societes/2017/10/05/20005-20171005ARTFIG00050-taxify-concurrent-d-uber-debarque-a-paris-ce-jeudi.php

http://www.atafrance.com/fr/histoire-reglementation-du-vtc.html

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/taxify-debarque-en-france-va-t-il-tuer-uber-752891.html

http://www.20minutes.fr/magazine/economie-collaborative/collaboratif-pratique/taxify-nouvel-acteur-du-vtc-vraiment-plus-responsable-475779/

https://www.etudes-et-analyses.com/blog/decryptage-economique/histoire-marche-vtc-03-07-2017.html

http://1001startups.fr/vtc-marche-croissance-polemique-france/

https://www.usine-digitale.fr/article/taxify-arrive-a-paris-pour-dynamiser-le-marche-des-vtc-sans-le-revolutionner.N596303

https://www.youtube.com/watch?v=SJR64FVSf80

 

 

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