Moufid ABAYOMIMoufid ABAYOMIFebruary 14, 2019
Fotolia_132500581_XS.jpg

9min1840

Les premières réflexions et travaux sur l’intelligence artificielle datent des années 1950. Aujourd’hui, cette discipline, au cœur de tous les débats commence à bouleverser plusieurs secteurs d’activités. Avec l’émergence du big data, les travaux de recherche dans le domaine s’accélèrent. Voyons dans cet article, ses impacts dans le secteur de la banque et de la finance.

L’intelligence artificielle (IA, ou AI en anglais pour Artificial Intelligence) est un ensemble de théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes visant à permettre aux machines de simuler certains traits de l’intelligence réelle (raisonnement, apprentissage……). Elle devient un logiciel réfléchissant à la place de l’humain et se retrouve implémentée dans plusieurs domaines tels que : le commerce, les transports, la santé, l’assistant personnel, l’industrie, l’environnement, la défense, la finance etc…

Aujourd’hui l’intelligence artificielle permet de réaliser une vision artificielle, la reconnaissance vocale, un diagnostic médical et le traitement de certaines pathologies, le traitement d’images et de vidéos, les analyses prédictives, l’automatisation de manière plus intelligente, la création de robots humanoïdes, la simulation de systèmes complexes, la réalisation d’œuvre d’art etc…

Avec l’avènement du Big Data, l’IA a commencé à changer certaines habitudes dans le milieu bancaire et financier. En effet, les entreprises de ces secteurs disposent d’une grande quantité de données inexploitées. Le Big Data a créé un cadre adéquat pour l’exploitation de ses données. Cela permet entre autre, le développement de nouveaux algorithmes, le traitement de cette masse de données avec des algorithmes très puissants. Ce qui favorise entre autres la digitalisation du secteur financier, la transformation les activités de trading, d’évaluation des risques, de gestion de portefeuilles, d’analyse financière, de prêts bancaires etc…. D’où le succès des fintech.
En termes d’impacts dans le domaine bancaire et financier, on peut citer :

• La transformation des métiers
L’IA va automatiser plusieurs tâches dans le secteur bancaire et financier. Mais elle ne va pas remplacer l’humain. L’IA permettra de faire évoluer les métiers et compétences.
• Dans le trading
L’utilisation de l’IA et du machine learning dans les salles de marché est devenue une réalité. L’algo-trading tient compte des tendances de marché et l’IA donne une probabilité d’occurrence d’une transaction. Aujourd’hui, ce sont les automates qui exécutent les ordres de bourse. Seuls les paramètres sont définis par les humains. L’écriture automatisée des algorithmes de trading tente à s’imposer. Cela commence à obliger les traders à se lancer dans le code.
• Finance d’entreprise
La révolution digitale touche particulièrement les fonctions achats et comptabilité. A ce niveau, ce sont des logiciels qui réalisent certaines tâches quotidiennes. Cela facilite la vie des salariés. Notons que les fonctions finance, achats et RH ont un fort potentiel de numérisation.

• Dans la gestion d’actif ou de patrimoine
Le développement des Robots advisor par les FinTech permettent la gestion de portefeuille en ligne avec un minimum d’intervention humaine. Dans ce cadre, on peut distinguer deux types de services :
• la gestion conseillée : l’investisseur gère son portefeuille. Il peut choisir de suivre ou non les conseils qui lui sont prodigués ;
• la gestion déléguée : la structure gère le portefeuille pour le compte de son client. Il s’agit d’un mandat de gestion.
Les avantages qui résultent de ces services sont : l’avantage tarifaire, le conseil et la simplicité d’utilisation. Du coup, les assureurs, les banquiers et asset managers ont commencé à signer des partenariats avec des Robo-Advisors

• Automatisation des process métier
Grâce à l’intelligence artificielle et l’automatisation, les banques ont considérablement réduire le temps de traitement des demandes tel que la déclaration de perte/vol de cartes bancaires, la déclaration des sinistres. Pour cela, l’IA permet d’extraire dans un dossier de déclaration de sinistre, les éléments les plus pertinents pour savoir le type de sinistre, d’analyser le type de couverture d’assurance. Il permet ainsi aux agents d’entamer rapidement le processus d’indemnisation.
Cette discipline permet également d’élaborer de nouveau process de recrutement.

• Amélioration de l’expérience client
L’IA peut permettre aux banques et structures financières de réaliser une vision 360° de leur clientèle. En effet, l’IA peut réaliser la veille sur les réseaux sociaux et évaluer l’e-réputation de sa clientèle. Grâce aux informations collectées en temps réel, on peut tirer des conclusions rapides qui peuvent être mises à disposition des conseillers. Cela permet de personnaliser les offres de services. Les Chatbots permettent également un gain de temps pour les conseillers. Ces derniers peuvent se concentrer sur des demandes à plus forte valeur ajoutée. Tout ceci permet d’améliorer la relation-client, réduire les frais et augmenter le rendement des directions commerciales.

• La cyber sécurité
L’une des plus grandes inquiétudes dans le secteur bancaire et financier est la sécurité face aux cyber-attaques. En effet, on peut assister aujourd’hui à l’infiltration des systèmes informatiques des institutions par des programmes malveillants plus sophistiqués. On observe également l’apparition des fausses transactions provenant d’une destination douteuse ou des vols massifs.
Afin de remédier à cela, les banques et institutions financières font recours à l’IA et au machine learning pour construire une bonne défense. En effet, l’IA analyse les habitudes financières du client, détecte les comportements inhabituels. Elle peut ensuite alerter automatiquement le système pour garantir la sécurité des fonds des clients
Notons que le développement du cloud et l’utilisation de la technologie blockChain allié à l’intelligence artificielle permettra de réaliser des offres personnalisées et de concevoir des smarts contracts. On peut également assister à la création d’un écosystème dans lequel les services bancaires seront intégrés à des fonctionnalités comme le commerce en ligne, l’uberisation etc…

Webographie
https://www.letemps.ch/economie/lapport-lintelligence-artificielle-finance
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-182841-lintelligence-artificielle-na-pas-fini-de-revolutionner-le-secteur-financier-2176669.php
https://www.unow.fr/blog/le-coin-des-experts/intelligence-artificielle-moteur-finance-fintech/

Les applications et usages de l’ia


https://news.efinancialcareers.com/fr-fr/330088/quel-est-limpact-de-lintelligence-artificielle-sur-votre-job-en-finance
http://www.agefi.com/quotidien-agefi/forum-blogs/detail/edition/2018-05-09/article/intelligence-artificielle-la-finance-du-futur-5-475396.html


Bernd Oliver BUEHLERBernd Oliver BUEHLERDecember 5, 2018
Fotolia_46763334_XS.jpg

10min6270

Interview d’Ashley Boolell sur “The Disruptors”, son nouveau roman inspiré de l’intelligence artificielle. Livre en anglais disponible sur Amazon. Site web de l’auteur : www.ashleyboolell.com

Vous venez de publier “The Disruptors”, votre cinquième roman et le deuxième écrit en anglais. Il s’agit d’une fiction qui a pour thème l’intelligence artificielle. Comment vous est venue cette idée ?

Après “Killed In”, mon précédent roman inspiré du Dark Net, je me suis mis à réfléchir sur de nouveaux sujets à aborder tout en cherchant à faire évoluer mon style d’écriture. L’intelligence artificielle s’est facilement imposée car il s’agit d’un thème qui prend de plus en plus d’ampleur dans ce qui semble être une refonte du monde tel que nous le connaissons. Avec “The Disruptors”, j’ai imaginé à quoi ce monde pourrait éventuellement ressembler en prenant en considération les multiples domaines que l’intelligence artificielle semble être en mesure de dominer : l’armement, la chirurgie, la logistique, les services publics… Qu’arrivera-t-il si le prochain titan qui émergera après Google, Apple, Amazon et Facebook domine entièrement l’intelligence artificielle ? La ligne que trace ce roman entre la réalité et la fiction est relativement fine.

Puisqu’il s’agit d’une fiction, vous avez certainement créé de nouveaux personnages. Ont-ils une personnalité aussi sombre que celle de Chris Kord, l’anti-héros de Killed In?

Non, loin de là. The Disruptors est très différent de Killed In. Le personnage principal se nomme Mark Steel, un anglais disposant de facultés exceptionnelles et dont l’admission au prestigieux Massachusetts Institute of Technology l’introduit à l’intelligence artificielle. Cela se passe au début des années quatre-vingt-dix. Il a vingt-trois ans à cette étape du roman. Comme tout génie qui se respecte, Mark Steel voit et comprend le monde autrement. Contrairement à Chris Kord qui vient d’un milieu familial toxique, Mark Steel a, quant à lui, bénéficié d’un excellent encadrement. Sa stabilité lui permet de déployer ses capacités de manière très efficace. Il ne doute pas de sa réussite lorsqu’il crée Fractal, l’entreprise qui deviendra un monstre de l’intelligence artificielle. Mark Steel n’est pas seul dans cette aventure. Il est entouré de personnages qui l’aident à concrétiser sa vision mais qui finissent néanmoins par le trahir. Son manque de réalisme dans ses relations avec les autres est sa principale faiblesse.

L’intelligence artificielle est un thème récurrent dans les œuvres de science-fiction. Certains iront jusqu’à dire qu’il est devenu banal. Comment innovez-vous dans The Disruptors?

Il convient d’abord de souligner que l’univers du roman n’est pas fantaisiste. Toutes les percées de l’intelligence artificielle qui sont évoquées dans The Disruptors sont envisageables. Certaines sont en cours de développement et d’autres seront considérées tôt ou tard. Bien entendu, j’ai utilisé ma créativité pour que cela reste une fiction mais je n’ai pas tenté de construire un monde qui est totalement déconnecté de celui dans lequel nous évoluons. Au milieu du roman, Mark Steel se retrouve face aux chefs des gouvernements occidentaux qui lui expriment leur panique devant la dilution de leur pouvoir suite à l’évolution incontrôlée de l’intelligence artificielle. Fractal se charge du bon fonctionnement des services publics et sa technologie est imperméable au clientélisme, à la propagande et à la corruption. A première vue, cela semble être une bonne chose mais le pouvoir dont dispose les dirigeants de Fractal est complètement insensé. Le monstre qu’a créé Mark Steel règle les problèmes de l’humanité mais rien ne peut l’atteindre ou l’arrêter. Il s’agit ici d’une autre forme de dystopie : un paradis, mais dans une prison. Le roman « 1984 » de George Orwell m’a quelque peu inspiré à cet égard.

Vous menez la vie dure aux personnages de vos romans. Dans Killed In, Chris Kord est un raté qui s’en prend plein la figure suite à son incursion dans le Dark Net et dans The Disruptors, vous mettez Mark Steel devant des choix draconiens. Pourquoi les punissez-vous de la sorte ?

J’ai toujours pensé que la pire erreur que puissent commettre des hommes ou des femmes disposant d’un grand pouvoir est d’agir sans réfléchir car les conséquences négatives de leurs actes provoquent des dégâts et des souffrances complètement inutiles. Chris Kord et Mark Steel sont des personnages intelligents qui ont la chance de disposer d’alliés les mettant en garde au sein de leurs entourages respectifs. Mais ils ne les écoutent pas. Chris Kord est arrogant et Mark Steel est naïf. Ils ont la possibilité de remédier à leurs faiblesses avant de commettre leurs erreurs irréparables mais ils choisissent de fermer les yeux et laisser leurs égos dicter leurs conduites. Cette vie dure que vous soulignez est simplement le résultat de mauvaises décisions de leur part.

The Disruptors est votre cinquième roman en cinq ans. Vous menez une carrière en finance en parallèle. Comment faites-vous pour tenir un tel rythme ?

J’ai une approche martiale vis-à-vis de l’écriture et de mes activités en général. Le développement d’un roman est un projet difficile. Ma réponse face à cela est plus de discipline à travers une gestion très rigoureuse de mon emploi du temps. Il s’agit, selon moi, de la seule méthode qui marche. Je fixe un délai que j’annonce à mes lecteurs. C’est un “contrat” que je dois honorer. Si je ne parviens pas à le faire, ce sera de ma faute. Pour le moment, mon approche m’a permis de concrétiser cinq romans en deux langues différentes dans deux pays différents. J’espère pouvoir continuer.

Propos recueillis à Londres le 6 novembre 2018 par Bernd Oliver BUEHLER.



About us

Bonds & Shares is a participatory non-Profit information platform for, through and by experts in finance and business.


CONTACT US

CALL US ANYTIME