La république tunisienne : réflexion sur sa situation actuelle

La Tunisie a toujours été une exception. Même si l’exception ne confirme pas la règle, ce pays constitue une réelle lueur d’espoir aussi bien dans la région que dans le monde. Il a été autrefois la grande réserve de blé de l’empire Romain, après la chute de Carthage et sa reconstruction durant l’ère d’Auguste César, aujourd’hui il sert de “laboratoire” à certains pays de la communauté internationale pour savoir sous quelle configuration la démocratie pourrait être compatible avec les pays arabes et de quelle façon serait t’il possible de la propager dans la région.

Franklin Roosevelt disait: ” En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi.”

Mais ce projet, synonyme d’espoir pour certains et de crainte pour d’autres, est malmené et mal géré sur tous les fronts au point qu’on s’interroge aujourd’hui si les événements du 14 janvier 2011 sont le fruit d’un simple concours de circonstance ou pas, si la théorie de Roosevelt est crédible ou une simple spéculation ou s’il ne s’agit tout simplement que d’un projet laissé à l’abandon. Contrairement à la stratégie américaine de 1947 dont George Marshall était à l’initiative et qui consistait à reconstruire et soutenir financièrement, par un programme de prêts, les institutions européenne pour qu’elles ne tombent pas dans le communisme, le projet tunisien est quelque part similaire, c’est le seul pays du printemps arabe qui a réussi son pari et les menaces qui pèsent contre lui et ses institutions sont très nombreuses, notamment les menaces terroristes de Daech qui cherche par dessus tout à faire basculer cette civilisation dans l’obscurantisme et le terrorisme en pervertissant sa population la plus démunie, en s’attaquant aux piliers de son économie et en essayant de l’isoler du reste du monde. Heureusement que ce pays est soutenu aujourd’hui, mais il lui faut plus de soutien, un soutien à la hauteur du plan Marshall. Si on avait estimé qu’il serait dangereux de laisser l’Europe dans l’état de l’après seconde guerre mondiale, n’est t’il pas dangereux de laisser un pays démocratique très menacé aux portes de l’Europe dans cette situation ?

Aujourd’hui, ce pays ne doit pas uniquement croiser les bras et attendre le prochain passage du père Noel, il doit aussi apprendre à compter sur lui même en mettant en place une vraie grande stratégie économique et non une simple recette de grand-mère, celui-ci doit se fixer comme objectif de devenir un jour la nouvelle Suisse de l’Afrique du Nord et pourquoi pas du grand occident et il a tous les bons ingrédients pour réussir et se hisser au rang des pays développés, toutefois son pire ennemi reste lui même et s’il souhaite sortir de cette situation économique désastreuse et ce cercle vicieux dans lequel il s’est retrouvé, des changements en interne, indispensables et inévitables, doivent se faire.

Le premier des changements et de loin le plus important à faire est de développer la mentalité d’une très grande partie de la population en éradiquant leurs mauvaises habitudes, c’est un travail qui doit se faire aussi bien sur le fond que sur la forme, c’est aussi un travail qui doit se faire sur le long terme et il faut y consacrer une très grande rigueur. Le meilleur exemple à suivre reste la Corée du Sud. Après la seconde guerre mondiale, la très grande majorité de la population sud-coréenne était analphabète et synonyme de mauvaises habitudes mais grâce au très bon travail de Park-CHung-hee, même si on peut critiquer certaines de ses méthodes notamment sa politique répressive, son pays a pu sortir du gouffre et c’est grâce à l’héritage qu’il avait laissé notamment la naturalisation des relations avec le Japon que la Corée du Sud est rentré au club des quatre dragons asiatiques. Au tout début, personne ne pouvait le prédire voire l’envisager.

Habib Bourguiba, fondateur et premier président de la république tunisienne moderne, lorsqu’il a tenu les rênes, il s’est retrouvé face à un énorme défi, celui-ci consistait avant tout à développer l’humain en tant que tel et il a fait un très grand effort en mettant plus d’un tiers du budget de l’état à la disposition de l’éducation nationale, en rompant avec le système tribal et en créant une véritable civilisation moderne, mais on se rend compte aujourd’hui qu’il est nécessaire d’affiner le résultat qu’il avait obtenu car on a remarqué que le peuple tunisien est très hétérogène, on a d’un côté des gens très bien éduqués, civilisés et cultivés et ce sont eux qui sont entrain de tirer la charrette, de l’autre côté de vrais voyous impolis et de mauvaise foi, il suffit de voir comment ils font la queue pour monter dans le bus le matin pour comprendre à qui on a affaire et malheureusement, ils ne représentent pas du tout un nombre négligeable.

Le second aspect à développer est la culture du travail, les choses doivent se faire par conviction et jamais par obligation, raison pour laquelle il faut ancrer cette bonne culture chez les jeunes depuis leur enfance. Le meilleur exemple à suivre est le pays du soleil-levant, la très grande majorité des japonais dans les industries considèrent leur travail comme un devoir et non comme une corvée et c’est cet état d’esprit qu’il faut mettre en place tout en le développant.

Le troisième aspect à prendre au sérieux et à ne jamais négliger quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne est la sécurité nationale. Comme dit l’ancien premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron:” Ne me parlez plus jamais des droits de l’homme lorsque le sujet concerne la sécurité nationale”. Ceci ne veut pas dire qu’il faut commettre des atrocités au nom de la sécurité nationale mais de rester très rigoureux, très vigilent et très réactif et de ne rien tolérer de compromettant. Après les deux attaques terroristes qui ont eu lieu en Tunisie, ceux en Europe et dans le monde, on s’est rend compte que nous dépendons tous les uns des autres et qu’il faut travailler ensemble sur ces questions délicates, aujourd’hui les services secrets travaillent de plus en plus ensemble ce qui est formidable mais on remarque qu’il serait nécessaire voire indispensable de développer ensemble voire réformer nos méthodes pour qu’elles répondent au nouveau besoin. Des rumeurs crédibles peuvent malheureusement devenir vraies lorsqu’on y croit et la Tunisie doit continuer son effort sur le plan sécuritaire pour être irréprochable aussi bien devant les investisseurs étrangers que devant l’opinion publique étrangère étant donné que l’économie du pays dépend beaucoup du secteur touristique.

Le quatrième aspect est de ne pas dépendre que du tourisme et de l’agriculture. Comme dit Warren Buffet:” Il ne faut jamais dépendre que d’une seule source de revenue”. Raison pour laquelle il faut réussir à s’imposer dans d’autres industries et à les développer, sur ce point les investisseurs et partenaires européens et étrangers ont un rôle crucial à jouer mais aussi le gouvernement qui doit tout faire pour mettre à leur disposition toutes les conditions nécessaires et indispensables pour les attirer et les fidéliser. La confiance est comme un timbre, celui-ci ne se colle qu’une fois.

Enfin ce pays possède un grand potentiel et des atouts encore inexploités, celui-ci a surprit le monde entier après la révolution du jasmin, aujourd’hui il se retrouve dans la croisée des chemins et on se pose tous la question:

Pour quand le réveil ?

Habib MLAYAH

Habib MLAYAH

Habib Mlayah est un ingénieur. Il a reçu une formation franco-irlandaise à l'ESME Paris, une grande école centenaire d'ingénieurs française et à la Griffith College de Dublin en Irlande. Il a débuté sa carrière à la Société Générale de Monaco au poste de Commando-IT(développement tactiques) et a décidé de se spécialiser en Finance de marché en intégrant la promotion 2018 du MBA spécialisé en Trading-Finance de l'ESLSCA Business School de Paris(classé cinquième meilleur MBA/MSC en France par Eduniversal dans sa catégorie). Il a été élu président de la promotion du pôle Trading-Finance au cours de son MBA.L'objectif d'Habib est de se spécialiser dans la gestion de fonds et pourquoi pas créer son propre fond d'investissement demain.


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