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La forêt est souvent délaissée et victime de certains clichés qui ont la vie dure comme le fait de croire que si l’on en achète une aujourd’hui, on ne verra jamais les fruits de notre investissement car un arbre ne se coupe pas avant plusieurs dizaines voire centaines d’années. Le seul moyen de faire des bénéfices avec une forêt serait-il alors de la revendre en espérant faire une plus-value ?

Cet investissement freine parfois les investisseurs car c’est un actif qui est mal connu et semble à première vue bien éloigné des placements plus classiques en actions.

Faire une plus-value lors de la vente…

L’investissement en forêt possède toutefois certaines similitudes avec la prise de participations dans une société. Il est en effet très clairement envisageable, au vu de l’augmentation constante des prix des terrains forestiers, de réaliser une plus-value lors de la revente, comme on pourrait le faire en revendant des actions.

Un espace boisé a néanmoins une caractéristique unique qui rend cet actif comparable à aucun autre. A la différence d’une entreprise qui peut perdre de la valeur dans le cadre normal de son exploitation pour de multiples raisons comme la saturation du marché sur lequel elle évolue ou l’augmentation de ses charges d’exploitation, la forêt produit en permanence de la valeur puisqu’à l’instant où vous lisez cet article, l’ensemble des parcelles forestières produisent du bois avec une valeur certaine.

Quoi de mieux pour un actionnaire que de posséder des titres d’une société dont on est sûr qu’elle va constamment créer de la richesse au fil des années ? Malheureusement, en pratique, trouver une telle affaire relève quasiment de l’impossible sauf dans le cas d’un terrain boisé où le propriétaire a entre ses mains un bien qui va augmenter son patrimoine au fil des années et de manière constante.

Ou récolter les bénéfices de l’exploitation

La comparaison avec l’investissement en action ne s’arrête pas là puisqu’à la manière des dividendes versés par une société, la forêt reverse également à son propriétaire les bénéfices de son activité au travers des coupes de bois, et cela arrive de façon beaucoup plus régulière que ce que l’on pourrait penser. Il est vrai que le cycle de la forêt nécessite de la patience, bien plus que pour celui des affaires. Nombreux sont ceux qui pensent que la forêt ne présente que peu d’intérêts en tant qu’investissement puisque certains arbres comme le chêne vont mettre plus de cent ans à atteindre leur âge d’exploitation. Cette affirmation est juste mais quelque peu erronée puisqu’elle considère la forêt comme une simple addition d’arbres et non comme un écosystème à part entière.

Certes les derniers arbres abattus sur une parcelle auront souvent plus de cent ans, mais pour en arriver là, il aura fallu appliquer à l’ensemble du milieu forestier une gestion complète et complexe qui se traduira par des coupes intermédiaires dont le but sera de favoriser la croissance des plus beaux spécimens. Evidemment, ces coupes de bois auront de la valeur et rapporteront des gains importants à son propriétaire (qui peuvent être très variables selon la variété d’arbres et la taille de la forêt) lors des ventes. C’est ainsi qu’avec une surface suffisamment importante et une gestion raisonnée et durable, la forêt peut fournir des revenus de manière régulière.

En plus du bois, d’autres rentes peuvent venir s’ajouter et améliorer davantage le rendement dégagé par l’investisseur. C’est le cas du bail de chasse où le propriétaire de la forêt autorise une tierce personne à venir chasser sur sa parcelle en échange d’un loyer déterminé à l’avance. Ceci présente un double avantage pour le propriétaire forestier puisqu’il obtient d’une part, un complément de revenu connu à l’avance et non négligeable pouvant représenter jusqu’à 20% des gains d’une forêt. D’autre part, la chasse permet de diminuer la pression de la faune sauvage sur les peuplements forestiers en évitant les dégâts occasionnés par certains animaux comme le chevreuil ou le cerf.

La forêt est un actif particulier qui nécessite une certaine dose de patience mais peut satisfaire aussi bien l’investisseur souhaitant faire une plus-value que celui qui veut conserver son bien pour obtenir des rentes régulières. Pour ces raisons, la forêt est l’actif idéal pour obtenir des bénéfices en minimisant son risque.

Benoît Gueguen

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