Economy, French

Quand la transition énergétique n’est pas que signe de richesse.

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Quand les politiques de développement durable impactent le prix des énergies fossiles qu’elles sont les conséquences pour les régions en développement ?

Afin d’achever les objectifs du changement climatiques, le monde doit diminuer sa consommation d’énergie fossiles. Si l’on s’en tient aux dernières recommandations de la COP 21 (Paris, 2015), il ne faut pas toucher à deux-tiers des réserves dont l’on dispose afin de diminuer la température globale de 2°C. Ce qui est sûr pour la majorité des scientifiques, exception faites des climato-sceptique est que si le monde consomme toutes ses ressources d’hydrocarbure, de gaz et de pétrole, les conséquences seront catastrophiques. (Pour plus d’informations, le rapport annuel de la WWF sur l’environnement.).

La problématique de la transition énergétique vient du fait que les pays producteurs de pétrole sont majoritairement les moins développées et leur croissance économique dépend directement du niveau de leur production d’énergie fossile. Ainsi les politiques de changement climatique peuvent mettre les pays riches en énergies fossile dans une situation difficile.

L’équation climatique est compliquée. Dans un premier cas, s’il n’y a pas de réel progrès climatique et que le monde continue dans cette surconsommation d’énergie fossile, les pays pauvres (ainsi que les riches) vont être désarmés face aux problèmes climatiques engendrés par cette situation (inondation, impact sur l’agriculture, etc.). Par contre en cas de succès, les pays pauvres qui disposent de ressources fossiles abondantes vont voir leur croissance économique impactée si le monde se détourne du charbon, du gaz et des produits pétroliers.

Ces pays font faces à trois challenges de taille. Premièrement, ils ont une exposition majeure à la matières première dont ils disposent, ce risque est d’autant plus important car il représente une part principale de leur croissance. Deuxièmement la difficulté de diversifier leur économie ainsi que leurs sources de revenus. Troisièmement, les forces économiques et politique de ses pays font des pressions pour investir dans les industries, compagnie nationale et les projets pétroliers. Ensuite arrivent les objectifs indirects qui consistent à limiter les émissions de carbones, notamment à l’aide de taxes, quotas et l’innovation dans les technologies. D’ici plusieurs années, il est certain que le marché des hydrocarbures et du charbon va chuter, et entrainera dans sa chute la balance commerciale des pays exportateurs de ces matières premières.

Par ailleurs, si le marché part à la baisse les nouveaux projets d’extraction seront avortés. Bien entendu tant qu’il n’y aura pas d’innovation disruptive dans les énergies renouvelables, notamment par la transformation du CO² généré par la consommation d’énergies fossile, il n’y aura pas de changement drastique dans les prix des matières premières. Malgré tous les modèles de prédiction qui peuvent exister, le marché repose sur un principe Walrasien primaire qui est guidé par l’offre et la demande.

Le risque carbone est potentiellement grave pour les pays de faible-moyens revenues qui sont riches en énergies fossile. La plupart des pays ont déjà profité du bénéfice de l’extraction et des profits générés par l’exportation de pétrole. Les pays qui ont découvert des gisements récemment auront l’impression d’arriver dans le jeu tardivement.

Les pays en développement qui disposent d’importante ressources en énergie fossile sont moins enclin à diversifier leurs actifs. Il est difficile pour les pays de déplacer le capital et leur production dans les technologies d’énergie renouvelable. Dans la plupart de ces pays, les réserves sont détenues par les entreprises qui détienne le droit d’exploitation des réserves. Ainsi les pays en développement détiennent des ressources de pétrole, de gaz et de charbon qui sont illiquide. Ces ressources gagnent en liquidité après extraction et traitement. De plus, au vu des couts supportés pour l’extraction, le seuil de rentabilité n’est pas toujours atteint et les investissements sont difficilement alloués à des secteurs autres que celui des énergies fossiles.

Par ailleurs, l’influence de la sphère politique sur le secteur est importante. La majorité des compagnies pétrolières situés dans les pays émergents sont contrôlés par l’état. Le modèle de consommation de ces pays est aussi tourné vers des technologies consommatrice de pétrole ;

Nous faisons face à une nouvelle problématique, d’un côté des pays développés qui cherchent à diminuer leur consommation d’énergie fossile afin de s’orienter dans des politiques de développement durable, d’un autre coté des pays en développement qui basent l’intégralité de leurs économies sur ces mêmes énergies. Nous pouvons jouer sur les mots, rappeler que le développement durable n’est pas une course et doit revêtir la transition et les objectifs sur le long-terme. Cependant au vu du contexte économique actuel et de ces quelques éléments très factuels, il semblerait que les messages politiques concernant sont extrêmement contradictoire.

Sources :

James Cust, David Manley and Giorgio Cecchinato – unburnable wealth of nations – finance and devlopment (march 2017).

Collier, Paul, Anthony, J ;Venables. 2014 « Closing coal : economic and moral incentives : Oxford review of Economic ».

Cust, James, and Torfinn Harding. 2015. Institutions and the location of oil exploration ‘Oxcarre Research paper, Oxford University ».

McGlade, Christopher and Paul Ekins. 2015. « The georgraphical distribution of fossil fuels unused when limiting global warming to 2°C.

Joachim GAOUGAOU

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