OURCOMPANYAPP: Parce que le bonheur au travail doit être l’affaire de tous

Avant de commencer, parlez-moi de vous (formation, ancien emploi) ?

Bien sûr! Alors, j’ai toujours eu un parcours d’entrepreneur, qui s’est diversifié au cours de ma carrière. J’ai monté ma première boite, un site de minitel pour étudiant·es indécis·es, lorsque je passais mon bac, car je ne savais pas vraiment vers quelle filière de formation me diriger.

J’ai ensuite eu différentes expériences entrepreneuriales dont un business familial, qui consistait à monter des lieux pour accueillir des séminaires d’entreprise favorables au travail d’équipe, aux team buildings, aux relations interpersonnelles et humaines.

Quelque temps après, j’ai monté un cabinet de conseil en stratégie opérationnelle qui accompagnait des grands groupes dans l’alignement de leur stratégie immobilière et globale en prenant notamment en compte l’aménagement de l’espace par rapport aux valeurs et cultures de l’entreprise… soit comment favoriser le bien-être d’une équipe au sein de son lieu de travail. J’ai eu la chance de revendre mes parts dans ce cabinet dans de bonnes conditions, en 2007.
 Puis un grand tournant dans ma vie, j’ai passé en effet quelques années au sein de l’association JALMALV, faisant de l’accompagnement de personnes en fin de vie, en soins palliatifs. Pendant cette période, qui fut très forte et enrichissante humainement, l’entreprenariat avait fini par me manquer, et c’est pour cela que j’ai par la suite commencé à investir en tant que Business Angel dans un certain nombre de start-up tel que Pumpkin, Les grappes…

– Vous avez lancé votre application, Ourcompanyapp, d’où vous vient cette idée ?

Cette idée me vient d’il y a un peu plus de 2 ans, lorsqu’autour d’un café, mon meilleur ami Yann fondait en larmes en me racontant son burn out. De ce moment très dur est née l’idée d’OurCompany, une appli pour s’attaquer au problème de la souffrance au travail, et même améliorer le bien-être ! Mais de manière plus générale, cette idée s’inscrit au sein du contexte actuel concernant le bien-être au travail: la désindividualisation du mal-être au travail, la mise en évidence de liens entre le facteur travail, et plus particulièrement les conditions d’accompagnement, et le stress, l’absentéisme, l’épuisement professionnel…

– Pouvez-vous nous dire en quelques mots son principe de fonctionnement ?

OurCompany est une application qui permet à tout·e salarié·e de s’exprimer de façon anonyme (particulièrement de renseigner son humeur et son état de bien-être) et d‘échanger sur les problèmes concrets liés à son environnement de travail sur des forums privés ou ouverts (anonymement ou pas).

Le but: libérer sa parole au sein de son organisation. Coté entreprise, un tableau de bord web permet aux responsables d’administrer leurs propres questions et d’avoir une vision fine et en temps réel du climat de travail par métier, implantation géographique, service… tout en respectant l’anonymat des salarié·es, afin de mesurer en temps réel l’acceptation (ou le rejet) des plans de transformation, de pouvoir capitaliser sur les best practices et agir au plus vite pour accompagner les équipes en difficulté.

– Quel est l‘impact ou la valeur ajoutée que votre application peut avoir sur le management.

Notre application a plusieurs impacts sur le management.

Premièrement, notre démarche est bottom up. Nous revendiquons une acceptation de l’horizontalité en libérant la parole des salarié·es, qui peuvent s’exprimer anonymement si besoin et être entendu·e par tous·tes.

Ainsi, notre application représente le tiers de confiance et le porte voix de ce que vivent, pensent et peuvent proposer les salarié·es tant pour lever des irritants que pour suggérer des idées visant à améliorer le bien-être au travail mais aussi le fonctionnement global de l’entreprise.
OurCompany permet de mettre l‘intelligence collective au service d’actions concrètes d’amélioration du bien-être au travail. Cela contribue à créer une dynamique très forte pour le management.

Deuxièmement, grâce à l’accès au tableau de bord évoqué précédemment, le manager s’engage dans une démarche de co-développement, lui permettant de pouvoir progresser, partager avec ses pair·es et ainsi améliorer le bien-être en entreprise.

De plus, il peut administrer en temps réel toutes les questions relatives à son activité (concernant par exemple le degré d’adhésion à un plan stratégique…), soit à l’ensemble des salarié·es, ou alors juste à son équipe, (il existe un grand choix d’options).

Ainsi cet outil lui permet d’échanger avec ses salarié·es, et de favoriser la QVT. Or, il est évident qu’il existe une corrélation forte entre bien-être au travail et performances de l’entreprise.

En écho au concept de symétrie des attentions, J.W. Marriott a dit « Si vous prenez soin de vos salariés, ils prendront soin de votre entreprise. ». Des salarié·es heureux·ses et engagé·es sont plus performant·es, et apportent ainsi, outre une baisse de l’absentéisme et une hausse de l’engagement, de réels gains pour l’entreprise en termes de satisfaction client.

– Dans quel secteur de métier voyez-vous le plus de potentiel ?

Je ne pense pas qu’il y ai de secteurs de métiers avec plus ou moins de potentiel, car toutes les entreprises sont aujourd’hui confrontées à des enjeux extrêmement forts de transformation: vagues d’externalisation, de digitalisation, arrivée de l’IA… Et OurCompany accompagne ces transformations au sein de tous les secteurs, autour d’une démarche horizontale et bottom-up, représentant une condition nécessaire de la réussite de ces transformations.

On a néanmoins constaté que la fonction publique représente un secteur s’insérant dans une dynamique de transformation extrêmement forte, et qu’OurCompany agit ainsi dans ces secteurs comme un soutien très puissant.

De plus, toutes les entreprises de service à la personne, qui sont en contact direct avec leurs clients, représentent un secteur au sein duquel le concept de symétrie des attentions joue un rôle fort et où OurCompany se place alors comme un outil indispensable et garant de toutes ces transformations.

Mais encore une fois, nos clients viennent de tous les secteurs, peu importe leur taille (pme, grand groupe…) ou leur activité ! Et nous ne sommes certainement pas uniquement réservé aux cols blancs!!!

– Y a-t-il des opposants ou des sceptiques ?

Non, il n’existe pas de sceptiques quant à l’efficacité de notre solution, car elle a été avérée par de nombreux retours clients. Toutefois, il y a très certainement des entreprises et des organisations qui ont peur de 2 choses:

– la transparence: le principe de publicité d’OurCompany concernant l’indice de bien-être en effraye plus d’un (peur de perdre en réputation marque employeur).

– l’angoisse concernant la gestion de l’avis salarié, soit une peur paradoxale des salarié·es et de la libération de leur parole, ressentie par les managers, alors même que l’entreprise ne peut se passer d’eux pour réussir.

 

– Comment voyez-vous l’avenir d’Ourcompanyapp ?

Au regard de la dynamique forte qui existait déjà un an après le lancement public (avec plus de 35000 salarié·es ayant téléchargé l’app et plus de 20 entreprises clientes) et l’émergence d’un mouvement sociétal vers le bien-être au travail qui nous porte, le next step serait d’atteindre plus de 100 000 utilisateurs et plus de 100 entreprises clientes. De plus, nous espérons faire nos premiers pas vers l’internationalisation d’ici fin 2018. Et bien sûr, à terme, notre ambition est de devenir l’indice mondial, en temps réel, du bien être de toutes les entreprises et organisations.

– Être entrepreneur en France : facile ou parcours du combattant ?

Pour moi, être entrepreneur en France constitue un réel bonheur pour plein de raisons. Tout d’abord grâce à une administration qui est devenu beaucoup plus souple et réactive, mais aussi grâce à un soutien de la BPI aux start-up qui est unique au monde.

Enfin grâce au développement d’un écosystème très favorable au sein de la STATION F, grâce aux synergies entre start-up, des prises d’initiatives incroyables, etc.

 

– Un mot pour un investisseur qui cherche à investir ?

OurCompany bénéficie d’un positionnent unique, et d’une vision B2C2B très singulière. Le bien-être au travail constitue “LA“ nouvelle revendication sociétale du moment, autant en tant que salarié·e qu’en tant que citoyen·ne.

De plus, nous bénéficions d’un marché immensément vaste puisque nous nous adressons à tous les salarié·es du monde.

Certes, nous avons encore beaucoup de challenges à relever, mais il est clair que nous disposons d’un avantage concurrentiel indéniablement fort, et du bon “time to market“ pour devenir un leader mondial.

 

-Vous n’avez pas peur que votre application nous refasse un épisode de Blackmirror « Chute libre » « Dans une société régie par la cote personnelle, l’opportunité d’améliorer sa note et réaliser ses rêves. »

Selon nous il n’y pas de bon ou mauvais outil dans l’absolu, seulement des intentions et des usages. Notre app ne sera jamais un système de notation des individus, entre eux, quêtant l’approbation sociale.

Et ce à plusieurs titres :

Qui note ? : ce sont uniquement les salarié·es (authentifié·es par leur mail pro) d’une même entreprise qui peuvent mesurer collectivement leur bien-être au travail dans leur entreprise, en n’affichant que des moyennes collective. Il ne s’agit donc pas d’un outil où « tout le monde peut noter toutes les entreprises ». Qu’est-ce qu’on note ? : l’évaluation porte bien, non pas sur d’autres individus directement, mais sur un cadre organisationnel produit par des humains, donc malléable et dynamique (i.e. des conditions de travail)

Pour quoi faire ? : si la porte d’entrée de la démarche est bien la notation de son vécu au travail, l’enjeu d’OurCompany n’est pas seulement de collecter des résultats : elle crée une dynamique interne profondément collaborative et responsabilisante, tournée vers l’amélioration constante de l’épanouissement des collaborateurs et collaboratrices. Notre démarche s’ancre finalement moins sur la généralisation de la quête d’image sans défaut, vers l’accès à des privilèges différenciés, que sur la mise en capacité de chacun·e, à son niveau et par son expression, de devenir suggérant voire moteur dans l’évolution des conditions de travail collectives.

Donc certes le choix du « name and shame » force à la transformation des organisations, et une organisation ayant un mauvais indice de BE va en souffrir durablement, mais c’est en forçant ces entreprises à se transformer qu’on va contribuer à une évolution positive du monde, même si cela pourrait conduire à la disparition de certaines entreprises réellement toxiques. C’est un parti pris que l’on assume

 

 

http://www.ourcompanyapp.com/

Christophe RAMDAME

Christophe RAMDAME

Christophe Ramdame is Deputy director of publication of BONDS & SHARES and Senior Analyst at JANUS Consulting GmbH. He is specialised in Corporate Finance, Financial Enginering and Financial Communication.He has acquired deep practical experiences and shapened his skills in several strategic financial domains (investor relations, financial analysis, sale of a business, initial public offering) by working for leading international firms in New York, Hong Kong and Paris.Christophe is a Graduate in Corporate Finance from Conservatoire national des arts et métiers and holds and MBA in Financial Engineering from Paris ESLSCA Business School, both being among the top French Higher Education Institution.


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