L’urgence d’améliorer les normes dans les places boursières africaines

Pour une émergence des bourses locales et l’intégration des marchés boursiers mondiaux

En Europe, on a constaté que l’intégration des marchés financiers s’est faite avec la globalisation et la construction d’un marché unique avec une monnaie commune depuis 2000. Mais cette intégration en Europe a été enregistrée dans tous les secteurs quasiment, on peut citer : banque, assurance, commerce, intermédiation financière, etc.

Cette intégration a, selon des études, inciter les acteurs financiers notamment les entreprises européennes à saisir rapidement les avantages liés à l’effet positif de ce réseau mis en place qui est plus important, qui leur permet de défendre leur position sur le marché et de construire un pouvoir de marché sur un espace financier plus vaste que le marché national. La monnaie commune a aussi facilité l’intégration des marchés en Europe dans un contexte où les banques, les sociétés d’investissement et les intermédiaires financiers n’avaient pas une taille suffisante pour affronter la concurrence et profiter des opportunités sur le grand marché financier, un contexte assez semblable aujourd’hui à celui dans lequel l’Afrique se trouve. L’intégration pousse logiquement le marché des actions et le marché obligataire à se concentrer, ce qui entraine une interconnexion des places financières facilitant les émetteurs, acheteurs et autres d’avoir un marché beaucoup plus large et liquide ainsi que d’avoir accès à plus d’information.

Nous constatons que l’Afrique a développé un marché boursier en très peu de temps. Et pourtant vers 1996, on ne notait que 11 marchés boursiers en Afrique subsaharienne, Afrique du Sud pas comprise. Aujourd’hui, ce continent dispose d’une vingtaine de bourses des valeurs en activité, dont l’une des rares bourses régionales du monde qui regroupe huit pays francophones d’Afrique de l’Ouest qui ont la même monnaie le FCFA. Cette monnaie commune a sans aucun doute facilité cette intégration régionale et explique la performance de cette place boursière régionale : la BRVM. Un développement des marchés de capitaux en Afrique qui a permis de mobiliser des ressources internes à la fois auprès des entreprises cotées et des particuliers mais aussi d’augmenter le les investissements internationaux.

L’émergence et l’essor des marchés boursiers en Afrique permettront, dans une grande mesure, à attirer les investissements privés et à renforcer l’intégration au marché financier mondial. Une intégration au marché boursier mondial qui se fera si ces places boursières arrivent à harmoniser leur procédure interne et à mettre en place un formalisme qui attirera les entreprises ou multinationales. En plus d’une nécessité de formalisme et d’adaptation des marchés financiers africains en vu de faciliter l’introduction des entreprises dans ces places boursières, la question de liquidité du marché semble être un vrai blocage pour les entreprises1 qui veulent y lever des fonds ou s’y introduire. La majorité des marchés financiers africains ne sont pas souvent pris en compte dans les indices des marchés régionaux, et selon certains observateurs ces marchés attirent un volume limité de fonds communs de participations des marchés émergents mondiaux.

À l’exception de l’Afrique du Sud, Les marchés boursiers d’Afrique subsaharienne vu leur taille présente un manque de liquidité qui est assez visible avec des écarts considérables entre des ordres d’achat et de vente. A cela s’ajoute un volume des échanges très faible.

Le manque de liquidités apparaît également dans les écarts considérables entre les ordres d’achat et de vente.

Malgré ce manque de liquidité, de l’instabilité de l’environnement politico-social et économique, certains marchés de capitaux en Afrique enregistrent de bon résultat et montre de plus en plus une performance sur le plan mondial.

On note selon des études des offres avec des rendements remarquables aux investisseurs, ce qui semble les mettre à l’abri de la nervosité des marchés mondiaux, du fait qu’ils ne sont pas intégrés aux marchés des pays développés. Une caractéristique particulière des places boursières africaines qui présente des avantages en ce qui concerne la diversification des risques.

Dans la volonté de développer ce secteur, certains pays africains ont pris des mesures afin de booster dans les années à venir les activités de marchés en appliquant des politiques d’ouverture du marché, en allégeant le fardeau qui pèse sur les finances publiques, en émettant d’importants emprunts obligataires. Les gouvernements africains ont donc entrepris des réformes favorables au marché, en particulier la privatisation des entreprises publiques. De nombreuses politiques de privatisation ont été appuyées par certains états par des cotations sur les marchés boursiers locaux. Afin de stimuler davantage le secteur, certains états ont incité certaines grandes sociétés internationales à introduire leurs filiales locales en bourse, comme ce fut le cas du groupe BOLLORE au Cameroun. Bien que l’offre soit restreinte, cette incitation à s’introduire dans les bourses locales permet à ces entreprises d’avoir accès à des fonds sans faire recours aux emprunts bancaires, ce qui est le plus fréquent dans ces zones.

1 Sources :

http://www.brvm.org

Systèmes financiers et croissance de Pierre Jacquet et Jean Paul Pollin

L’efficience des marchés financiers des pays émergents de Khalid BAKIR

Contribution de la Cotation en bourse à l’entrepreneuriat international

Meissa LO

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