L’importance pour les entreprises des pays émergents de diversifier leur source de financement

Résumé : Dans cet article, je montre l’utilité de diversifier les sources de financement dans une entreprise basée dans les pays émergents. Cette diversification stratégique peut contribuer à booster les marchés financiers dans ces états et zones où la bourse est très peu développée. L’article traite également de la corrélation qui exister entre un initial public offering (IPO) et le poids de certaines places boursières.

Le financement dans une entreprise comme dans un Etat se fait par deux modes, soit par des fonds internes à l’entité ou externes à celle-ci. La mondialisation a facilité depuis la deuxième moitié du XXe siècle, le mouvement des flux financiers, ayant comme conséquence, un choix de mode de financement des Etats et des grandes entreprises du monde orienté vers la dette [le financement par l’extérieur (banque, place boursière, fonds commun de placement)]. IL est évident que les raisons d’un recours à un financement externe pour les entreprises sont différentes de celles des Etats. Mais, l’intervention sur les places boursières est le premier choix des acteurs cités plus haut. Au niveau des Etats, par exemple, c’est le moyen le plus souvent utilisé par les pays développés (ou émergents), lorsqu’ils veulent financer de grands projets. Il s’agit d’un espace financier qui voit intervenir différents acteurs (Etats, grandes entreprises, fonds d’investissement etc.) et qui est souvent organisé de façon fonctionnelle (le marché de capitaux compartimenté par un marché monétaire et un marché des changes, marché boursier lui-même divisé entre celui des actions de sociétés et celui des obligations publiques et privées, etc.), temporelle (les marchés fonctionnent aujourd’hui 24h/24 et de plus en plus en temps réel), et enfin géographique (Europe , Amérique , Asie , Afrique).

Par ailleurs, on note une réelle corrélation entre le poids de ces places financières, et celui des différentes zones du monde où elles se situent. Le classement suivant des plus grandes places boursières du monde montre l’absence de l’Afrique ou de ses Entreprises (New York avec 19 223 milliards de dollars, Nasdaq 6 831 milliards de dollars, London Stock Exchange 6187 milliards de dollars, Tokyo 4 485 milliards de dollars, Shanghai 3 986 milliards de dollars, Hong Kong 3 325 milliards de dollars, Euronext avec 3 321 milliards de dollars). IL est aisé de constater ici, l’important des transactions financières qui s’opèrent dans les marchés et entre eux, se passe en Amérique du nord, Europe, et Asie, autrement dit entre les pays développés appelés super puissances. Ces places boursières enregistrent d’importantes capitalisation comme nous pouvons le constater et donc une capacité de financement assez importante pouvant attirer toute entreprise qui est dans un état de besoin de financement et qui compte faire recours à d’autres types de financement autre que l’endettement bancaire.

Pourtant, le continent Africain compte une vingtaine de place boursière avec près de 2 000 entreprises cotées, avec des ressources incommensurables (gaz, pétrole, diamant, blé, or etc.) échangées un peu partout dans le monde et donc une capitalisation boursière africaine qui n’est que d’environ 2% de la capitalisation mondiale, en 2014 le continent Africain présente aussi avec l’Asie Pacifique, des taux de croissance plus importants qu’en Europe ou aux USA.

Dans ces places financières africaines, on peut y retrouver quelques filiales de multinationales telles que Danone, Unilever, Total, Société Générale, China State Construction and Engineering Corporation (société chinoise de BTP), Bouygues, Exxon Mobil, Chevron, Shell, Randgold Ressources, Air liquide etc.

Des études ont permis de noter qu’un grand nombre de sociétés de gestion d’actifs investissent dans des sociétés africaines à potentiel rendement, ainsi qu’un nombre important de fonds communs de placement ont été créés notamment par KKR, Franklin Templeton, Nordea Investment Funds S.A, LFPI Asset Management, JPMorgan Asset Management ou Swiss & Global Asset Management

Mais aussi, la Chine, qui depuis un certain temps est vu comme désormais la première puissance économique, est implantée en Afrique. Son importante croissance a poussé les investisseurs chinois à trouver d’autres relais de croissance, ce qui expliquerait le choix de l’Afrique et les investissements dans le secteur des matières premières (agriculture, pétrole, mines) ce qui leur a permis d’avoir un positionnement stratégique, et par conséquent, ils apportent de remarquables flux de capitaux en Afrique. Et aujourd’hui ce pays est présenté comme le premier investisseur en Afrique. Qu’est ce qui expliquerait alors cette difficulté des bourses africaines à s’imposer par rapport aux autres ? S’agit-il d’un problème d’organisation des marchés financiers ? La cause serait-elle liée à une faible introduction en bourse des entreprises africaines ? Si oui, les conditions favorables à une importante introduction en bourse existent elles dans ces places boursières africaines ? Ces questions nous amènent à faire une étude sur les conditions posées par les bourses jugées aujourd’hui dynamique et qui facilitent aux entreprises une introduction réussie sur les places boursières. L’enjeu principal des entreprises nationales comme internationales est dans la recherche de financement. Les banques ont été pendant longtemps le seul interlocuteur des entreprises, exigeant des états financiers solides. L’entreprise dans ce cas a le choix et peut s’autofinancer sans avoir recours à des sources de financement externes. Ainsi, une source alternative de financement vit le jour afin de diminuer le pouvoir de négociation des intermédiaires financiers : il s’agit là des marchés financiers par appel public à l’épargne. Elle se définit selon le code monétaire et financier par les opérations suivantes :

  • L’admission d’un instrument financier aux négociations sur un marché réglementé ;

  • L’émission ou la cession d’instruments financiers dans le public

Pour avoir accès à ces marchés des capitaux, l’entreprise est tenue de réaliser une introduction en bourse. L’IPO (en anglais) qui consiste à placer sur le marché financier les titres de l’entreprise. Si les titres sont créés pour l’occasion, on parle d’une introduction en bourse par augmentation de capital. Et lorsque aucun nouveau titre n’est créé, on parle dans ce cas d’introduction en bourse par cession de titres.

De ce fait, l’organisation et la normalisation des marchés financiers se présentent comme les bases d’un marché efficient qui enregistre d’importants IPO. Cependant, nous pouvons noter que les conditions d’introduction en bourse nécessitent une amélioration ou réforme afin de permettre aux différentes entreprises locales comme internationales d’y être coter. Ce processus de formalisation et d’amélioration des conditions d’introduction en bourse pourraient être les facteurs clés de succès d’un marché efficient, dynamique précisément pour les places boursières africaines pas encore mature et qui sont sur la voie de l’émergence.

Références :

  1. PAOLA GRANATA, KATIE KIBUUKA et YIRA MASCARÓ : le coût du financement en Afrique : quelles politiques publiques pour réduire son coût et renforcer l’inclusion financière ?
    La finance africaine en pleine mutation, 2014/4 (N° 116), Pages 121 – 150.
    Editeur : Association d’Economie Financière
    Collection : Revue de l’Association d’Economie Financière
    ISBN : 978-2-916920-73-3
    368 pages – Parution : 01/2015#
  2. LUC RIGOUZZO : les fonds d’investissement : une source essentielle de capitaux à long terme pour les entreprises africaines
    La finance africaine en pleine mutation, 2014/4 Volume N° 116,
    Pages 213 – 228. Editeur : Association d’Economie Financière
    Collection : Revue de l’Association d’Economie Financière
    ISBN : 978-2-916920-73-3
    368 pages – Parution : 01/2015
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Meissa LO

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