La recherche effrénée de financement des entreprises dans les places boursières africaines, entre stratégie et contraintes

Le continent africain attire beaucoup d’investissement étrangers ces dernières années. Etant le continent qui a été moins impacté par la crise de 2008, l’Afrique ne cesse de séduire les investisseurs étrangers qui s’y implantent de plus en plus et venus d’horizons divers (Chine, Russie, Amérique etc.) et les secteurs les plus convoités sont ceux de la technologie, de l’industrie et de l’énergie. Cette force d’attraction n’est pas seulement le fait des richesses que regorge ce continent, mais surtout le fait que plusieurs réformes ont été entreprises par les différents états émergents comme ceux en voie de développement telles que : la révision du code des investissements, la gestion économique et financière prudente des gouvernements, l’harmonisation de la réglementation régionale, les efforts pour combler le déficit en infrastructures et en énergie dans le but d’attirer au maximum les investissements étrangers. Cette tendance s’est reflétée aussi dans le climat des marchés financiers et le nombre des IPO (introduction en bourse) pour le développement ou la croissance d’une entreprise. Au moment où les banques et autres services financiers (microfinance) du continent daignent à répondre aux demandes des entreprises pour leur besoin en financement, une tendance à se faire coter dans les places boursières africaines a été observées depuis 2010. Il est clair qu’il ne s’agit nullement d’un délaissement des financements bancaires au profit d’une levée de fonds dans un marché financier, mais plutôt pour certaines entreprises c’est une tentative de diversification des moyens de financement. Cependant les banques comme les marchés financiers ont les mêmes difficultés à savoir avoir suffisamment de liquidité pour répondre aux demandes de ces entreprises. Il est important de noter que selon un rapport du cabinet américain McKinsey, le nombre d’Africains qui ont un compte bancaire est passé de 170 millions à environ 300 millions entre 2012 et 2017, donc le nombre a triplé en 5 années.

La part importante des services bancaires, la faiblesse de l’épargne investie dans les bourses et le défaut de liquidité la normalisation des marchés financiers doivent faire l’objet d’analyse approfondie par les acteurs financiers de ces régions, puisse que cela constitue une contrainte pour les entreprises et autres agents en besoin de financement.

Plusieurs analystes de la revue d’économie financière ont montré que les entreprises doivent bien étudier leur introduction dans ces places boursières pour éviter un échec prématuré dès les premiers moments de la cotation, car il est aisé de noter que certaines conditions ne sont pas adéquates aux grandes entreprises qui sont dans des secteurs où le besoin en financement est grand ( énergie, technologie, pharmaceutique etc. ), mais cela ne veut pas dire qu’une cotation ne doit pas être envisagée sur aucune place boursière africaine, au contraire la bourse de Johannesburg semble réunir les conditions nécessaires pour une bonne cotation des entreprises et leur assurer un développement. Bien que le climat politique dés fois instable dans cette zone peut aussi être un bémol lors d’un projet de cotation pour lever des fonds.

Une introduction en bourse est faite par une entreprise dans le but de chercher un financement ailleurs que chez les banques. Cette alternative est utilisée car l’entreprise est sûre de la capacité de financement du service vers lequel il s’oriente. Alors, lorsque les marchés financiers africains présentent un défaut de liquidité, cela peut être vu comme la première cause de dissuasion. Ainsi, à mon avis, la campagne de rendre liquide les places boursières doit impliquer tant les acteurs du marché que l’Etat, étant donné que pour ce dernier la liquidité des marchés financiers lui est favorable dans le sens où cela lui permettra de lancer des emprunts obligataires et de financer ses grands projets publics. Les réalités culturelles du continent montrent que des personnes préfèrent garder leur argent dans leur maison ou participer à des banques traditionnelles appelées « Tontines », qui est une convention intervenant entre plusieurs personnes mettant des biens ou des capitaux en commun avec cette particularité que les sommes versées, leurs produits ou les biens meubles ou immeubles seront achetés à l’aide du capital et cela au bénéfice de tout un chacun, donc à tour de rôle.

Pour pouvoir mettre la main sur ce grenier ou épargne populaire, les marchés financiers doivent mener des campagnes de communication comme le font les banques de détails, ce que nous ne voyons pas souvent dans ces pays. Car la plupart des personnes méconnaissent l’existence des bourses. Pour attirer cette épargne du « secteur informel » il faut donc passer par une éducation financière intensive qui est une piste vers l’inclusion financière.
A cela s’ajoute un développement de la confiance, puisse que certains banquiers seraient vus par des africains comme des « voleurs » ce qui fait qu’ils n’ont pas confiance aux services qu’ils proposent.

Par contre, ces pistes de solutions ne sont de loin exhaustives car comme l’ont souligné certains analystes, il y a véritablement une complexité et d’innombrables obstacles non encore pris en compte pour la création des conditions favorables à la cotation des entreprises sur ces places boursières africaines et pour la prise en charge des recherches de liquidités des entreprises et des Etats.

Meissa LO

Meissa LO


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