Fatima DIANE: Les tissus africains

Fatima DIANE: Les tissus africains

L’Afrique continent de grande consommation. Elle n’est pas qu’alimentaire mais souvent perçue sous cet angle. Elle est présentée comme un continent rempli de ventre vide et de tous les maux de l’univers. Cependant ce tableau si sinistre de l’Afrique n’est qu’apparent. Car paradoxalement elle est la vache laitière des plus nantis qui profitent soit de son caractère désinvolte souvent même cache d’un trésor inexploité, Ou par la naïveté, l’ignorance de ses fils. Contrairement à toutes les croyances, elle draine un flux financier très important de l’importation et de l’exportation dans tous les domaines certains plus en vus que d’autres.

La mode africaine dans tous ses secteurs ou à 80 % est produite par autrui. Ainsi, « les tissus africains » qui constituent l’habillement principal des personnes en Afrique que sont le wax, le Bazin et le brode sont de véritables produits financiers mais sont exploites dans un marché de monopole par l’occident.

En outre, les autres accessoires de la mode tels que les cheveux (extensions), les champoings, les défrisants, et autres cosmétiques pour le corps et les cheveux sont aussi de véritables produits économiques.

Ce secteur a une apparence inintéressante, alors qu’il est tout à fait prospère et Perrin, car dans la réalité il apporte des millions d’euros ou de dollars dans le monde. Ces produits à eux seuls, détiennent une part non négligeable de l’économie au point d’être comparable au PIB d’un pays africain.
Cependant, toutes les industries sont en Europe, ou en Asie pour des produits exclusivement consommés qu’en Afrique et par des Africains. Pourquoi l’Afrique ne possède aucune usine de pointe pour ces produits ?

L’histoire des tissus – Le wax hollandais est-il africain?
Quand on entend parler de ce tissu dans les continents ou pays fabricants (Europe, Asie) c’est généralement dans le cadre du commerce, ou d’un festival atypique dédie aux africains. Comme un tissu folklorique il n’est porté qu’en Afrique. Le wax (cire) ce tissu tient son nom de son processus de fabrication. Il tient sa source de l’expansion coloniale vers XVII siècle des provinces unies (république des sept provinces unies des pays bas). Pendant cette période les guerres coloniales s’avéraient rudes ce qui pousse les néerlandais à recruter des guerriers sur les côtes africaines notamment en Afrique de l’ouest. En effet, ces guerriers africains revenus de la guerre se transforment en commerçants. Les tissus font succès et sont devenus l’habillement de base des ashantis dans un premier temps et des africains en général.

Ainsi, les européens avaient découvert une véritable opportunité d’affaire puisque la problématique d’écoulement de la marchandise était aisée car l’élément le plus important pour la survie de l’entreprise était là ; le client. Des usines sont installées en grande Bretagne d’abord et puis après en hollande,
D’où le célèbre nom wax hollandais dont les prix à la pièce varient entre 21 à 85 euro (dans la vente en détails) un tissu jusqu’à nos jours très prisé en Afrique. L’entreprise van Vlissingen and Co (vlisco aujourd’hui) est le principal industriel du wax. Il fabrique à peu près 64 millions de mètre par an au pays bas mais 90% sont écoulés sur le continent africain pour 300 millions d’euros chiffre d’affaire. En outre, Quelques usines asiatiques et anglaises ayant bien étudié le secteur profitent des failles de grosse unités en offrant une gamme de moindre cout et qualité. Et en dernier lieu, en Afrique nous remarquons quelques petites unités de fabrication du wax qui produisent un choix considéré comme intermédiaire ou bas de gamme par rapport aux productions européennes et asiatiques.

L’Afrique en forte croissance démographique compte aujourd’hui 905 millions de personnes. Tout africain noir possède au moins un complet (un ensemble) wax.
Imaginez toute cette manne financière autour d’un seul produit. Et ce n’est pas tout, en outre, du tissu populaire s’ajoutent deux autres qui s’inscrivent dans une gamme un peu plus luxueuse ce sont : le Bazin et le brodé.

Bazin
Le mot Bazin vient de l’italien d’où le mot “bambagia” qui désigne une ouate de coton. Les premiers Bazin ont été conçus vers le XVIIIème siècle. Ce tissu était très noble donc jalousement conservé avant la vulgarisation de sa production. Les entreprises françaises de Lenoir-Dufresne sont en effet les premiers producteurs de bazin. Ensuite les usines de bazin ont vu le jour en Allemagne ou ils servaient de nappe de table et de rideaux. Un importateur Malien ayant du flair a fait la découverte du tissu et a vite compris qu’il pouvait se vendre en Afrique. Ainsi il demanda aux fabricants d’ajouter un peu de brillance afin de plaire à une potentielle clientèle africaine.

Le bazin est fabriqué en tissant des fils fins obtenus avec du coton de bonne qualité. Le fil est trempé dans un bain d’alcali (substance dont les propriétés chimiques sont analogues à celle de la soude et de la potasse) pour le blanchir à la soude caustique lui donnant du gonflant. Il est ensuite lissé à haute pression et température dans des cylindres souvent enduits de cire. Il est essentiellement fabriqué en Allemagne, en république tchèque, au pays bas, et en chine récemment. En effet, le Bazin devient africain car les africains se sont appropriés ce tissus, en outre sa fabrication industrielle il subit d’autres transformations artisanales en Afrique essentiellement au Mali telles la teinture (ngala), l’amidonnage (damassé à la gomme arabique), il n’est pas repassé mais frappé sur un billot de bois ce qui lui vaut sa brillance et sa raideur, et la couture.
Tissus de luxe au Mali, au Sénégal, au Nigeria, au Ghana, en côte d’ivoire, et en guinée Conakry . Il est Porté lors de grandes cérémonies traditionnelles et religieuses, et a souvent volé la vedette aux costumes traditionnels d’entant. En faisant une simulation nous pouvons dire 42 millions de mètres sont en écoules par an sur le continent africain.

Ainsi, nous sommes amusés à chercher la définition du Bazin africain sur Wikipédia que voici : Bazin africain à base de coton est teinté artisanalement pour devenir un tissu damasse caractérisé par la raideur et une éclatante brillance. Nous remarquerons que l’identité même de ces tissus est africaine alors qu’ils viennent d’ailleurs. Cependant, sans l’Afrique la visibilité, l’existence, la mise en valeur de ces tissus est remise en question.

Le tissus brodé comme son nom l’indique un tissu brodé porté partout en Afrique particulièrement au Nigeria vu comme un tissu noble et de luxe donc très chers. celui-ci également n’est fabriqué nulle part en Afrique. Importé de la grande Bretagne la suisse tout récemment de la chine et de Dubai.

Les chinois qui ne consomment pas ce produit ont compris que ce marché est porteur et non négligeable et ont pris leurs parts dans le tissus africains.

Cependant sur le continent, rares sont les productions de wax. Quant aux Bazin et brode il n’en existe aucune en Afrique. Il est vrai que la transformation artisanale du Bazin est générateur d’emploi. Le pourcentage africain de ces unités de fabrication reste très faible ou quasi-inexistant. Ces tissus exclusivement achetés par les Africains viennent de l’occident et d’Asie qui ramassent toute la grande partie de cette économie estimé à peu près à 2 milliards d’Euro.
Pourquoi il n’y a toujours pas de transfert de compétence dans la fabrication ? est ce un problème financier ? ou les secrets de fabrication sont si bien gardés que l’Afrique n’est pas capable de le decouvrir ? ou il y a un deal entre les africains et ces firmes afin de ne pas empiéter sur leur terrain ? Quand est ce que l’Afrique comprendra que qu’elle doit acteur de son développement ?

Les extensions de cheveux (mèche) et cosmetiques
En Afrique il y en a pour tous les goûts nous pouvons changer de coiffures comme de culottes car nous avons une large gamme de mèches, des moins au plus chères.
Selon un article publié dans jeune Afrique en mars 2015, intitulé le « PIB pour les coiffures «.  Il semblerait que les africaines dépenseraient chaque année 7 milliards de dollars dans la coiffure, évidemment par l’achat des extensions, shampoings, lotions, défrisants, et autres alors que ce montant représentait le PIB du Niger en 2013.

Selon le même article l’organisme euro monitor international a évalué le budget de trois pays africains tels que le l’Afrique du sud, le Nigeria, le Cameroun ainsi plus d’un milliard de dollars seraient consacrés à la création et à l’entretien des coiffures des africaines.

La aussi les produits sont fabriqués, assemblés (extension naturelle human hair brésilienne, péruvienne et indienne) hors d’Afrique. Exceptionnellement quelques industries de mèches synthétiques se trouvent en Afrique et dont les propriétaires ne sont pas africains d’ou la fuite des capitaux.

Conclusion

Un flux financier de 10 milliards de dollars est dépensé par les africains et va directement dans le portefeuille d’autrui. Ce montant est peut être négligeable pour l’occident qui fait la main basse sur cette richesse. Mais pour nous africains ce montant est important car il pourrait réduire la facture des prêts que nous accordent le FMI et d’autres. Il pourrait contribuer à réduire la fuite des capitaux. Il pourrait également aider à la création d’emploi. Nous les africains, nous devons arrêter de jeter la faute sur les autres. Nous devons nous donner les moyens de maitriser notre économie qui profite grandement à autrui. Quand est ce que l’Afrique aura cette intelligence économique pour être acteur de bout en bout de sa croissance et de son développement ?

A ces questions nous ne saurons répondre tant que notre identité est prise en otage, tant que nous n’aurons pas cette subtilité de nous adapter au changement du monde tout en gardant nos valeurs culturelles, tant que les politiques ne penseront qu’a eux et eux seuls, tant que nous ne comprendrons pas que nous sommes les seuls maitres de notre destin. Ainsi, les africains ne sont pas encore prêt à profiter de cette économie de la mode africaine car ils n’en bénéficient que d’une infime partie.

Sources :
– wikipedia
– slateAfrique
– articles ces qui viennent de chine (et que les africains se dispute)
– Jeune Afrique articles un PIB pour les coiffures
– RP medias

Fatoumata DIANE HACKO
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