Les présidentielles françaises : les français se désintéressent-ils de la politique ou des politiques ?

0
186
Want create site? Find Free WordPress Themes and plugins.

2017, l’année de tous les possibles. Les élections françaises font suite à une période électorale riche dans le monde, avec l’élection de Trump et la montée du protectionnisme, la progression des extrémismes en Europe, dont l’échec de Geert Wilders au Pays-Bas, et celui de Norbert Hofer en Autriche. Mais également un référendum anglais en faveur du Brexit, qui a surpris la communauté mondiale, avec un impact historique sur les marchés financiers.

Tout semble donc possible en France. Tous les rebondissements et scandales, qu’ils soient médiatiques ou d’infidélités au parti, ne nous permettent pas de déterminer vers quel responsable politique nous nous tournerons.

Plusieurs études ont été réalisées concernant les futures élections, dont Opinionway pour SciencePo, qui est une étude auprès d’un échantillon de 2044 personnes en âge de voter, représentatif de la population française.

Selon ce sondage, 56% des votants s’intéressent à la politique, pourcentage stable depuis 2009. Le sondage Ipsos de mars 2017 « Enquête électorale française : comprendre 2017 », montre également que 76% des sondés sont intéressés par l’élection présidentielle, et 66 % d’intention de vote. Par ailleurs, le débat inédit, réunissant cinq des onze candidats, a réuni presque 10 millions de téléspectateurs, soit 48% de part d’audience : un record. Egalement, les politiques continuent à faire carton plein durant les meetings : en février, entre 8000 et 10000 personnes étaient présentes pour Emmanuel Macron. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a eu un incroyable succès avec un double meeting à Paris et Lyon, grâce à un hologramme, réunissant ainsi 15 000 participants et environ 500 000 vues sur les réseaux sociaux. Les français sont donc réellement engagés et veulent être associés aux choix politiques et à la gouvernance.

Dans ce contexte où les sondages et les mobilisations citoyennes pour les candidats montrent un souffle, une envie de s’informer et de participer, comment peut-on expliquer la prévision particulièrement élevé d’absentéisme ?

Selon les sondages Ipsos et Opinionway, le rapport aux hommes politiques ressort plutôt de façon négative, avec méfiance, dégoût et ennui en tête des sentiments exprimés. Il me semble qu’une lassitude s’est installée face à des politiques qui donnent l’impression d’être portés davantage par des pensées carriéristes que par des réelles convictions. Ces mêmes personnes qui changent de poulain, ne dégageant aucune fiabilité ni vertu.

Le dernier quinquennat a été marqué par les attentats, une instabilité politique mondiale, où les nations et les peuples sont en recherche de repères. En France, la notion de droite et de gauche ne semble plus signifier grand-chose pour 75 % de l’échantillon, ce qui traduit une envie de renouveau. Nous attendons des personnes de confiance, qui s’intéressent aux citoyens. C’est d’ailleurs la première qualité attendu par les sondés à 58% : « Honnêteté ».

Prenons un exemple. Nous pouvons comparer les hommes politiques à des joueurs de Tiercé. Si au milieu de la course, ils réalisent que leur cheval va perdre, ils changent tout simplement de cheval. Nous l’avons bien remarqué depuis quelques temps, Ségolène Royal qui semble soutenir Macron après les primaires de la gauche, Manuel Valls, sans fairplay et sans fidélité, n’apportera même pas sa signature au candidat représentant son mouvement. Pour ne pas tous les citer, voici une petite liste des anciens du PS, soutenant désormais Emmanuel Macron : Jean-Yves Le Drian, Barbara Pompili, Bernard Poignant (proche du conseiller de François Hollande), Bertrand Delanoë, Gérard Collomb. Ces actions montrent qu’au détriment du bienêtre des français et des améliorations notables dont ils ont le pouvoir, la préoccupation prioritaire reste leurs intérêts personnels et leurs ambitions.

Ce qui me semble étrange dans notre pays, c’est que de plus en plus de transparence est demandé aux entreprises : les salaires des classes dirigeantes sont contrôlés par les Assemblées Générales, et les corporate les plus transparents sont récompensés, portant ainsi une image positive et responsable. Mais il n’en est rien de tout cela lorsque nous nous intéressons de plus près à la politique. Nous sommes en quelque sorte dans un régime de «Monarchie Républicaine». Elle se manifeste par une classe politique, très faible pourcentage non représentatif de la diversité de la population, déconnectée de la réalité. Monarchie Républicaine car finalement le vote lors de référendum et les manifestations n’ont plus un pouvoir de changement ni d’espoir.

Par ailleurs, 76 % des sondés n’ont pas confiance en leurs médias car l’information reste difficile à vérifier. La transparence dans les sources d’informations n’existe pas, et il est donc difficile d’avoir tous les éléments nécessaires pour faire sa propre opinion. Egalement l’ère du digital avec les réseaux sociaux, permet de propager rapidement des informations, correctes ou fausses, qui peuvent influencer les lecteurs. De plus, les journaux manipulent l’opinion des votants sur les élections : l’Affaire Fillon n’est pas le premier scandale à être mis à jour lors d’échéance électorale importante. D’autres avant lui ont dû aussi répondre à des accusations, fondées ou non. On se souviendra celui de Strauss Kahn en 2012, dont la voie présidentielle toute tracée a été sabotée, ou encore le financement Lybien dans la campagne de Nicolas Sarkozy.

Malheureusement, chaque élection présidentielle, depuis le Général de Gaulle, a été entachée par des scandales, vérifiés ou non, publiés dans les journaux, sur un ou plusieurs candidats. Cette pratique semble donc en quelque sorte ancrée dans la tradition des médias français, qui ont un incroyable pouvoir d’influence de l’opinion publique. Malgré de nombreuses affaires concernant les candidats à l’élection présidentielle, les français sont très concernés par l’avenir politique de leur pays. Le contexte mondial et national promet par conséquent une élection inédite. Cependant, malgré des promesses de moralisation de la vie politique par les candidats, nous sommes loin de l’image honnête et concernée que renvoie les pays de l’Europe du Nord, tels que la Norvège et la Suède, en terme de politique et de déontologie. Est-ce pour autant un modèle parfait ?

Sources :

http://www.leparisien.fr/ – Ces scandales qui ont empoisonné les candidats à l’Elysée

Opinionway pour SciencePo

Ipsos Mars 2017 – « Enquête électorale française : comprendre 2017 »

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/21/debat-presidentiel-pres-de-10millions-de-telespectateurs_5098150_4854003.html

http://www.europe1.fr/politique/les-francais-toujours-passionnes-par-la-politique-2970425

Charlotte Zymelman

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

Leave a Reply