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Les politiques monétaires des Banques centrales :

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La plupart des Banques Centrales, au niveau national restent souveraines quant au contrôle de leurs politiques monétaires (exception de la Banque Centrale Européenne localisée à Francfort). La valeur d’une devise par rapport à une autre dépend de plusieurs facteurs qui seront développés dans cet article.

Tout d’abord, la valeur d’une devise par rapport à une autre à une grande incidence sur la balance commerciale extérieure entre deux pays.
Un pays ayant une devise faible aura tendance à bien exporter ses services et produits à l’étranger, face à des importateurs qui profiteront eux de la baisse de cout dans leur propre monnaie. Et vice versa, une devise forte aura tendance à nuire à l’équilibre de la balance commerciale du pays comme l’expliquait Donald tandis que ses importations se feront à moindres couts. Courant avril, lorsque les doutes politiques planaient sur l’Europe avant les résultats des élections présidentielles françaises et que le dollar était à des points relativement hauts face à l’Euro (aux alentours d’1.06), nous étions arrivés à un point où ce dollar fort pénalisait les exportations américaines. Il compliquait donc le rééquilibrage de la balance commerciale, l’un des engagements du président Trump. Le secteur manufacturier souffre particulièrement de la concurrence mexicaine ou chinoise par exemple. En se plaignant du dollar fort, M. Trump a provoqué un repli immédiat face à l’euro, mais cette stratégie n’est pas durable. Sa marge de manœuvre est réduite. Il pourrait nommer à la Fed des partisans de faibles taux d’intérêt, dans l’espoir de diluer la valeur du billet vert. Mais cette stratégie sans précédent risquerait de provoquer des oppositions au Congrès, qui doit confirmer les nominations. Autre moyen : imposer un surcoût sur les produits étrangers pour les rendre moins compétitifs, par une taxe sur les importations. Mais l’administration Trump n’a pas clarifié sa position sur la monnaie. Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, louait encore en février les vertus d’un dollar fort « sur le long terme ».

Une des principales actions des banques centrales concernant leurs politiques monétaires et d’agir sur leurs taux directeurs. Des taux hauts dans une certaine zone monétaire sont censés renforcer la devise locale par rapports à des devises dont les banques centrales locales auraient instauré des taux plus faibles.
En effet, des taux hauts dans une zone monétaire attirent les investisseurs, intéressés alors par la devise locale car cette dernière peut désormais être placée à des taux de rendement relativement intéressants.
De plus, des taux relevés peuvent traduire l’amélioration de l’économie en général comme les diverses hausses de taux de la Fed aux Etats Unis en fin d’année dernière et en ce début 2017 à 1%. Cette montée de taux n’a été que de 25 points de bases, ce qui peut paraitre peu pour les non-initiés mais qui s’avère finalement assez significative quant à l’amélioration de l’économie américaine.

Les banques centrales ont toutes des objectifs de niveaux d’inflation (par exemple, la Banque Centrale Européenne vise les 2.00% de taux d’inflation sur l’année) afin de rendre l’économie plus saine d’un point de vue général. Pour arriver à leurs fins, elles peuvent agir sur leurs politiques en matière de taux comme évoqué précédemment.

Certaines devises sur le marché des changes font office de valeurs refuges en périodes d’incertitudes, à l’image du Franc suisse, du yen japonais et du dollar américain.
En partant sur d’autres classes d’actifs, l’or peut également être cité comme valeur refuge, les banques centrales en possédant souvent en quantité.

Il arrive que certaines de ces banques centrales aient recours à des moyens plus extrêmes en termes de contrôle du cours de leurs devises face aux autres.
Nous pouvons par exemple prendre en exemple les Banques Centrales suisses et tchèques ayant instauré précédemment des taux planchers concernant leurs devises. La première à 1.20 face à l’Euro et la seconde à 27 face au dollar américain.
Cependant, le 15 janvier 2015, la Banque Nationale Suisse (SNB, Swiss National Bank) a abandonné ce taux plancher et le cours du franc suisse est passé de 1.20 à 1.08 instantanément, faisant perdre au franc suisse partiellement son statut de valeur refuge. Cependant, les investisseurs continuent de se replier sur le CHF car sa volatilité est toujours plus faible en principe que les autres devises.

Ce phénomène ne s’est en revanche pas produit lorsque la Banque centrale tchèque a également supprimé son taux plancher face au dollar courant mars 2017, créant uniquement une volatilité inhabituelle à court terme avant que le cours se stabilise à nouveau.

Pour résumer, les Banques centrales ont recours à une multitude de moyens afin de rendre l’Economie locale plus performante. Les solutions présentées ici brièvement ne représentent qu’un échantillon de ces possibiltés.

Baptiste LIRZIN

Sources :

http://www.zonebourse.com/EURO-CZECH-KORUNA-EUR-31158318/analyses-bourse/La-Banque-centrale-tcheque-pourrait-abaisser-son-plancher-23691794/

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/01/15/la-suisse-renonce-a-bloquer-le-cours-du-franc-face-a-l-euro_4557033_3234.html

Reuteurs : EURCHF chart

Reuteurs : EURCZK chart

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/04/14/la-confusion-de-trump-face-au-dollar-fort_5111236_3234.html

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