French, Geopolitics

Les Mercenaires

les-mercenaires

Un village terrorisé par des bandits réunit le plus d’argent possible pour s’acheter des armes et se protéger. La délégation envoyée revient sans armes quasiment mais accompagné de sept hommes, sept mercenaires qui sont payés pour en découdre avec les brigands. Nous sommes biens loin de cette époque et de cette fiction réalisée par John Sturges.

Le concept de mercenaire est simple, mais comment le définit-on vraiment ? Bien entendu chaque pays aborde le sujet de manière différente, cependant la Convention de Genève de 1949 définit déjà ce rôle :

  1. Un mercenaire n’a pas droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre.

  1. Le terme « mercenaire » s’étend à toute personne :

  1. qui est spécialement recrutée dans le pays ou à l’étranger pour combattre dans un conflit armé ;

  1. qui en fait prend une part directe aux hostilités ;

  1. qui prend part aux hostilités essentiellement en vue d’obtenir un avantage personnel et à laquelle est effectivement promise, par une Partie au conflit ou en son nom, une rémunération matérielle nettement supérieure à celle qui est promise ou payée à des combattants ayant un rang et une fonction analogues dans les forces armées de cette Partie ;

  1. qui n’est ni ressortissant d’une Partie au conflit, ni résident du territoire contrôlé par une Partie au conflit ;

  1. qui n’est pas membre des forces armées d’une Partie au conflit ; et

  1. qui n’a pas été envoyée par un État autre qu’une Partie au conflit en mission officielle en tant que membre des forces armées dudit État.

On peut voir que cette définition est complète et prévoit plusieurs cas possible. Un des points les plus importants est que ce ne sont pas des « combattants » ou des « prisonniers de guerre ». Ce qui veut dire qu’en cas d’arrestation ils seront jugés comme de simple criminel. En 1976, 10 britanniques et 3 américains sont condamnés à des peines de prison et de mort pour avoir combattu avec le Front national de libération de l’Angola.

Mais tous ces textes et codes…..ne servent à rien car les mercenaires ont disparu. La « convention

internationale contre le recrutement, l’utilisation, le financement et l’instruction des mercenaires » entre en vigueur en 2001 et est signé par 32 états. De plus certains pays comme la France en 2003 appliquent des règles encore plus strictes.

Si la règlementation change, les pratiques aussi donc dites adieu aux mercenaires et bonjour aux SMP (société militaire privé), EMSP (entreprise militaire et de sécurité privé) ou « entreprise de services de sécurité et de défense » selon la législation française. Tout le monde s’est donnée bonne conscience et maintenant on peut reprendre les affaires. Ces structures échappent totalement aux lois qui interdisent l’activité de mercenaire.

Les SMP représentent une manne financière importante, on parle de 7 à 12 milliards de dollars par ans. Les deux structures les plus connus en France GEOS et Gallice ont des chiffres d’affaires de plus de 20 millions d’euros par ans.

Mais combien sont-ils ? Et combien sont en opération ?

En Afghanistan fin 2009 ils y a plus de 130 000 « contractuels » (le mot mercenaire est désormais à proscrire). La société américaine DynCorp assure même la protection du président Afghan et la formation de la police Irakienne. Academi, l’ex-Blackwater est même chargé d’éliminer des membres d’Al-Qaïda par le CIA. Beaucoup d’autres sont engagés dans des protections contre la piraterie en mer.

Toutes ces activités posent de grandes questions. Est-ce que ces « portes-flingues » sont vraiment fidèles ? Sont-ils prêts à se battre contre leurs pays ? En cas de « bavure » qui prend les responsabilités ? Doit-on utiliser des SMP ?

Je suis pour les SMP. La vraie question centrale que je me pose est la suivante ; la violence et la guerre relèvent-elles du monopole de l’Etat comme on essaie de nous le faire croire ? Je pense que non. Ils existent des demandes auquel l’Etat ne peut pas répondre et auquel il ne doit pas répondre car ce n’est pas ça tache.

Ce qui joue principalement en défaveur des SMP et des « contractants » c’est l’image que l’on se fait d’eux. En effet nous avons par le cinéma, les mangas, les jeux-vidéos une image de mercenaire fous, qui aime la guerre, tué et pillé, mal entrainé, insubordonné……Alors qu’en réalité il s’agit le plus souvent d’anciens soldats bien entrainé et très encadré par les entreprises.

Dans tous les cas, les SMP sont devenus des incontournables de la guerre. Dans le récent conflit entre la Russie et l’Ukraine on a encore vu leurs utilisations. Il est possible que dans les prochains conflits d’envergure, leurs utilisations soient un élément qui fasse la différence.

Sources ;

https://www.loc.gov/rr/frd/Military_Law/Military_Law_Review/pdf-files/176-06-2003.pdf

https://www.monde-diplomatique.fr/2004/11/LEYMARIE/11673

https://www.gallice-protection.com/

https://ihl-databases.icrc.org/customary-ihl/eng/docs/v1_rul_rule108

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/la-france-pourrait-autoriser-le-mercenariat-interdit-depuis-2003-29-09-2010-1242959_53.php

http://www.france24.com/fr/20140103-le-vrai-faux-retour-mercenaires-francais-societe-militaires-privees-piraterie

http://www.veteranstoday.com/2014/12/11/blackwater-the-worlds-most-powerful-mercenary-army/

http://www.20minutes.fr/monde/185154-20071002-blackwater-impliquee-195-incidents-armes-irak

Benjamin SUGER

0 Comments
Share

BONDS & SHARES

BONDS & SHARES is a participatory non-Profit information platform for, through and by experts in finance and business. For more information please visit www.bonds-and-shares.com

Leave a Reply