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Les fonds souverains, acteurs de la stabilité financière ?

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Les fonds souverains qui n’existent que depuis 60 ans sont en très peu de temps devenus des investisseurs essentiels sur la scène mondiale. Les fonds souverains permettent de placer de manière efficiente les réserves accumulées par les États et fournissent ainsi de la liquidité sans avoir recours à l’endettement. Plus particulièrement pour les pays pétroliers, leurs fonds souverains constituent une ressource de protection pour faire face à l’épuisement des ressources pétrolières à venir et permettent donc de sécuriser leur avenir. Certains fonds souverains investissent même dans leur propre pays comme le fonds TEMASEK à Singapour en jouant le rôle de fonds de développement permettant ainsi de soutenir l’économie domestique. De nombreux commodity du Golf jouent ainsi le rôle de fonds de développement. Toutefois de tels investissements domestiques augmentent la demande de monnaie et ainsi apprécient la monnaie ce qui peut rentrer en contradiction avec la politique de change si on cherche à améliorer la compétitivité des produits échangeables. C’est pourquoi de nombreux fonds souverains se sont tournés vers des investissements à l’étranger.

En effet en plus de soutenir les entreprises, les fonds souverains peuvent avoir un effet contra- cyclique quand l’économie est au plus bas. Les fonds souverains ont un rôle à jouer lors de crises financières. On observe par exemple que durant la crise financière de 2007-2008, les fonds souverains des pays émergents sont venus au secours des banques occidentales touchées en y investissant. Ils ont pu apporter de la liquidité là où le secteur financier en manquait et ainsi ils ont eu un effet stabilisant pour l’économie même si cela n’a pas été suffisant pour résoudre la crise.

Seulement les fonds souverains ont enregistré des moins values suite à la crise qui s’est instaurée et leurs investissements firent scandales dans les pays émergents. Les investissements se sont alors recentrés à partir de 2008 sur des investissements dans leur propre pays. Les fonds souverains ont continué à jouer un rôle contra-cyclique mais pour leur pays d’origine cette fois. Ils ont alors joué le rôle de prêteur en dernier ressort pour leurs banques domestiques comme en Russie et en Australie. Ils peuvent aussi jouer le rôle de substitut aux banques en cas de crise. Par exemple en Arabie Saoudite face aux difficultés des banques locales à octroyer des crédits le gouvernement a puisé dans les fonds souverains des crédits à des compagnies locales. Enfin ils jouent le rôle de fonds de secours comme ce fut le cas avec le fonds Singapourien GIC qui a débloqué 13 milliards de dollars pour financer le plan de relance du gouvernement ou bien avec la Russie dont le fonds souverain a servi à financer le budget fédéral.

Seulement de part leur manque de transparence, on ne peut pas savoir s’ils ont un but purement financier ou bien s’ils cachent un objectif politique. Ainsi dans les années à venir, les gouvernements vont devoir décider s’ils restent fidèles à leur modèle libéral et autorisent les fonds souverains à investir dans leurs entreprises ou bien s’ils restreignent leurs activités quitte à prendre le risque que la gestion de leurs actifs soient détenue par des acteurs plus spéculatifs.

Magalie THEVENET

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