Les enjeux et les opportunités du capital immatériel au Maroc

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City tram on a street of Casablanca in Morocco
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Dans son discours du Trône du 30/7/2016, le Souverain du Maroc a décidé de charger le Conseil économique, social et environnemental, Bank Al-Maghrib, avec la collaboration des institutions financières internationales qui travaillent avec le Maroc, de procéder à une étude globale sur la valeur des richesses du pays, particulièrement son capital immatériel.
Ce travail devait englober la période allant de 1999, date de son accession au Trône, à 2015. L’idée est d’évaluer l’impact des réalisations des infrastructures sur la vie des citoyens.
Ce travail doit poser un diagnostic objectif de la situation et présenter des recommandations pratiques pour son amélioration, note SM le Roi.
Le Souverain a insisté sur la nécessité de tenir compte du capital immatériel lors de l’élaboration des politiques publiques, compte tenu de son importance grandissante dans le processus de prise de décision.
Mais encore faut-il identifier ce capital.
Au niveau des entreprises, l’on parle souvent du «goodwill» qui correspond à la différence entre la valeur comptable et la valeur de marché d’une structure.
A l’échelle d’un pays, le capital immatériel peut inclure tout un ensemble de valeurs: l’histoire, la culture, l’image de marque, la diversité, l’ouverture, les actions de réforme, la sécurité, la stabilité politique,… En résumé, tout ce qui est de nature à renforcer l’attractivité d’un pays.
En empruntant cette voie, le Maroc s’est positionné, encore une fois, comme précurseur dans ce domaine par rapport à plusieurs pays émergents ou en développement.
Il faut souligner que la Banque mondiale a produit deux rapports sur la richesse des nations pour les années 2000 et 2005. Cette évaluation intègre des éléments mesurables et d’autres intangibles. La richesse globale est définie comme étant la somme actualisée des consommations futures d’une génération (25 ans). Pour les éléments mesurables, il s’agit d’estimer la valeur du capital productif, composé de «tout ce dont dispose une nation en termes d’infrastructures, d’usines, de terrains urbains…». Le capital naturel, lui, est constitué de ressources énergétiques, minières, terres cultivables, zones protégées… Le patrimoine immatériel est obtenu en déduisant de la richesse globale le capital productif et celui naturel et en y ajoutant les avoirs financiers nets.
Décision avant-gardiste, le calcul du patrimoine immatériel vise à s’approprier les nouveaux concepts développés à l’international et qui servent de benchmark pour apprécier les potentialités en interne ainsi que le positionnement international du Maroc.
Il faut dire que le Maroc fait partie des rares pays au monde ayant décidé de lancer un projet aussi innovant que celui de l’évaluation régulière de sa richesse nationale et de son capital immatériel. Il s’agit d’une entreprise de grande portée puisqu’elle permet d’orienter les politiques publiques et de les rendre davantage efficaces et inclusives. En effet, la répartition actuelle de la richesse ne semble pas profiter à l’ensemble des citoyens marocains.
De même, il faut savoir que le capital immatériel peut s’avérer être un atout géopolitique. Ainsi, le Maroc réussit à accroître son influence en Afrique, et par là même son statut géopolitique de leader, grâce à ses entreprises de télécommunication et à ses banques qui s’installent dans plusieurs pays, grâce à ses produits de nouvelles technologies qui s’exportent ou encore grâce au discours de paix et de solidarité qu’il apporte sur le continent. C’est donc bien la marque Maroc qui se construit petit à petit, non pas sur la base de ressources naturelles ou tangibles, mais bien sur la base du capital immatériel constitué d’innovation, d’expérience et de savoir-faire et aussi de solidarité.

 

Omar Debbagh

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