LE POIDS DE L’ASIE DANS LES ECHANGES INTERNATIONAUX

0
130
Want create site? Find Free WordPress Themes and plugins.

Dans un contexte d’accélération de la mondialisation, l’Asie redessine la carte du monde. Le monologue US-Europe est révolu depuis la crise financière de 2008 (impact sur les dettes souveraines…), comme en témoigne la présence croissante de l’Asie en Amérique latine, en Afrique et même en Europe et aux USA. La tectonique des pouvoirs est configurée par les Etats mais aussi par les multinationales indiennes et chinoises, voire russes.

Entre 2000 et 2009, la capitalisation des places boursières d’Asie/Pacifique est passée de 5000 MM USD à 15000 MM USD, et la valeur totale des transactions sur ces marchés a dépassé pour la 1ère fois en 2009 l’ensemble des marchés européens et Moyen-Orient.

Aujourd’hui, l’Asie est donc au cœur des stratégies d’influence et des enjeux économiques : elle est au cœur de la mise en place de normes, de la maîtrise de réseaux décisionnels (culture), de la finance (besoins et réserves considérables), de l’activité concurrentielle (attractivité), du risque de destruction du tissu industriel de l’exportateur (délocalisation, par exemple)…

L’Asie devient ainsi le cœur de cible des USA, et on constate la bascule des échanges Europe-USA sur l’axe Pacifique.

Que représente l’Asie ? Un continent immense, rassemblant 60 % de la population mondiale (4 milliards sur 7), de l’Asie centrale à la Chine en passant par l’Inde. Un continent de diversités aux frontières anciennes, caractérisé par un exode rural généralisé et une explosion urbaine, et, suivant les pays, par des concentrations de populations variables, des évolutions différentes (natalité) , des mélanges culturels (confucianisme, taoïsme, bouddhisme, islam, hindouisme, christianisme) et différents systèmes politiques (communisme en Chine, au Laos et au Vietnam, république aux Philippines ou en Indonésie, royaume en Thaïlande, au Cambodge, au Brunei, dictature au Myanmar).

Terre de diversité, l’Asie n’en est pas moins cohérente globalement, de par la force du culturel, le dynamisme démographique, sa situation de carrefour économique (maritime, financier, etc.), ses croissances, son goût et son sens de l’enrichissement.

L’Asie peut ainsi compter sur des forces inégalées : la Chine, mais aussi le Vietnam, la Malaisie, l’Indonésie et tous les autres (sauf le Japon en perte de vitesse), une croissance moyenne de 10 % annuel depuis plus de 10 ans en Chine, une part du commerce extérieur qui ne cesse de croître (8 % en 1980 ; 25 % en 2000 ; 35 % 2005 ; 45 % en 2012), des excédents commerciaux chinois de 50 M$ en 2000 (5 M $ en 1994), des investissements directs étrangers en augmentation constante…

En cause, les coûts de production destructeurs, les délocalisations favorisées par la mondialisation, entre autres.

Conséquences : 50 % (410 millions de T) de la production mondiale d’acier réalisés par 4 pays (Chine, Japon, Corée du S, Inde), 80 % de la production mondiale de navires (Corée : 38%, Japon : 28%, Chine : 13%), 65 % du total mondial des filières de coton fabriqués par 6 pays (Chine, Inde, Pakistan, Indonésie, Thaïlande et Taïwan), 1 voiture sur 2 fabriquée en Asie, ainsi que 95 % des jouets, des vélos, des outils et matériels utilitaires, 35 % de la R&D mondiale répartie sur 5 pays (Chine, Taïwan, Inde, Japon, Corée).

La force de l’Asie réside aussi dans la richesse de son sous-sol. Chine, Inde et Indonésie concentrent 50 % du total mondial pour l’extraction des matières premières et minerais.

Mais l’Asie a aussi des fragilités, comme la transition économique (transformation du secteur étatique), les déséquilibres structurels (crise financière/1997…2007), la surévaluation du Yuan ou encore la problématique énergétique dans un monde explosant démographiquement. Elle ne produit que 10 % de la production mondiale de pétrole brut pour 30 % de la production industrielle et pour 50 % de la population mondiale.

L’Asie souffre aussi de crises historiques (Japon-Chine/Inde-Chine/Vietnam-Chine/Cambodge-Thaïlande…), de revendications territoriales non éteintes, d’inégalités criantes entre pays, mais aussi internes aux pays, qui pourraient engendrer de graves problèmes sociaux. Les questions liées à l’environnement sont problématiques, tout comme les questions de santé publique (SARS, grippe aviaire, etc.). On commence à constater un ralentissement des croissances (3 à 10% en 2012), un début d’équilibre des excédents commerciaux chinois en 2011…

Enfin, le manque d’esprit critique, la « faible » capacité d’innovation (confucianisme), la prolifération nucléaire et les rapports Est-Ouest du monde en crise divisé sont autant de risques pour l’avenir.

Surtout qu’il s’agit d’un jeu à somme nulle, et que la « victoire » de l’Asie est sous conditions (transfert de technologie par exemple).

T.M.

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

Leave a Reply