Finance, French
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90% des déplacés subsahariens sont des réfugiés économiques selon l’Économiste ivoirien Nicolas Agbohou.Ainsi la question qui nous vient à l’esprit est la suivante : Comment cela est-il possible sur un continent dont le sol est le plus riche de la planète ?

Pour comprendre ce mécanisme monétaire, il faut remonter à l’Allemagne nazi. Le « nazisme » monétaire était un système économique utilisé par l’Allemagne nazie pour asseoir sa suprématie sur ses vassaux, dont la France. De ce fait tous les pays sous occupation Allemande était contraint d’exporter en priorité vers l’Allemagne qui avait « négocié » un système de compensation dit « Clearing » qui, au lieu de payer en espèces pour les marchandises reçues, autorisait à l’Allemagne de créditer des comptes qu’elle avait ouvert pour ses vassaux sur son sol. Les fonds stockés dans ces comptes n’étaient accessibles à leurs bénéficiaires que sous deux conditions : les pays vassalisés devaient importer les produits finis d’Allemagne, ou alors, l’accès au compte était possible sur autorisation d’Hitler. Ce mécanisme a eu des conséquences désastreuses pour l’économie française. Ainsi dès la libération en 1945, le Général de Gaulle s’en inspira afin de relever son économie et ainsi l’appliqua aux colonies d’Afrique et du Pacifique. Selon un rapport de la zone franc le trésor public français disposait de plus de 3600 milliards de francs CFA 72 milliards d’Euros. Cette somme colossale est supérieure au budget d’un pays comme le Sénégal (3360 milliards de FCA selon la loi de finances 2017 de l’Etat Sénégalais).

Pour accorder sa garantie monétaire aux pays de la zone franc, une convention entre la France et les pays de la zone franc a été mise en place. Cette dernière stipule que « Les Etats membres conviennent de mettre en commun leurs avoirs extérieurs dans un fonds de réserves de change. Ces réserves feront l’objet d’un dépôt auprès du Trésor Français dans un compte courant dénommé compte d’opérations. » Et « la banque versera au compte d’opérations les disponibilités qu’elle pourra se constituer en dehors de sa zone d’émission ». Ainsi j’jusqu’à 1973 les pays de ladite zone été tenue de verser la totalité de leurs avoirs sur ce compte. Depuis 2005, cette convention est revue un versement de 50% est requise.le fonctionnement de compte d’opérations implique qu’en cas de solde débiteur le trésor français perçoit des intérêts et dans le cas contraire les pays membres reçoivent des intérêts. Dans la réalité, c’est « la Banque de France qui achète ou vend quotidiennement les devises sur le marché des changes pour le compte des Institutions d’émission africaines»(source : Rapport n° 2907 d’information produit par l’Assemblée Nationale de France le 9 Juillet 1992).Cet état de fait permet à la France à travers les soldes créditeurs des comptes d’opérations de financer « la charge qui résulte pour lui des découverts d’exécution des lois de finances et de l’amortissement de la dette publique ».

En outre la monnaie doit être un moteur de la croissance et du développement, ce qui implique de s’endetter or le ratio crédit à l’économie est de 23% quand il est de plus de 100% dans la zone euro (selon l’économiste Kako Nubukopo).Cet écart est assez important pour espérer un financement adéquat de la croissance et entraine la fuite des capitaux et l’importation des produits étrangers au détriment de l’exportation qui développerait l’Afrique baissant au passage le chômage de masse et l’extrême pauvreté dans laquelle végètent les pays francophones.

En outre Bruno Tinel (chercheur au centre d’Economie de la Sorbonne) juge que les autorités monétaires de la zone CFA sont sans réels pouvoirs car leurs monnaies étant très fortes par rapport à leurs économies très faibles. Ainsi l’Analyse des résultats de la coopération monétaire entre la France et l’Afrique après 72 ans d’existence donne le résultat suivant selon le rapport du PNUD de 2016 :

Pays

Rang

IDH

France

21

0,897

Gabon

109

0,6

Cameroun

153

0,516

Sénégal

162

0,494

Togo

166

0,487

Bénin

167

0,485

Cote d’Ivoire

171

0,474

Mali

175

0,442

Guinée Bissau

178

0,424

Burkina Faso

185

0,402

Tchad

186

0,396

Niger

187

0,353

Centrafrique

188

0,35

Ainsi les PMA (pays les moins avancés) du monde se trouve dans la zone franc.

En conclusion après un demi-siècle d’indépendance cette partie de l’Afrique devrait gérer sa monnaie pour prendre en main sa destinée politique et économique.

Sources :

*Rapport PNUD 2016

*le Franc CFA et le développement de l’Afrique, Nicolas Agbohou

*Le monde

Pape Faye

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  1. Paul Emmanuel NDJENG
    June 14, 2017 at 10:29 am

    Quelles pistes de solution pour cet état des choses qui s’avère être un problème pour le développement des économies africaines ?

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