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La chine part à la conquête des fleurons occidentaux

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Partout dans le monde les banquiers se retrouvent avec des listes d’entreprises occidentales rachetées par de grosses firmes chinoises. Cette année, les acquéreurs basés en Chine et Hong-Kong représentent 10% de la totalité des opérations en valeur, la récente prise de contrôle du constructeur automobile suédois, Volvo, par un groupe Chinois, Geely, illustre ce fait. L’augmentation du nombre d’opérations est inévitable compte tenu de la croissance de la Chine.

Les entreprises chinoises listées en bourse font d’ors et déjà parties des plus grosses capitalisation boursière mondiale. Cependant leur activité restent centrée sur leur gigantesque marché intérieur. Par ailleurs, la Chine dispose d’un taux d’épargne parmi les plus importants au monde et les entreprises chinoises ont souvent des quantités impressionnantes de cash à leur disposition. Par conséquent, cette épargne est aujourd’hui réinvestie dans les pays riches via des fonds souverains d’investissement et par la banque centrale qui agit comme gestionnaire de portefeuille en achetant principalement des obligations. La Chine a atteint 6% de la totalité des investissements directs à l’étranger.

Les autorités chinoises commencent cependant à changer de stratégie. Elles utilisent maintenant ses énormes liquidités, qui étaient précédemment affectées au financement de la dette des états occidentaux, afin d’acquérir des positions stratégiques pour :

  • Assurer son approvisionnement en matières premières

  • Accroître son expertise technologique

  • Et accéder aux marchés étrangers

Le nombre d’ opérations de prise de contrôle des fleurons occidentaux s’accélèrent donc. Cependant, ces transactions peuvent se révéler être délicates en partie à cause des différences culturelles et de l’implication de l’état Chinois. En 2005 CNOOC, une compagnie pétrolière chinoise, a dû retirer son offre d’achat pour Unicol un producteur Californien devant le refus des politiciens Américains. En 2009, les actionnaires de Rio Tinto, une compagnie minière Anglo-australienne ont refusé de vendre une part minoritaire à Chinalco.

De nombreux acteurs occidentaux éprouvent des difficultés à comprendre le système de gouvernance des entreprises Chinoises. Lors des négociations les businessmans occidentaux estiment que les entreprises Chinoises, qui sont majoritairement contrôlée par l’état, répondent à des intérêts stratégiques et non commerciaux. La forte implication du gouvernement Chinois sur le monde des affaires engendre à la fois des avantages et des inconvénients :

Les entreprises chinoises ont accès à des financements à faible coût. Elles peuvent ignorer la fluctuation de leur capitalisation boursière car l’actionnaire majoritaire, l’état, reste stable et protège l’entreprise. Les politiciens Chinois peuvent également travailler dans le sens des entreprises Chinoises. Par exemple, la prise de contrôle de l’entreprise Canadienne PetroKazakhtan par CNPC (China National Petroleum Company), a été facilitée par une visite du président Hu Jintao à Astana, la capitale Kazakh, alors que les russes convoitaient également l’entreprise.

Cependant ce système de gouvernance a également des désavantages. En effet, les gouvernements occidentaux deviennent de plus en plus méfiant concernant les prises de contrôle de leur fleurons nationaux. De plus ,ce type de procédure décisionnel emmène les entreprises Chinoises à effectuer des offres survalorisées ce qui peut engendrer un appauvrissement.

Par conséquent, les grandes entreprises Chinoises pourraient ne jamais ressembler aux occidentales qui elles, ont un actionnariat diversifié et indépendant de l’état, devront néanmoins converger vers ce modèle dans le futur afin de réussir de grosses prises de contrôle. De plus, les futurs dirigeant chinois, aujourd’hui formés dans les universités occidentales acquièrent une éducation plus internationale que les actuels dirigeants ce qui pourrait leur faciliter la prise de contrôle des entreprises étrangères.

Yacine Talbi

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