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LA FRANCE : malade imaginaire ? En route vers un nouveau monde

L’économiste Jean-Paul Betbeze a publié en début d’année un livre dans la lignée de ses travaux précédents. Le thème : les enjeux et problématiques de la mondialisation et les défis économique de la France. Son dernier livre La France : malade imaginaire ? regroupe ces deux thèmes principaux en faisant dans un premier temps une analyse macroéconomique de par l’étude de la mondialisation. Par la suite, l’auteur analysera le cas français lié à cette mondialisation qui parfois le dépasse. Nous sommes donc dans une logique Top-down, mieux comprendre ce qui nous entoure pour mieux se comprendre soi-même.

Le duel des puissants

La relation entre les Etats-Unis et la Chine est un facteur déterminant dans le paysage mondial qui est en train de se dessiner. Cela ne concerne pas seulement la place de numéro 1 mondiale, mais la mutation des deux plus grandes économies qui entraine toutes les autres économies du monde dans leur sillage. La Chine a une influence encore plus grande puisqu’elle doit opérer un changement de stratégie pour maintenir la plus forte croissance possible ce qui a des répercussions considérables non seulement sur l’économie mondiale mais également sur les stratégies géopolitiques. Les autres puissances mondiales ont tout intérêt à s’assurer le soutien plus ou moins direct d’un des deux leaders sans froisser pour autant le laissé-pour-compte.  Un vrai jeu d’échec qui rend les relations et les échanges commerciaux qui en découlent très interdépendants. La complexité de l’échiquier mondial n’a jamais été aussi forte.

Le pétrole : indicateur révolu du changement

A travers le prix du pétrole, il est possible de tirer des conclusions sur la santé économique des plus grandes économies et, en le décryptant davantage, les relations géopolitiques entre les principaux acteurs qui exploitent cette ressource. L’OPEP, la Russie et les Etats-Unis sont les acteurs ayant le plus d’influence et dont les relations géopolitiques sont scrutées de près. L’exploitation du pétrole a évolué ainsi que le positionnement de ces mêmes acteurs. L’Arabie Saoudite (membre de l’OPEP) avait une telle influence qu’elle pouvait peser à elle seule, sur le prix du baril de pétrole. Les rapports de forces ont changé. Les Etats-Unis se sont mis a exploiter le gaz de schiste tout en obtenant l’autorisation d’exporter ses ressources. Le prix de l’or noir est en moyenne bien plus faible que lors des cycles précédents obligeant les pays exportateurs à de fortes restructurations. L’Arabie Saoudite ne dispose plus des mêmes ressources financières ne pouvant ainsi plus prendre le rôle de stabilisateur sur le prix du pétrole. Autre problématique, le cas Iranien qui revient sur le devant de la scène complexifiant les relations au sein même des membres de l’OPEP de par sa dualité avec l’Arabie Saoudite. Chacun essayant de trouver sa place et donc ses intérêts au milieu de toute cette agitation qui modifie les rapports de force et donc les jeux d’influence.

L’Europe : entre le rêve et le cauchemar

Quel beau projet que celui de l’Union Européenne. Lutter contre les grandes puissances déjà existantes et se préparer à l’émergence des futurs leaders de demain. L’union monétaire est née de ce besoin de rester compétitif, la solidarité entre les pays membres comme socle fondateur. Des sacrifices ont été consentis, comme une perte de souveraineté sur la politique monétaire. Impossible de dévaluer sa monnaie pour relancer l’exportation et retrouver sa compétitivité perdue, union monétaire veut dire politique monétaire commune. Privée de la dévaluation du change, la politique budgétaire est alors toute trouvée pour agir comme levier économique. En effet, l’Europe n’a jamais réussi à s’entendre sur une politique budgétaire commune mais néanmoins, elle impose des règles. Les mauvais élèves (pays du sud) subissent ainsi les réprimandes des bons élèves (l’Allemagne principalement) et parfois les sanctions qui s’imposent. L’austérité gagne alors ces pays qui sont pourtant en grande difficulté, engendrant ainsi encore plus de problématiques sous fond de tension sociale. Le Brexit a cristallisé ces inquiétudes avec une volonté de s’éloigner encore plus de cette zone jugée fragile (vote également négativement influencé par l’affut de migrant). La Grèce, l’Espagne, le Portugal et plus récemment l’Italie sont ou ont été les maillons faibles de l’Europe. Pourtant l’Europe a survécu aux différentes crises, des pays comme l’Espagne et le Portugal ont mené avec succès des réformes structurelles pour revenir dans le jeu économique. L’Europe ne cesse d’évoluer, elle a prouvé sa force de caractère et son poids économique la plaçant au 3ème rang mondial lui conférant un positionnement de choix dans les relations internationales.

Les banques centrales : l’évolution des politiques monétaires

Le pouvoir des banques centrales est bien connu de nos économies qui sont en partie dépendantes des décisions prises sur la politique monétaire, plus précisément celles sur l’évolution des taux d’intérêts.  La gestion du taux d’intérêt se veut des plus classiques, lorsque qu’une économie est en surchauffe une hausse des taux d’intérêts permet de diminuer la consommation, les investissements diminuant ainsi l’inflation galopante. La position opposée est vérifiable, baisse des taux pour une remontée de la consommation donc de la croissance et de l’inflation. La crise de 2008 est venue contrarier ces schémas pourtant ancrés dans nos économies. Le choc subit a été d’une telle violence que même une baisse des taux d’intérêt n’a pas suffi a relancé la machine. Taux d’intérêt à 0% inefficace, place au taux négatif, une première bien que toujours inefficace en plus de mettre en péril le modèle économique des banques. Les banques centrales ont donc cherché d’autres outils, dits non conventionnels, qui donneront naissance aux QE (quantitative easing). Le but est relativement simple, racheter la dette du Japon (pour la Banque du Japon : BoJ) ou celle des pays Européens (pour la Banque centrale Européenne : BCE). La mission de la BCE est encore plus compliquée que ces consœurs puisqu’elle a sous sa gouvernance un ensemble d’Etats au fonctionnement et aux besoins différents. Toutes les banques centrales ont leur propre difficulté. Ajuster le rythme de remontée des taux directeurs pour la FED, dévaluation du yen au travers d’une politique ultra accommodante pour la BoJ, sortie du mutisme pour la Chine et enfin décryptage de l’effet Brexit et anticipation de ses conséquences pour Mark Carney et ses compères. Elles ont pourtant toutes un objectif commun, adopter une politique monétaire dans un monde en constante évolution tout en maintenant le sacro-saint objectif de 2% d’inflation.

La France : une maladie autoalimentée

Comme nous l’avons vu précédemment, tous nos repères ont été bouleversés après les crises successives des subprimes et celle de la dette souveraine en Europe. Les rapports de force évoluent, de nouvelles perspectives apparaissent, d’anciennes disparaissent et la faculté d’adaptation à ce nouvel écosystème est perçu comme un élément moteur pour survivre. Malheureusement, notre bonne vieille France a un mal qui ne cesse de la ronger, la résistance au changement baptisée par l’auteur « maladie du motoneurone ». Cette peur se traduit par plusieurs symptômes, à commencer par la nostalgie du passé, ce sentiment d’une époque dorée faisant fi de tous les problèmes de cette période d’antan. Ce réflexe de citer des références du passé (grands économistes comme Keynes) pour résoudre les maux de notre époque traduit un manque de confiance en l’avenir. Une confiance, il est vrai, se gagne et la tonne d’informations que l’on reçoit chaque jour dont une part non négligeable d’informations non digérées, diffusées à chaud sans esprit analytique, ou pire encore, la diffusion de fake news venant brouiller encore plus l’esprit des français. Cette maladie entraîne un manque de lucidité, de réflexion ou le changement est accepté sur le papier mais en aucun cas s’il remet en question le moindre acquis. Une paralysie généralisée s’ensuit, par blocage du pays, syndicalisme forcé, étouffant tout le vivier français pourtant plein de potentiel. Le changement oui mais pour les autres.

Une médecine non appropriée

Les diagnostics et remèdes prodigués s’appuient sur des indicateurs ne reflétant plus nos modes de vie. L’économie est en pleine mutation et l’on se doit de repenser certains indicateurs économiques. Soit ils ne correspondent plus à ce nouvel environnement, soit ils nécessitent un ajustement de leurs objectifs. Le canal de transmission est biaisé lorsque l’on nous parle de la relation chômage – salaire qui a totalement éclaté avec la crise de 2008. Une baisse du chômage entraine bien une baisse de salaire mais sans l’effet correcteur salvateur nous maintenant ainsi en récession. D’autres lois fondamentales comme le théorème de Schmidt, la courbe de Philips ou encore la relation salaire-profit ne s’alignent plus devant la violence des chocs subit. L’exemple le plus frappant est celui de l’inflation, qui comme énoncé précédemment, est l’indicateur préféré des banques centrales à travers duquel se base toute leur politique monétaire sur la limite ou aux alentours des 2%. Alors que le service s’est considérablement développé, ces différentes formes ne sont pas toutes prises en compte par l’indicateur de croissance et donc fatalement par l’inflation. Le remède est contre indiqué et nous rend encore plus malade que nous l’étions.

Vers la guérison

Les services, justement, une porte de sortie pour notre société paralysée. Ce n’est certainement pas le remède miracle mais au moins un traitement de choix. Notre monde se transforme sans que l’on ne s’en aperçoive, du monde de l’industrie ou seul la productivité prime, à un monde de service aux multi visages. L’un servira de tremplin à une industrie à bout de souffle, tandis que l’autre améliorera et nous accompagnera dans notre quotidien. Le poids du service est devenu tel dans nos sociétés que l’opposition industrie-service appartient plus que jamais au passé. Une symbiose s’est créée entre elles. Ce changement s’opère avec le progrès technologique. Le Big Data est un exemple probant, il permet de cibler précisément les besoins afin de mieux les satisfaire. Cette satisfaction toujours plus précise de nos besoins, de notre bien-être reste pourtant étrangère au PIB. Nous devons repenser les chiffres qui sont de plus en plus décorrélés avec notre mode de fonctionnement dont ils ne savent en retirer la quintessence. L’acceptation d’une nouvelle ère est primordiale pour commencer le traitement. Pour se libérer de cette maladie, il est indispensable de se changer soi-même avant tout. Une remise en question de soi amènera naturellement de nouvelles perspectives, plus en accord avec le monde qui nous entoure. Il sera ensuite temps de profiter des forces naturelles de notre pays, comme la création de start-up toujours plus nombreuses avec cette volonté appuyée de l’innovation. Ainsi notre économie tournée vers le service prendra toute son ampleur. Des nouveaux emplois émergeront également par ce biais conduisant au changement tant redouté qui est pourtant la clé de notre félicité.

Depuis la parution de ce livre, la situation économique s’est légèrement améliorée dans le monde comme on peut notamment le voir en Europe avec une croissance révisé à 2,2% pour 2017. La communication des banques centrales a gagné en crédibilité, la confiance est donc revenue sur les marchés financiers. Tout ceci conforté par divers indicateurs économiques en hausse et des résultats d’entreprise prometteurs. Malgré tout, la route est encore bien longue comme on peut très rapidement le constater. Les indicateurs phares guidant les politiques monétaires sont toujours les mêmes sans aucune remise en question de leur pertinence. Pour ces raisons et bien d’autres encore l’adaptation à ce nouveau monde n’en est donc qu’à ses débuts.

La France, et plus globalement le monde, semblent être en voie de guérison. Cependant, le cycle économique, si l’on peut encore s’y fier, pourrait être dans sa phase de surchauffe précédent un revirement de conjoncture dégradant la santé du patient qui se trouve en chacun de nous. Mais le monde a peut-être définitivement changé, les diagnostiques et remèdes prodigués doivent être pensé différemment pour être conforme à une nouvelle réalité (« new real »). Cela permettrait de supprimer ces inquiétudes dont souffre l’auteur de cette synthèse. Tiens donc, la maladie du motoneurone serait-elle contagieuse ? Fort bien, guérissons tous ensemble !

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