Ilias KACHMARIlias KACHMARjuillet 12, 2019
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Croissance de la demande en énergie et nouvelles opportunités d’investissements; l’avenir du GNL à l’échelle mondiale s’annonce prometteur en 2019. Le Gaz Naturel Liquéfié, autrement dit, le GNL, désigne le gaz naturel transformé sous sa forme liquide. Après traitement, la liquéfaction permet de condenser le gaz naturel en GNL de manière à réduire son volume d’un facteur d’environ 600 pour un même pouvoir calorifique. Il est composé essentiellement de 90% de méthane et est inodore, incolore, non corrosif et non toxique.

Une « chaîne GNL » est mise en place lorsque la construction d’un gazoduc n’est pas envisageable, le plus souvent en raison de coûts de construction trop élevés, de la distance de transport, d’une étape maritime imposée ou de contraintes géopolitiques. La croissance du GNL sur de nouveaux marchés a été facilitée par la montée en puissance de technologies génériques telles que les FSRU et les FLNG. Celles-ci ont permis de réduire les risques d’importation de GNL, notamment en réduisant les coûts, ce qui facilite le financement, accélère les délais de mise en œuvre, et facilite son transport par voie maritime.

 

Que sont les FLNG et les FSRU ?

Une grande partie de la croissance future de la demande de gaz se situera dans des endroits où la fourniture de gaz par pipeline n’est ni économiquement viable ni pratique. Ces sites, principalement en Asie et en Europe, généreront des besoins croissants en gaz naturel sous forme liquide, ce qui générera une demande pour une capacité de production supplémentaire.

Un FLNG, ou, Floating Liquefied Natural Gas, est une usine flottante qui permet de transformer le gaz offshore en gaz naturel liquéfié. A la fois une plateforme d’extraction et une usine de liquéfaction de gaz naturel, ce n’est pas un navire et il ne possède pas de propulsion propre, il peut être réutilisé après l’épuisement d’un gisement gazier. Il est en général conçu pour résister à des cyclones de hautes catégories.

L’idée avec les FLNG est de produire, de liquéfier/stocker et de décharger directement le gaz naturel sur d’autres méthaniers, qui viennent se ravitailler en GNL en s’accrochant directement à la barge. Grâce à cette technologie, plus besoin de créer une usine de liquéfaction à terre voir fabriquer de coûteux gazoducs pour acheminer le gaz sur les côtes.

investissements

International Gas Union, Natural Gas Facts & Figures

Les FSRU, ou Floating Storage and Regasification Units, sont des méthaniers conçus comme une unité flottante de stockage et de regazéification du GNL devant servir de terminal d’importation de GNL. Ces installations mobiles sont capables de fournir un marché dont le gaz est la principale source d’énergie dans les zones où il n’est pas possible d’installer des terminaux de regazéification à terre.

Ils permettent donc aux pays importateurs de gaz de diversifier leurs sources d’approvisionnement, indispensables au maintien d’un certain niveau d’indépendance dans le domaine de l’énergie. L’objectif principal du FSRU est de continuer à attirer l’attention des importateurs de gaz soucieux d’acheminer rapidement de nouveaux approvisionnements sur le marché international.

Le FSRU présente 3 avantages :

  • Rentabilité : Dans la plupart des cas, une solution de regazéification flottante est plus rentable par MMbtu qu’une solution terrestre traditionnelle.
  • Gain de temps : Elle peut être mise en œuvre entre 1 et 3 ans, à la différence d’un terminal terrestre qui prend généralement 4 à 6 ans.
  • Réduire l’encombrement : Elle nécessite moins d’utilisation des sols qu’un terminal terrestre, minimisant ainsi les impacts environnementaux.

 

Facteurs influents la croissance de la demande énergétique

Plusieurs facteurs influents la croissance de la demande énergétique ont été identifiés. Des tendances à long terme pourraient créer des opportunités d’investissement dans l’énergie au cours des deux prochaines décennies

 

Croissance démographique

Selon le World Energy Outlook 2018 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande d’énergie primaire d’ici 2040 sera supérieure d’un quart à celle d’aujourd’hui, alors que la population augmentera de 1,7 milliard et que la population mondiale s’efforcera d’améliorer dans un même temps sa qualité de vie. Actuellement, la population de la Terre croît de 60 000 personnes toutes les 8 heures, soit deux enfants nés chaque seconde quelque part dans le monde. Les experts pensent que si nous continuons à croître à ce rythme, nous aurons besoin de 50% d’énergie en plus pour soutenir l’humanité d’ici 2050.

Ainsi, en 2040, la population mondiale devrait clairement dépasser les 9 milliards. Et ce n’est pas tout, plus de gens signifie que nous aurons besoin de plus de nourriture, d’eau et d’abris, ce qui mettra également nos ressources renouvelables à rude épreuve. Pourtant, si l’on considère les zones où la croissance démographique est la plus rapide, ce ne sont pas les mêmes pays qui consomment le plus d’énergie.

Par exemple, les États-Unis ont une population d’un peu plus de 300 millions d’habitants, soit environ 5% de la population mondiale. Pourtant, ils consomment 20% de l’énergie mondiale et génèrent 19% des gaz à effet de serre de la planète. La Chine, quant à elle possède 20% de la population mondiale et est responsable de 33% de ses émissions de gaz à effet de serre.

Les pays en développement comme l’Inde et certains pays africains consomment beaucoup moins d’énergie mais contribuent à la crise démographique. L’Inde, par exemple, est presque à l’opposé des États-Unis en termes de consommation d’énergie, n’utilisant que 5% de l’énergie mondiale. Mais avec près de 1,2 milliard d’habitants, il représente près de 17% de la population mondiale. Ainsi, les démographes prévoient que les trois quarts de la population mondiale résideront en Asie ou en Afrique à ce moment-là, malgré cette répartition injuste et déséquilibrée dans le monde.

La Chine et l’Inde, en particulier, feront face aux plus grands défis en matière de gestion de la croissance démographique. Au fur et à mesure que les habitants de ces pays migrent des zones rurales vers les villes, la demande en énergie augmentera certainement. Cela pourrait avoir un impact énorme sur les prix de l’énergie. La population et la consommation d’énergie ne peuvent qu’être liées.

Et, à mesure que chaque humain s’ajoute à la Terre, les ressources deviennent un bien précieux, en particulier les ressources non renouvelables comme les combustibles fossiles, qui fournissent la majeure partie de l’énergie du monde. Si l’on part du principe que les États-Unis consomment actuellement 20% de l’énergie mondiale, quelle quantité d’énergie le pays consommera-t-il s’il atteint la population estimée de 450 millions d’habitants par les Nations Unies d’ici 2050?

 

Part d’électricité mondiale

Près de 1,3 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’électricité. La Banque Mondiale indique que la région la moins électrifié du monde est l’Afrique Subsaharienne avec 62,5% de sa population n’ayant pas accès à l’électricité, suivie de l’Inde avec 20,8%, de l’Asie du Sud 19,9%, et du reste du monde 3%.

Au cours des deux prochaines décennies, l’Inde et d’autres pays émergents investiront dans des infrastructures de réseau électrique au fur et à mesure que leurs économies mûriront. Ces nouveaux générateurs d’électricité nécessiteront pétrole brut, gaz naturel, charbon, énergie nucléaire ou énergies renouvelables, pour fonctionner. À mesure que l’accès à l’électricité s’étend de plus en plus à travers le monde, les besoins en énergie vont inévitablement augmenter.

 

Industrialisation dans les économies en développement

La demande industrielle en énergie pourrait dépasser 70% d’ici 2040. Cependant, la majeure partie de cette demande sera générée par les économies en développement. Selon ExxonMobil, la demande industrielle en énergie en Inde devrait tripler d’ici 2040. L’Inde et d’autres pays en développement d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique auront besoin d’usines pour la fourniture de métaux, de machines et de produits manufacturés. Cette nouvelle source de demande énergétique industrielle pourrait compenser le ralentissement de la demande industrielle dans les pays développés.

Cela aide également les pays à sortir beaucoup de personnes de la pauvreté car il oblige les gens à travailler dans des usines et permet à beaucoup d’échapper à la pauvreté, favorisant ainsi la croissance économique de ce pays.

 

La révolution de l’efficacité énergétique

La croissance attendue de l’énergie dans les pays développés n’est pas due aux mauvaises conditions économiques. Au contraire, les économies développées d’Amérique du Nord et d’Europe bénéficieront d’une efficacité énergétique accrue au cours des prochaines décennies.

Des centrales électriques au gaz naturel plus efficaces, la technologie de réseau intelligent et des voitures économes en carburant font partie des développements susceptibles de produire une nouvelle révolution en matière d’efficacité énergétique. Il sera intéressant de voir la mesure par laquelle ces technologies peuvent évoluer et comment elles pourraient modifier les parts de consommation d’énergie renouvelable par rapport aux énergies non renouvelables.

 

Croissance des pays et marchés émergents

L’une des tendances les plus importantes sur les marchés de l’énergie est la disparité de la demande d’énergie attendue entre les pays développés et les pays en développement.

La consommation mondiale d’énergie devrait augmenter de près de 30% au cours des deux prochaines décennies. Cependant, la croissance dans les pays développés devrait rester stable. En d’autres termes, les pays émergents représenteront la totalité de l’augmentation. Cette prévision pourrait avoir d’importantes répercussions sur les marchés des produits de base. Les traders doivent prêter une attention particulière à la croissance économique des marchés émergents, ainsi qu’aux nouvelles sources d’approvisionnement en énergie dans ces pays.

 

Le commerce mondial de GNL s’annonce prometteur

Le marché du GNL devrait croître à un rythme beaucoup plus rapide que le gaz naturel dans son ensemble en raison des grandes distances qui séparent de nombreux centres d’approvisionnement des centres de demande. Les FSRU ont changé la donne sur le marché du GNL. Ils ont permis à bien plus de pays de devenir des importateurs de GNL et d’intégrer le marché beaucoup plus vite et à un coût bien plus bas que celui de la construction d’un terminal terrestre.

Ils sont un facteur clé derrière la croissance importante et rapide des importations de GNL des marchés émergents et encourage de nombreux nouveaux projets de liquéfaction. La plupart des projets récents d’importations sont promus par des joint-ventures entre des entreprises locales et des fournisseurs internationaux de GNL (Qatar Petroleum, etc.), des fournisseurs de solutions midtream (Excelerate Energy, Golar LNG, Höegh LNG, OLT, MOL, etc.) et des fournisseurs de centrales électriques (Siemens, General Electric, etc.).

Dans un contexte d’offre excédentaire de GNL, les agrégateurs et les traders soutiennent la création de ces nouveaux marchés et leur apportent puissance financière et compétences en gestion de projet. On peut citer par exemple Bahrain LNG, Sergipe et Açu 1 au Brésil, et Ivory Coast GNL en Côte d’Ivoire. Les entreprises de trading comme Trafigura et Gunvor investissent également dans les FSRU au Pakistan et Bangladesh, de manière à diversifier leurs activités.

En 2018, la capacité nominale de liquéfaction a augmenté de 7% en fin d’année pour atteindre les 382,9 MTPA (Millions de Tonnes Par An). Cette croissance est due aux nouveaux projets plutôt qu’à l’agrandissement des usines de liquéfaction déjà existantes. En février 2019, leurs mises en service avaient fait croitre la capacité nominale à 392,9 MTPA. Yamal LNG dans l’Arctique russe (11 MTPA); Ichthys LNG Train 1 et 2 (8.9 MTPA) et Wheatstone LNG Train 2 (4.45 MTPA) en Australie; Cove Point (5.25 MTPA), Corpus Christi LNG Train 1 (4.5 MTPA) et Sabine Pass Train 5 (4.5 MTPA) aux Etats-Unis; ainsi que Kribi FLNG au Cameroun (2.4 MTPA), ont contribué à cette croissance.

 

Capacités existantes

énergie

IHS Market, IGU; Nominal Liquefaction Capacity and Utilisation by Market 2018

En janvier 2019, il y avait 20 marchés ayant une capacité de liquéfaction existante (figure ci-dessus). En septembre 2018, le Qatar possède une capacité totale de liquéfaction de 77 MTPA et conserce sa première place. Qatar Petroleum prévoit d’ajouter un 4ème nouveau train de liquéfaction afin d’atteindre son objectif de capacité de liquéfaction de 110 MTPA.

La mise en service d’Ichthys LNG T1 en début d’année et grâce à la réalisation de 10 projets de liquéfaction répartis entre l’Australie occidentale, le Territoire du Nord et le Queensland ont poussé la capacité de liquéfaction totale de l’Australie à 75,4 MTPA fin 2018, voir 79,9 MTPA en janvier 2019 et conserve sa deuxième place.

Dans un même temps, trois des États du sud du pays – la Nouvelle-Galles du Sud, Victoria et l’Australie-Méridionale – avancent dans leurs projets de commencer les importations de GNL sur la base de l’utilisation de FSRU. Fin 2018, le Qatar, l’Australie, les États-Unis, l’Indonésie, la Malaisie, l’Algérie et le Nigéria représentaient au total plus de 71% de la capacité nominale de liquéfaction.

 

Projets sous construction

Nominal Liquefaction Capacity by Country in 2018 and 2024

En janvier 2019, une capacité de liquéfaction de 101,3 MTPA était en construction ou approuvé pour développement. Le Prelude FLNG qui est entré en phase d’exploitation commerciale début 2019 et Ichthys LNG T2 qui a commencé à exporter à partir d’octobre 2018 sont les principaux contributeurs à cette croissance. Plus de 75% de la capacité mondiale en construction (77,4 MTPA) est située en Amérique du Nord, LNG Canada étant le seul projet non américain de cette catégorie.

Bien que l’Australie ait joué un rôle important dans cette augmentation de capacité, ses seuls trains en cours de construction sont Prelude FLNG et Ichthys LNG T2. Une capacité supplémentaire est en construction en Indonésie (4,3 MTPA) en partie grâce au projet JAVA-1, le plus grand projet de ce type en Asie du Sud-Est. En Malaisie (1,5 MTPA), faute d’infrastructures de gazoduc, le pays souhaite pouvoir transporter le gaz naturel de la meilleure manière possible.

Russie (3,6 MTPA). Au Mozambique (3,4 MTPA), l’Italien ENI ayant annoncé en septembre 2018 le début de la construction de Coral South FLNG pour une production d’environ 3,4 MTPA de GNL qui démarrera en 2022. L’Argentine (0,5 MTPA), par le déploiement de Tango FLNG au port de Bahía Blanca au deuxième trimestre de 2019, l’Argentine rejoindra les rangs des exportateurs de GNL avec un projet d’exportation de 0,5 MTPA vers les marchés outre-mer.

La Thaïlande est devenue un marché prometteur et a commencé à importer du GNL en 2011. PTT développe également le terminal de réception de GNL Nong Fab à Rayong qui devrait entrer en activité d’ici le deuxième trimestre de 2021 avec une capacité de regazéification de 7,5 MTPA et une capacité de pointe de 9 MTPA.

Le Pakistan a souffert suite à de graves pénuries d’énergie pendant de nombreuses années. Le pays a prit ses mesures et commence à importer du GNL en 2015. Il espère ainsi augmenter ses importations à environ 30 MTPA d’ici 2020.

Le Bangladesh a vu ses réserves de gaz diminuer, les ressources hydroélectriques et éoliennes sont limitées, les terres pour le déploiement de l’énergie solaire à grande échelle sont rares et la dépendance à l’égard de combustibles liquides importés devient trop coûteuse. Ainsi, le pays a un besoin urgent de gaz. En août 2018, le Bangladesh est devenu le 42e pays importateur de GNL au monde grâce au navire que Summit a affrété auprès d’Excelerate Energy dans le cadre d’un contrat de 15 ans apportant 130 000 m3 de GNL du Qatar.

Le Panama est le second pays avec le Bangladesh à rejoindre le groupe des pays importateurs de GNL, au total 42 pays. En effet, de nombreux services publics en Amérique centrale et dans les Caraïbes dépendent toujours de la combustion de pétrole pour produire de l’électricité, mais le GNL offre une alternative plus propre, moins chère et plus efficace.

En 2017, Engie et AES – Applied Energy Services, acteur majeur de la production et la distribution d’électricité en Amérique latine, États-Unis et Europe – ont créé une entreprise commune pour commercialiser et vendre du GNL à des tiers en Amérique centrale, utilisant le terminal de Panama comme centre de distribution, doté d’une capacité de 1,5 MTPA.

La Pologne et la Lituanie souhaitent diversifier leurs sources d’approvisionnement en gaz, car elles dépendent du russe Gazprom.

L’Égypte, qui a décidé d’augmenter sa production nationale, était un exportateur à court de gaz et a retrouvé son autosuffisance grâce à des découvertes majeures. Le pays doublera sa capacité d’exportation de GNL avec 2 milliards de pieds cubes par jour d’ici fin 2019 et prévoit de collaborer avec l’Arabie saoudite pour la recherche de réserves d’hydrocarbures dans la mer Rouge.

Le Koweït et les Émirats Arabes Unis veulent cesser de produire de l’électricité à partir de combustibles liquides coûteux et polluants. Le Koweït a mis en place un projet de terminal d’importation de GNL à Al-Zour et qui sera opérationnel d’ici 2022 avec une capacité de regazéification de 23 MTPA avec 8 réservoirs de stockage d’une capacité de 225 000 m3 chacun.

 

Le GNL de l’Afrique subsaharienne

L’Afrique subsaharienne est un important exportateur de GNL grâce à de nombreux projets au Nigeria, en Guinée équatoriale, en Angola et au Cameroun.

Le projet Nigeria LNG compte actuellement six trains en exploitation d’une capacité de production combinée de 22 MTPA. La société a réduit son plan d’expansion à un seul train unique de 8 MTPA et espère atteindre une décision finale d’investissement d’ici fin 2019.

En 2018, le Cameroun est devenu l’exportateur de GNL le plus récent lorsque Kribi FLNG (2,4 MPTA) a chargé sa première cargaison en mai 2018. Auparavant en 2014, la Papouasie-Nouvelle-Guinée était le pays le plus récent à avoir ajouté sa capacité de liquéfaction.

Le Sénégal et la Mauritanie deviendront des exportateurs de GNL à partir de 2022. Les partenaires concernées par le projet Greater Tortue FLNG au large des côtes mauritanienne et sénégalaise ont annoncé la décision finale d’investissement en décembre 2018 pour les premières phases des 2,5 MTPA, mais n’ont pas encore attribué de contrat de construction.

 

Croissance des importations de GNL en Chine

La Chine, le Japon et la Corée du Sud ont importé 55% des 391 milliards de m3 de GNL vendus l’année dernière et achèteront 48% des 505 milliards de m3 de GNL vendus en 2023. Les ventes de GNL de l’ensemble de l’Asie elle seule représentera cette année 75% de l’ensemble des ventes de GNL dans le monde, contre 72% l’an dernier. (Sources: global LNG report 2019, DLA Piper)

Au Japon, la catastrophe nucléaire de Fukushima a accéléré la demande après la mise hors service des centrales nucléaires. Le Japon reste pour le moment le premier importateur mondial de GNL dans le monde. Nous avons ensuite la Chine avec plus de 54 millions de tonnes en 2018, puis la Corée du Sud. A noter que 2017 fut l’année où la Chine a dépassé la Corée du Sud pour se positionner en deuxième importateur de GNL au monde.

Le pays a reçu près de 10 millions de tonnes de GNL de plus que la Corée du Sud qui en a importé un record de 44 millions l’an dernier. La Chine deviendra donc certainement le premier importateur mondial de GNL. Elle entretient par ailleurs de bonnes relations avec la Russie, les exportations du GNL Russe vers le marché asiatique ont atteint les 12,86 millions de tonnes en 2018. Parallèlement, la Chine investit dans des projets de GNL, en Australie, au Canada, en Afrique de l’Est et ailleurs, et la plupart des investissements proviendront de fonds propres.

La croissance des importations de GNL depuis 2015 a été spectaculaire pour la Chine. En 2017, un quart de tout le GNL importé par la Chine, soit environ 10 millions de tonnes, a été livré aux clients par camion, en raison de contraintes liées aux pipelines. Elle a importé 54 millions de tonnes de GNL en 2018, soit une augmentation de près de 38% par rapport à 2017, alors qu’en 2015, elle n’était qu’à 19,7 millions de tonnes.

En décembre seulement, les importations chinoises de GNL ont augmenté de 25,9% soit de 6,29 millions tonnes, enregistrant un record d’importations mensuelles de GNL. La Chine devra accroître sa capacité de stockage de gaz pour faire face aux besoins saisonniers croissants. A présent, elle dispose d’environ 10 milliards de mètres cubes d’espace de stockage, soit environ 4% de sa demande annuelle.

Le gouvernement chinois cherche à améliorer son environnement en abandonnant le charbon pour lutter contre la pollution atmosphérique chronique, mais également pour tenir ses engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique dans le cadre de l’Accord de Paris.

 

Informations clés
  • La capacité nominale de liquéfaction a augmenté de 7% en fin 2018, pour atteindre une capacité totale de 382,9 MTPA.
  • En février 2019, les derniers lancements commerciaux ont fait atteindre la capacité totale de liquéfaction à 392,9 MTPA.
  • Le gaz naturel répond à près de 25% de la demande mondiale en énergie, dont 10,7% de GNL.
  • Les États-Unis et l’Australie ont tous deux augmenté leurs stocks de GNL, la Chine, la Corée du Sud et d’autres pays asiatiques ayant enregistré la plus forte croissance de la demande.
  • Le Bangladesh et le Panama ont rejoint les rangs des importateurs l’année dernière, au total 42 pays importateurs aujourd’hui.
  • Le Cameroun a commencé à exporter du GNL en 2018; au total 20 pays exportateurs aujourd’hui.

Sources:

https://www.lngworldshipping.com

https://www.oxfordenergy.org

https://excelerateenergy.com

https://www.igu.org

https://www.scmp.com

https://www.reuters.com

https://www.dlapiper.com


Antoine NODETAntoine NODETjuillet 12, 2019
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La qualité de l’air est un sujet de préoccupation de l’opinion et un problème de santé publique toujours plus prégnant. Cela s’inscrit dans un contexte plus général contre le réchauffement climatique et la pollution. Toute la question est de savoir comment agir face au foisonnement d’idées et d’initiatives alors que les enjeux sont planétaires. De manière plus prosaïque, quel vecteur d’investissement est le plus pertinent et à quel prix ? TERA s’introduit en bourse pour trouver des investisseurs intéressés par sa démarche. L’enjeu n’est pas mince pour la place de Paris puisqu’il s’agit de la deuxième introduction de l’année.

TERA

Créée en 2001 et toujours détenue par ses quatre fondateurs, la société TERA intervient dans le domaine de l’analyse de la qualité de l’air.  Pour se développer, la société fait appel au marché dans le nouveau cadre de procédure simplifiée pour les offres ouvertes au public pour un montant inférieur à 8 millions d’euros.

L’essentiel du CA, 96%, est actuellement le fait d’analyse d’air réalisé en laboratoires pour le compte de bureau d’études (CEBTP, Ginger…) et de fabricants de composants électroniques (SOITEC, STMicroelectronics…). Cette activité représente des revenus récurrents. Ce sujet prend une ampleur croissante avec 30 000 analyses réalisées en 2018 contre 23 000 en 2017 et 20 000 2016, chiffres qui traduisent certes une croissance notoire mais également erratique.

Forte de son expérience, la société a développé des stations de mesure connectées. Ces stations sont proposées en location. L’EBITDA serait de 20%, supérieure par conséquent à l’EBITDA moyen actuel de 6.4%. Toutefois, en l’absence d’analyse financière et d’éléments prévisionnels consistants, il est difficile de savoir si ce niveau de marge d’EBITDA est suffisant par rapport au risque inhérent à ce genre d’activité et à l’intensité capitalistique.

Il est d’ailleurs à remarquer qu’à l’heure actuelle si l’EBITDA s’affiche à 282k€ pour 2018, le REX est lui négatif de 340k€ du fait des dotations aux provisions et amortissements, alors que la société n’immobilise pas sa R&D (17.5% du CA).

La société a développé un capteur de dernière génération dont le mérite essentiel est de ne pas connaître de dérives du signal au fil du temps, contrairement aux systèmes existants, et est capable de fonctionner dans un environnement humide avec un niveau d’analyse des particules fines, les plus nocives, inférieur à un microgramme par mètre cube.

Tera vient d’ailleurs de signer un accord avec un équipementier automobile dont le nom reste confidentiel pour s’adapter au système de filtrage des habitacles. Au-delà de ce premier accord, les capteurs de la société sont en tests chez plusieurs industriels ce qui devrait permettre de voir les commandes s’accélérer.

Enfin, la société développe des solutions digitales pour le suive de la qualité de l’air sur un « cloud » regroupant toutes les données collectées par un réseau de capteurs et de stations de mesures des collectivités. Un premier partenariat avec la vile de Marseille a été conclu.

Aucune analyse financière n’a été fournie et il est donc difficile de se prononcer. Toujours est-il que la rentabilité d’exploitation devrait se dégrader sous le double effet de dépenses de R&D et du développement des activités nouvelles et de l’internationalisation. La direction pense néanmoins que l’équilibre opérationnel sera maintenu. Le chiffre d’affaires qui est aujourd’hui de 4.2M devrait atteindre 7M en 2020. Et le résultat net devrait être positif en 2021.

La société cherche à lever entre 6M et 6.9M avec la clause d’extension. Il convient de noter qu’à l’heure actuelle les fonds propres sont négatifs de 1.2M, en partie du fait de la sortie des fonds d’investissement. La dette financière nette est de 1.5M, les autres dettes étant de 3.9M face à un actif circulant de 2.4 hors trésorerie.

Outre la restructuration du passif, la société annonce vouloir consacrer les fonds au développement de nouvelles méthodes d’analyse et d’applications numériques, au développement du réseau des stations de mesures, se développer à l’international en particulier la Chine et les Etats-Unis et enfin procéder à de la croissance externe.

Si le thème de la qualité de l’air est porteur et que nul ne saurait nier l’enjeu sanitaire, il n’en reste pas moins que tout a un prix. La société est valorisée pré-monnaie entre 8.4 et 9.76M d’euros. Si on retient le haut de la fourchette et un montant maximum de levée de 6.9M, on aboutit à une valeur des fonds propres de 16.66M d’euros. En bas de fourchette, la valorisation serait encore de 14.4 Millions d’euros.

Sur la base d’un CA de 4.2M, la fourchette est de 3.4 à 3.9 fois. Sur la base du 7M annoncé comme objectif pour 2020, entre 2 et 2.65. Quant au multiple de résultat…

De même que pour la décote de taille et de liquidité, même avec un flottant de 35 à 40%.

Post tenebras lux. Mieux vaut attendre la cotation et la publication d’analyses financières pour se positionner d’autant plus que si le thème est porteur, il existe un grand nombre de valeurs sur le marché français et international pour investir sur cette problématique. Et si on ne peut nier l’intérêt spéculatif, à ce niveau là la prime ne pourra qu’être faible. A moins que la croissance des résultats justifie les multiples. A voir lorsque les analyses financières seront disponibles. Dans l’immédiat, autant aller traiter à la coulisse avec les pied-mouillés et l’asymétrie de l’information.


Moufid ABAYOMIMoufid ABAYOMIfévrier 14, 2019
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Les premières réflexions et travaux sur l’intelligence artificielle datent des années 1950. Aujourd’hui, cette discipline, au cœur de tous les débats commence à bouleverser plusieurs secteurs d’activités. Avec l’émergence du big data, les travaux de recherche dans le domaine s’accélèrent. Voyons dans cet article, ses impacts dans le secteur bancaire et de la finance.

L’intelligence artificielle (IA, ou AI en anglais pour Artificial Intelligence) est un ensemble de théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes visant à permettre aux machines de simuler certains traits de l’intelligence réelle (raisonnement, apprentissage……).

secteur bancaire

Elle devient un logiciel réfléchissant à la place de l’humain et se retrouve implémentée dans plusieurs domaines tels que : le commerce, les transports, la santé, l’assistant personnel, l’industrie, l’environnement, la défense, la finance etc…

Aujourd’hui l’intelligence artificielle permet de réaliser une vision artificielle, la reconnaissance vocale, un diagnostic médical et le traitement de certaines pathologies, le traitement d’images et de vidéos, les analyses prédictives, l’automatisation de manière plus intelligente, la création de robots humanoïdes, la simulation de systèmes complexes, la réalisation d’œuvre d’art etc…

Avec l’avènement du Big Data, l’IA a commencé à changer certaines habitudes dans le secteur bancaire et financier. En effet, les entreprises de ces secteurs disposent d’une grande quantité de données inexploitées. Le Big Data a créé un cadre adéquat pour l’exploitation de ses données.

Cela permet entre autre, le développement de nouveaux algorithmes, le traitement de cette masse de données avec des algorithmes très puissants. Ce qui favorise entre autres la digitalisation du secteur financier, la transformation les activités de trading, d’évaluation des risques, de gestion de portefeuilles, d’analyse financière, de prêts bancaires etc…. D’où le succès des fintech.
En termes d’impacts dans le secteur bancaire et financier, on peut citer :

• La transformation des métiers
L’IA va automatiser plusieurs tâches dans le secteur bancaire et financier. Mais elle ne va pas remplacer l’humain. L’IA permettra de faire évoluer les métiers et compétences.
• Dans le trading
L’utilisation de l’IA et du machine learning dans les salles de marché est devenue une réalité. L’algo-trading tient compte des tendances de marché et l’IA donne une probabilité d’occurrence d’une transaction. Aujourd’hui, ce sont les automates qui exécutent les ordres de bourse. Seuls les paramètres sont définis par les humains. L’écriture automatisée des algorithmes de trading tente à s’imposer. Cela commence à obliger les traders à se lancer dans le code.
• Finance d’entreprise
La révolution digitale touche particulièrement les fonctions achats et comptabilité. A ce niveau, ce sont des logiciels qui réalisent certaines tâches quotidiennes. Cela facilite la vie des salariés. Notons que les fonctions finance, achats et RH ont un fort potentiel de numérisation.

• Dans la gestion d’actif ou de patrimoine
Le développement des Robots advisor par les FinTech permettent la gestion de portefeuille en ligne avec un minimum d’intervention humaine. Dans ce cadre, on peut distinguer deux types de services :
• la gestion conseillée : l’investisseur gère son portefeuille. Il peut choisir de suivre ou non les conseils qui lui sont prodigués ;
• la gestion déléguée : la structure gère le portefeuille pour le compte de son client. Il s’agit d’un mandat de gestion.
Les avantages qui résultent de ces services sont : l’avantage tarifaire, le conseil et la simplicité d’utilisation. Du coup, les assureurs, les banquiers et asset managers ont commencé à signer des partenariats avec des Robo-Advisors

• Automatisation des process métier
Grâce à l’intelligence artificielle et l’automatisation, les banques ont considérablement réduire le temps de traitement des demandes tel que la déclaration de perte/vol de cartes bancaires, la déclaration des sinistres.

Pour cela, l’IA permet d’extraire dans un dossier de déclaration de sinistre, les éléments les plus pertinents pour savoir le type de sinistre, d’analyser le type de couverture d’assurance. Il permet ainsi aux agents d’entamer rapidement le processus d’indemnisation.
Cette discipline permet également d’élaborer de nouveau procèss de recrutement.

• Amélioration de l’expérience client
L’IA peut permettre aux banques et structures financières de réaliser une vision 360° de leur clientèle. En effet, l’IA peut réaliser la veille sur les réseaux sociaux et évaluer l’e-réputation de sa clientèle. Grâce aux informations collectées en temps réel, on peut tirer des conclusions rapides qui peuvent être mises à disposition des conseillers.

Cela permet de personnaliser les offres de services. Les Chatbots permettent également un gain de temps pour les conseillers. Ces derniers peuvent se concentrer sur des demandes à plus forte valeur ajoutée. Tout ceci permet d’améliorer la relation-client, réduire les frais et augmenter le rendement des directions commerciales.

• La cyber sécurité
L’une des plus grandes inquiétudes dans le secteur bancaire et financier est la sécurité face aux cyber-attaques. En effet, on peut assister aujourd’hui à l’infiltration des systèmes informatiques des institutions par des programmes malveillants plus sophistiqués. On observe également l’apparition des fausses transactions provenant d’une destination douteuse ou des vols massifs.

Afin de remédier à cela, les banques et institutions financières font recours à l’IA et au machine learning pour construire une bonne défense. En effet, l’IA analyse les habitudes financières du client, détecte les comportements inhabituels. Elle peut ensuite alerter automatiquement le système pour garantir la sécurité des fonds des clients.

Notons que le développement du cloud et l’utilisation de la technologie blockChain allié à l’intelligence artificielle permettra de réaliser des offres personnalisées et de concevoir des smarts contracts. On peut également assister à la création d’un écosystème dans lequel les services bancaires seront intégrés à des fonctionnalités comme le commerce en ligne, l’uberisation etc…

Webographie
https://www.letemps.ch/economie/lapport-lintelligence-artificielle-finance
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-182841-lintelligence-artificielle-na-pas-fini-de-revolutionner-le-secteur-financier-2176669.php
https://www.unow.fr/blog/le-coin-des-experts/intelligence-artificielle-moteur-finance-fintech/

Les applications et usages de l’ia


https://news.efinancialcareers.com/fr-fr/330088/quel-est-limpact-de-lintelligence-artificielle-sur-votre-job-en-finance
http://www.agefi.com/quotidien-agefi/forum-blogs/detail/edition/2018-05-09/article/intelligence-artificielle-la-finance-du-futur-5-475396.html


Jerome BLANCHETJerome BLANCHETnovembre 2, 2018
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La sortie du Royaume-Uni de l’UE ne permettra plus l’utilisation du passeport européen pour prester les différents services bancaires et financiers (prêt, financement, activité de trading, gestion d’actifs et d’investissement et des contrats sur instruments financiers à terme) du Royaume-Uni vers les États membres de l’UE et inversement.

instrument financier à terme

La question est particulièrement problématique pour les contrats de marché utilisant les conventions-cadres, contrats-chapeaux qui constituent le cadre contractuelle de plusieurs relations sous-jacentes pouvant s’élever à plusieurs milliards d’encours selon les contreparties. Nous nous intéresserons ici au sort des contrats de dérivés qui représente le nom

  1. Quel avenir pour les Conventions-Cadres de dérivés ?

Les opérations sur dérivés sont conclues par des contrats (appelés confirmations). Ces contrats peuvent être soit conclus séparément, chacun avec leurs spécificités soit s’inscrire dans le cadre d’un contrat plus global appelé Convention-Cadre (la notion de « contrat cadre » est prévue à l’article 1111 du Code civil). Les Conventions-Cadres utilisées le plus couramment dans les relations internationales sont les Conventions-Cadres ISDA de droit anglais.

Or, notamment dans les relations UE-UK post Brexit ces opérations seront affectées. En effet, si les opérations ont pu être valablement conclues à la date de leur conclusion, certains événements inhérents à la vie desdits contrats sous-jacents soulèveront des questions quant à la nécessité de disposer d’un agrément afin d’effectuer ces dernières et potentiellement, dès lors, une impossibilité de réaliser ces prestations en l’absence dudit agrément.

En pratique, on constate une migration des activités du Royaume-Uni vers la France, matérialisée contractuellement par des transferts des Conventions-Cadres hors du Royaume-Uni par le biais d’accord de « novation ».

Ces « Novations Agreements » de droit anglais, permettent de transférer les opérations d’une entité (londonienne) vers une autre entité (de l’UE) afin de bénéficier de son agrément. En droit français, il est également possible de transférer des contrats d’une partie à une autre selon plusieurs procédés contractuels similaire, mais non en tout point, au droit anglais.

Plusieurs mécanismes existent donc en droit français, seules ici la novation et la cession, les plus utilisés, sont abordées :

  • la novation qui peut être assimilé à un mécanisme de substitution se décline sous trois formes : novation par changement de créancier, la novation par changement de débiteur et la novation par changement d’obligation. Dans tous les cas, la novation éteint les obligations existantes entre les parties au contrat initial et en crée de nouvelles. Les obligations étant distinctes, elle entraîne la discontinuité des contrats et potentiellement l’impossibilité de les continuer aux conditions antérieures.
  • la cession qui peut être assimilé à un transfert existe, elle aussi, sous trois formes : la cession de créances, la cession de dettes et la cession de contrat sur l’instruments financiers à terme. A la différence de la novation, la cession, ne crée aucune discontinuité et les obligations continuent donc d’exister mais entre des parties différentes.

En tout état de cause, la continuité ou la discontinuité des contrats engendrera des conséquences fondamentalement différentes notamment :

  • fiscales,
  • comptables,
  • réglementaire,
  • économiques,
  • juridiques, et
  • financière.

En sus des possibilités offertes par le droit français, certaines instances ont, dans le cadre du Brexit,  proposé une solution innovante un prévoyant un contrat dit de « réplication », à savoir un contrat répliquant à l’identique les opérations conclues entre une entité au Royaume-Uni et contrepartie dans l’UE entre deux autres entités.

Si ce mécanisme paraît, en théorie très rentable, la technicité du procédé rend la rédaction et la négociation aussi délicate que la renégociation d’un modèle déjà connu de l’ensemble des acteurs de la place.

Il convient donc de prendre la mesure de chacune des solutions offertes dans le marché et de les étudier au cas par cas. Il n’est donc pas possible à l’heure actuelle au regard du droit positif sans intervention (prévue notamment en France) du législateur d’affirmer que les contrats de dérivés continueront d’exister et d’être exécuter sans heurts post Brexit.

  1. Le Brexit est-il un prétexte à la renégociation des contrats ?

Le transfert des opérations créera de toute évidence au vu des leviers que les entités européennes possèdent désormais de renégocier les contrats sur l’instruments financiers à terme. Notamment de choix le droit et la juridiction applicable à la Convention-Cadre. L’ISDA a, à cet effet, publié en 2018 deux nouvelles Conventions-Cadres ISDA régies, l’une par le droit irlandais, l’autre par le droit français permettant d’adapter sur mesure les futures relations internationales entre l’UE et le Royaume-Uni.

brexit

Mais la renégociation ne s’arrêtera pas à ces seules clauses, il conviendra surtout s’interroger lors du transfert des opérations sur la pertinence d’un « simple » transfert ou sur la nécessité :

  • d’auditer les portefeuilles d’opérations en cours et à venir,
  • de dresser la typologie de la documentation contractuelle utilisée,
  • d’analyser les impacts règlementaires, comptables et fiscaux[1] liés au choix du mode de transfert,
  • d’analyser les conditions de reconnaissance (reconnaissance des accords de compensation – netting et d’accord d’échanges des sûretés – collateral) et d’exécution des contrats à l’étranger, et
  • d’allouer les ressources matérielles et humaines nécessaires à la renégociation de ces contrats sur l’instruments financiers à terme et à leur gestion à la suite du transfert.

Outre la négociation du droit et/ou des juridictions applicables, le transfert d’opérations pourra aussi être l’occasion de renégocier certains autres paramètres juridiques ou financiers comme :

  • les devises éligibles et de calcul,
  • le collatéral éligible,
  • les indices de référence,
  • etc.

 

  1. Le cas particulier des dérivés compensés en chambre de compensation « CCP »?

La compensation en chambre de compensation (clearing) implique l’utilisation d’un mécanisme issu du droit civil continental permettant l’extinction d’obligations réciproques entre deux parties. C’est la chambre de compensation qui effectue le calcul des expositions sur dérivés et qui se charge de compenser les opérations. Les CCP sont régies par des règlements intérieurs « rulebook » validés/homologués par les autorités de marché.

Selon les modalités du règlement de la CCP auquel les contreparties adhèrent, la constitution de sûretés financières entre les parties (marges initiales et/ou de variation) afin de sécuriser les expositions encourues au titre des contrats de dérivés est parfois prévue dans les contrats de compensation, notamment pour les dérivés de gré à gré compensés en chambre.

En l’absence d’accord post Brexit, les CCP anglaises ne disposeront plus d’agrément pour réaliser la compensation.

Une proposition de règlement européen relatif aux CCP[2] reprenant les dispositions fondatrices du règlement EMIR établit désormais une distinction entre trois catégories de CCP :

  • les CCP d’importance non systémique,
  • les CCP d’importance systémique, et
  • les CCP d’importance systémique dont l’ampleur est jugée trop importante pour être soumises aux conditions des autres CCP d’importance systémique.

Les CCP jugées d’importance systémique ne pourront prester leurs services dans l’UE qu’en respectant des conditions très strictes définies par la proposition de règlement.

Néanmoins, les CCP dont l’importance systémique sera jugée trop importante ne pourront bénéficier des mêmes conditions de reconnaissance prévues pour les CCP d’importance systémique, mais pourront néanmoins solliciter une demande d’agrément. Or, il restera loisible aux institutions européennes (notamment la Commission ou l’ESMA) de ne pas octroyer cet agrément à certaines CCP.

 

En conclusion, le Brexit sera l’occasion de revoir l’ensemble de la documentation contractuelle relative aux dérivés et aux autres contrats cadres (repos – prêts/emprunts). Le timing est néanmoins discutable car d’autres chantiers d’importance sont en cours (mise à jour des benchmarks, mise à jour des prospectus), une véritable analyse stratégique (coûts/risques) des opérations à venir est nécessaire, l’inertie n’est pas une solution !

[1] Cf. travaux de l’ISDA sur la fiscalité lors du Brexit.

[2] Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil en date du 13 juin 2017 modifiant le règlement (UE) nº 1095/2010 instituant une Autorité européenne de surveillance (Autorité européenne des marchés financiers) et modifiant le règlement (UE) nº 648/2012 en ce qui concerne les procédures d’agrément des contreparties centrales et les autorités qui y participent, ainsi que les conditions de reconnaissance des contreparties centrales des pays tiers : EMIR REFIT.


Meissa LOMeissa LOaoût 14, 2018
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8min11310

Le continent africain attire beaucoup d’investissement étrangers ces dernières années. Etant le continent qui a été moins impacté par la crise de 2008, l’Afrique ne cesse de séduire les investisseurs étrangers qui s’y implantent de plus en plus et venus d’horizons divers (Chine, Russie, Amérique etc.) et les secteurs les plus convoités sont ceux de la technologie, de l’industrie et de l’énergie.

Cette force d’attraction n’est pas seulement le fait des richesses que regorge ce continent, mais surtout le fait que plusieurs réformes ont été entreprises par les différents états émergents comme ceux en voie de développement telles que : la révision du code des investissements, la gestion économique et financière prudente des gouvernements, l’harmonisation de la réglementation régionale, les efforts pour combler le déficit en infrastructures et en énergie dans le but d’attirer au maximum les investissements étrangers.

Cette tendance s’est reflétée aussi dans le climat des marchés financiers et le nombre des IPO (introduction en bourse) pour le développement ou la croissance d’une entreprise. Au moment où les banques et autres services financiers (microfinance) du continent daignent à répondre aux demandes des entreprises pour leur besoin en financement, une tendance à se faire coter dans les places boursières africaines a été observées depuis 2010.

financement des entreprises

Il est clair qu’il ne s’agit nullement d’un délaissement des financements bancaires au profit d’une levée de fonds dans un marché financier, mais plutôt pour certaines entreprises c’est une tentative de diversification des moyens de financement. Cependant les banques comme les marchés financiers ont les mêmes difficultés à savoir avoir suffisamment de liquidité pour répondre aux demandes de ces entreprises.

Il est important de noter que selon un rapport du cabinet américain McKinsey, le nombre d’Africains qui ont un compte bancaire est passé de 170 millions à environ 300 millions entre 2012 et 2017, donc le nombre a triplé en 5 années.

La part importante des services bancaires, la faiblesse de l’épargne investie dans les bourses et le défaut de liquidité la normalisation des marchés financiers doivent faire l’objet d’analyse approfondie par les acteurs financiers de ces régions, puisse que cela constitue une contrainte pour les entreprises et autres agents en besoin de financement.

Plusieurs analystes de la revue d’économie financière ont montré que les entreprises doivent bien étudier leur introduction dans ces places boursières pour éviter un échec prématuré dès les premiers moments de la cotation, car il est aisé de noter que certaines conditions ne sont pas adéquates aux grandes entreprises qui sont dans des secteurs où le besoin en financement est grand ( énergie, technologie, pharmaceutique etc. ), mais cela ne veut pas dire qu’une cotation ne doit pas être envisagée sur aucune place boursière africaine, au contraire la bourse de Johannesburg semble réunir les conditions nécessaires pour une bonne cotation des entreprises et leur assurer un développement.

Bien que le climat politique dés fois instable dans cette zone peut aussi être un bémol lors d’un projet de cotation pour lever des fonds.

Une introduction en bourse est faite par une entreprise dans le but de chercher un financement ailleurs que chez les banques. Cette alternative est utilisée car l’entreprise est sûre de la capacité de financement du service vers lequel il s’oriente. Alors, lorsque les marchés financiers africains présentent un défaut de liquidité, cela peut être vu comme la première cause de dissuasion.

Ainsi, à mon avis, la campagne de rendre liquide les places boursières doit impliquer tant les acteurs du marché que l’Etat, étant donné que pour ce dernier la liquidité des marchés financiers lui est favorable dans le sens où cela lui permettra de lancer des emprunts obligataires et de financer ses grands projets publics.

Les réalités culturelles du continent montrent que des personnes préfèrent garder leur argent dans leur maison ou participer à des banques traditionnelles appelées « Tontines », qui est une convention intervenant entre plusieurs personnes mettant des biens ou des capitaux en commun avec cette particularité que les sommes versées, leurs produits ou les biens meubles ou immeubles seront achetés à l’aide du capital et cela au bénéfice de tout un chacun, donc à tour de rôle.

Pour pouvoir mettre la main sur ce grenier ou épargne populaire, les marchés financiers doivent mener des campagnes de communication comme le font les banques de détails, ce que nous ne voyons pas souvent dans ces pays. Car la plupart des personnes méconnaissent l’existence des bourses.

Pour attirer cette épargne du « secteur informel » il faut donc passer par une éducation financière intensive qui est une piste vers l’inclusion financière.
A cela s’ajoute un développement de la confiance, puisse que certains banquiers seraient vus par des africains comme des « voleurs » ce qui fait qu’ils n’ont pas confiance aux services qu’ils proposent.

Par contre, ces pistes de solutions ne sont de loin exhaustives car comme l’ont souligné certains analystes, il y a véritablement une complexité et d’innombrables obstacles non encore pris en compte pour la création des conditions favorables à la cotation des entreprises sur ces places boursières africaines et pour la prise en charge des recherches de liquidités des entreprises et des Etats.


Florent BOUILLYFlorent BOUILLYjuillet 28, 2018
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Les techniques de gestion allégée sont des outils très efficaces utilisés pour augmenter la productivité et les processus dans plusieurs secteurs tels que l’automobile et les services financiers. En effet, les constructeurs automobiles utilisent des techniques de gestion allégée depuis plusieurs années et un pionnier bien connu de ces techniques est Toyota.

Le fondateur de l’approche Lean était Taiichi Ohno, membre exécutif de Toyota dans les années 50. Il voulait se concentrer sur les processus de production, les déchets, les flux de valeur et le Kaizen pour améliorer l’efficacité de Toyota et être plus compétitif sur le marché automobile.

C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, la fabrication Lean est souvent appelée « Toyota Production System » et ce modèle est analysé par de nombreuses entreprises afin d’améliorer leurs activités.

En 50 ans, Toyota est devenu leader d’un marché hautement compétitif étant en moyenne 4 fois plus productif et 2 fois plus rentable que les autres concurrents. Ces résultats sont principalement dus au Lean management et à l’organisation de Toyota, c’est pourquoi nous allons étudier comment mettre en œuvre ce modèle dans les services financiers afin de réduire les déchets et de produire un service plus rentable et de meilleure qualité.

services financiers

En effet, les services financiers suivent des procédures très strictes principalement en raison des exigences légales et ces procédures peuvent être améliorées en utilisant des techniques de gestion allégée. Comme nous l’avons vu dans l’introduction, les effets du Lean ont été démontrés dans le secteur automobile qui est organisé par une succession d’étapes visant à produire un produit final.

La façon dont les services financiers fonctionnent aujourd’hui, en utilisant des ensembles de procédures expliquant pas à pas ce qu’il faut faire pour accomplir une tâche spécifique, nous amène à la conclusion que les techniques de gestion allégée utilisées dans l’industrie manufacturière peuvent être adaptées aux activités financières.

Sachant que le lean management peut s’adapter à l’entreprise financière, le point le plus difficile est maintenant de voir comment ces techniques peuvent être mises en œuvre.

5 étapes pour mettre en place une stratégie lean :

Une première étape que les entreprises suivent habituellement est de choisir un ou plusieurs sites pilotes où elles vont tester et générer leurs nouvelles techniques et idées sur les pratiques actuelles. Cette étape devrait durer 1 ou 2 ans afin d’analyser les effets de cette nouvelle organisation sur les activités de l’entreprise et d’observer les points à améliorer.

Etape 1 : Définir une cible :

Définir plusieurs objectifs correspondant à des échéances clés qui pourraient être représentées en terme de valeur, de temps, de satisfaction client ou tout type de données mesurables.

Étape 2 : Carte

Cette étape est importante car nous définirons toutes les actions nécessaires pour créer de la valeur dans l’activité comme les différentes étapes d’une production automobile. Nous allons créer une carte ou une ligne de temps allant de l’état actuel à l’état futur. Cette ligne du temps ou carte est communément appelée  » chaîne de valeur « . Ensuite, nous identifierons et catégoriserons les déchets dans l’état actuel et nous les éliminerons. Cette étape se terminera par un processus où seules les étapes « utiles » sont présentes.

Étape 3 : Débit

Nous organiserons la chaîne de valeur comme un flux d’étapes que nous exécuterons l’un après l’autre. Ensuite, nous nous tournerons vers une organisation axée sur les produits ou les services afin de faire de la qualité et de la performance du service le point central de l’entreprise. Cela aura un impact direct sur la durée de la production ou la performance des services.

Étape 4 : Tirer

Cette étape est principalement utilisée pour la production de produits finis car nous laissons le client tirer les produits selon ses besoins et éliminer ainsi le besoin de prévisions de ventes. Dans un secteur des services, comme la finance, nous mettrons l’accent sur les étapes dont les clients ont besoin et nous nous concentrerons sur ces étapes. Par conséquent, il ne restera qu’une tâche et des services utiles dans le processus de l’entreprise, car tant les clients que les organisations exprimeront ce qu’ils attendent les uns des autres.

Étape 5 : Perfectionnement

Cette étape n’est pas la fin du processus d’implémentation lean car nous pouvons toujours améliorer un service ou une production. Nous recommencerons à l’étape 1 et franchirons chaque étape encore et encore afin de ne conserver que les éléments essentiels de la chaîne de valeur.

Quel impact pouvons-nous attendre sur les activités financières ?

On entend souvent dire que la gestion allégée n’est efficace dans les activités manufacturières que parce qu’elle permet de fabriquer le même type de produit plusieurs fois sur de longues périodes et qu’on peut facilement normaliser ce flux de production.

Lorsque nous parlons de la mise en œuvre du Lean dans l’industrie des services, la plupart des gens disent que le Lean Management n’est pas applicable parce que les tâches sont trop compliquées.

Lorsque nous prenons du recul et y réfléchissons, nous constatons que les services sont composés de longs processus qui peuvent être parfois plus complexes que ceux des industries manufacturières car ils doivent être spécifiques à chaque client. Ce qu’il est important de noter, c’est que tant que nous aurons des processus à améliorer, la gestion allégée sera utile pour l’entreprise. Par conséquent, le fait d’avoir des processus dans l’industrie financière rend possible la mise en œuvre de la gestion allégée.

Un point difficile sera maintenant de convaincre les gens de s’impliquer dans une organisation telle que la stratégie lean se déroule généralement sur le long terme et les résultats sont difficiles à voir sur le terme de tri.

Beaucoup de gens vous poseront les questions suivantes : « Cette stratégie a-t-elle un impact positif sur le chiffre d’affaires financier de l’entreprise ? Va-t-on voir une réelle amélioration d’un point de vue financier ? »

Une réponse simple à cette question est de faire un exercice rapide.

Trouver deux équipes ayant des missions similaires telles que la saisie d’une transaction consommateur. Nous donnerons à chaque membre un post-it et leur demanderons de nous expliquer en détail comment ils s’y prennent étape par étape pour accomplir la tâche. Cela permettra de créer une carte de l’activité et de la façon de travailler des employés. A la fin, nous mettrons sur un mur chaque carte provenant de chaque employé et nous verrons quelles étapes sont les plus listées. Cela nous donnera la partie la plus importante à garder dans le processus et nous pourrons regarder les autres et voir s’il est possible de les enlever.

Après cet exercice, nous pouvons maintenant prouver que sur une stratégie à moyen et long terme, après quelques changements dans l’organisation de l’équipe, l’entreprise sera en mesure d’offrir un service plus rapide et plus qualitatif à son client. Le résultat financier de cette stratégie sera la réduction des coûts (moins de temps pour effectuer une tâche) et aussi une augmentation du chiffre d’affaires de l’entreprise car les employés seront en mesure d’effectuer plus de tâches dans une même période de temps qu’auparavant grâce à cette nouvelle organisation.

Le Lean consiste à normaliser les processus pour rendre les problèmes visibles et à développer la pensée critique de vos employés afin qu’ils puissent résoudre ces problèmes et améliorer les processus de travail. Dans ces conditions, l’industrie financière peut profiter de ces méthodes et il est certain que certaines d’entre elles ont déjà commencé à les utiliser dans leurs activités quotidiennes.
Florent BOUILLY

References:

http://leleanmanufacturing.com/histoire-du-lean/

https://www.institut-lean-france.fr/lean-management-resultats-incomparables/

https://www.lean.org/WhoWeAre/LEINewsStory.cfm?NewsArticleId=17

http://www.industryweek.com/blog/lean-even-more-important-services-manufacturing


Lauriane NYALauriane NYAjuillet 26, 2018
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Ce concept de finance dite « green » a toujours fait parlé de lui depuis un bon bout de temps .Il met en rapport des domaines tel que : la finance, l’économie et l’éco responsabilité. Au premier abord on pourrait dire qu’il s’agisse de deux notions ( finance et l’écologie) plutôt contradictoires, mais pourtant il s’agit ici de trouver des solutions pour que la finance mette une pierre à l’édifice d’une planète plus saine.

Nous avons d’un coté l’écologie, un domaine dont le but principale est de permettre une meilleure préservation des ressources naturelles. De l’autre côté, nous avons la finance, dont la principale ambition est de tirer autant de bénéfices que possible des ressources naturelles, et inclue fatalement une consommation de celles-ci.

La question ultime ici est donc : y a-t-il une possible réconciliation entre la finance et l’écologie.

finance et écology

Pour pouvoir y arriver, il conviendra d’abord de se débarrasser des postures convenues, des discours surfaits, autrement dit du « politiquement correct ». La nature est considérée comme un cadeau dont les hommes sont les gardiens et qu’il convient de préserver pour les générations futures.

Alors oui, il devient possible de tracer une voie commune entre ces deux pensées. Entre la finance et l’écologie, la finance est déjà vue comme un moyen (et non une fin) pour le développement économique, tout en acceptant une certaine forme de décroissance pour les biens de consommation et l’utilisation des énergies, alors pourquoi la finance ne pourrait elle pas être au service de l’homme ? Il faut voir cela comme une responsabilité individuelle mais aussi collective et prospective, c’est à dire une responsabilité transgénérationnelle afin de quitter l’immédiateté pour penser le futur lointain.

Grâce à ce concept tendance de finance verte, on voit des projets se mettre en place dans le but de permettre au monde de la finance en général d’être plus responsable sur le plan de l’écologie. Ainsi, il aurait possibilité d’assouvir ses besoins en termes de ressources tout en restant dans des limites raisonnables, qui pourraient être délimitées par différents consensus. Même si cela n’est pas totalement évident, des efforts sont faits pour arriver à ce résultat.

Il est question de faire en sorte d’investir dans plus de projets qui jouent un rôle plus important pour la nature. Parmi ces investissements nous avons les énergies renouvelables qui sont un exemple bien concret, car on touche le long terme. De plus ces énergies sont bien plus rentables que les énergies fossiles. Mais nous ne pouvons pas nier le fait qu’une telle transition est à la fois coûteuse financièrement et très étalée sur le long terme.

Comme autre contraintes possible, nous avons les défaillances présentes dans le monde de la finance (exemple : crise de 2008) qui pourraient avoir des conséquences plutôt désastreuses sur la nature si on en venait à lui confier celle-ci (l’écologie) . Il est donc évident que pour concilier les besoins de la finance et écologie, il est nécessaire de fixer quelles sont les limites à ne pas franchir, et quels sont les objectifs à atteindre pour assurer autant une bonne préservation de la nature et un bon rendement financier de celle-ci.

Pour cela il faudrait des rencontres entre écologistes et financiers, sans anathème ni préjugé, comme la  COP 21 à Paris.

De manière globale, on conclue q’une finance verte est tout à fait possible, et les discussions essentielles au succès de ce projet sont déjà effectuées par les organisations concernées. L’implémentation de ce projet est sur en expansion, nous avons foi en le succès de cette collaboration pourtant si inattendue.

 


AvatarThibault MEYNADIERjuin 18, 2018
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La révolution numérique que l’on peut définir comme l’ensemble des nouvelles technologies ; Big data, Intelligence artificiel, Machine learning, BlockChain, ou encore internet tend fortement à se développer dans le monde le finance (finance numérique) et ce dans tous les métiers.

Que ce soit d’un point de vue automatisation des taches, traitement de l’information dans les métiers du back et middle office, que ce soit du côté front office avec des méthodes de calculs surpuissante pour effectuer des analyses prédictives, arbitrages, ou automatiser les transactions ou encore du côté de l’asset managements avec les robo-advisory. Tout y passe.

finance numérique

En dépit de toutes ces nouveautés et changement majeure, il semble aujourd’hui difficile de mesurer l’impact réel de la révolution numérique sur la finance de marché, contrairement à d’autres secteurs qui ont profondément été modifié par cette révolution. Ainsi comment peut-on appréhender le numérique au sein de la finance de marché ? (difficulté et leviers)

Dans un premier temps, la dématérialisation de la finance est en réalité un processus ancien et déjà ancré sur les marchés, on pense notamment au système SWIFT pour les virements bancaire apparue au début des années 2000. Les plateforme de trading ou négociation, les fameux « MTF » ont également vu le jour peu avant la crise économique de 2008.

Tout ceci font que les acteurs majeurs des marchés financier étaient déjà habitué au digital et en particulier l’automatisation des processus. Contrairement à beaucoup d’autre secteurs, le numérique n’a pas bouleversé la finance. Mais on peut dire que depuis quelque années, l’innovation dans le secteur numérique a connu une croissance importante et les particulier ont des exigences beaucoup plus forte en matière de rapidité des transactions notamment.

De plus, l’apparition des Startup spécialisé en finance que l’on surnomme les « fintechs » ne sont pas uniquement comme on pourrait le croire des concurrents direct des grands établissements de crédit, en effet la plus part sont en réalité là pour développer des nouveaux modèles technologiques afin d’améliorer les services existant de ces grandes banques auxquelles elles sont rattachées.

Les fintechs sont appréciées des grandes banques car elles ont des moyens humains plus adaptés, elles sont plus efficaces, plus souples, et la rapidité d’exécution des projets est supérieure aux grands groupes.

La blockChain quant à elle, est une véritable rupture technologique, de plus en plus présente depuis ces 4 dernières années elle constitue pour les grandes entreprises de la finance un véritable levier de rupture. En effet le champs d’action de cette technologie pourrait bouleverser en profondeur la finance de marché en supprimant des intermédiaires (compensations, transactions, syndicataires bancaires par exemple).

La réglementation de la finance de marché depuis une dizaine d’année toujours plus stricte et contraignantes a également participé à réduire le champs d’action des entreprises innovantes et l’apparition des nouvelles technologies dans ce secteur.

Ainsi, tout ces bouleversement technologiques peut s’avérer dans les prochaines années un moteur de croissance important pour la finance de marché qui a vu ses revenues diminué depuis les crises à répétions. Cela pourrait simplifier la finance, réduire les coûts et donc augmenter la rentabilité du secteur, voir même générer des nouveaux emplois.


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Depuis les années 1850 et la révolution industrielle, la croissance de la population mondiale ne cesse d’augmenter. En 2017, il y a environ 7,6 milliards de personnes dans le monde dont 962 millions de plus de 60 ans. D’après un rapport de l’ONU, il y en aura 11,18 milliards dont 3,1 milliards de plus de 60 ans d’ici la fin du siècle. La croissance représentera donc plus de 222% pour cette tranche de la population contre 47% pour la population globale. Lisez donc : L’activité liée au troisième âge, un marché d’avenir.

Si l’on compare ces chiffres, avec les données de l’activité économique liée au troisième âge, on constate qu’il y a un fort potentiel sur ce marché. Ainsi, selon le directeur gestion thématique monde chez CPR AM Vafa AHMADI, « depuis plus de 15 ans, les sociétés liées au vieillissement présentent un taux de croissance du chiffre d’affaires et des résultats en moyenne supérieurs au reste de l’économie (entre 1 et 1,5%) et un coût du capital inferieur ».

De la même façon, la Bank of America Merill Lynch estime aujourd’hui à 7 000 milliards de dollars l’industrie du silver age et elle pourrait atteindre les 15 000 milliards de dollars d’ici à 2020, soit une augmentation de plus de 200%.

marché

Même si ces données économiques restent des projections,  le marché retient  le potentiel de croissance de l’activité liée au troisième âge en rapport avec les  données démographiques. A cette tendance structurelle  du  silver age, s’ajoute son pouvoir d’achat lié à l’importance du patrimoine  détenu par cette tranche de la population et qui vient renforcer l’hypothèse d’une évolution positive de ce marché.

Ce sont là les raisons pour lesquelles l’activité du troisième âge intéresse les marchés financiers. Depuis quelques années, on constate l’apparition de plusieurs fonds OPCVM/SICAV spécialisés sur l’activité du silver age. Ces fonds regroupent principalement les secteurs d’activités de la santé, des services financiers et des consommations cycliques qui apportent des solutions au plus de 55 ans.

Les principaux fonds consacrés à ce secteur en France sont Generali Investments Sicav SRI Ageing Population, CPR Global Silver Age (europe), CPR Silver Age(monde), LO Funds – Golden Age, Schroder International Selection Fund Global Demographic Opportunities, Robeco Global Consumer Trends Equities et Performance Vitae.

Pour conclure, on peut aussi ajouter une composante psycho comportementale à ce sujet avec l’évolution des générations et des mœurs. Les enfants ne vivent plus forcément près du foyer parental en raison de l’augmentation de la mobilité et des moyens de télécommunication. Il est maintenant possible « de prendre soin de ses parents  à distance ». Ainsi il n’est pas rare aujourd’hui d’avoir des personnes de plus de 60 ans seules ou avec leur conjoint(e) ayant besoin de soins ou de services d’aide à domicile et n’ayant pas ou peu la possibilité de se déplacer.

Les solutions proposées par les sociétés du silver age prennent alors tout leur sens car s’adaptent à ces nouveaux paramètres et permettent une prise en charge de ces personnes à domicile. De plus, il y a un réel besoin d’autonomie pour ces personnes, ce qui est susceptible de faire apparaître des services innovants s’appuyant notamment sur des nouveaux usages d’intelligence artificielle en plein développement.

On peut prendre l’exemple d’une personne ayant besoin d’une assistance 24h/7j, cela peut être difficile financièrement à assumer et pratiquement infaisable de trouver une solution autre qu’une maison de retraite mais pourra être accompli sans effort par un robot à un coût inférieur et peut-être dans des conditions plus satisfaisantes pour la population concernée, l’insuffisance des effectifs et des moyens dans les maisons de retraite étant régulièrement pointée du doigt.

 

Sources : Bank of America Merill Lynch, ONU, Morningstar
http://www.morningstar.fr/fr/news/148800/profiter-du-%C2%AB-papy-boom-%C2%BB-avec-une-gestion-th%C3%A9matique.aspx
http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/06/22/la-population-mondiale-atteindra-9-8-milliards-d-habitants-en-2050-selon-l-onu_5149088_3244.html

 



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