AvatarIvon Gbetoavril 15, 2018
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Ashley Boolell est opérateur de marché sur matières premières chez Investam Capital. Il a débuté sa carrière à Paris en 2006. Sept ans plus tard, en 2013, il se rend à Londres afin de poursuivre son parcours. Cela fait bientôt cinq ans qu’il évolue au sein de la City. Il est essentiellement connu pour sa spécialité sur le marché des métaux. Au delà de son activité professionnelle, Ashley Boolell s’est fait un nom dans l’écriture. Il a publié quatre romans; les trois premiers en français (une série surnommée « La Trilogie Sharks ») et le quatrième en anglais. Il est aussi très actif dans le monde de l’enseignement étant régulièrement sollicité pour des interventions au sein de formations en finance. Nous l’avons rencontré afin qu’il nous livre sa vision sur les conséquences du Brexit et sur les développements des marchés sur matières premières.

Après le Brexit, Paris, Francfort et d’autres places financières se positionnent pour prendre la place de Londres. Quel est votre point de vue dessus? Pensez vous que Paris dispose d’atouts pour battre Londres?
Je ne crois pas que Londres perdra son titre de première place financière mondiale aussi facilement. C’est une opinion très personnelle. Il est possible que les prochaines années me donnent tort. Cependant, il est important de se souvenir de l’écart entre la City et les autres places financières, notamment celles d’Europe. La City a construit sa domination, sur plusieurs décennies, en s’appuyant sur trois piliers:
1) La forte détermination démontrée par la Grande Bretagne de développer le secteur des services en faisant de la City l’épine dorsale de ce projet.
2) Un climat très favorable à l’accueil des grandes firmes financières.
3) L’ouverture aux talents disposant d’une forte mobilité internationale.
Je rappelle qu’en 2018, Londres a conservé son rang de première place financière au sein du classement « Global Financial Index ». Cette liste est éloquente car Londres est la seule place financière Européenne à figurer dans le Top 10. Francfort et Paris sont, respectivement, à la vingtième et vingt quatrième places. Il convient de noter la très forte progression des places asiatiques. Bien entendu, l’histoire étant en toujours marche, tout peut changer. Peut être qu’après 2020, Paris sera dans le Top 5 mais cela ne sera pas simple. Londres se défendra. Elle n’a, de toute manière, pas le choix.

Pensez-vous que la volatilité sur les commodities provient de l’existence des marché à terme ? Est ce que cette forme de financiarisation nuit aux consommateurs de matières premières?
Le cours d’une matière première est, normalement, le résultat de l’équilibre entre l’offre et la demande du marché physique. La volatilité, en revanche, va au delà de cela. Elle intègre les tensions qui découlent du marché physique et les perceptions issues des marchés financiers. La volatilité des matières premières n’est pas née suite à l’avènement des marchés à terme. Ces derniers l’ont simplement accentué et parfois dans des proportions inadmissibles. Les utilisateurs subissent cette volatilité. La financiarisation des matières premières était inévitable car les marchés financiers sont perpétuellement à la recherche d’actifs qui affichent des gains supérieurs à leurs moyennes historiques. Cette tendance s’est considérablement affaiblie car le dernier super-cycle des matières premières s’est achevé. En revanche, cela ne signifie pas pour autant qu’il ne peut pas revenir. Par ailleurs, qu’importe le cycle des cours, la volatilité ne disparaîtra pas. Les utilisateurs, notamment les industries fortement consommatrices de matières premières, doivent se prémunir contre elle. La volatilité des cours nuit à leur visibilité budgétaire et peut détruire énormément de valeur lorsqu’elle se diffuse dans leurs cycles de production.

Quel est l’impact de la réforme fiscale Américaine sur le cours des métaux précieux et tout particulièrement sur l’Or ?
La politique fiscale de l’administration Trump semble vouloir s’orienter vers une baisse des impôts afin de promouvoir la croissance. La conséquence immédiate a été une augmentation des cours des actifs jugés risqués; actions en tête. L’or peut difficilement bénéficier d’un tel climat. N’oublions pas qu’il s’agit, avant tout, d’un actif refuge utilisé souvent comme rempart contre la mauvaise performance des marchés financiers. Cependant, si le climat géopolitique se dégrade durablement, l’or en bénéficiera. Quelques Tweets excessifs provenant de la Maison Blanche suffisent à rendre les marchés très nerveux.

En 2017, l’or et l’argent n’ont pas trouvé grâce aux yeux des investisseurs contrairement à d’autres métaux tels que le zinc, le plomb, le ou l’aluminium. Quel est votre point de vue sur ces tendances et comment expliquez-vous ces préférences ? Comment voyez vous l’évolution du cours de l’or et de l’argent sur les 20 prochaines années ?
Le cycle des cours sur les métaux précieux diffère de celui observé sur les métaux industriels. Il existe assurément des facteurs similaires qui influencent les deux complexes (précieux et non précieux) mais les différences sont suffisamment importantes pour que des divergences significatives apparaissent sur le moyen et long termes.
En 2017, les métaux de base ont bénéficié de conditions plus favorables. Le zinc en est le meilleur exemple. Après des années de stagnation, le cours a été porté par une augmentation notable de la demande chinoise. Cette dernière s’est manifestée au moment où l’offre du métal était considérablement réduite. C’est une situation classique où la production d’une matière première baisse progressivement, sur une échelle de temps relativement longue, suite à la chute des cours et se trouve soudainement incapable de répondre à une demande en hausse.
Il convient également de se souvenir que les métaux précieux affichent leurs meilleures performances au sein de contextes économiques défavorables. Ce n’est pas forcément le cas en ce moment. Nous sommes loin de la panique provoquée par la crise financière de 2008.
Sur l’évolution des cours de l’or et de l’argent, il est impossible de fournir un scénario sur une échelle de temps aussi longue! En revanche, je favoriserai l’argent sur l’or. Si les cours des métaux précieux augmentent fortement, et durablement, de nouveau, la rentabilité sur l’argent serait, selon moi, plus intéressante.

Que pensez-vous des métaux appelés platinoïdes et plus précisément du palladium qui a atteint de nouveaux sommets depuis le mois de février 2001?
Le contraste entre le platine et le palladium a été saisissant en 2017. Le palladium a affiché d’excellentes performances alors le platine n’a cessé de décevoir. Je pense que cette tendance va durer. Le platine n’est plus aussi stratégique pour l’industrie automobile qu’il ne l’était auparavant. Ceci étant, il est possible que de nouvelles utilisations industrielles fassent surface. Il n’est pas exclu que l’impressionnante augmentation des cours du platine observée au début du millénaire se produise de nouveau.

Comment comparez la vie professionnelle de Londres à celle de Paris?
Elle est beaucoup plus dynamique mais ce serait une erreur de croire que la vie est plus facile ici. La concurrence est très dure. Cependant, Londres est une ville qui permet de progresser beaucoup plus vite. Elle dispose d’une ouverture et d’un dynamisme qui procurent beaucoup plus de possibilités qu’à Paris. En revanche le climat est parfois déprimant. Le ciel gris est la norme.

A quoi ressemble une journée type d’un Sales sur Métaux?
Toute l’activité d’un sales tourne autour de sa clientèle. Il met son expertise, sur marchés et instruments financiers, à sa disposition. C’est l’œil qui permet aux clients d’acquérir la visibilité nécessaire sur un marché qu’ils ne maîtrisent pas. Le sales doit développer de la valeur ajoutée pour sa clientèle. Il s’agit du point clef à retenir. L’intensité des journées dépend des fluctuations du marché et des requêtes de la clientèle.

En plus d’être Sales, vous êtes également écrivain. Votre premier roman « Psycho Shark », publié en 2013, est inspiré des salles de marchés Parisiennes. Pouvez vous nous en dire plus?
Psycho Shark est la réponse française que j’ai souhaité apporter au Loup de Wall Street (écrit par Jordan Belfort), et City Boy (écrit par Geraint Anderson). L’écriture est ma deuxième carrière.
Tout est affaire de clichés dans ce roman. J’ai choisi un style agressif qui permet de les mettre en valeur. Bien entendu, mon expérience a contribué au développement des personnages, mais il s’agit d’une fiction. Vous y trouvez un personnage surnommé « Le Master » qui est un trader complètement fou avec un égo surdimensionné. Ce personnage n’a pas été choisi au hasard. Il se trouve que c’est exactement l’image que la grande majorité des non initiés à la finance ont du trader. Je me suis rendu compte que combattre ce cliché était une peine perdue alors je m’en suis servi pour en faire un roman. Ceci étant, souvenez vous que, contrairement à Psycho Shark, Le Loup de Wall Street et City Boy sont des autobiographies. Je vous laisse juger par vous même.

Votre dernier roman « Killed In » est quant à lui inspiré du Dark Net, le monde souterrain d’internet. Certains lecteurs estiment que Killed In se trouve dans le même registre que la série « Black Mirror ». Comptez vous en faire une série sur Netflix?
Honnêtement, je n’ai pas réfléchi à ça. Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait. Alors pourquoi pas? Tout peut arriver.

Est-il juste de dire que l’enseignement est votre troisième carrière après la finance et l’écriture?
Vous n’avez pas tort. J’enseigne depuis 2012 au sein de formations financières françaises et notamment au sein du Pôle Trading de l’ESLSCA Business School. Je me charge des cours sur les matières premières. A ce jour, j’ai enseigné au sein de six promotions. Ma méthode consiste à mettre régulièrement les étudiants face à des cas concrets après m’être assuré de leur compréhension des fondamentaux. Une démarche strictement académique est, selon moi, trop limitée.

Merci d’avoir répondu à nos questions.

New novel released by Ashley Boolell. Killed In was inspired by the Dark Net and the rise of Cryptocurrencies. The book is available on Amazon.

Alpha Shark
Psycho Shark
Shark Master

Engy KHALIFAEngy KHALIFAavril 11, 2018
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Interview avec M. Mohamed El Garhy fondateur de « El Garhy for Steel ». Il est titulaire d’un baccalauréat en logistique internationale de l’Académie arabe des sciences et de la technologie et d’un diplôme exécutif en commerce. Il est le directeur général de El Garhy for Steel, membre du conseil d’administration de Suez for Steel, membre du conseil d’administration de West Village, société d’investissement immobilier, directeur général de Master Batch for Plastics, membre du comité du développement des ressources humaines du Syndicat industriel égyptien, il a également été élu représentant de l’Égypte à l’Organisation Internationale du Travail à Genève en 2017. Enfin, en novembre 2017, il a été élu membre du conseil d’administration d’Al Ahly Sporting Club, le principal club sportif d’Égypte où il doit relever des défis.

Vous êtes devenu l’un des principaux investisseurs en Egypte. Quels ont été les principaux défis auxquels vous avez dû faire face ? ?
Dieu merci pour ce que j’ai accompli, je suis encore au début de mon chemin, généralement les défis sont présumés dans la vie, en particulier les défis les plus importants auxquels les hommes d’affaires en Egypte sont confrontés sont les ennemis du succès qui essaient toujours de déformer l’image de quiconque essaie de travailler dur et s’efforce de réussir. De la gloire de notre Seigneur est que je ne m’arrête pas devant ces gens et que je fais de mon mieux pour me concentrer sur mon travail et sur ce que je compte accomplir.

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Veuillez nous donner votre avis sur l’évolution de la situation de l’investissement en Egypte ces dernières années ? .
Ce qui s’est passé en Égypte dans les lois et les législations est littéralement un saut dans les lois. Par exemple, les nouvelles lois sur l’investissement, les modifications apportées au droit des sociétés, l’ajout de la loi d’une société par personne, et la loi sur la faillite.

En fait, nous avons maintenant un grand développement dans les législations et en même temps nous avons un développement et une modernisation dans les départements gouvernementaux. Il est vrai que la bureaucratie est lourde, mais le plus important, c’est que le gouvernement s’efforce de développer les institutions gouvernementales.

Existe-t-il des mesures supplémentaires qui pourraient améliorer le climat des affaires en Egypte ?
De nombreuses études ont été réalisées pour améliorer le climat d’investissement en Égypte, et je pense que le soutien à l’environnement concurrentiel est la question la plus importante qui doit être développée, ce qui signifie que le développement du climat d’investissement doit être compétitif à un niveau international où les opportunités d’investissement en Égypte deviennent plus attractives pour les investisseurs et être plus compétitives que dans les autres pays.

Quel genre de conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs ? Quel genre de conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs ?
Travailler et se concentrer sur la réalisation de leurs objectifs est beaucoup plus important que de prêter attention aux critiques et aux critiques.

Et aux jeunes managers?Et aux jeunes managers ?
Ce dont l’économie égyptienne a besoin, c’est du développement et de la modernisation des compétences de gestion et d’investissement des jeunes. L’organisation de gestion en Egypte devrait investir dans les jeunes et dans le développement de leurs aptitudes et de leurs capacités.

Qu’attendez-vous des futurs managers ? Quelles sont vos qualités ?
Les qualités les plus importantes sont le développement continu et l’utilisation des méthodes technologiques les plus avancées, en s’appuyant également sur des mesures de performance et des normes d’évaluation. Une autre qualité importante est d’utiliser la technique de la gestion par l’exemple, dans laquelle le gestionnaire donne l’exemple aux travailleurs lorsqu’ils s’y conforment, ce qui est considéré comme la méthode de gestion la plus développée.

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Le défi le plus difficile a été après la révolution du 25 janvier car nous étions dans la phase d’ouverture de notre nouvelle usine à Suez City et aussi la phase d’assemblage des usines du groupe sous une seule entité « El Garhy for Steel« . Etablir une grande entité industrielle sur le marché le plus compétitif et avec les tentatives de monopole. Mais la persévérance et la détermination sont les outils les plus importants que j’utilise pour faire face aux défis.

Comment voyez-vous l’avenir d’El Garhy pour l’acier ?
Chez El Garhy pour l’acier, nous avons un plan de développement et d’implantation de nouvelles usines. Ce qui distingue nos plans d’avenir, c’est la diversification des investissements dans les domaines de l’investissement, de la promotion immobilière, de l’éducation et, enfin, de la transformation agricole.

A la fin, je voudrais vous remercier de donner l’occasion au public des Obligations et des Actions d’en savoir plus sur vous et l’Egypte. Également pour avoir été une source de motivation pour de nombreux jeunes. Je vous souhaite le meilleur des succès. >


Engy KHALIFAEngy KHALIFAmars 14, 2018
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Notre invité d’entrevue sur économies est M. Alaa Samaha, un économiste égyptien bien connu. Ses principales spécialisations sont la planification stratégique, la gestion des risques et les opérations bancaires, en plus des fusions et acquisitions. Il a commencé sa carrière à la Chase National Bank – Egypte en tant que directeur adjoint des opérations. Il s’est ensuite rendu en Arabie Saoudite où il a travaillé à la Saudi Investment Bank et à la Saudi Cairo Bank. 

Il a également travaillé pour la Commercial International Bank Egypt « CIB » pendant 14 ans de 1992 à 2006 où il a occupé le poste de Directeur Général et membre du comité des politiques élevées. En mars 2000, il est devenu président de Commercial International Life Insurance jusqu’en juillet 2006. Il a ensuite été directeur général et PDG de Blom Bank Egypt et président de Blom Egypt Securities et d’Arope Insurance.

Il était responsable de l’élaboration et de la gestion du plan stratégique de trois ans du pays et travaillait à la fois à l’acquisition des clients et des contenus. Samaha a été nommée conseillère du ministre des Finances en Égypte de 2009 à 2011. En 2013, il a été président de la Banque de principes pour le développement et le crédit agricole (PBDAC). 

De 2013 à 2015, il a été président directeur général de Tropicana for Food Industries. Actuellement, M. Alaa est co-fondateur et partenaire de K&S pour les investissements, fondateur d’Experts pour les services de conseil et d’assistance et administrateur de la société holding du groupe Porto.

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1. M. Samaha, beaucoup d’employés efficaces travaillant dans les banques, les compagnies d’investissement et d’assurance disent qu’ils suivent l’école d’Alaa Samaha. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet ?
En fait, je n’ai pas d’école, j’ai fait partie d’une école où j’ai été bien formé, coaché, motivé et soutenu grâce à mes efforts sincères et continus et mon dévouement à l’institution que je sers pendant toute ma carrière. L’égalité, l’équité, tantôt dure, tantôt généreuse, suscite la confiance de l’équipe envers son chef. Les gens cherchent et cherchent toujours leur modèle de rôle qu’ils aimeraient être, j’ai toujours travaillé à être ce leader que les gens cherchent à trouver au cours de leur carrière.

2. Que pensez-vous de John Maynard Keynes ?
L’un des meilleurs économistes britanniques du XXe siècle, connu comme le père des économies keynésiennes. L’un de ses meilleurs principes est que si l’investissement d’une économie dépasse son épargne, il provoque de l’inflation. Inversement, si l’épargne d’une économies est supérieure à son investissement, elle provoquera une récession, ce qui signifie simplement qu’une augmentation des dépenses réduirait en fait le chômage et favoriserait la reprise économique, ce qui signifie aussi qu’une augmentation des dépenses crée une demande qui est le véritable moteur de la production et non de l’offre, ce que je crois fermement être vrai.

3. Et Joseph Schumpeter ?
Un économiste et l’un des plus grands intellectuels de l’économies du XXe siècle. Sa théorie de la  » croissance économique dynamique « , également connue sous le nom de  » destruction créative « , qui est une augmentation de la capacité d’une économie à produire des biens et des services, comparée d’une période à une autre. A mon avis, dans la situation économique mondiale actuelle, c’est difficile à réaliser.

4. Et Milton Friedmann ?
Economiste et statisticien américain surtout connu pour sa foi inébranlable dans le capitalisme de marché libre et qui a reçu le prix Nobel d’économie. Je crois fermement à sa théorie de la « fonction de consommation », selon laquelle les décisions de consommation et d’épargne d’une personne sont plus fortement influencées par des changements permanents au revenu que par des changements perçus comme temporaires. Il a également publié des livres pionniers sur l’économies moderne, ainsi que de nombreux articles influents qui ont changé la façon dont l’économie est enseignée.

5. Quel est à vos yeux le plus grand économiste d’origine arabe ? Ou bien les musulmans sont-ils faibles sur le sujet ?
En dehors d’Ibn Khaldoun, autant que je sache, les Arabes ou les musulmans n’ont généralement pas été bien connus ou célèbres pour leurs théories sur la création ou le développement des économies, mais bien sûr, vous trouverez beaucoup d’exécutants qui ont réussi.

6. Que pensez-vous de l’inclusion financière réelle en Égypte ?
Elle a commencé ces derniers temps avec un fort soutien du plus haut niveau politique et monétaire, bien qu’elle nécessite encore beaucoup d’efforts et un long chemin pour atteindre un niveau acceptable, mais avec l’augmentation de son importance et la manière dont elle simplifie les transactions, la tendance s’accentuera.

7. Comment évaluez-vous la situation actuelle de l’investissement en Egypte ?
L’investissement est un environnement ; les lois sont importantes pour réglementer les relations commerciales, mais elles n’attireront jamais seules les investisseurs. Les choix de l’investisseur se concentrent sur les 5 facteurs principaux, la facilité d’entrée, la facilité de sortie, la stabilité de la situation, la disponibilité des calibres et l’accès aux marchés.

La nouvelle loi sur l’investissement a permis de résoudre les grandes difficultés auxquelles sont confrontés les investisseurs et, malgré cela, les investissements directs et indirects en Égypte sont en augmentation et vont également s’améliorer, mais nous devons encore travailler à la simplification des documents nécessaires et faire face à la carence dans le secteur gouvernemental.

8. Quels sont les principaux défis des dix prochaines années pour l’économie mondiale et pour l’Égypte ?
L’Égypte passera sa situation économique actuelle, mais les principaux défis auxquels elle est confrontée peuvent se résumer à la pénurie de calibres techniques qualifiés, à la qualité du service et des produits, à la concurrence, à la recherche et aux économies, au développement et au marketing.

9. Quels sont vos critères concernant les employés efficaces ?
A la volonté de réussir, mais sur le plan éthique, la volonté de réussir et d’avoir un impact n’arrête pas d’apprendre et de définir son modèle de rôle.

10. De vos expériences passées, nous pouvons voir que vous êtes un homme de pouvoir et de défis. Quelle est votre stratégie de succès ?
Croyez en vous-même et en vos capacités, apprenez de vos erreurs et évitez-les à l’avenir, maintenez vos valeurs et vos principes acceptent les défis, font face et atténuent les risques, aiment ce que vous faites et sont toujours justes envers vous-même et les autres. Il n’est pas nécessaire d’être le meilleur mais d’être l’un d’eux.

11. Vous avez travaillé dans le domaine des fusions et acquisitions, pouvez-vous nous dire comment vous avez relevé leurs défis ?
Beaucoup de défis, le plus important et un tueur pour n’importe quelle affaire de ce genre est l’acceptation de l’autre partie, ce qui crée des conflits et des perturbations.

12. Quel a été votre meilleur cas en fusions et acquisitions ?
En fait, la plupart des cas que j’ai étudiés n’ont pas été menés à bien, soit en raison d’un désaccord sur les évaluations, soit en raison de cultures différentes.

13. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs sur la base de votre expérience ?
Soyez patient, concentrez-vous sur votre cible et insistez pour y arriver même si vous faites face à des échecs.


Engy KHALIFAEngy KHALIFAmars 10, 2018
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Hossam El Gamal est un entrepreneurs égyptien passionné de technologie et d’innovation. Il a une grande expérience des start-ups et plus de 17 ans d’expérience dans le marketing égyptien. Actuellement, Hossam est le directeur national d’Anghami. Anghami est la première plateforme musicale de la région MENA avec le plus grand catalogue de plus de 20 millions de chansons disponibles pour plus de 40 millions d’utilisateurs.

Anghami est la première plateforme musicale de la région MENA avec le plus grand catalogue de plus de 20 millions de chansons disponibles pour plus de 40 millions d’utilisateurs. Hossam était responsable de l’élaboration et de la gestion du plan stratégique de trois ans du pays et travaillait à la fois pour les clients et les acquisitions de contenu. Hossam était responsable de l’élaboration et de la gestion du plan stratégique de trois ans du pays et travaillait à la fois pour les clients et les acquisitions de contenu.

Hossam est titulaire d’un baccalauréat en mécatronique de l’institut de haute technologie en Égypte. Il est également certifié du Chartered Institute of Marketing (CIM). Hossam a également obtenu son MBA dans l’une des principales écoles de commerce françaises « ESLSCA Business School » spécialisée dans le management global.

Comment voyez-vous la musique ?

La musique est une expérience vivante. La musique est l’arrière-plan de nos vies. Il faut donc la vivre, ce n’est pas seulement l’écouter. Et cette partie, je l’appelle l’humanisation de la marque ; comment une marque intangible que l’on fait ressentir aux gens est tangible.

Il y a quelques années, peu de gens connaissaient l’ANGHAMI, alors qu’aujourd’hui elle compte plus de 15 millions d’adeptes, une énorme campagne publicitaire. Pouvez-vous nous dire comment ce changement soudain s’est produit ?

Ce n’était pas du tout soudain, il nous a fallu 2 ans de dur labeur en tant qu’entrepreneurs, d’engagement et de persévérance pour transférer Anghami dans la version que tout le monde peut voir maintenant. Mon voyage avec Anghami a commencé en septembre 2015 alors que j’y travaillais comme consultant et à partir de janvier 2016 j’ai rejoint l’équipe d’Anghami en tant que « Directeur Pays Egypte ». Dès le premier jour de mon arrivée, nous avons commencé à exécuter le plan stratégique qui comportait environ trois étapes de synchronisation.

Nous avons établi trois fronts principaux et avons commencé à mettre en place un plan pour les atteindre. Ces fronts commencent par la neutralisation du contenu et l’apport des contenus manquants de la musique égyptienne, alors que nous nous concentrions sur l’acquisition du contenu. Ensuite, nous avons renforcé les relations avec les artistes égyptiens et renforcé les liens avec les opérateurs de téléphonie mobile en Egypte. Enfin, nous avons travaillé à construire une relation solide avec les producteurs de musique et les labels.

Par la suite, nous avons commencé à mettre en place les piliers à atteindre. Ces piliers ont été divisés en trois catégories. Tout d’abord, sensibiliser les gens aux droits et à la propriété intellectuelle. Deuxièmement, travailler sur la localisation linguistique, en concevant une plate-forme qui aide à protéger la langue et à sauver l’identité de l’Égypte. Enfin, donner le ton de la marque en définissant à qui nous parlons et ce que nous voulons réaliser.

Quels sont les défis auxquels vous avez été confrontés et comment les avez-vous relevés en tant qu’entrepreneurs ? »

Le principal défi était de changer l’habitude des gens d’insister pour que la musique soit téléchargée sur leurs appareils, et c’est ce qu’ils font en piratant et en écoutant de la musique sur Internet par les voies légales visant à protéger la propriété intellectuelle. Nous avons donc commencé à travailler sur la culture du peuple en essayant de la changer.

entrepreneurs

Un autre défi était la faiblesse de l' »ARPO » en Egypte qui est le taux de revenu moyen par rapport aux dépenses car il était très faible dans la musique numérique en Egypte. Nous avons donc mis en place un plan pour attirer plus d’audience et créer de nouvelles façons de générer plus de revenus. Enfin, le processus d’adoption du produit prend énormément de temps, mais grâce à l’analyse des habitudes des gens, au déploiement du plan et à la persévérance, nous avons réussi à réussir. Pour réussir, il faut disposer de données et utiliser les connaissances pour s’engager davantage et frapper plus fort.

Dans les médias égyptiens, nous avons vu une énorme campagne publicitaire, pouvez-vous nous en dire plus sur les étapes que cette campagne a franchies pour être sur le terrain ? »

La campagne a commencé avec l’idée que nous devons localiser, et c’était l’idée de savoir comment localiser agressivement sur le terrain, nous devions frapper fort car il est très important que le message entre dans l’ADN de la société, pour ne pas leur faire sentir que l’idée est étrange ou vient d’une culture différente. En même temps, l’idée doit protéger le message de positionnement que les gens ont à propos d’Anghami ; qu’il s’agit d’une grande entité et qu’elle fonctionne au niveau international car le public égyptien préfère faire partie de quelque chose qui est grand et internationalement reconnu.

Nous devons donc conserver le ton de la marque, comme le font les entrepreneurs, mais il faut que ce soit localisé. Comme nous ciblons les jeunes, nous avons dû mettre l’accent sur eux dans notre campagne. Comme je l’ai déjà dit, c’est ce que nous avons appris grâce à l’information recueillie. À partir de ces connaissances, nous avons pu analyser l’âge de nos groupes, les raisons de les cibler et les problèmes qui se posent au sein de la société. Donc, ce que nous avons fait, c’est de prendre une partie des problèmes de la vie et de les utiliser dans nos publicités et de leur montrer que la musique est leur passé et que vous combinez chaque aspect de votre vie avec la musique.

De plus, il était d’une importance capitale de transmettre un message à la classe sociale, ce qui était essentiel pour l’équipe de création et l’équipe artistique. De plus, dans le concept que nous sommes en train de construire pour ne faire de mal à personne. Tout le monde se sent dans l’annonce. Par la créativité dans les visuels ou dans les vidéos. Nous essayions de montrer aux jeunes que nous sommes toujours avec eux, que nous sommes toujours avec vous sur le mobile, et que nous résolvons leurs problèmes comme la circulation, les études et bien d’autres.

En même temps, nous avons fait l’appel visuel comme la plupart des visuels en Egypte sont étranges et ennuyeux, et ils sont toujours répéter d’autres annonces. Sans créativité, nous avons essayé d’aller plus loin dans l’innovation. Etre innovant dans le message, la couleur, voire la composition de l’annonce. Vous trouverez les héros de l’annonce. En sortant du téléphone comme à la fin, nous disons à notre public : « Vivez la musique avec Anghami ».

Quels sont les avantages que vous, en tant qu’entrepreneurs, apportez à vos utilisateurs ?

Eh bien, chez ANGHAMI, nous sommes le principal moyen d’aider des millions de spectateurs à profiter de millions de pistes sonores avec la façon la plus facile de l’expérience utilisateur et de s’amuser avec certaines publicités. Entre-temps, et si vous ne voulez pas de l’annonce, vous pouvez payer un abonnement mensuel. Ces procédures ont été très utiles à utiliser car elles nous ont placés à un autre niveau, celui de l’abonnement.

Comment êtes-vous passé à l’abonnement ?

Eh bien, pour pouvoir commencer avec l’abonnement, nous avons d’abord dû analyser la méthode d’abonnement en Egypte. Cela faisait partie de l’étude que nous avons faite lors de notre planification initiale. Comme le mode de paiement de l’Egypte est très limité en raison de l’utilisation limitée des cartes de crédit et la classe sociale a un grand impact sur notre activité. Comme en Egypte, environ 10% d’entre eux ne possèdent que des cartes de crédit et une grande partie d’entre eux craignent l’utilisation des cartes de crédit en ligne.

Nous avons donc décidé de passer à la méthode de « Direct Carrier Billings » où elle est connectée aux services des opérateurs mobiles. Les utilisateurs peuvent payer par l’intermédiaire de leur opérateur mobile où l’abonnement est déduit de leur crédit mobile, en outre, nous avons conclu un accord avec « FAWRY », une société de transfert d’argent fournissant des distributeurs automatiques dans toute l’Egypte où les utilisateurs peuvent payer pour ANGHAMI service.

ANGHAMI est en train de conclure un accord avec Vodafone ; pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Nous avons lancé avec Vodafone un accord pour faciliter le paiement des services ANGHAMI pour les abonnés, puis avec « FAWRI » puis « ETISALAT ». Le but de ces accords était de rendre plus facile pour les abonnés même la tarification que nous l’avons rendu approprié pour la société. Nous avons créé des abonnements quotidiens, hebdomadaires et mensuels. Cela a également été fait pour faire passer le message que l’on peut écouter de la musique à bas prix, car nous visions à protéger la propriété intellectuelle ou les droits musicaux.

En ne payant que de petits honoraires, vous pouvez soutenir l’artiste que vous aimez car à la fin, cet argent revient au producteur pour lui permettre de produire plus de chansons et plus d’albums ; en retour, il paiera plus pour créer plus de musique et nous permettra de créer de la musique et des films civilisés.

Par exemple, le film de « Fast and Furious » comment les cinéastes ont été en mesure de produire 8 séries du film et de la marque dans le monde entier, tous ces en raison de leur protection de leur propriété intellectuelle où il génère plus de revenus pour eux.

C’est le pouvoir, la façon dont nous comprenons le but des droits sur le contenu et la façon dont il se répercutera sur les producteurs, les écrivains, les artistes et l’ensemble de l’industrie.

Que pourriez-vous nous dire sur les flux de revenus de vos services de streaming ?

Dans le flux de revenus, il y a deux méthodes. Le premier est le freemium où l’utilisateur gratuit peut écouter des publicités, après chaque couple de chansons, où nous générons nos revenus à partir de ces publicités. L’autre méthode est l’abonnement payant où l’utilisateur ne veut pas écouter d’annonces, veut écouter de la musique hors ligne, et télécharger de la musique. Comme nous sommes encore dans un marché émergent, les abonnements ne sont pas si nombreux que ça et nous dépendons donc principalement des annonces. C’est pourquoi nous essayons d’être innovateurs dans nos publicités.

Il ne s’agit pas seulement d’annonces, car nous utilisons de la publicité interactive où nous créons des fonctionnalités où le client peut l’utiliser. Les caractéristiques les plus puissantes sont que nous lions le hors ligne avec l’en ligne comme l’utilisateur peut utiliser ANGHAMI pour capturer une photo ou interagir avec quelque chose hors ligne et la fonctionnalité le rend en ligne. La dernière campagne était avec « Nescafe » et avant avec « Miranda » comme avec les photos capturées les utilisateurs peuvent gagner un prix d’ANGHAMI ; et beaucoup d’autres expériences.

Par exemple, « Lipton » a conçu une publicité, où les utilisateurs peuvent définir leur chanson préférée comme leur alarme quotidienne, comme « Lipton » est une marque de thé et leur message étaient « nous allons vous aider à vous réveiller » et il donne également une prévision pour le temps et cela montre combien « Lipton » est convivial.

Nous avons aussi beaucoup de marques qui se sont engagées avec les utilisateurs en faisant de la compétition avec eux, où cela permet aux utilisateurs de s’engager davantage avec ANGHAMI. Comme c’est scientifiquement vrai, car une recherche a prouvé que les marques qui sont liées à la musique, les gens s’ennuient toujours s’ils sont sortis du marché. Quand vous intégrez la musique dans votre vie quotidienne, cela affecte beaucoup les gens. Un bon exemple est « Bershka » la musique que vous écoutez en Bershka, vous la trouverez sur ANGHAMI, les utilisateurs la jouent beaucoup.

Après les défis que vous avez relevés, que diriez-vous aux jeunes entrepreneurs ?

Je n’aime pas la nouvelle mode des entrepreneurs, car tout le monde se dit entrepreneur. Ce n’est pas mal, mais Entrepreneurs n’est pas un mot ; les entrepreneurs doivent avoir une personnalité spécifique, avoir ses propres caractéristiques et de nombreuses dimensions. Nous avons vu dans nos vies pendant que nous travaillons beaucoup qui introduisent des idées étonnantes et quand ils gagnent un certain profit, ils vont simplement le dépenser et oublier le projet, et le projet meurt. Beaucoup de jeunes manquent les principales caractéristiques qui sont l’enthousiasme, la passion, la croyance en ce qu’ils font.

Il est très naturel qu’ils soient confrontés à des défis et à des échecs, les gens les décourageront et les rabaisseront, c’est naturel car ils font quelque chose d’étrange par rapport à ce qui est traditionnel. Le trait le plus important est d’avoir une grande patience, de l’amour pour ce que vous faites et un grand enthousiasme. Aussi, la capacité de prendre le dessus sur les hauts et les bas, d’avoir une vision, et d’essayer toujours d’être différent. Il y a toujours un concept appelé « Différenciation » car le marché est plein d’acteurs. Aussi, l’innovation de l’idée est essentielle, aussi pour la développer continuellement.

Des idées les plus intéressantes ont été les Chinois, où ils sont toujours en train de développer l’emballage et les gens sont étonnés par lui. Donc, beaucoup d’aspects qui affectent le produit ou le service, le plus essentiel est l’innovation dans la communication. Alors, comment faire preuve d’innovation, d’enthousiasme et comment embaucher les bonnes personnes. Comme il n’y a rien qui s’appelle qu’une seule personne fasse tout le travail, vous devez engager les personnes les plus puissantes pour vous aider. A ce moment-là, vous verrez votre marque voler comme un avion.

Les entrepreneurs doivent croire en eux-mêmes et en les autres, construire une équipe puissante et tenir compte du fait qu’ils ne gagneront pas immédiatement. Il est tout à fait normal que vous preniez le temps jusqu’à ce que votre idée soit vendue et comprise par beaucoup.

Quelles sont les attentes d’ANGHAMI à l’égard de ses employés ?

Chez ANGHAMI, nous travaillons tous comme une seule famille, nous nous aimons tous et nous nous soutenons les uns les autres. Nous sommes tous cool. Comme nous travaillons dans l’industrie de la musique, les employés doivent être à la mode, innovants. On ne peut pas engager quelqu’un de rigide ou de peu créatif. Ils doivent faire plus d’essais, faire des choses folles, et avoir l’amour d’essayer de nouvelles choses.

Qu’est-ce qui vous motive ?

C’est une question très difficile, car pour moi « Hossam » j’ai un problème que personnellement je ne peux pas être satisfait facilement. Mais en général, ce qui me motive, c’est que je vois toujours un rêve devant moi ou quelque chose que je poursuis et essaie de le trouver et de le réaliser. Je suis motivé par des choses qui contiennent des défis et des innovations, je n’aime pas les choses ordinaires.

Je ne me suis jamais imaginé faire partie d’un travail traditionnel avec des heures fixes et simplement attendre un salaire. J’aime vraiment faire le travail qui contient beaucoup de réflexion. J’aime utiliser mon esprit et savoir différencier le produit ou le service dans lequel je travaille et entre les autres sur le marché.

Cette excitation est ce qui m’attire, dans tous les aspects de ma vie. Je n’ai jamais aimé les choses normales, c’est peut-être ma personnalité. Mais ce qui me motive, c’est que j’ai toujours l’impression qu’il se passe quelque chose, quelque chose que je dois faire.

Comment mesurez-vous votre performance en tant qu’entrepreneur ?

J’ai toujours un problème de performance, j’ai su mesurer ma propre performance, car tout le temps ce n’est jamais assez pour moi. Bien que je planifie pour moi-même et me fixe des objectifs, mais je suis toujours sous la pression de courir après quelque chose et de vouloir le poursuivre de plus en plus.

Quels sont vos projets d’avenir pour ANGHAMI ?

Pour moi, je pense à ANGHAMI en Egypte ; il y a une grande marge de manœuvre à atteindre et à couvrir, car en fait notre segment cible est encore extrêmement vaste. Comme nous avons 380 millions d’audience éligible pour utiliser ANGHAMI et actuellement nous venons d’en acquérir 50 millions d’utilisateurs. Donc, nous avons encore un long chemin à parcourir pour cibler tous ces publics, surtout que nous sommes pleins de longs métrages que nous n’avons pas encore annoncés à leur sujet, il y a encore d’énormes efforts à faire.

Vous aimez la compétition ?

J’adore la compétition, la compétition est dans mon sang. Quand j’étais jeune, je courais et participais à des compétitions. Cela m’a donc appris à courir tout le temps après les choses, et il y a beaucoup de concurrents autour de moi, donc je n’arrêterai jamais de courir.

La concurrence aime-t-elle ANGHAMI ?

Bien sûr, la concurrence aime ANGHAMI ; nous travaillons dans une industrie très compétitive qui est pleine de concurrents et d’entrepreneurs. En ce qui concerne notre région, elle n’était pas pleine de concurrents, mais récemment, tout le monde veut entrer sur le marché, pour être compétitif, et ANGHAMI est la start-up qui connaît la croissance la plus rapide au Moyen-Orient, donc l’œil est maintenant dessus.

Les concurrents (« entrepreneurs ») sont maintenant impatients de faire concurrence ou d’établir un partenariat avec nous. Comme ils ont réalisé à quel point le marché est en pleine croissance et dans quelle mesure il s’agit d’un marché potentiel. Maintenant, il y a beaucoup de concurrence et c’est si sain pour nous d’être compétitifs, car à la fin, cela nous amène à développer davantage, à innover et à penser davantage à prendre des parts de marché les uns des autres. Une plateforme réussie comme ANGHAMI est le piège avec lequel tout le monde peut rivaliser.

Merci beaucoup de votre temps.


Ismail HAJJIIsmail HAJJIavril 21, 2017
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BONDS & SHARES a contacté les candiats à la présidentielle francaise pour contribuer à enrichir un débat concentré sur les enjeux économiques et financières. Jaques Cheminade est le premier des candidats qui nous a répondu. Il est le fondateur du parti politique Solidarité et progrès et candidat à la présidentielle française 2017. Jacques Cheminade est diplômé d’HEC Paris et de l’ENA et détient une licence de droit. Il a été fonctionnaire au ministère de l’Économie puis attaché commercial de la France à New York. Depuis 1996, il est président du parti politique Solidarité et progrès.

Quels sont, selon vous, les enjeux économiques les plus importants pour les Français ?

La situation économique et sociale de la France est catastrophique. La liste est longue ! Les personnes au chômage qui ont perdu tout espoir, les retraités vivants sous le seuil de pauvreté, les travailleurs qui souffrent au travail à cause d’une pression du chiffre toujours plus forte, les agriculteurs qui se suicident car ils travaillent sans compter pour un salaire de misère, les usines qui ferment, les personnes sans-abris… Une même logique dévastatrice est au fondement de ces exemples très préoccupants : celle de la rentabilité, de l’austérité, celle de la finance dévoyée que dénonçait F. Hollande en son temps et qu’il n’a pas combattue. Les Français ne sont plus maîtres de leur destin, c’est la finance qui est aux commandes et elle a infiltré sa logique dans toutes les strates de la société. Elle la déshumanise peu à peu. Voilà pourquoi l’enjeu économique majeur de la France est de se libérer de l’occupation financière, de la logique du gain à court terme. Le deuxième enjeu est le chômage, il faut d’urgence redonner du travail aux Français pour relancer la dynamique de la société et rendre notre système de sécurité sociale viable. Pour cela, le troisième enjeu est de rétablir une vision longue du développement de notre pays et du monde qui permettra de fixer des objectifs et d’avoir des projets créateurs d‘emplois.

En quoi votre programme peut-il répondre à ces enjeux ?

Je propose des solutions qui ont prouvé leur efficacité dans l’histoire. Comme Roosevelt en son temps, après la crise de 1929, nous mettrons en place une vraie loi de séparation bancaire qui nous protègera du jeu des grandes banques casino en interdisant que les Etats et les contribuables les renflouent. Ensuite, il nous faudra libérer le crédit en sortant de l’euro et de la BCE qui imposent ces politiques d’austérité aux états membres puis, nous créerons une banque nationale pour être libres d’allouer du crédit au financement de grands projets d’avenir porteurs d’emplois et de perspectives, en coopération avec les autres pays d’Europe et du monde. Nous traiterons notamment de l’urgence écologique à nettoyer les océans des plastiques que l’homme y a jetés. L’Afrique et son développement deviendront une priorité, nous mettrons fin aux scandales humanitaires récurrents qui touchent le continent, notamment les famines et la crise de l’eau. L’espace enfin devra constituer également un grand axe de développement pour notre pays : nos programmes spatiaux nous permettent des avancées considérables dans la médecine (avec le cœur artificiel ou encore la pompe à insuline), la téléphonie, dans le numérique, ce qui nous garantit un confort sur lequel peu d’entre nous seraient prêts à revenir, et surtout qui nous permettent d’accueillir les générations futures. Il nous faut poursuivre dans cette voie essentielle.

Quels sont pour vous les limites des programmes économiques de vos principaux concurrents ?

Un programme, la plupart des candidats en ont. Le problème c’est qu’ils n’ont pas de projet pour l’accompagner. Ils ont un programme sans vision d’avenir, une somme de mesures, de compromis pour que notre pays atteigne la fameuse règle d’or, les 3% de déficit, quitte, pour cela, à faire de l’humain une variable d’ajustement. Un projet au contraire, c’est avoir une certaine idée du monde et des grands axes de développement qu’il faut pour que les hommes et les générations à venir aient une vie meilleure. Voici la première limite commune à tous mes concurrents : l’absence de projet.

Dans le détail :

Emmanuel Macron : l’une des limites principales du programme économique d’E. Macron est l’absence de mesures radicales contre la finance. Sous la présidence Hollande, il a clairement cédé aux pressions des grandes banques en produisant une loi bancaire inutile et complaisante à l’égard de la finance, bien qu’en privé il était d’accord avec moi qu’il fallait réellement couper les banques en deux. En outre, il soutient l’uberisation du travail, qui permet à des plateformes Internet au-delà de toute législation du travail d’embaucher des travailleurs dont la précarité ne cesse de s’accroître. Enfin, si on se réfère à sa loi économique passée sous la présidence Hollande, l’exemple très parlant des bus Macron est symptomatique : c’est un retour clair en arrière qui creuse toujours plus les disparités entre les Français qui ont les moyens et ceux qui ne les ont pas.

Marine Le Pen : Comme E. Macron, M. Le Pen ne s’attaque pas véritablement à l’enjeu de la finance. En ayant choisi Bernard Monot comme conseiller économique, elle a trahi ses intentions et décrédibilise toute sa politique d’indépendance. En effet, celui qui est à l’origine de toute la politique économique du programme de M. Le Pen a clairement exprimé son positionnement à l’égard des marchés qui s’inquiétaient de la sortie de l’euro prônée par le FN: « Nous sommes très attachés à la stabilité monétaire des marchés. Je suis un homme des marchés» (Le Figaro). Finalement, M. Le Pen demeure est une vraie monétariste, une nationale monétariste dont la politique économique serait catastrophique.

François Fillon : F. Fillon est un ultra-libéral et bien qu’il soit d’accord pour dire que la France se trouve face à une grave crise financière, il axe sa solution sur la baisse drastique de toutes les dépenses publiques. C’est l’austérité économique : supprimer des postes de fonctionnaires, couper dans la sécurité sociale… contrairement à lui, j’estime qu’il n’y a pas de relance possible du pays sans des investissements massifs dans des grands projets de développement. F. Fillon, c’est le candidat de la BCE qui demande aux peuples de se serrer la ceinture à n’importe quel prix : la dette, même injuste comme en Grèce, est plus importante que l’humain.

Benoît Hamon : Le programme de B. Hamon révèle une volonté de s’adapter, de fixer un peu de social sur le système inique en place. Sa mesure phare du revenu universel ou la taxation des robots sont typiques de cela : il ne croit pas à la possibilité de créer véritablement de l’emploi en France ni à l’augmentation des salaires.

Jean-Luc Mélenchon : J-L Mélenchon s’oppose au monde de la finance et au capitalisme financiarisé. Cependant, dans la dernière ligne droite (meeting du 18 avril), afin de gagner en électorat il recule au sujet de la sortie de l’UE et de l’euro en disant que nous pouvons en modifier les Traités. Je ne pense pas que nous puissions modifier les traités : il nous faut sortir de ces traités pour reconstruire une vraie Europe. Par ailleurs, son programme a beaucoup trop verdi ! Il souhaite notamment sortir du nucléaire, ce qui serait une catastrophe pour la France. Le nucléaire est l’énergie de l’avenir à condition de miser sur le nucléaire propre de 4ème génération et la fusion nucléaire.

Merci, Monsieur, d’avoir répondu à nos question

Interview réalisée par Ismail Hajji et Bernd Oliver Bühler, membres de la rédaction de Bonds & Shares 


Ismail HAJJIIsmail HAJJIavril 19, 2017
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Arnaud Scarpaci est diplomé d’une maitrise de sciences de gestion de l’université de Dauphine depuis 2002, du troisième cycle Finance, Trading et Négoce International de l’ESLSCA depuis 2004 mais aussi du DU AUREP Gestion de Patrimoine de l’Université de Clermont Ferrand depuis 2015. Après des premières expériences en banque d’investissement au sein de SG DEAI au département produits dérivés actions et chez Natexis au desk activités taux et change clientèle large corporate, il a intégré le groupe Reuters en 2005 avant de rejoindre en tant qu’Associé Gérant la société Agilis Gestion spécialiste de la gestion quantitative et systématique. Depuis Novembre 2012, suite à la fusion Montaigne Capital -Agilis Gestion, il est maintenant Gérant de Portefeuille sur les FCP de la nouvelle structure et conseille la clientèle investie en assurance vie et mandats de gestion.  C’est en sa qualité qu’expert et professionnel du monde des affaires qu’il a décidé de répondre à notre questionnaire:

Les finances publics sont parmi les sujets majeurs de cette campagne. Quelles sont selon vous les solutions les plus pragmatiques pour traiter cette problématique ?

Au quatrième trimestre 2016, le ratio de la dette publique en France atteignait 97.4% du PIB (par comparaison l’Allemagne se situe à 75%) mais lorsque l’on rapporte la dette publique française aux recettes publiques, ce ratio atteint 180%.

Le problème qui se pose à la France et aux Etats de la zone euro est comment concilier croissance et réduction de la dette publique.

Le problème de la dette publique depuis quelques années est repassé au second plan par rapport à la croissance dans la mesure où la politique non conventionnelle de la BCE à travers son quantitative easing a permis de baisser la charge des intérêts. La question va se reposer quand les taux d’intérêts vont remonter notamment pour les Etats périphériques et la France.

Il est donc important de choisir aujourd’hui le type de modèle : un modèle où le surcroit de croissance peut compenser la hausse de l’endettement (modèle suivi par D.Trump) ou au contraire à défaut songer à réduire la dette publique avant que les taux ne remontent.

Pour réduire la dette publique à un niveau national, il faut dans un premier temps baisser les dépenses publiques en réformant le secteur public (à l’image du cas de la Suède qui a divisé son ratio dette publique/PIB par deux entre 1997 et 2011), revoir le système de la sécurité sociale en luttant contre la fraude, contrôler les dépenses de retraite. Le problème de la France se pose par rapport au déficit structurel (recettes publiques insuffisantes par rapport aux dépenses)

Une autre solution est également de profiter du regain d’inflation pour accroître les recettes fiscales via la TVA indexée sur les prix. L’idée est donc de faire augmenter l’inflation plus rapidement que les prestations sociales versées.

Enfin, sur un niveau plus européen, la création d’un Trésor Européen permettrait en étant face à la BCE de « flécher » les financements de la BCE vers les investissements en Europe afin de mettre en place une Europe fédérale.

Le chômage n’a jamais été aussi haut en France. Le monde de l’entreprise est accusé de tous les torts. Quels sont selon vous les solutions à apporter pour changer cet état d’esprit en terme de philosophie et de politique d’investissement au sein des entreprises ?

Pour changer la perception du monde de l’entreprise, je pense qu’il faut désormais intégrer trois notions : la réglementation croissante dans le secteur financier notamment, le développement croissant des technologies et du phénomène de digitalisation et enfin l’aspect fiscal pesant actuellement sur les entreprises françaises par rapport aux entreprises anglo saxonnes qui se traduit par une fuite des cerveaux vers ces pays.

Sur l’aspect réglementation, les exigences en termes de fonds propres ne cessent de grimper. Mais en parallèle, les dispositifs comme le CICE (crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi) sont un levier pour déclencher des recrutements de salariés et effectuer des investissements technologiques. Le CICE a profité à la grande distribution mais les banques n’ont pas joué le jeu et ce dispositif n’a pas été transmis de la sphère financière à la sphère économique.

Sur l’aspect de la digitalisation, l’arrivée des robo advisors et des robots plus généralement va provoquer des vagues de licenciement massives dans les banques mais aussi dans les autres secteurs. Il est donc important de préparer les employés à plus de flexibilité mais aussi devenir plus multi-tasking par le biais de formation. On peut observer aujourd’hui notamment dans les banques d’investissement que beaucoup d’employés restent cantonnés à une tâche précise et cela est la principale menace des prochaines années.

Enfin, sur l’aspect fiscal, le taux d’impôt sur les sociétés en France est de 33% alors que les Etats Unis envisagent de le passer à 15%. Il est important de souligner aussi que les recettes fiscales en France liées à l’IS représentent 12% des recettes totales. Le taux d’IS passera à 28% d’ici 2020 selon la loi de finance 2017 ce qui permettra aux entreprises françaises d’être plus compétitives mais la marge par rapport aux pays anglo saxons est encore grande.

Pour certains candidats l’Europe et l’Euro sont accusés de tous les maux. Quelle est votre opinion vis-à-vis de la construction Européenne et quels sont, selon vous, les chantiers qui restent à pourvoir ?

Le plus urgent à l’heure actuelle est de profiter du rétrécissement des spreads entre les taux des Etats périphériques et de l’Allemagne pour mettre en place aujourd’hui une Europe Fédérale. La faiblesse actuelle des taux est de nature à favoriser la croissance. Il faut profiter que le focus est moins mis sur la situation de la dette pour harmoniser les systèmes fiscaux afin de protéger la compétitivité des entreprises en zone euro et de réorienter les flux d’investissement de la BCE vers l’Europe via un Trésor Européen et enfin de garantir auprès des banques le suivi des flux de la sphère financière vers la sphère économique pour faciliter le crédit aux entreprises.

Quelle est, selon vous, la politique économique qu’il faut mettre en place afin de garantir la réussite du prochain quinquennat ?

L’accalmie sur la crise de la dette ne sera que passagère et il faut profiter de la faiblesse des taux pour réduire la dette publique (par la réduction des dépenses publiques sur les dépenses de santé et la refonte du système des retraites, l’inflation générée par la croissance), s’affirmer au niveau européen pour la mise en place d’une Europe Fédérale pour permettre une meilleure compétitivité des entreprises européennes et françaises.

Merci, Monsieur, pour vos réponses.

Interview conduite par Ismail HAJJI, membre de la rédaction


Ismail HAJJIIsmail HAJJIavril 12, 2017
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Thomas Péran est professeur associé à la Paris School of Business, il est aussi chargé d’enseignement en finance à Sciences Po Bordeaux. Il est auteur du classique Gestion de la banque aux Editions Dunod. Et c’est par sa qualité d’expert et acteur du monde économique que nous avons décidé de l’interviewer et d’avoir son avis sur l’offre économique de la présidentielle.

Les finances publiques sont parmi les sujets majeurs de cette campagne. Quelles sont selon vous les solutions les plus pragmatiques pour traiter cette problématique ?

Effectivement, cette campagne présidentielle présente des traits caractéristiques bien particuliers. Elle ne procède plus du schéma traditionnel de la Ve République basé sur la survalorisation des clivages : partis de gouvernement/partis d’opposition et partis de gauche/partis de droite… Les postures politiques sont aujourd’hui avant tout thématiques. Et cela constitue la vraie bonne nouvelle de cette campagne. Par exemple, Emmanuel Macron est particulièrement représentatif de cette tendance récente. Outre son affirmation « ni de gauche, ni de droite », c’est sa volonté d’incarner le « Monsieur économie » qui est marquante.

Bien entendu, la campagne apporte aussi son lot de mauvaises nouvelles. Jamais les affaires judiciaires des candidats n’avaient autant pris de place dans une campagne (en nombre, heureusement pas en intensité, car sur ce dernier point, le début du XXe siècle reste champion). Et c’est ici, parmi les mauvaises nouvelles, qu’il faut évoquer les finances publiques de l’Etat. Leur niveau et le peu d’égards des politiques sur ce point sont affligeants. Puisque vous m’interrogez sur les solutions à apporter, la réponse est simple : la vocation universelle au changement de la doxa politique majoritaire est déplacée. Nous possédons déjà tous les outils nécessaires à une gestion saine des finances publiques : rapports parlementaires et de la Cour des comptes, benchmarks, audits, calculs des coûts et ratios… Nous n’avons jamais autant quantifié, et pourtant, le monde n’a jamais moins su où il allait. L’instabilité des programmes politiques mis en place depuis le premier recours en 2002 au quinquennat présidentiel y est pour beaucoup. Les déformations résultant de l’utilisation présidentielle de notre régime, pourtant constitutionnellement parlementaire, sont aussi responsables de l’état des finances publiques.

Juste un rappel : le Pacte de stabilité et de croissance est un outil simple qui préconise un cantonnement à 3% de déficit public excessif et à un taux d’endettement au regard du PIB de 60%. Or, nous sommes aujourd’hui respectivement à 3,4% et 96%. C’est ahurissant ! Diminuer les dépenses est sur le papier d’une simplicité enfantine. C’est le faire durablement et de manière cohérente qui est compliqué.

Le chômage n’a jamais été aussi haut en France. Le monde de l’entreprise est accusé de tous les torts. Quels sont selon vous les solutions à apporter pour changer cet état d’esprit en termes de philosophie et de politique d’investissement au sein des entreprises ?

Là encore, la radicalisation de la vocation au changement n’est pas à encourager. La France est un Etat plus interventionniste que libéral. C’est un fait historique, qui au final appelle à peu de commentaires. Il faut faire avec, et surtout bien intégrer cette composante dans l’action politique. Dans un Etat dont la Constitution sociale et politique est fondamentalement interventionniste et « droit-de-l’hommiste », la masse budgétaire est logiquement importante et le taux d’endettement plus difficile à contenir. Deux mesures semblent intéressantes à poursuivre pour améliorer la politique de l’emploi.

Premièrement, l’instauration d’un contrat de travail unique plus simple et plus adaptable semble, selon les études économétriques sérieuses, une piste crédible. Certains y voient l’émanation d’un régime puissamment néolibéral, mais il n’en est rien. Les Français recherchent l’égalité, valeur constitutionnelle fortement affirmée (préambule et article 1 de la Constitution de 1958, entre autres), et cette mesure semble à même d’y répondre. Vous évoquez le volet « philosophique » de la politique de l’emploi et de l’investissement, et bien c’est exactement de cela qu’il s’agit avec ce type de contrat : de philosophie égalitaire du travail et de fin d’une économie du travail clivante.

Deuxièmement, dans une optique de permanence de l’action politique, à privilégier par rapport à la permanence des institutions et des places gardées qui au final importe peu, le retour au Plan pourrait être à recommander. Il ne faut pas y voir un retour au dogmatisme du XXe siècle, mais bien plus une mesure de cohérence dans le temps en matière de dépense publique et d’investissement. C’est bien connu (bien oublié aussi), la prise en compte du facteur temps dans l’application et le succès des programmes économiques est primordiale. Nous avons érigé en tendance managériale de fond, tant dans la sphère publique que dans la sphère privée, le fonctionnement en « mode projet ». Mais cela n’aboutit pas toujours à la cohérence. Les économies nouvelles (le concept d’émergence est inapproprié), notamment les pays du Golfe et asiatiques, dont l’Europe envie les chiffres de croissance, mettent aujourd’hui en place avec intelligence, à l’instar de ce que nous faisions quelques dizaines d’années en arrière, des plans stratégiques pluriannuels. La pluriannualité et les lois de programmes sont bien des composantes de nos finances publiques (voir la Loi organique relative aux lois de finances du 1er août 2001), mais l’instabilité des politiques ne permet pas de leur donner pleinement effet.

Pour certains candidats l’Europe et l’Euro sont accusés de tous les maux. Quelle est votre opinion vis-à-vis de la construction Européenne et quels sont, selon vous, les chantiers qui restent à pourvoir ?

Il est vrai que les pays membres de l’Union européenne n’affichent pas les mêmes fondamentaux économiques. Par exemple, pour que la zone euro soit équilibrée les experts préconisent que la balance des comptes courants des Etats ne dépasse pas 6% du PIB. La France se situe aujourd’hui à -0,5% alors que les pays nordiques se rapprochent de 10%. Difficile alors de mener une politique économique unique (c’est pourtant bien le but de l’Union européenne). L’observation et l’imitation des Etats fédéraux paraît ici essentielle pour mieux comprendre la manière dont nous pourrions relever le défi de l’hétérogénéité. Rappelons que l’Europe n’est juridiquement pas une Fédération puisqu’elle ne possède pas de Constitution qui se superposerait aux Constitutions nationales (c’est le criterium de la Fédération).

Mais il paraît primordial d’affirmer que, dans le cas de la France qui présente une dette publique de 2147 milliards (j’emprunte les chiffres de mon collègue et brillant économiste Jean-Paul Betbeze), ce sont les fondamentaux de l’économie nationale qui sont responsables de l’impasse. La réflexion doit aussi se mener en interne, et pas seulement au sein de l’Union européenne. L’Europe est une chance et une force, il ne faut pas renier ce que nos prédécesseurs créent depuis les années 1920. A cet égard, l’approbation par vote du cadre du Brexit le 5 avril 2017 et une démonstration de tout l’attrait et de la place fondamentale de l’Europe. En suspendant la mise en place de la relation commerciale du Royaume-Uni avec l’Union à son retrait définitif, la volonté de préserver l’euro est clairement mise en avant.

Enfin, pour accroitre la performance des politiques économiques de l’Union européenne, la concentration des efforts sur les entreprises doit être accrue. Cette exigence est bien comprise par les institutions européennes (voir par exemple le mémo 11/879 de la Commission européenne). Agir sur les taux comme le fait la Banque centrale européenne sans bâtir le cadre réglementaire facilitant l’accession au crédit et au financement pour les PME est illusoire. La Directive AIFM 2011/61/UE du Parlement européen et du Conseil, tout comme le Règlement UE 345/2013 du Parlement européen et du Conseil ont efficacement montré la voie. Il faut désormais aller plus loin.

Quelle est, selon vous, la politique économique qu’il faut mettre en place afin de garantir la réussite du prochain quinquennat ?

Sur un plan strictement économique, la marge de manœuvre est extrêmement limitée en matière de dépense publique, tout comme la redéfinition de la balance commerciale au sein du marché unique. C’est sur l’innovation et la défiscalisation des secteurs privilégiés qu’il va falloir jouer. L’industrie française est, pour un temps encore, puissante. Elle est totalement en mesure de remporter des appels d’offres dans le cadre de projets européens et mondiaux d’envergure. L’impact de ces grands marchés publics et privés est à la fois stratégique et réputationnel. La grandeur de la France aux siècles derniers était fortement corrélée à l’ampleur de son industrie. C’est pour cela que l’on a parlé de révolution industrielle. En matière de production d’énergie, de construction d’infrastructures de transport ou encore d’innovations technologiques, la France peut encore apporter au Monde et le prochain Président doit en être le principal commercial. Doter fortement les Pôles de compétitivité comme Finance Innovation, à la tête duquel Joëlle Durieux accomplit un travail gigantesque est pour moi « le » levier d’action pour le prochain quinquennat. La santé fiancière et le rôle de modèle joué par les FinTech françaises en sont le plus bel indice.

Merci, Monsieur, d’avoir répondu à nos questions


Ismail HAJJIIsmail HAJJIavril 11, 2017
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Fondateur d’Haussmann Venture, Julien Zerbib a débuté sa carrière dans la structuration de Produits chez OFI Asset Management.  Il rejoint ensuite UBS pour 5 ans à Paris puis à Monaco en tant que Gérant de Portefeuille et responsable du département Produits Structurés.  Julien Zerbib est double diplômé du Magistere Finance de l’Université de la Sorbonne et d’un MBA en Gestion d’Actifs. Sa société, Haussmann Venture, est une banque d’affaires parisienne. Créée en 2015 par d’anciens cadres de la gestion de fortune et de l’ingénierie financière, Haussmann Venture accompagne entrepreneurs, dirigeants, actionnaires, fonds d’investissement et groupes industriels dans toutes les étapes de la croissance de leur entreprise et leurs enjeux patrimoniaux. Ses compétences sont la gestion privée, Le Family Office, le Private Equity, La Fusion Acquisition et le LBO. De par son expérience et sa connaissance, il a décidé de répondre à nos questions:

Q: Les finances publiques sont parmi les sujets majeurs de cette campagne. Quelles sont selon vous les solutions les plus pragmatiques pour traiter cette problématique ?

Par définition, améliorer l’état des finances publiques consiste pour un état, à augmenter ses recettes (ou les garder stables) tout en diminuant ses dépenses. Historiquement, cela s’est fait par une hausse drastique des recettes fiscales, et notamment de l’impôt sur le revenu – sans assister à une baisse des dépenses. Les français en ont marre de payer davantage d’impôts chaque année, et on assiste à une fuite des richesses de notre pays vers des pays à fiscalité avantageuse.

Pour améliorer l’état des comptes publics, le prochain Président de la République devra engager un plan concret de réduction des dépenses : réduction du nombre de fonctionnaires, contrôle renforcé des bénéficiaires d’aides sociales, et surtout repenser complètement le modèle de notre sécurité sociale, qui présente un gouffre financier pour l’État chaque année.

Q: Le chômage n’a jamais été aussi haut en France. Le monde de l’entreprise est accusé de tous les torts. Quels sont selon vous les solutions à apporter pour changer cet état d’esprit en terme de philosophie et de politique d’investissement au sein des entreprises ?

En tant que créateur et gérant de ma propre entreprise, je m’aperçois qu’il est impossible d’embaucher, et donc naturellement de créer de l’emploi. En effet, embaucher un salarié sur une base de 100 net d’impôts représente un coût de 180 pour l’entreprise (après application des différentes charges & cotisations sociales) . (source : https://entreprise.pole-emploi.fr/cout-salarie/)Quasiment le double ! Dans ces conditions, comment pouvez-vous embaucher ? Il faut réduire considérablement ces coûts.

Au niveau des investissements PME, de bonnes choses ont été faites par le passé avec les dispositifs MADELIN & TEPA qui permettent à des investisseurs souhaitant investir dans l’économie réelle de réduire une partie de leurs impôts. Il faut continuer sur cette voie et proposer de nouveaux dispositifs pour encourager la dynamique.

Au niveau de l’emploi aussi, le statut de JEI (Jeune Entreprise Innovante) permet à certaines entreprises de profiter d’aides à l’embauche. Mais tout le monde n’a pas le statut de JEI… Il faudrait créer un dispositif généralisé permettant aux entreprises de moins de 5 ans de bénéficier de réductions à la fois de charges et de cotisations pour les encourager à embaucher !

Q: Pour certains candidats l’Europe et l’Euro sont accusés de tous les maux. Quelle est votre opinion vis-à-vis de la construction Européenne et quels sont, selon vous, les chantiers qui restent à pourvoir ?

Il n’y a pas de doute, l’Europe & l’Euro restent une chance pour la France mais il faut savoir en tirer profit. Il faudrait renforcer la cohésion européenne sur les sujets de défense et de sécurité intérieure. Le chantier de la transition énergétique, et du numérique sont à pourvoir à l’échelle européenne. Tous les états doivent impérativement réunir leurs forces pour répondre à ces défis.

Q: Quelle est, selon vous, la politique économique qu’il faut mettre en place afin de garantir la réussite du prochain quinquennat ?

Demandez le à Emmanuel Macron.

Q: Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions.

Interview conduite par Ismail HAJJI membre de la rédaction


Ismail HAJJIIsmail HAJJIavril 10, 2017
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Alain Pitous est Directeur Général de Talence Gestion, une société de gestion indépendante, agréée par l’AMF. M. Pitous a travaillé dans le secteur de la gestion d’actif depuis 1986. Diplômé de l’EDHEC, il a commencé sa carrière dans une société de bourse à Lille.  Il a ensuite rejoint la Société Générale en tant que gérant de portefeuille obligataire. Par la suite, il a managé des équipes de gestions diversifiées, puis actions et taux jusqu’en 2009.  À ce moment-là il a activement participé à la création d’Amundi (Groupe Crédit Agricole) entité regroupant les activités de gestion de la Société Général et du Crédit Agricole.  Membre du Comité exécutif d’Amundi jusqu’en 2014, il a rejoint une aventure entrepreneuriale en intégrant Talence Gestion en tant que Directeur Général.  Talence Gestion, société de gestion entièrement indépendante, a deux métiers, la gestion de fonds essentiellement « actions » et la gestion sous mandat pour clients privés. Et c’est en sa qualité d’expert et de par son expérience que nous avons décidé d’avoir son avis sur l’offre économique pour l’élection à la Magistrature suprême.

Q: Les finances publiques sont parmi les sujets majeurs de cette campagne. Quelles sont selon vous les solutions les plus pragmatiques pour traiter cette problématique ?

À partir du constat actuel et sous réserve de bouleversement majeur du champ politique, aucune solution type « choc » n’est possible ; personne n’a de majorité pour de telles mesures. C’est pour cela que la seule solution valable est de fixer un cap, et de réduire progressivement la pente de progression de la dépense publique.

Exemple : fixer une hausse de la dépense publique inférieure à la croissance de 0.5%.

Q: Le chômage n’a jamais été aussi haut en France. Le monde de l’entreprise est accusé de tous les torts. Quels sont selon vous les solutions à apporter pour changer cet état d’esprit en termes de philosophie et de politique d’investissement au sein des entreprises ?

Là aussi on peut toujours espérer le grand soir mais cela reste illusoire. Les emplois aidés et les mesures de ce genre ne fonctionnent pas. Ce qu’il faut faire c’est agir massivement sur la formation parce que cela relève de l’urgence si on veut maintenir une paix sociale et remettre les chômeurs en situation d’emploi pérenne. En regroupant sous une seule autorité les budgets actuels qui sont alloués à la formation professionnelle, on pourrait peut-être faciliter une réinsertion des chômeurs longue durée et des jeunes sans diplôme dans le marché du travail. Ce sont ces catégories socio-professionnelles qui posent problème et qui courent des risques d’exclusion sans retour. D’autres mesures simples et qui ne coûtent pas trop à l’État sont envisageables sur les petites structures de moins 50 salariés. Ce qui encouragerait les chefs d’entreprises à la création d’emplois.

Par ailleurs il faut aussi agir en amont sur l’éducation. On a 150 000 jeunes qui sortent de l’école sans diplôme tous les ans soit 1.5 Millions de personnes sur les 10 dernières années. Pour y remédier il faut encourager l’apprentissage qui est également une manière de faciliter l’intégration des jeunes dans le monde du travail.

Et pour conclure, je pense que les 35 h sont une mesure handicapante pour la productivité de notre économie et la supprimer est selon moi une nécessité.

Q: Pour certains candidats l’Europe et l’Euro sont accusés de tous les maux. Quelle est votre opinion vis-à-vis de la construction Européenne et quels sont, selon vous, les chantiers qui restent à lancer ?

L’économie française souffre avant tout d’un manque de productivité et de qualité vis-à-vis de ses voisins Européens et le raisonnement qui attribue ce déficit à l’Europe est pour moi un raisonnement simpliste. Nous ne pourrons être crédibles vis-à-vis de nos partenaires Européens que si nous sommes capables de prendre le taureau par les cornes et faire face à nos problèmes.

La fiscalité et son corollaire la fraude fiscale constituent des sujets sur lesquels il faut légiférer d’urgence. Il est inconcevable selon moi que des entreprises qui génèrent du Chiffre d’Affaires dans un pays profitent de failles juridiques pour ne rien payer de leur dû fiscal dans un autre pays Européen. De la même façon, l’Europe doit agir sans trembler sur les fraudes fiscales pour une simple question de justice et d’égalité devant la loi. Politiquement des sujets comme ceux-là pourraient justifier une confrontation et la mise en place d’un rapport de force au sein de la communauté Européenne.

Q: Quelle est, selon vous, la politique économique qu’il faut mettre en place afin de garantir la réussite du prochain quinquennat ?

Pour moi, une politique économique « libérale » sur le plan économique est le facteur clés de succès du prochain quinquennat. Cela permettra à ceux qui ont en les capacités d’être libre d’entreprendre. Mais en contrepartie il ne faut pas oublier qu’on a 6 million de chômeurs et 9 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté dont les conditions sociales et économiques ne peuvent qu’empirer si on ne fait rien. Un équilibre entre l’état providence et une politique libérale doit être trouvé. Il faut garder à l’esprit que la France est la 5ème puissance économique mondiale. Notre pays se doit d’offrir des garanties de vie décente à ses citoyens y compris les moins privilégiés d’entre eux. Cela passe par l’accès au logement et la lutte contre la malnutrition. La question du handicap reste un sujet majeur à mes yeux. Il faut que l’État soit capable d’accompagner les 12 millions de Français souffrant d’un handicap afin de garantir des conditions de vie dignes à cette catégorie de la population.

Q: Merci beaucoup de vos réponses.

L’interview a été conduite par M. Ismail HAJJI, membre de la rédaction



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