Ismail HAJJIIsmail HAJJIApril 12, 2017
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Thomas Péran est professeur associé à la Paris School of Business, il est aussi chargé d’enseignement en finance à Sciences Po Bordeaux. Il est auteur du classique Gestion de la banque aux Editions Dunod. Et c’est par sa qualité d’expert et acteur du monde économique que nous avons décidé de l’interviewer et d’avoir son avis sur l’offre économique de la présidentielle.

Les finances publiques sont parmi les sujets majeurs de cette campagne. Quelles sont selon vous les solutions les plus pragmatiques pour traiter cette problématique ?

Effectivement, cette campagne présidentielle présente des traits caractéristiques bien particuliers. Elle ne procède plus du schéma traditionnel de la Ve République basé sur la survalorisation des clivages : partis de gouvernement/partis d’opposition et partis de gauche/partis de droite… Les postures politiques sont aujourd’hui avant tout thématiques. Et cela constitue la vraie bonne nouvelle de cette campagne. Par exemple, Emmanuel Macron est particulièrement représentatif de cette tendance récente. Outre son affirmation « ni de gauche, ni de droite », c’est sa volonté d’incarner le « Monsieur économie » qui est marquante.

Bien entendu, la campagne apporte aussi son lot de mauvaises nouvelles. Jamais les affaires judiciaires des candidats n’avaient autant pris de place dans une campagne (en nombre, heureusement pas en intensité, car sur ce dernier point, le début du XXe siècle reste champion). Et c’est ici, parmi les mauvaises nouvelles, qu’il faut évoquer les finances publiques de l’Etat. Leur niveau et le peu d’égards des politiques sur ce point sont affligeants. Puisque vous m’interrogez sur les solutions à apporter, la réponse est simple : la vocation universelle au changement de la doxa politique majoritaire est déplacée. Nous possédons déjà tous les outils nécessaires à une gestion saine des finances publiques : rapports parlementaires et de la Cour des comptes, benchmarks, audits, calculs des coûts et ratios… Nous n’avons jamais autant quantifié, et pourtant, le monde n’a jamais moins su où il allait. L’instabilité des programmes politiques mis en place depuis le premier recours en 2002 au quinquennat présidentiel y est pour beaucoup. Les déformations résultant de l’utilisation présidentielle de notre régime, pourtant constitutionnellement parlementaire, sont aussi responsables de l’état des finances publiques.

Juste un rappel : le Pacte de stabilité et de croissance est un outil simple qui préconise un cantonnement à 3% de déficit public excessif et à un taux d’endettement au regard du PIB de 60%. Or, nous sommes aujourd’hui respectivement à 3,4% et 96%. C’est ahurissant ! Diminuer les dépenses est sur le papier d’une simplicité enfantine. C’est le faire durablement et de manière cohérente qui est compliqué.

Le chômage n’a jamais été aussi haut en France. Le monde de l’entreprise est accusé de tous les torts. Quels sont selon vous les solutions à apporter pour changer cet état d’esprit en termes de philosophie et de politique d’investissement au sein des entreprises ?

Là encore, la radicalisation de la vocation au changement n’est pas à encourager. La France est un Etat plus interventionniste que libéral. C’est un fait historique, qui au final appelle à peu de commentaires. Il faut faire avec, et surtout bien intégrer cette composante dans l’action politique. Dans un Etat dont la Constitution sociale et politique est fondamentalement interventionniste et « droit-de-l’hommiste », la masse budgétaire est logiquement importante et le taux d’endettement plus difficile à contenir. Deux mesures semblent intéressantes à poursuivre pour améliorer la politique de l’emploi.

Premièrement, l’instauration d’un contrat de travail unique plus simple et plus adaptable semble, selon les études économétriques sérieuses, une piste crédible. Certains y voient l’émanation d’un régime puissamment néolibéral, mais il n’en est rien. Les Français recherchent l’égalité, valeur constitutionnelle fortement affirmée (préambule et article 1 de la Constitution de 1958, entre autres), et cette mesure semble à même d’y répondre. Vous évoquez le volet « philosophique » de la politique de l’emploi et de l’investissement, et bien c’est exactement de cela qu’il s’agit avec ce type de contrat : de philosophie égalitaire du travail et de fin d’une économie du travail clivante.

Deuxièmement, dans une optique de permanence de l’action politique, à privilégier par rapport à la permanence des institutions et des places gardées qui au final importe peu, le retour au Plan pourrait être à recommander. Il ne faut pas y voir un retour au dogmatisme du XXe siècle, mais bien plus une mesure de cohérence dans le temps en matière de dépense publique et d’investissement. C’est bien connu (bien oublié aussi), la prise en compte du facteur temps dans l’application et le succès des programmes économiques est primordiale. Nous avons érigé en tendance managériale de fond, tant dans la sphère publique que dans la sphère privée, le fonctionnement en « mode projet ». Mais cela n’aboutit pas toujours à la cohérence. Les économies nouvelles (le concept d’émergence est inapproprié), notamment les pays du Golfe et asiatiques, dont l’Europe envie les chiffres de croissance, mettent aujourd’hui en place avec intelligence, à l’instar de ce que nous faisions quelques dizaines d’années en arrière, des plans stratégiques pluriannuels. La pluriannualité et les lois de programmes sont bien des composantes de nos finances publiques (voir la Loi organique relative aux lois de finances du 1er août 2001), mais l’instabilité des politiques ne permet pas de leur donner pleinement effet.

Pour certains candidats l’Europe et l’Euro sont accusés de tous les maux. Quelle est votre opinion vis-à-vis de la construction Européenne et quels sont, selon vous, les chantiers qui restent à pourvoir ?

Il est vrai que les pays membres de l’Union européenne n’affichent pas les mêmes fondamentaux économiques. Par exemple, pour que la zone euro soit équilibrée les experts préconisent que la balance des comptes courants des Etats ne dépasse pas 6% du PIB. La France se situe aujourd’hui à -0,5% alors que les pays nordiques se rapprochent de 10%. Difficile alors de mener une politique économique unique (c’est pourtant bien le but de l’Union européenne). L’observation et l’imitation des Etats fédéraux paraît ici essentielle pour mieux comprendre la manière dont nous pourrions relever le défi de l’hétérogénéité. Rappelons que l’Europe n’est juridiquement pas une Fédération puisqu’elle ne possède pas de Constitution qui se superposerait aux Constitutions nationales (c’est le criterium de la Fédération).

Mais il paraît primordial d’affirmer que, dans le cas de la France qui présente une dette publique de 2147 milliards (j’emprunte les chiffres de mon collègue et brillant économiste Jean-Paul Betbeze), ce sont les fondamentaux de l’économie nationale qui sont responsables de l’impasse. La réflexion doit aussi se mener en interne, et pas seulement au sein de l’Union européenne. L’Europe est une chance et une force, il ne faut pas renier ce que nos prédécesseurs créent depuis les années 1920. A cet égard, l’approbation par vote du cadre du Brexit le 5 avril 2017 et une démonstration de tout l’attrait et de la place fondamentale de l’Europe. En suspendant la mise en place de la relation commerciale du Royaume-Uni avec l’Union à son retrait définitif, la volonté de préserver l’euro est clairement mise en avant.

Enfin, pour accroitre la performance des politiques économiques de l’Union européenne, la concentration des efforts sur les entreprises doit être accrue. Cette exigence est bien comprise par les institutions européennes (voir par exemple le mémo 11/879 de la Commission européenne). Agir sur les taux comme le fait la Banque centrale européenne sans bâtir le cadre réglementaire facilitant l’accession au crédit et au financement pour les PME est illusoire. La Directive AIFM 2011/61/UE du Parlement européen et du Conseil, tout comme le Règlement UE 345/2013 du Parlement européen et du Conseil ont efficacement montré la voie. Il faut désormais aller plus loin.

Quelle est, selon vous, la politique économique qu’il faut mettre en place afin de garantir la réussite du prochain quinquennat ?

Sur un plan strictement économique, la marge de manœuvre est extrêmement limitée en matière de dépense publique, tout comme la redéfinition de la balance commerciale au sein du marché unique. C’est sur l’innovation et la défiscalisation des secteurs privilégiés qu’il va falloir jouer. L’industrie française est, pour un temps encore, puissante. Elle est totalement en mesure de remporter des appels d’offres dans le cadre de projets européens et mondiaux d’envergure. L’impact de ces grands marchés publics et privés est à la fois stratégique et réputationnel. La grandeur de la France aux siècles derniers était fortement corrélée à l’ampleur de son industrie. C’est pour cela que l’on a parlé de révolution industrielle. En matière de production d’énergie, de construction d’infrastructures de transport ou encore d’innovations technologiques, la France peut encore apporter au Monde et le prochain Président doit en être le principal commercial. Doter fortement les Pôles de compétitivité comme Finance Innovation, à la tête duquel Joëlle Durieux accomplit un travail gigantesque est pour moi « le » levier d’action pour le prochain quinquennat. La santé fiancière et le rôle de modèle joué par les FinTech françaises en sont le plus bel indice.

Merci, Monsieur, d’avoir répondu à nos questions


Ismail HAJJIIsmail HAJJIApril 11, 2017
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Fondateur d’Haussmann Venture, Julien Zerbib a débuté sa carrière dans la structuration de Produits chez OFI Asset Management.  Il rejoint ensuite UBS pour 5 ans à Paris puis à Monaco en tant que Gérant de Portefeuille et responsable du département Produits Structurés.  Julien Zerbib est double diplômé du Magistere Finance de l’Université de la Sorbonne et d’un MBA en Gestion d’Actifs. Sa société, Haussmann Venture, est une banque d’affaires parisienne. Créée en 2015 par d’anciens cadres de la gestion de fortune et de l’ingénierie financière, Haussmann Venture accompagne entrepreneurs, dirigeants, actionnaires, fonds d’investissement et groupes industriels dans toutes les étapes de la croissance de leur entreprise et leurs enjeux patrimoniaux. Ses compétences sont la gestion privée, Le Family Office, le Private Equity, La Fusion Acquisition et le LBO. De par son expérience et sa connaissance, il a décidé de répondre à nos questions:

Q: Les finances publiques sont parmi les sujets majeurs de cette campagne. Quelles sont selon vous les solutions les plus pragmatiques pour traiter cette problématique ?

Par définition, améliorer l’état des finances publiques consiste pour un état, à augmenter ses recettes (ou les garder stables) tout en diminuant ses dépenses. Historiquement, cela s’est fait par une hausse drastique des recettes fiscales, et notamment de l’impôt sur le revenu – sans assister à une baisse des dépenses. Les français en ont marre de payer davantage d’impôts chaque année, et on assiste à une fuite des richesses de notre pays vers des pays à fiscalité avantageuse.

Pour améliorer l’état des comptes publics, le prochain Président de la République devra engager un plan concret de réduction des dépenses : réduction du nombre de fonctionnaires, contrôle renforcé des bénéficiaires d’aides sociales, et surtout repenser complètement le modèle de notre sécurité sociale, qui présente un gouffre financier pour l’État chaque année.

Q: Le chômage n’a jamais été aussi haut en France. Le monde de l’entreprise est accusé de tous les torts. Quels sont selon vous les solutions à apporter pour changer cet état d’esprit en terme de philosophie et de politique d’investissement au sein des entreprises ?

En tant que créateur et gérant de ma propre entreprise, je m’aperçois qu’il est impossible d’embaucher, et donc naturellement de créer de l’emploi. En effet, embaucher un salarié sur une base de 100 net d’impôts représente un coût de 180 pour l’entreprise (après application des différentes charges & cotisations sociales) . (source : https://entreprise.pole-emploi.fr/cout-salarie/)Quasiment le double ! Dans ces conditions, comment pouvez-vous embaucher ? Il faut réduire considérablement ces coûts.

Au niveau des investissements PME, de bonnes choses ont été faites par le passé avec les dispositifs MADELIN & TEPA qui permettent à des investisseurs souhaitant investir dans l’économie réelle de réduire une partie de leurs impôts. Il faut continuer sur cette voie et proposer de nouveaux dispositifs pour encourager la dynamique.

Au niveau de l’emploi aussi, le statut de JEI (Jeune Entreprise Innovante) permet à certaines entreprises de profiter d’aides à l’embauche. Mais tout le monde n’a pas le statut de JEI… Il faudrait créer un dispositif généralisé permettant aux entreprises de moins de 5 ans de bénéficier de réductions à la fois de charges et de cotisations pour les encourager à embaucher !

Q: Pour certains candidats l’Europe et l’Euro sont accusés de tous les maux. Quelle est votre opinion vis-à-vis de la construction Européenne et quels sont, selon vous, les chantiers qui restent à pourvoir ?

Il n’y a pas de doute, l’Europe & l’Euro restent une chance pour la France mais il faut savoir en tirer profit. Il faudrait renforcer la cohésion européenne sur les sujets de défense et de sécurité intérieure. Le chantier de la transition énergétique, et du numérique sont à pourvoir à l’échelle européenne. Tous les états doivent impérativement réunir leurs forces pour répondre à ces défis.

Q: Quelle est, selon vous, la politique économique qu’il faut mettre en place afin de garantir la réussite du prochain quinquennat ?

Demandez le à Emmanuel Macron.

Q: Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions.

Interview conduite par Ismail HAJJI membre de la rédaction


Ismail HAJJIIsmail HAJJIApril 10, 2017
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Alain Pitous est Directeur Général de Talence Gestion, une société de gestion indépendante, agréée par l’AMF. M. Pitous a travaillé dans le secteur de la gestion d’actif depuis 1986. Diplômé de l’EDHEC, il a commencé sa carrière dans une société de bourse à Lille.  Il a ensuite rejoint la Société Générale en tant que gérant de portefeuille obligataire. Par la suite, il a managé des équipes de gestions diversifiées, puis actions et taux jusqu’en 2009.  À ce moment-là il a activement participé à la création d’Amundi (Groupe Crédit Agricole) entité regroupant les activités de gestion de la Société Général et du Crédit Agricole.  Membre du Comité exécutif d’Amundi jusqu’en 2014, il a rejoint une aventure entrepreneuriale en intégrant Talence Gestion en tant que Directeur Général.  Talence Gestion, société de gestion entièrement indépendante, a deux métiers, la gestion de fonds essentiellement « actions » et la gestion sous mandat pour clients privés. Et c’est en sa qualité d’expert et de par son expérience que nous avons décidé d’avoir son avis sur l’offre économique pour l’élection à la Magistrature suprême.

Q: Les finances publiques sont parmi les sujets majeurs de cette campagne. Quelles sont selon vous les solutions les plus pragmatiques pour traiter cette problématique ?

À partir du constat actuel et sous réserve de bouleversement majeur du champ politique, aucune solution type « choc » n’est possible ; personne n’a de majorité pour de telles mesures. C’est pour cela que la seule solution valable est de fixer un cap, et de réduire progressivement la pente de progression de la dépense publique.

Exemple : fixer une hausse de la dépense publique inférieure à la croissance de 0.5%.

Q: Le chômage n’a jamais été aussi haut en France. Le monde de l’entreprise est accusé de tous les torts. Quels sont selon vous les solutions à apporter pour changer cet état d’esprit en termes de philosophie et de politique d’investissement au sein des entreprises ?

Là aussi on peut toujours espérer le grand soir mais cela reste illusoire. Les emplois aidés et les mesures de ce genre ne fonctionnent pas. Ce qu’il faut faire c’est agir massivement sur la formation parce que cela relève de l’urgence si on veut maintenir une paix sociale et remettre les chômeurs en situation d’emploi pérenne. En regroupant sous une seule autorité les budgets actuels qui sont alloués à la formation professionnelle, on pourrait peut-être faciliter une réinsertion des chômeurs longue durée et des jeunes sans diplôme dans le marché du travail. Ce sont ces catégories socio-professionnelles qui posent problème et qui courent des risques d’exclusion sans retour. D’autres mesures simples et qui ne coûtent pas trop à l’État sont envisageables sur les petites structures de moins 50 salariés. Ce qui encouragerait les chefs d’entreprises à la création d’emplois.

Par ailleurs il faut aussi agir en amont sur l’éducation. On a 150 000 jeunes qui sortent de l’école sans diplôme tous les ans soit 1.5 Millions de personnes sur les 10 dernières années. Pour y remédier il faut encourager l’apprentissage qui est également une manière de faciliter l’intégration des jeunes dans le monde du travail.

Et pour conclure, je pense que les 35 h sont une mesure handicapante pour la productivité de notre économie et la supprimer est selon moi une nécessité.

Q: Pour certains candidats l’Europe et l’Euro sont accusés de tous les maux. Quelle est votre opinion vis-à-vis de la construction Européenne et quels sont, selon vous, les chantiers qui restent à lancer ?

L’économie française souffre avant tout d’un manque de productivité et de qualité vis-à-vis de ses voisins Européens et le raisonnement qui attribue ce déficit à l’Europe est pour moi un raisonnement simpliste. Nous ne pourrons être crédibles vis-à-vis de nos partenaires Européens que si nous sommes capables de prendre le taureau par les cornes et faire face à nos problèmes.

La fiscalité et son corollaire la fraude fiscale constituent des sujets sur lesquels il faut légiférer d’urgence. Il est inconcevable selon moi que des entreprises qui génèrent du Chiffre d’Affaires dans un pays profitent de failles juridiques pour ne rien payer de leur dû fiscal dans un autre pays Européen. De la même façon, l’Europe doit agir sans trembler sur les fraudes fiscales pour une simple question de justice et d’égalité devant la loi. Politiquement des sujets comme ceux-là pourraient justifier une confrontation et la mise en place d’un rapport de force au sein de la communauté Européenne.

Q: Quelle est, selon vous, la politique économique qu’il faut mettre en place afin de garantir la réussite du prochain quinquennat ?

Pour moi, une politique économique « libérale » sur le plan économique est le facteur clés de succès du prochain quinquennat. Cela permettra à ceux qui ont en les capacités d’être libre d’entreprendre. Mais en contrepartie il ne faut pas oublier qu’on a 6 million de chômeurs et 9 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté dont les conditions sociales et économiques ne peuvent qu’empirer si on ne fait rien. Un équilibre entre l’état providence et une politique libérale doit être trouvé. Il faut garder à l’esprit que la France est la 5ème puissance économique mondiale. Notre pays se doit d’offrir des garanties de vie décente à ses citoyens y compris les moins privilégiés d’entre eux. Cela passe par l’accès au logement et la lutte contre la malnutrition. La question du handicap reste un sujet majeur à mes yeux. Il faut que l’État soit capable d’accompagner les 12 millions de Français souffrant d’un handicap afin de garantir des conditions de vie dignes à cette catégorie de la population.

Q: Merci beaucoup de vos réponses.

L’interview a été conduite par M. Ismail HAJJI, membre de la rédaction


Bernd Oliver BUEHLERBernd Oliver BUEHLERNovember 27, 2014
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Prof. Dr. Dengel ist einer der führenden internationalen Wissenschaftler für Künstliche Intelligenz. Er ist Mitglied der Unternehmensleitung und Wissenschaftlicher Direktor am Deutschen Forschungszentrum für Künstliche Intelligenz (DFKI) in Kaiserslautern. Dort leitet er auch den Forschungsbereich Knowledge Management. Seit 1993 ist er Professor für Informatik an der Technischen Universität Kaiserslautern und Leiter der AG Wissensbasierte Systeme. Seit 2009 ist er auch Professor (Prof. h.c.) am Dept. of Computer Science and Intelligent Systems der Graduate School of Engineering an der Osaka Prefecture University. Von 1980 bis 1986 studierte Herr Prof. Dengel Informatik und Wirtschaftswissenschaften an der Universität Kaiserslautern. Danach arbeitete er im Siemens Forschungslabor in München und an der Universität Stuttgart wo er seine Promotion 1989 abgeschlossen hat. 1991 hatte er einen Gastwissenschaftleraufenthalt bei bei Xerox Parc in Palo Alto.

Herr Dengel ist Mitglied in diversen Advisory Boards, u.a. am Computer Vision Center (CVC) der University of Barcelona, am Center of Excellence on Semantic Technologies des MIMOS in Kuala Lumpur, am Center for Co-Evolutional Social Systems an der Kyushu University und bei der Intl. Conference on Document Analysis and Recognition (ICDAR). Im Jahre 2008 hat Herr Dengel an der Osaka Prefecture University das Institut for Document Analyis and Knowledge Science (IDAKS) mitgegründet. Darüber hinaus arbeitet er regelmäßig als Sachverständiger, u.a. für den Wissenschaftsrat der Bundesregierung und internationale wissenschaftliche Organisationen, wie z.B. den Research Council of Norway, die Dutch Science Foundation oder die Austrian Science Foundation.

In den letzten Jahren hat Herr Dengel einige wichtigen Funktionen wahrgenommen. So war er u.a. Mitglied der Arbeitsgruppe “Service- und verbraucherfreundliche IT” zur Beratung der Bundesregierung in Fragen der Informationstechnologie (IT-Gipfel), deutscher Vertreter in der ICT Prize Executive Jury des European Council for Applied Science (Euro-CASE), Lecturer des Joint Executive MBA-Studiengangs der Johannes-Gutenberg-Universität in Mainz, der University of Texas in Austin und der Dongbei University of Finance and Economics in Dalian, China und Mitglied im METTREC Planning Committee (Metadata/Text Retrieval Conference Committee) des National Institute for Standards and Technology (NIST) der USA. Neben einer Großzahl an Keynotes auf internationalen Tagungen und Konferenzen hielt Prof. Dengel eingeladene technische Vorträge an zahlreichen renommierten Universitäten und Forschungseinrichtungen. Dazu gehören das MIT, die Stanford University, PARC, UC Berkeley, UC Davis, CMU, ATR, MSR, Chinese Academy of Science und Google Research.

Er ist Gründer bzw. Initiator einiger erfolgreicher Start-Up Unternehmen, u.a. gründete der die Insiders Technologies und führte diese als Geschäftsführer zwischen 1999 und 2001. 2005 wurde ihm für eines seiner Gründerkonzepte der Preis „ Pioniergeist 2005“ verliehen. Andreas Dengel hat 11 Bücher verfasst bzw. herausgegeben und ist Autor von mehr als 240 international begutachteten und publizierten wissenschaftlichen Papieren, von denen einige einen Best-Paper Award erhalten haben. Darüber hinaus hat er mehr als 160 Doktor-, Diplom- und Masterarbeiten betreut.

Frage: Herr Prof. Dengel, was sind die Schwerpunkte Ihrer Forschung?

Das DFKI ist mittlerweile sehr groß und hat damit viele Schwerpunkte. Allgemein könnte man unsere Tätigkeit sicherlich unter dem Oberbegriff „Wissensbasierte Assistenzsysteme“ zusammenfassen, also einer synergetischen Partnerschaft von Mensch und Maschine, im Rahmen derer Maschinen diejenigen Aufgaben übernehmen, die sie besser, schneller oder kostengünstiger durchführen können als der Mensch. Das betrifft beispielsweise die Suche, Klassifikation, Filterung und Visualisierung großer Datenmengen, die automatische Erkennung von Kontext, also Ort, Zeit, Rolle, Interesse, Aufgabe, usw., um zielgerichteter helfen zu können, oder die multi-mediale Unterstützung des Menschen beim Erlernen von Fertigkeiten und Fähigkeiten. Es ist dabei wichtig, die Rolle der Maschine im Sinne eines antizipierenden Informationsbutlers zu verstehen, dass also die Rolle des Entscheiders nach wie vor beim Menschen liegt.

Frage: Bei Schachspielen bringen Maschinen inzwischen Schachweltmeister in wahre Bedrängnis, ja schlagen diese sogar immer wieder. Ist Rechenkapazität „Intelligenz“?

Man kann einem Computer ein gewisses Verhalten zubilligen, das intelligente Züge aufweist und das, mit dem Wachsen von Rechenkapazität und Datenmengen, immer stärker in unseren Alltag wirkt. Aber Intelligenz ist mehr als Prozessorleistung, was sich letztlich in den vielfältigen Facetten unseres Tuns wiederspiegelt, das weit über eindimensionale Zielverfolgung ohne Reflektion hinausgeht, also im Schach beispielsweise ohne das Bewusstsein, besser zu sein als der weltbeste Mensch.

Frage: Wie definieren Sie also „Intelligenz“?

Für Intelligenz gibt es keine anerkannte Definition. Je nach Forschungsdisziplin gibt es unterschiedliche Untersuchungsgegenstände und Interpretationen. Intelligenz umfasst aber sicherlich die kognitive Leistungsfähigkeit des Menschen, die in unterschiedlicher Ausprägung in unserem individuellen Verhalten erkennbar ist, also etwa, dass wir unsere Umwelt verstehen, sie sozusagen mit den mentalen Modellen unseres Gedächtnisses kurzschließen und daraus resultierend in Aktion umsetzen können, mit dem Ergebnis, dass wir unsere Fähigkeiten und Fertigkeiten erweitern und dazu lernen. Diese betreffen sprachlich-kommunikative, technisch-motorische oder aber optisch und akustisch wahrnehmende Kompetenzen genauso wie rechnerische oder ganz wichtig auch soziale.

Frage: Kann also „Künstliche Intelligenz“ durch die Steigerung von Rechenleistung mittelfristig erreicht werden? Oder ist dies eine Einbahnstrasse?

Es gibt Forscher, die davon ausgehen, dass vernetzte Rechenleistung in der Cloud, ist sie nur mächtig genug, ein Schlüssel dafür ist, damit Intelligenz und Denken von selbst entsteht. Dabei wird oft argumentiert, dass diese Form der Intelligenz nach evolutionären Maßstäben nicht mit der biologischen vergleichbar sein muss. Diese Argumentation lässt jedoch viele Fragen offen, denn Intelligenz macht sich, wie jüngste Experimente bei Tieren zeigen, nicht unbedingt an der Größe bzw. Menge der informationsverarbeitenden Einheiten fest.

Trotzdem lässt sich behaupten, dass die Verfügbarkeit von sehr viel Rechenleistung zu einer Art intellektueller Leistungsverstärkung führt, die in immer umfangreicher verteilt zur Verfügung stehenden und sich dynamisch verändernden Daten selbstständig Zusammenhänge und Anomalien entdecken oder Vorhersagen machen kann. Darin sind Maschinen bereits heute dem Menschen überlegen und stellen damit eine komplementierende „Künstliche Intelligenz“ dar, die aber mit perspektivischem subjektiven Denken nicht nichts gemeinsam hat.

Frage: Ist „Kreativität“ für Maschinen „erlernbar“ oder nur „kopierbar“?

Kreativität entsteht über das kognitive Abwägen von bewusstem Handeln in Verbindung mit spontanen und geplanten Zielen. Wie Kreativität zustande kommt, bzw. wie wir diese in ihren vielfältigen Ausprägungen gezielt messen können, wissen wir nicht. Daher können wir auch kein technisches System entwickeln, das spontan kreativ handelt. Dies schließt jedoch nicht aus, dass Maschinen kreatives Verhalten zeigen, denn durch die Anwendung von Algorithmen, z.B. auf große Datenmengen entstehen Erkenntnisse, die man ohne entsprechende Rahmenbedingungen nicht gefunden hätte.

Frage: In Science Fiktion-Filmen wie „I Robot“ oder „2001: Odysee im Weltraum“ werden Maschinen präsentiert, die so intelligent sind, dass sie sich über die drei Gesetze der Robotik (1: Ein Roboter darf einem Menschen weder Schaden zufügen noch durch Untätigkeit zulassen, daß ein Mensch zu Schaden kommt. 2: Ein Roboter muß den Befehlen der Menschen gehorchen, außer solchen Befehlen, die ihn in Konflikt mit dem ersten Gesetz bringen. 3:Ein Roboter muß seine Existenz verteidigen, solange er dabei nicht in Konflikt mit dem ersten und zweiten Gesetz gerät) von Isaac Asimov hinwegsetzen. Ist diese Angst berechtigt?

Es gibt heute Robotersysteme, die mit „Augen, Mund und Ohren!“ im technischen Sinne agieren und bedingt selbstständig Entscheidungen treffen, wie man am Beispiel von Robocup, also fußball-spielenden Roboterteams, sehen kann. Wahrnehmung, Handeln und insbesondere die daraus resultierenden Konsequenzen umfassend zu reflektieren und auf Asimov’schen Gesetze abzubilden ist für technische Systeme nicht möglich. Dies erfordert ganzheitliches Denken.

Frage: Gleichzeitig ist es aber so, dass die Rüstungsindustrie mehr denn je auf „intelligente“ Maschinen setzt, respektive die Erforschung vorantreibt.

Das ist richtig, denn Maschinen sind uns heute in vielen Bereichen bereits überlegen. Dies ist nicht nur in der Rüstungsindustrie gegeben, auch Technologien, die wir alltäglich nutzen, wie z.B. Google, setzen immer mehr auf wissensbasierte Ansätze. Nehmen Sie beispielsweise Watson, ein System von IBM, das in der amerikanischen Wissensshow Jeopardy die besten menschlichen Spieler der Show geschlagen hat. Hier wurden verschiedene KI-technologien kombiniert, um auf spontane Fragen große Textmengen nach Antworten zu durchsuchen. Watson hat das Duell zwar gewonnen, aber das System „wusste“ nicht was oder wozu es antwortet, noch konnte es sich über seinen Sieg freuen.

Frage: Werden Maschinen irgendwann den Menschen ersetzen?

Das tun sie bereits heute in eingeschränkten Bereichen: Sie fahren selbstständig Auto, sie fliegen Flugzeuge, spielen mit uns Schach, und es wird immer mehr Tätigkeiten geben, die intellektuelle Fähigkeiten betreffen, in denen wir mit Maschinen in sozio-technischer Kollaboration zusammenwirken. Menschsein bedeutet jedoch Vielfalt, Bewusstsein, Emotionalität, Glauben, Meinung, Ethik, alles Aspekte, die unsere Individualität prägen, die im Miteinander entstehen und Evolution genauso prägen wie Fortschritt und Innovation. Maschinen fehlen diese Fähigkeiten, ihre Wahrnehmung und ihr Handeln ist lediglich rational begründet.

Frage: Die Chipleistung steigt kontinuierlich an. Wann werden wir künstliche Intelligenzen im Alltag haben.

KI ist bereits alltäglich. Stellen Sie sich vor Sie hätten vor 25 Jahren zu Jemandem gesagt, dass Sie ein System hätten, dem Sie eine Adresse zurufen können und es Ihnen binnen Sekunden, die schnellste Route dorthin nicht nur berechnet, sondern Sie auch noch auf der Fahrstrecke zum Zielort auf die jeweiligen Abzweigungen und Ausfahrten mündlich aufmerksam macht. Für damalige Verhältnisse „magisch“!? Für uns heute ist dies eine Selbstverständlichkeit, da wir es durch seine Allgegenwärtigkeit verstehen bzw. zumindest als Technik akzeptieren. Ähnlich verhält es sich mit anderen KI-Technologien, die ich in Beispielen bereits genannt habe.

Frage: Wenn Computer Bewusstsein entwickeln, stellt sich dann nicht irgendwann auch die Frage nach Persönlichkeitsrechten für diese Bewusstsein?

Es gibt Menschen, die behaupten, dass Computer oder Maschinen ein Bewusstsein entwickeln können, also mentale Zustände erleben, sich selbst und ihre Umgebung empfinden. Wir wissen heute nicht was dieses „Selbstbewusstsein“ bei uns Menschen genau ausmacht bzw. wie wir es fassen können, Entsprechend sollte man nicht annehmen, dass wenn Computer Gefühle simulieren, auch solche haben. Wir sind weit davon entfernt, Bewusstsein, Gewissen oder erlebte Verantwortung auf eine Maschine zu übertragen.

Frage: „Ich denke, also bin ich“, bleibt also weiterhin das Privileg des Menschen?

Davon sollten wir auf absehbare Zeit ausgehen.

Frage: Sind die Ängste vor der Macht der Maschinen also unbegründet? Oder handelt es sich am Ende des Tages um die Angst des Menschen vor sich selbst, respektive seiner Schöpfung?

Die Macht der Maschinen und die Abhängigkeit und Angreifbarkeit, in der wir uns individuell und kollektiv befinden, ist allgegenwärtig und nicht ohne Risiken. Maschinen begleiten uns, zeichnen dabei alle unsere Bewegungen, Handlungen und Begegnungen auf, sie garantieren und kontrollieren unsere täglichen Versorgung und bilden die Grundlage für Kommunikation und Zugang zu Information. Wir sind also bereits abhängig von Maschinen, denn würden sie umfassend ausfallen, etwa durch einen Hackerangriff auf das Stromnetz, wie in dem Thriller „Blackout“ eindrucksvoll dargelegt ist, so würde Energie- Wasser- und Nahrungsmittelversorgung genauso versagen, wie Kommunikations- und Verkehrsinfrastruktur.

Frage: Gibt es für Sie bei der Erforschung der KI eine „Büchse der Pandora“?

In unserem Grundgesetz ist verankert, dass die Menschenwürde unantastbar ist, und dies gilt es insbesondere auch im Zeitalter von Big Data und Cloud Computing. Diese Menschenwürde muss insbesondere in virtuellen Medien verteidigt werden, wo über die immer vielfältiger zur Verfügung stehenden personenbezogenen Daten große Angriffspotenziale bestehen. Der unkontrollierte Austausch und die finanzielle Bereicherung auf Grundlage von privaten Daten ist eine neue Form des „Menschenhandels“. Allgemeiner gesprochen ergibt sich die „Büchse der Pandora“ also im Schaffen von Systemen, die in ihrem Gesamtverhalten nicht mehr beherrschbar sind, was allerdings nicht KI-spezifisch ist. Grundsätzlich können viele Technologien missbraucht werden, dies gilt nicht nur für die KI.

Frage: Um es nochmals auf den Punkt zu bringen: dass es irgendwann einen „Geist“ in der Maschine gibt, ist also komplett ausschließbar?

Meine Aussagen und meine Einschätzung sind eine Momentaufnahme, für die ich sagen kann, dass es auf absehbare Zeit keine Maschine geben wird, die über einen eigenen „Geist“ verfügt. Aber, wenn wir im 19. Jahrhundert behauptet hätten, dass jemand auf dem Mond spazieren gehen kann, dann hätten wir Spott und Häme geerntet. Eine Beurteilung was uns der technologische Fortschritt in Zukunft bringen wird, ist schwierig. Daher kann man solche Entwicklungen nicht ausschließen, denn was den Geist, das Selbstbewusstsein und Intelligenz ausmacht hört nicht beim biologischen System des Menschen auf. Die biologische und technische Evolution lässt noch viele Überraschungen erwarten.

Frage: Die USA setzen auf die digitale Revolution, Japan auf die Robotik. Und worauf setzt Europa?

Ich denke, man kann die technische Entwicklung nicht diskret auf die Welt aufteilen. Digitalisierung und Automatisierung haben viele Gesichter und spiegeln sich in ihren individuellen Bedürfnissen in den diversen profil-gebenden Branchen und Marktsegmenten einer Volkswirtschaft wider. Auch Deutschland und die EU haben entsprechende Initiativen in denen sie führend sind. Ein Bereich, in dem Deutschland sicherlich Vorreiter ist, betrifft die nächste Generation der Automatisierungs- und Produktionstechnik. Der Begriff „Industrie 4.0“, der übrigens sehr stark von DFKI geprägt wurde, bringt das Internet in die Fabrik und vernetzt Materialien, Maschinen, Produkte so miteinander, dass wir sie im Kontext von Entwicklung, Produktion und Vertrieb „smart“ miteinander vernetzen und damit effektiver und effizienter produzieren aber gleichzeitig Ressourcen schonen. Viele US-amerikanische oder asiatische Organisationen versuchen auf diese Welle mit aufzuspringen.

Frage: Wie bewerten Sie das japanische Wirtschaftsmodell?

Nun, das ist sicherlich nicht mein Spezialfach, aber durch meine vielen Reisen und Gesprächen mit meinen japanischen Kollegen und Freunden habe ich natürlich einen gewissen Eindruck gewonnen. Japanische Autos, Elektronik, Maschinen, Bürogeräte oder Kameras prägen das internationale Bild von Japan als moderne Industrienation und bilden wichtige Grundpfeiler der japanischen Wirtschaft. Japan hat sich mit diesen Produkten in den letzten 40 Jahren zwar international orientiert und positioniert, hat es aber gleichzeitig versäumt diese Öffnung nach innen zu vollziehen. Das japanische Gesellschaftssystem basiert auf harter Arbeit, guter Ausbildung und kollektivem Zusammenhalt, aber ist nach wie vor sehr traditionell und wenig international geprägt. Um im Wettbewerb mit den Nachbarn China und Korea, aber auch weltweit bestehen zu können, muss sich der Globalisierungsgedanke nicht nur im Bereich des Exports, sondern auch gesellschaftlich verankern, indem man internationalen Einflüssen offener gegenüber steht. So wird beispielsweise die englische Sprache selbst unter Studenten in den High-Tech-Segmenten der Universitäten weit unterdurchschnittlich gesprochen, oder internationale Arbeitskräfte tun sich, selbst bei sehr guter Qualifikation, schwer eine Anstellung bei japanischen Unternehmen in Japan zu finden.

Frage: Jean-Jacques Servan-Schreiber sprach in den 60er Jahren von der japanischen Herausforderung. Was können wir von den Japanern lernen?

Das japanische System basiert auf Höflichkeit, Vertrauen, Verantwortung und Zuverlässigkeit. Individuelle Bedürfnisse werden zugunsten der kollektiven Disziplin zurück gestellt. Nicht immer scheint dies plausibel und angebracht, denn es unterbindet Emotionalität und kreative Entfaltung, aber in manchen Bereichen wäre ein Stück davon auch in unserer Gesellschaft wünschenswert.

Herzlichen Dank für das Gespräch


Bernd Oliver BUEHLERBernd Oliver BUEHLEROctober 21, 2014
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Interview mit Wolfram Henkel, Vorsitzender Richter am Hessischen Landesarbeitsgericht. Herr Henkel blickt auf eine über 37-jährige Erfahrung als Richter zurück. Nach dem Studium der Rechtswissenschaften und der Referendar­ausbildung war er bei den Landgerichten Limburg und Wiesbaden tätig und an das Hessische Ministerium der Justiz abgeordnet. Nach dem Wechsel in die Arbeitsgerichtsbarkeit arbeitete er an den Arbeits­gerichten Limburg, Offenbach, Frankfurt und Wiesbaden. Seit 2001 ist er Vorsitzender Richter am Hessi­schen Landesarbeitsgericht in Frankfurt am Main.

Verzeichnen Sie einen Wandel, wenn Sie an die Anfänge Ihrer Tätigkeit zurückdenken?

Ja, natürlich, in vielerlei Hinsicht. Die Arbeitsbedingungen waren anfangs deutlich schlechter. Die Justiz ist damals stiefmütterlich behandelt worden. Die Arbeitsräume sahen zum Teil deprimierend aus. Die Büro­ausstattung war dürftig. Man konnte damals noch nicht einmal ohne Vermittlung nach auswärts telefonie­ren. Das hat sich zum Glück geändert. Heute arbeiten wir selbstverständlich mit der EDV. Internet und E-Mail helfen sehr. Auch die richterliche Arbeitsweise hat sich geändert. Dank elektronischer Datenbanken und elektronisch zugänglicher Kommentarliteratur am Schreibtischbildschirm sind die mühsamen Recher­chen in der Bibliothek nur noch ab und zu nötig. Das macht die Arbeit effizienter und gründlicher. A­ndererseits leidet der Kontakt zu den Kollegen und der juristische Diskurs.

Arbeitsrechtliche Streitigkeiten sind sicherlich auch immer mit einer Prise Emotionalität verbunden. Gab es eine Entwicklung bei der Falllage, respektive bei den Gründen, die zu einem Treffen vor Gericht führen?

Von einer „Prise Emotionalität“ zu sprechen, ist in den meisten Fällen untertrieben. Es geht regelmäßig um starke Gefühle: Um Angst, um Wut, um Rache, um Enttäuschung. Dabei ändert sich der Charakter der Prozesse oft mit dem Schwanken der Konjunktur. Läuft sie gut, ist man sich im Streitfall schneller einig; läuft sie schlecht, wird verbissener gestritten.

Welchen guten Rat geben Sie Arbeitnehmern?

Das wichtigste ist der Erhalt und die Sicherung des Arbeitsplatzes. Dafür sind eine gute Ausbildung und eine permanente Fortbildung unerlässlich. Zu empfehlen ist auch eine offene Kommunikation mit dem Arbeitgeber und die klare Benennung der eigenen Interessen. Das gilt auch für den Betriebsrat. Wer „in­nerlich gekündigt hat“, liefert nicht nur schlechte Leistungen ab, sondern schadet auch sich selbst. Die daraus entstehenden rechtlichen Streitigkeiten haben den schalen Beigeschmack von Stellvertreter­kriegen. Sie müssten oft nicht sein, wenn es zuvor ein deutliches Wort gegeben hätte.

Und für Arbeitgeber?

Arbeitgeber sollten ihre Mitarbeiter als Ressourcen und nicht als Kostenfaktor verstehen. Viele Prozesse kommen zu Stande, weil sich Arbeitnehmer nicht gewertschätzt fühlen. Arbeitnehmer verstehen auch gut, wenn die Firma wirtschaftliche Schwierigkeiten hat. Man sollte ihre Bereitschaft zur Mithilfe und zur Ent­wicklung kreative Lösungen nicht unterschätzen. Wer bei leichtem wirtschaftlichem Gegenwind gleich zum Instrument der Massenentlassung greift, hat Chancen vertan.

Vor Gericht bekommt man ja nicht Recht, sondern eine Entscheidung. Wie sehen Sie die Beziehung zwischen Recht und Gerechtigkeit?

Jedes Gericht hat den Anspruch, nicht nur eine Entscheidung zu treffen, sondern „das Recht zuerkennen“. Die Justiz würfelt nicht!

Was Gerechtigkeit ist, hat sich in den letzten 2000 Jahren Rechtsgeschichte nicht abschließend klären lassen. Der Praktiker ist schon zufrieden, wenn seine Entscheidung mit Recht und Gesetz im Einklang steht. Dass damit dann auch Gerechtigkeit obwaltet, will man gerne hoffen.

Gab es für Sie schon Situationen wo Sie die Rechtslage im Widerspruch zur gefühlten Gerechtigkeit sahen?

Das viel zitierte Rechtsgefühl ist ein schwankender Halm im Wind der Erkenntnis. Je mehr Sach- und Rechtskenntnisse man hat, umso schwerer tut man sich damit. Häufig stehen auch persönliche Interessen dahinter. Das wissen Juristen am besten und haben deshalb damit nicht viel am Hut. In aller Regel liefert das geltende Recht selbst genug Instrumente, um Einzelfälle, die in bestimmter Weise regelungsbedürftig erscheinen, angemessen zu lösen.

Was zeichnet einen guten Richter aus?

Ich glaube, ein guter Richter ist der, der das Recht für die Menschen anwendet, die vor ihm stehen und die Menschen nicht nur zum Anlass nimmt, seine persönlichen rechtlichen Vorstellungen zu entfalten.

Bitte vervollständigen Sie folgenden Satz: “Das Bild der Justizia ist für mich…….”

……. immer noch das Bild einer starken und schönen Frau.

Ohne Ross und Reiter (oder das Aktenzeichen) zu benennen. Was war Ihr schönster Fall?

Wenn Menschen vor Gericht erscheinen, ist das nie „schön“. Ein skurriler Sachverhalt ist mir aber in Erin­nerung geblieben: Eine Arbeitnehmerin hatte einen Kollegen massiv sexuell bedrängt. Als dieser keine Neigung zeigte, ihren Wünschen zu folgen, sann sie auf Rache und behauptete gegenüber der Ehefrau des Mannes, er habe ein Verhältnis mit ihr angefangen. Dazu wurden sogar „Beweisstücke“ präsentiert. Zugleich beschwerte sie sich bei der Geschäftsleitung über die angeblichen sexuellen Belästigungen des Kollegen, der darauf im Betrieb und zuhause allergrößte Probleme bekam, bis nach einer vom Arbeit­geber in Auftrag gegebenen Laboruntersuchung der „Beweisstücke“ der Schwindel aufflog. Die Kündi­gung der Arbeitnehmerin war dann die berechtigte Folge.

Was war Ihr traurigster Fall?

Mein traurigster Fall war der einer promovierten Journalistin, die einem hochgradig kriminellen Liebhaber verfallen war, der die Töchter der Journalistin in sadistischer Weise quälte. Nach der Vergewaltigung einer Tochter sprang diese in Selbstmordabsicht aus dem Fenster im 5. Stock. Der Mann wurde zu einer viel­jährigen Freiheitsstrafe verurteilt. Der Journalisten wurde gekündigt. Noch im Kündigungsschutzprozess war sie von der Unschuld des bereits rechtskräftig verurteilten Liebhabers überzeugt. Einen Kündigungs­grund sah sie nicht. Der Fall war nicht nur menschlich tragisch, sondern auch rechtlich interessant, weil er dazu zwang, einmal mehr das Verhältnis von arbeitsvertraglicher Verpflichtung und privater Lebens­führung zu beleuchten.

Was war Ihr bemerkenswertester Fall?

Rechtlich bemerkenswert war z.B. ein Fall, in dem ein Haushandwerker durch eine Gedankenlosigkeit dafür sorgte, dass eine ganze Produktionslinie explodierte. Zum Glück wurde niemand verletzt. Der Scha­den war aber immens. Der volle Schadensersatz hätte den Handwerker bis zum Lebensende auf das Existenzminimum zurückgeworfen. Die Rechtsfragen um die mögliche Haftungsbegrenzung in solchen Fällen wird auch das Bundesarbeitsgericht nochmals beschäftigen.

Und damit sind wir auch am Ende unseres Interviews. Herzlichen Dank für das Gespräch und alles Gute für die Zukunft!


Bernd Oliver BUEHLERBernd Oliver BUEHLERApril 29, 2014
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Interview mit dem Vorstandsvorsitzenden der quirin bank AG, Karl Matthäus Schmidt

Herr Schmidt, als Gründer der quirin bank hatten Sie nur ein Ziel: dem Kunden nichts vormachen. Die Honorarberatung steht für Transparenz und Unabhängigkeit und gegen das Provisionsmodell herkömmlicher Banken. Hatten Sie jemals Zweifel an Ihrer Ursprungsidee?


Heinz LORSEHeinz LORSEJune 3, 2013
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Interview mit Patrick Schnieder, Generalsekretär der CDU Rheinland-Pfalz, MdB  zur Förderung von mittelständischen Unternehmen in der Eifel

Herr Schnieder, als direkt gewählter Abgeordneter in der Eifel stehen Sie in regelmäßigem Kontakt mit den Unternehmern vor Ort. Wo sehen Sie den stärksten Handlungsbedarf, damit die Unternehmer auch in Zukunft erfolgreich arbeiten können und was haben Sie bisher auf den Weg gebracht?

Schnieder: Bezogen auf unsere Region sehe ich großen Handlungsbedarf bei der Verkehrsinfrastruktur und hier insbesondere beim Straßenbau. Verkehrspolitik ist ein Kernbereich der Wirtschaftspolitik. In einer mobilen und arbeitsteiligen Gesellschaft sind wir auf funktionierende Verbindungen angewiesen. Das sind in unserer Region vor allem die Straßen. Herausragende Projekte in der Eifel sind sicherlich die Fortführung der A 60 durch den Hochmoselübergang, der sich im Bau befindet, und der Lückenschluss der A 1. Endlich hat die rheinland-pfälzische Landesregierung ihre Verzögerungstaktik und Blockadehaltung aufgegeben und will das Planfeststellungsverfahren einleiten. Wichtig wird jetzt sein, dass das Projekt im neuen Bundesverkehrswegeplan prioritär eingestuft wird. Die jüngsten Äußerungen des Grünen-Fraktionsvorsitzenden Köbler lassen darauf schließen, dass er den A 1-Lückenschluss gerne über den Bundestag noch scheitern lassen will. Es wird bei der Bundestagswahl also auch um Mehrheiten für dieses Projekt gehen.

Nicht vergessen dürfen wir die Bahnverbindungen in der Eifel. Seit Jahren fordern wir eine Attraktivitätssteigerung für die Eisenbahnverbindungen zwischen Trier und Köln. Ich habe deshalb bei Bundesverkehrsminister Ramsauer den durchgehend zweigleisigen Ausbau und die Elektrifizierung für den Bundesverkehrswegeplan angemeldet. Wenn wir jetzt nicht aktiv werden, passiert bis 2030 nichts mehr. Es geht um die Zukunftssicherung der Strecke, die äußerst wichtig für die Eifel ist! Das gilt für viele Pendler und ebenso für Touristen. Außerdem bietet sie den Anschluss an den Fernverkehr. Schnellere Verbindungen und engere Takte gehen nur über einen Ausbau.

Welche Infrastrukturprojekte sind für Sie darüber hinaus vorrangig?

Schnieder: Ganz oben auf der Prioritätenliste steht die flächendeckende Verfügbarkeit von schnellem Internet. Wir müssen beim Breitbandausbau noch viel stärker vorankommen. Die Verfügbarkeit von DSL ist für Unternehmer ein ganz wichtiger Standortfaktor. Eigentlich ist das für jeden Bürger ein unverzichtbares Element der Daseinsvorsorge. Deshalb müssen wir die Anstrengungen hier noch deutlich verstärken. Wir haben in Berlin schon einiges auf den Weg gebracht. Es ist aber notwendig, dass das Land Rheinland-Pfalz ebenfalls mehr Mittel in die Hand nimmt, damit in absehbarer Zeit eine flächendeckende Versorgung sichergestellt werden kann. Für mich persönlich liegt die Lösung darin, dass schnelles Internet als Universaldienst ausgestaltet wird. Ich glaube nicht, dass der Markt alleine hier schnell zum Ziel führt.

Wo sehen Sie weitere Schwerpunkte für eine unternehmerfreundliche Politik?

Schnieder: Hier ist zum Beispiel das weite Feld der Steuerpolitik zu nennen. Steuererhöhungen bei der Einkommensteuer wie auch die Einführung einer Vermögenssteuer halte ich für grundfalsch. Beide Maßnahmen würden vor den Mittelstand treffen und zum Abbau von Arbeitsplätzen führen. Weiteres wichtiges Thema bleibt der Bürokratieabbau. Hier habe ich von einigen heimischen Unternehmen wertvolle Anregungen bekommen, die ich an die Regierung weiterleiten konnte. Ich glaube, wir haben schon einiges erreicht: Durch den Normenkontrollrat, der neu im Bundeskanzleramt eingerichtet worden ist, konnten erhebliche Entlastungen umgesetzt werden. Zuletzt haben wir uns für eine Verkürzung der Aufbewahrungsfristen eingesetzt, die aber leider im Bundesrat gescheitert ist. Hier lohnt es sich aber am Ball zu bleiben. Ich halte es für wichtig, dass wir den Unternehmen wieder Freiräume zurückgeben und sie von zum Teil unnötigen Belastungen befreien. Bürokratieabbau ist für mich eine Daueraufgabe.

Kontaktdaten:

Patrick Schnieder
MdB, CDU
Platz der Republik 1
D-11011 Berlin

Tel.: +49 (0)30 / 227 – 71 884
Fax: +49 (0)30 / 227 – 76 240
Email: patrick.schnieder.ma12@bundestag.de
http://www.patrick-schnieder.de



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