Théau BERGAMELLIThéau BERGAMELLIJune 1, 2017
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A l’issue d’un quinquennat présidentiel dont les résultats économiques paraissent très mitigés, laissant la France avec un taux de chômage aux alentours de 10% et une faible croissance de 1,2% en 2015, nous sommes en droit de nous demander quelles peuvent en être les causes. En effet, si nous comparons les chiffres de la croissance et de l’emploi à ceux des économies voisines, comme l’Allemagne (1,7% de croissance ; 3,9% de chômage) ou le Royaume-Uni (2,3% de croissance ; 4,8% de chômage) qui ont quant à elles atteint le stade de plein emploi et une bonne reprise économique, un des facteurs que nous pourrions identifier expliquant une partie de ces écarts serait les différences de fiscalité entre ces trois pays.

En effet, le début du quinquennat de François Hollande a débuté par un choc fiscal d’une ampleur importante via les prélèvements obligatoires (IRPP, CSG, ISF, cotisations sociales..) sur les entreprises (+16 milliards) et les ménages (+32 milliards) entre 2012 et 2013. Pour atténuer cet effet sur les entreprises, l’année 2014 sera marquée par la mise en place d’une contre mesure, le CICE, ayant pour objectif de réduire le coût du travail. Cependant, les prélèvements sur les ménages ont continué par l’augmentation de la TVA passant à 20% et le taux intermédiaire à 10%, permettant de percevoir 15 milliards d’euros. Ce choc fiscal aurait fait perdre environ 0,8% de croissance par an à la France selon L’OCDE. La croissance de l’Allemagne était inférieure (0,3%) en 2013 à celle de la France (0,6%) mais l’année suivante en 2014, l’Allemagne se situait à 1,6% contre 0,3% pour la France démontrant l’aspect contre productif des politiques menées.

En effet, si nous partons d’un point de vue macroéconomique, la croissance de la France dépend principalement de la consommation des ménages et de l’investissement des entreprises or nous pouvons constater que, suite à ces politiques fiscales, le pouvoir d’achat des ménages entre 2011 et 2014 a baissé de 1330 euros par an, ce qui se traduit par une stagnation de la consommation.

Concernant les entreprises, des études menées par le FMI ont mis en avant le rôle négatif de l’impôt sur les sociétés puisqu’une augmentation fiscale de 1% réduit le PIB de 1,3% au bout de deux ans. La France est quant à elle dans une situation peu enviable concernant les charges fiscales pesant sur les entreprises puisque entre 2011 et 2015, celles-ci ont du supporter une contribution exceptionnelle qui est passée de 5% à 10,7%, pouvant porter le taux d’imposition de 33% à 37%. Les taux de marge ont baissé, impactant directement leurs capacités d’investissement qui, malgré la mise en place du CICE, restent atones. L’investissement conditionne une reprise économique avec théoriquement une réduction du taux de chômage qui a quant à lui suivi une évolution négative ( -1,9 % en 2012 et -1,8 % en 2013) expliquant en partie l’explosion et le maintien à 10% du taux de chômage. La France reste donc très largement derrière ses voisins européens qui appliquent un taux d’impôt sur les sociétés de 22,8% en moyenne, impactant négativement la productivité des entreprises françaises et par conséquent réduisant l’attractivité de la France.

Malgré ces importantes augmentations, la France ne réussit pas atteindre l’équilibre budgétaire puisque les dépenses publiques n’ont dans le même temps pas baissé mais augmenté. Selon L’OCDE « Il est probable que le même résultat ait pu être atteint avec une évolution plus graduelle de la fiscalité». La dette atteindra en 2017 96,5% du PIB ce qui reste un niveau dans la moyenne des pays européen. Mais ces efforts fiscaux consentis par les ménages et les entreprises ont eu un effet désastreux sur l’opinion publique avec un “ras le bol fiscal” sanctionnant le parti Socialiste aux élections présidentielles de 2017 avec un score historiquement bas de 6,3% au premier tour et que nous assistons dans le même temps à une monté des mouvements politiques extrémistes.

http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf-articles/actu/OFCE-Quinquennat-de-F-Hollande.pdf http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/vers-un-retablissement-du-pouvoir-dachat-en-france/

https://www.tvacalc.com/info/30/Historique-taux-de-TVA.html

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2016/09/05/29006-20160905ARTFIG00236-bilan-economique-de-hollande-comment-le-choc-fiscal-a-plombe-la-croissance-et-l-emploi.php

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/decryptage/2016/09/01/29002-20160901ARTFIG00015-fiscalite-ce-qui-ne-va-pas-en-france.php

https://www.challenges.fr/economie/pourquoi-l-investissement-des-entreprises-ne-decolle-pas_435742

https://www.contrepoints.org/2015/11/25/230249-trop-dimpot-tue-lentreprise-comment-la-fiscalite-decourage-linvestissement#fn-230249-4

Théau BERGAMELLI


Nicolas PERSANTNicolas PERSANTMay 5, 2017
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Le comparatif entre les USA et le reste du monde est plus que jamais d’actualité. Nous voyons ce genre de comparatif comme un acte souvent politique, intéressé, et donc rarement fiable. Néanmoins certaines comparaisons peuvent nous montrer l’étendu des clivages entre deux entités distinctes.
« Qu’en est-il de l’épargne et de la Finance de marché ? »
De manière globale les Etat Unis n’ont pas de programme d’état portant sur les retraites de leurs citoyens. La France de son côté, ne cesse d’accumuler les discours politiques et les reformes afin de pereniser un système globale de retraites. Les deux pays affrontent les mêmes problèmes mais ne les traitent pas de la même manière. On juge normal, en France et en Europe, de cotiser chaque mois une somme fixe, celle-ci allant directement dans une caisse étatique de retraite. Au Etats-Unis la retraite n’est pas considérée de la même manière. Elle résulte d’une succession de placements financiers effectués directement par l’épargnant ou en collaboration avec des brokers et des gérants de fond. Les entreprises américaines sont souvent directement impliquées dans les plans de retraite de ses employés. Les conséquences sont parfois dramatiques (cf Affaire Enron). En Europe la retraite est la responsabilité de l’état et non celle de chaque citoyen. De se fait les épargnants perdent la notion de retraite par capitalisation et ne sont plus connectés au cycle économiques. Ce qui prive le citoyen d’une vision de marchés a l’inverse du peuple Américain. Cette distinction entre nos deux modèles d’épargne et de retraite est fondamentale dans l’étude des disparités concernant la gestion des crises de ces deux continents.
Les Français voient la finance d’un mauvais œil car utilisée par des politiques afin d’en extraire les dérivés. La finance de marchés et l’investissement sont intégrés par la majorité des Français comme étant sources de crise et cause de tout les maux.
C’est alors qu’on comprend pourquoi des crises comme celles que nous avons pu voir courant 2016 sur les marchés du cochon et du lait ont été gérer par des politiques et non par les marchés eux même.
Certain grands transformateurs de matières premières comme Bigard-Socopa ont boycotté l’achat de Porc Français à cause des prix fixés par l’état jugés  « En total décalage avec les prix des marchés Européens » Le marché des matières premières en France et en Europe est si important qu’il représente 1/3 des cotisations payées par les contribuables à l’Europe (La P.A.C).
A contrario aux Etats-Unis (notamment à la bourse de Chicago), les prix des matières premières sont gérées de manière centrale, avec un marché à terme fixant les prix sur une période de temps donné. Réduisant ainsi au maximum la volatilité du prix des céréales, du lait, du cochon etc…. Stephan Le Foll ancien député européen sur les questions d’agriculture et actuel ministre de l’agriculture en France nous expliquait la difficulté d’établir un tel système et le coût pour l’état, mais n’était nullement en désaccord avec cette méthode de fixation des prix à terme.

« Mon véritable adversaire c’est le monde de la finance » Citation de François Hollande lors de son discours au Bourget le 22 janvier

La question n’est pas de savoir pourquoi nous utilisons les subventions plutôt que les outils proposés par les marchés mais bien quel est le coût pour les contribuables d’une telle intervention de l’état dans le marché lui même.
Le coût de la PAC (11 milliards d’euros par ans) ne cesse d’augmenter, c’est donc de l’argent que l’on prend au consommateur final pour rémunérer les agriculteurs qui perdent en produisant la matière première. Cela signifie une baisse du pouvoir d’achat immédiat pour le consommateur afin d’augmenter le prix de vente du producteur. Le coût de toutes ces crises est donc directement imputé aux cotisants sans même qu’ils ne soient au courant. Aux Etats-Unis les marchés régulent eux même ces crises et sont donc en circuit fermé (les consommateurs ne sont pas taxés dans le but de corriger une dérive des cours de bourse).
La non utilisation des marchés à terme en France et des outils de gestion des risques proposés par les marchés entraine donc un effet inverse au postulat de base à savoir : « nous ne voulons pas être tributaire des marchés financier ».
Notre économie est mondiale et c’est une économie de marché. Chaque intervention de l’état a un impact. La France a décidé de ne pas suivre ses homologues américains sur le sujet de l’épargne. Poussant ainsi le citoyen Français de plus en plus loin des réalités affectant sa vie quotidienne et intervenant sans cesse dans la fixation des prix (nourriture, chauffage, essence, etc…).

Nicolas Persant


Hassan LAHLOUHassan LAHLOUNovember 3, 2016
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The Kingdom of Saudi Arabia is a key subject when considering the state of the world’s economy. It is the world’s largest petroleum exporter and the heart of the Islamic nations. Multiple political structures and international relations emerge from its blatant economic, geographic, as well as religious status. This has resulted in the Kingdom becoming a bridge between the Islamic nations and the western civilization. Given its strategic position in the OPEC, it dictates to some extent major trends in the world’s economy by having a strong influence over oil prices, its production capacity and its political agreements. For many decades, oil production was the kingdom’s main economic pillar with a selling price of approximately $85 a barrel and a cost of production below $2. Even such a lucrative industry would hardly support a country indefinitely, considering their finite amount of resources. Today, Saudi Arabia is aware of such a mild threat and is now assessing its options in embracing new visions of growth that do not rely exclusively on oil. First, the government applies the legal code of Islam in its banking system, and second, opens its stock market to foreign countries to optimize its financial puissance.

Many factors contribute to the rapid economic expansion of Saudi Arabia. On one end of the spectrum, having 18% of the world’s proven oil reserves puts Saudi Arabia directly on a pedestal. 50% of the Saudi’s Gross Domestic Profit comes from the oil and gas sector, which represent 85% of export earnings. By world standards, the kingdom is intensely influential. According to the Organization of the Petroleum Exporting Countries’ 2013 report, Saudi Arabia would be in possession of approximately 266 Billion Barrels and an extra 2.5 Billion shared in the Saudi-Kuwaiti Zone. The continuous growing demand for oil products and oil-based machinery in the United States and other major oil consumers fosters the already-established strength of being a major player in the OPEC.

On the other end, the Islamic influence has greatly impacted financial structures by prohibiting usurious practices. In the Islamic laws, money is perceived as a mere measure of value and is not considered an asset itself. Therefore, any earnings based on the “value” of money would not be in accordance with the rules of Shariah (Islamic laws). Financial engineering came up with what is now more commonly known as “Islamic Banking”; A form of finance that involves both lender and borrower in a profit-loss-sharing system aiming at suppressing the favoritism towards the lender. Islamic Banking in Saudi Arabia is a $217 Billion industry worth of assets, the world’s largest Islamic finance concentration.

In 2007, when subprime mortgages started to heavily default showing the weak spot of interest based practices such as teaser rates or predatory lending, Islamic banking on the other hand presented aggressive growth. “ Islamic banks, on average, showed stronger resilience during the global financial crisis.” IMF. It is heavily argued that Islamic banking might be the solution to prevent future credit crises. Today, most of the largest multinational-consultancy firms such as Deloitte and Ernst & Young are welcoming Islamic Finance with open arms as it appeals to a growing group of international investors. Financial assets in Islamic banks have grown at a 17.6% rate annually (on average) since 2009 and are expected to attain 19.7% before 2018.

Though Saudi Arabia has long been relying on its natural resources to affirm its economic presence amongst the wealthiest nations, it is now embracing a new vision of growth by opening its doors to foreign investors. The policies regarding investments in Saudi’s stocks have long been restricted to domestic investors. As the practicality of globalization spreads exponentially, the kingdom is now considering alternative ways for expanding its market. Recently it has been discussed that foreign firms would have access to a $580 Billion investment capacity in the first half of 2015. QFFIs (Qualified Foreign Financial Institutions) will have the opportunity to enter one the world’s most restricted exchanges. Tadawul Exchange (Saudi stock market) stresses the importance of keeping the market safe and protecting itself from being exposed to risky investors. Therefore, only QFIs with a minimum of $5 billion worth of assets under management and a minimum of 5-year experience in the investment field would be eligible to participate in the market offering. In addition, multiple market caps have been put in place to lessen the risk of monopoly of stock ownership. Despite the challenges facing the marketability of its stock market due to the recent plummeting of oil prices, Tadawul Exchange is still a robust market that offers a considerable diversification to QFFIs. Amid several propitious economic impacts, it will ultimately boost the credibility of the Middle-Eastern region for both oil and non-oil based industries.

It is not a secret; Saudi Arabia owes its fortune mainly to its oil industry. For many decades, its growth has been sustainable and steady. However, Saudi Arabia’s future is less certain. Today, in other countries, billions of dollars are being spent in Research & Development to explore alternative forms of energy less harmful to the environment. To what extent does alternative energy represent a threat to the Kingdom’s current strategic position as the world’s top oil exporter? How can Islamic banking contribute to the world’s financial stability? These are some questions that need further considerations.

Work Citation

  • Sarmad Khan, Nikolaj Gammelto, and Arif Sahrif. “Saudi Arabia Drafts Foreign Limits for $580 Billion Bourse.” Bloomberg.com. Bloomberg, 21 Aug. 2014. Web. 08 Feb. 2015.

  • IMF Team. “IMF Survey: Islamic Banks: More Resilient to Crisis?” IMF Survey: Islamic Banks: More Resilient to Crisis? 4 Oct. 2010. Web. 08 Feb. 2015.

  • Heritage.org “Saudi Arabia.” Economy: Population, GDP, Inflation, Business, Trade, FDI, Corruption. Web. 08 Feb. 2015.

  • “Big Interest, No Interest.” The Economist. The Economist Newspaper, 13 Sept. 2014. Web. 08 Feb. 2015.

Islamic banking performance benchmarked against conventional banking

 

Hassan LAHLOU



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