Hugo KAISERHugo KAISERMay 17, 2018
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L’Investissement Socialement Responsable (ISR) est riche de 300 ans d’histoire. A l’origine de l’ISR on trouve la volonté d’investir conformément à ses valeurs. Cela va se traduire essentiellement par le refus de financer certains secteurs mais aussi la volonté de soutenir les plus démunis. Le mouvement religieux philanthropique ‘Quaker’ refusait par exemple d’investir dans l’armement et le commerce des esclaves et prônait l’intégrité et la solidarité. Le développement de l’ISR a été mouvementé mais bien réel et majoritairement porté par l’émergence de nouvelles approches tels que les critères ESG, pour Environnement, Social, Gouvernance, ou les thématiques du développement durable grâce à une mobilisation autour du changement climatique. Mais l’ISR reste pour la majeure partie des investisseurs une notion encore bien trop floue. S’il devait se résumer en un mot, on pourrait convenir d’employer le mot : utilité. En effet, il s’agit du principe même qui encadre ce style de gestion car il permet de rendre utile l’investissement pour la société. Ce terme, qui parait bien vendeur, se doit être accompagné d’une obligation de transparence.

Certains jugeront comme destructeur de performance l’ajout de critères extra-financiers dans la gestion d’actifs, quand d’autres critiqueront l’aspect purement marketing de l’ISR. Afin de contrecarrer ces jugements hâtifs, il semble essentiel de remettre au premier plan le périmètre dans lequel s’inscrit l’ISR et les avantages apportés par ce style de gestion.

Le but de cet exercice n’étant pas de prêcher les convaincus, mais plutôt d’amener au goût du jour une alternative à la gestion d’actifs traditionnelle malheureusement encore trop portée sur le court-terme et les rendements immédiats.

Certaines approches s’intéressent davantage à ce que produit l’entreprise, d’autres à la façon dont elle se comporte.

  • Les approches se focalisant sur les biens ou services proposés par l’entreprise sont notamment :
    • l’exclusion: pour des raisons éthiques, liées au développement durable ou à la santé publique par exemple, certaines activités sont exclues : tabac, armement, énergies fossiles, nucléaire, etc.
    • les thématiques durables: certains thèmes ou secteurs sont structurellement privilégiés car considérés comme contribuant positivement au développement durable : énergies renouvelables, efficacité énergétique, eau, etc.
    • l’impact investing: cet investissement vise, outre la performance financière, à obtenir un impact environnemental ou social concret par exemple en permettant à certaines communautés défavorisées d’améliorer leur niveau de vie : microfinance, projets d’accès à l’énergie, développement de l’agriculture dans les pays émergents, etc.
  • Les approches se focalisant sur le comportement des entreprises sont notamment :
    • le Best in Class: après un examen détaillé des politiques environnementales, sociales et de la gouvernance des entreprises constituant l’univers d’investissement, les entreprises les « plus responsables » de chaque secteur sont retenues.
    • Le Best in Class n’implique pas de déviations sectorielles a priori mais de nombreuses variantes de celui-ci comme le Best in Universe ou le Negative Screening en implique.
    • Les filtres normatifs: ils visent à écarter les entreprises ne respectant pas certaines conventions internationales comme le Pacte Mondial des Nations-Unies.
    • L’engagement: plutôt que d’exclure les entreprises présentant des faiblesses sur certains aspects ESG, le gestionnaire va engager un dialogue structuré avec celles-ci pour tenter de faire évoluer leurs pratiques.

Bien entendu toutes ces approches peuvent être combinées ce qui peut complexifier encore la compréhension de la démarche. Mais alors pourquoi existe-t-il autant de façons de faire de l’ISR ?

  • Chacun a sa propre idée de ce qui est socialement responsable :
    • La plupart des investisseurs français ont une vision positive ou neutre du nucléaire contrairement à leurs voisins.
    • Les divergences sont également nombreuses sur l’armement : est-ce un moyen de défendre et de protéger ou un risque pour la paix?
    • Les questions sociales ou environnementales peuvent revêtir une importance différente selon l’institution que l’on représente, ou nos convictions et valeurs.
  • Gérants et investisseurs responsables poursuivent des objectifs différents:
    • Matérialité ou responsabilité : certains se focalisent sur les problématiques ESG qui peuvent avoir un impact sur la valeur de l’entreprise et donc sur un nombre restreint de critères tandis que d’autres favorisent une vue holistique de l’entreprise que les enjeux soient matériels ou non.
    • Conviction ou budget de risque : des convictions ISR fortes peuvent entrainer des déviations sectorielles significatives qui ne permettent pas toujours de respecter les contraintes d’allocations et de budget de risque des investisseurs institutionnels.

Cette complexité qui résulte de l’histoire de l’ISR et des différents besoins des investisseurs peut être, de prime abord, perçue comme rébarbative mais elle constitue en réalité pour l’investisseur une opportunité d’investir sur un fonds ISR correspondant réellement à ses attentes et répondant à la question : Qu’est-ce qui est important pour vous ?

  • Le risque de réputation: choisissez un fonds intégrant à minima un filtre normatif.
  • Obtenir une performance qui ne soit pas trop éloignée de celle de l’indice de référence tout en étant ISR : privilégiez une approche Best in Class sans ajout de filtres d’exclusion ou normatifs.
  • Eviter certains risques ESG de long-terme: optez pour une démarche Best in Universe ou Negative Screening ou, à minima, pour une démarche Best in Class centrée sur la matérialité.
  • Avoir un impact en termes de développement durable : orientez-vous vers l’impact investing et les thématiques durables.
  • Bénéficier d’opportunités financières liées à des changements structurels : privilégiez les thématiques durables.

Selon une méta-analyse combinant 2200 études réalisée en 2015 par Friede, Busch et Bassen, environ 90% des données concluent que l’utilisation de critères ESG dans la gestion d’actifs ne pénalise pas la performance financière de l’entreprise. Plus important encore, la grande majorité des études rapporte des résultats supérieurs comparés à la gestion d’actifs traditionnelle.

Les facteurs ESG sont d’importance stratégique dans la gestion d’actifs, une approche d’optimisation des risques ESG au sein d’une allocation d’actifs contribue à accroitre le potentiel de performance tout en minimisant les risques. Une comparaison entre différents portefeuilles diversifiés a montré de manière encore plus probante que le risque des portefeuilles pouvait ainsi être réduit d’environ un tiers.

Il est donc possible d’avoir un impact positif grâce à ses investissements, les rendre utiles à la société, sans contrepartie en termes de performance.


Romain DEI TOSApril 10, 2018
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Sur le papier le nouveau standard de comptabilisation des contrats de location (IFRS-16) est un ajustement non « cash » qui ne change pas grand-chose. Cependant, cette nouvelle norme va impacter de manière conséquente les agrégats et les ratios financiers ainsi que la perception du déplacement du risque. Les marges EBIT (earnings before interest & tax) sont artificiellement gonflées, les multiples EV/EBIT déformés, les EPS ajustés à la hausse ou à la baisse et les bilans sont envahis par des actifs et des dettes relatives aux biens en location. Cet article a donc pour objectif de mettre au clair les impacts concrets de la norme IFRS 16 aussi bien financiers qu’opérationnels et d’identifier les secteurs les plus touchés par ce nouveau dispositif comptable

En ce début d’année 2018, l’heure est à la prévision et à la compréhension des débats qui vont agiter la planète financière.  La valorisation des sociétés cotées reflétant les anticipations et les valorisations des opérateurs, il ne fait aucun doute que la nouvelle norme IFRS 16 sera l’un des sujets de cette année boursière. Publiée en janvier 2016, la nouvelle norme IFRS 16 sur les contrats de location sera applicable au 1er janvier 2019. Brièvement, cette nouvelle norme de l’IASB transforme des engagements hors bilan, les locations simples, en actifs et en dettes. Cette nouvelle règle comptable est un véritable séisme puisque, selon PWC, une entreprise cotée sur deux serait concernée, ce qui représenterait près de 3000 milliards d’euros d’engagement hors bilan liés aux contrats de locations. Les actifs concernés sont les actifs immobiliers, les véhicules, les usines, les équipements et les outils de production. La considération de ces anciens engagements hors bilan est donc un enjeu majeur et a déjà été à l’origine de faillite. En 2011, la librairie américaine Borders totalisait des engagements hors bilan liés à ses locations de magasins de 2,8 milliards de dollars, ce qui représentait sept fois la dette inscrite au bilan.[1]

Explication de la norme IFRS 16 et impacts sur les états financiers

Pour les bailleurs, La distinction d’IAS 17 entre les contrats de location financement et les contrats de location simple est maintenue, et leur comptabilisation substantiellement inchangée.

L’IFRS 16 est un changement majeur pour les preneurs (locataires). Auparavant, les loyers liés aux contrats de location simple, étaient comptabilisés hors bilan et impactaient le compte de résultat par les charges de loyer et le bilan sur la trésorerie. Dorénavant, les locataires comptabiliseront la plupart des contrats de location directement au bilan, sur le modèle de comptabilisation de location financement (aussi connu sous le nom de crédit-bail ou capital lease). Seuls pourront être exemptés les locations inférieures à 12 mois et les biens de faible valeur unitaire (inférieure à 5000 euros). Ainsi, une location est finalement considérée comme un contrat d’achat d’actifs avec une durée de vie finie générant une dette pour l’acheter.

Quels sont les impacts de ce changement sur les états financiers des preneurs ?

  1. Bilan

Pour le bilan, les paiements dus liés aux contrats de location simple (aujourd’hui comptabilisés en engagement hors bilan) seront comptabilisés directement au bilan pour leur valeur actualisée sous forme de dette financière. En contrepartie, le preneur comptabilisera à son actif un droit d’utilisation du bien qui correspondra à la dette financière liée à la location du bien majorée éventuellement de paiement avant contrat et/ou de coûts liés au démantèlement et la restauration du bien. L’actif en question sera amorti de manière linéaire et la sera dette réduite par les paiements des échéances prévues dans le contrat.

Selon Pierre Phan Van Phi, associé chez EY, « Ce sont environ 85% des contrats de location qui vont dorénavant arriver au bilan sous la forme de cette dette et de cet actif,…, et peuvent atteindre selon les secteurs jusqu’à 20% du total des bilans »[2]. On peut d’ores déjà voir les impacts évident sur les ratios d’endettement, d’efficacités actifs et des capitaux employé ainsi que les implications que cela peut avoir sur le compte de résultat.

  1. Compte de résultat

IFRS 16 a pour conséquence majeure de modifier la nature des charges et leur rythme de comptabilisation. Les anciennes charges de loyer, correspondant plus ou moins au paiement cash des loyers au bailleur, deviennent des charges d’amortissement (liées à la comptabilisation d’un nouvel actif au bilan) et des charges d’intérêts financiers (liées à la hausse de la dette financière).

Ainsi, la marge EBITDA (earnings before interest, tax, depreciation & amortization)  devient finalement la marge EBITDAR (R pour rent, « loyer »). La suppression des charges de loyer gonfle donc mécaniquement la marge EBITDA.

Les charges d’amortissement seront elles majorées de l’amortissement du droit d’utilisation qui devrait rester stable pour l’ensemble de la durée de vie du contrat sauf si ce dernier est renégocié.

La marge EBIT, elle aussi, se retrouve artificiellement amplifiée puisqu’elle n’est plus amputée des charges de location complètes mais seulement de la partie amortissement. Les charges financières intervenant après, ces dernières enflent de manière substantielle au début du contrat mais se réduiront au fur et à mesure du paiement des loyers.

Finalement l’impact sur les bénéfices, la bottom line, ne sera pas égale en fonction du profil de la société. En effet, les sociétés en croissance, qui augmentent de manière importante leur nombre de contrats en location, verront leurs bénéfices réduits à court terme tandis que les sociétés matures qui voient leur nombre de contrats diminuer ou arriver à maturités verront leurs bénéfices gonfler.

  1. Tableau des flux de trésorerie

Finalement l’impact sur les flux de trésorerie est simple à comprendre. Les flux d’exploitation vont augmenter grâce à la hausse de l’EBITDA ou des charges d’amortissement tandis que les flux financiers vont se voir amputer de la charge supplémentaire d’intérêts.

Conséquence d’IFRS 16 sur les ratios d’analyses financières et de valorisation

IFRS 16 n’a pas d’impact « cash » direct, les sommes payées au bailleur demeurent intactes. L’étude des conséquences sur les trois états financiers a d’ores et déjà démontré que les marges EBITDA et EBIT sont artificiellement augmentées. Mais qu’en est-il des autres ratios et agrégats ?

Tout d’abord, il est clair que l’endettement des sociétés concernées risque d’augmenter de manière conséquente. Ainsi les ratios de liquidité et de levier financier (Gearing, dette nette/EBITDA) vont fortement se détériorer les premières années du contrat puis amorcer une phase d’amélioration tout au long de sa vie grâce à la réduction progressive de la dette liée au paiement des loyers. La question ici est de voir si cette augmentation ne met pas en péril la stabilité financière de la société et sa solvabilité sur les premières années des contrats de locations. Cette hausse importante de la dette pourrait par exemple pousser les sociétés à reporter certains investissements ou repenser leur politique d’allocation du capital. De plus le ratio de couverture de charges d’intérêts devrait également se détériorer sur les premières années du contrat mais de manière moins importante puisque la marge EBIT va également être augmentée.

Sur les ratios d’efficacité opérationnelle plusieurs impacts pourront être observés. Le ratio de rotation des actifs mesurant le chiffre d’affaires par euro d’actifs utilisés, va se dégrader du fait de la hausse des actifs liée au droit d’utilisation comptabilisés. De la même manière, le ROCE (return on capital employed) mesurant l’efficacité de l’allocation du capital, se verra dégrader sur les premières années des contrats de locations étant donné la hausse du capital employé disproportionnée par rapport à la hausse de l’EBIT. Ainsi, ces ratios nouvellement retraités montreront de façon plus précise l’efficacité des entreprises ayant recours de manière massive à la location.

En termes de valorisation, l’EV (entreprise value) va augmenter en fonction de la dette générée par les contrats de location. Ainsi l’EV/CA des entreprises ayant recours à la location va s’apprécier de façon claire. En ce qui concerne le ratio EV/EBITDA le constat est bien moins clair. Ce ratio sera fonction du ratio loyer/EBITDA et de la durée de location. Pour illustrer ce propos, voici deux cas extrêmes :

  1. La société a un ratio Loyer/EBITDA élevé et une durée de contrat réduite. L’EBITDA va croitre de manière importante, l’EV augmentera faiblement ainsi le ratio EV/EBITDA sera réduit
  2. La société a un ratio Loyer/EBITDA faible et une durée de contrat longue. L’EBITDA va croitre faiblement. L’EV augmentera de façon conséquente. Ainsi le ratio EV/EBITDA augmentera

En ce qui concerne le PER, l’impact de la norme IFRS 16 est relativement réduit. Cependant, ce ratio sera dépendant de la situation de la société. Dans le cas des sociétés matures, le PER sera légèrement plus faible du fait de l’augmentation partielle des bénéfices comme indiqué précédemment.

Les industries impactées par IFRS 16 et les implications opérationnelles potentielles

Il va sans dire que les secteurs à regarder attentivement sont les secteurs où la location est une pratique courante et importante. Les secteurs du retail alimentaire et non alimentaire vont cristalliser l’intérêt de la communauté financière. Mais ce ne sont pas les seuls secteurs. Le secteur de l’aéronautique (notamment les compagnies aériennes), le secteur des transports en général, l’hôtellerie et le secteur des maisons de retraites seront fortement touchés par cette transformation. Ainsi un risque de « derating » important pèse sur les acteurs de ses industries ayant des marges faibles, des locations longues et des bilans déjà biens « leveragés ». Cela ne fait pas les affaires d’un acteur tel que Steinhoff déjà empêtré dans un scandale comptable et criblé de dette.

Les implications opérationnelles possibles sont multiples. Aujourd’hui l’avantage de la location est que l’actif est complétement disponible pour le business de la société mais reste majoritairement en dehors du bilan. Cette avantage disparaît complétement avec IFRS 16. Afin de réduire leur levier financier certains acteurs seront contraints de céder des actifs. On peut imaginer par exemple, dans la grande distribution un mouvement de cessions de magasins. Mais d’autres acteurs ayant un levier maitrisé pourraient en profiter pour racheter des actifs. Il en va de même pour l’hôtellerie et les maisons de retraites. Cet impact pourrait faire l’affaire des promoteurs d’immobilier commercial grimés par la remontée de taux d’intérêts. En ce qui concerne la durée des contrats, il y a fort à parier qu’un mouvement de renégociation des contrats de location va avoir lieu. Les contrats de plus longues durées vont engendrer une dette plus importante et donc des charges financières plus conséquentes au début des contrats. La variance de l’impact des contrats longs sera plus importante sur les comptes de résultat. Ainsi, les contrats seront surement plus courts afin de limiter la taille des charges financières. Les entreprises vont surement renégocier également leurs conditions d’emprunt avec leur banque afin de s’assurer de ne pas faire sauter leur covenant.

Cependant, tout n’est pas perdu pour les sociétés. Un moyen de contourner l’impact de cette norme est de transformer certains contrats de location en contrats de service qui sont toujours des engagements hors bilan.

Ainsi, même si cette nouvelle norme de l’IASB n’a pas d’impact cash, elle est synonyme de chamboulement pour plusieurs industries. Ce big bang bilanciel sera à analyser avec la plus grande attention et le levier des sociétés sera une nouvelle fois au cœur des débats surtout dans le retail, le transport, l’aéronautique, l’hôtellerie et les maisons de retraites.

[1] Pichelot.N (2017), « Norme IFRS 16 : quand 2.800 milliards de dollars de locations passent au bilan » Les Echos 13/07/2017

[2] EY (2017), « Norme IFRS 16, Comment se préparer à son application ? » (en ligne), EY


Ayouba KELIMAAyouba KELIMAMarch 19, 2018
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  1. les principaux pays producteurs et les niveaux de production

Le sucre est produit à partir de la canne à sucre ou de la betterave. On distingue le sucre roux (coté Free On Bord sur le marché de New York) et le sucre blanc (coté Free On Bord sur le marché de Londres). Il y a plus de 130 pays producteurs de sucre dans le monde. Cependant 10 pays concentrent environ 78% de la production mondiale dont le Brésil (23%), l’Inde ( 15%), l’UE-28 (9%), la Chine (6%), la Thaïlande (6%), les Etats Unis (5%), le Mexique (4%), la Russie (4%), le Pakistan (3%) et l’Australie (3%).

 

Les spécifications du sucre coté à Londres sont:  

  • Taille de contrat : 50 tonnes
  • Prix de cotation: dollar et cent par tonne
  • Echéance de cotation mars (H), mai (K), août (Q), octobre (V), décembre (Z),

 

Les spécifications du sucre coté à New York

  • Taille de contrat : 112 000 pounds (1 livre =0,453592kg)
  • Prix de cotation: us dollar par pound
  • Echéance de cotation mars (H), mai (K), juillet (N), octobre (V)

 

Le prix du sucre est influencé par certains fondamentaux notamment l’évolution des stocks, les prévisions de production, les conditions climatiques et tous autres événements géopolitiques pouvant perturber la chaîne logistique en l’occurrence les conflits armés, les grèves etc.

En 2017, le prix du sucre roux a fortement chuté (- 11%). La suppression de quotas de production imposés par l’Union Européenne le 1er Octobre 2017 n’a pas été de nature à arranger les choses. Elle a entraîné  une arrivée massive du sucre sur le marché international. Ce dernier étant déjà saturé par une production mondiale en forte hausse, que ce soit au Brésil, en Asie ou en Inde et le recul des agro carburants fabriqués à partir de canne.

Selon François THAURY, directeur de soft Commodity chez Agri tel,  « la saison 2017-2018 sera un vrai crash-test, pour voir si nous pouvons exporter notre sucre ».

Pour 2018, l’ISO (International Sugar Organization) anticipe une surproduction (près de 10 millions de tonnes), ce qui pousse certains experts a tablé sur un recul plus prononcé en 2018 (-12%).

Cependant, les analystes continuent de surveiller le prix de l’éthanol, qui est un driver très important du prix du sucre. Le Brésil est un grand producteur d’éthanol à partir du sucre, les traders vont regarder de près le point de rupture entre le prix de l’éthanol et le prix du sucre. Tout impact au Brésil est fortement sensible sur le marché mondial du sucre.

 

  1. b) Analyse du rapport biannuel de l’USDA

D’après les données du rapport biannuel (Mai et Novembre 2017) de la Foreign Agricultural Service de la US Department of Agriculture, les stocks prévisionnels de la campagne 2017-2018 vont connaître une hausse de 2,576 millions de tonnes par rapport à la campagne précédente pour atteindre un niveau de 40,821 millions de tonnes. La baisse des prix sur le marché à terme du sucre vient essentiellement de la faible croissance de la consommation relativement aux prévisions de production.

En Mai 2017, la Foreign Agricultural Service de la USDA indiquait une baisse de la consommation de 0,04% par rapport à 2016-2017 pour une hausse de la production de 4,76%. Pire en Novembre 2017,  les données fondamentales sont plus favorables à la baisse des prix. Certes, on note une hausse de la prévision de consommation  qui passe de -0,04% à 1,51% pour 2017-2018 mais la prévision de croissance de production se trouve être renforcée et passe de 4,76% à 7,86%.

Cette prévision de hausse vient essentiellement de l’augmentation de la production au niveaux des plus importants producteurs notamment, le Brésil, l’Inde, la Chine, l’UE, la Chine et la Thaïlande.

La production de l’éthanol à base de la canne à sucre au Brésil est un facteur à intégrer dans l’analyse fondamentale. Mais la part de la production brésilienne consacrée à la production de l’éthanol est faible soit une moyenne de 0,35 million de tonne sur les trois dernières années. L’influence de cette donnée sur  les prix est faible dans un contexte où le niveau de production attendu est élevé.

c- Analyse technique du marché future du sucre coté à Londres (Graphique daily)

Du point de vue de l’analyse technique, toutes les moyennes (20, 50 et 100) mobiles sont orientées à la baisse. On note une tendance baissière depuis le mois de mai 2017. Cette tendance est en phase avec l’analyse issue des données fondamentales liées aux prévisions de production qui tablaient sur la baisse de la consommation et la hausse de la production. Cependant on note une évolution du cours entre novembre 2017 et janvier 2018 dans un canal caractérisé par la phase de range formée par les niveaux de prix compris entre 399,30 et 350,90 dollars. Les prochaines publications notamment celles qui interviendront en mai 2018, fourniront une orientation plus précise du marché pour la fin de l’année.

Source : Zonebourse.com


Williams TEPINHIWilliams TEPINHIMarch 14, 2018
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Le pétrole est la principale source d’énergie de la société moderne. Il est aussi source de guerres et de pollution et notre dépendance face à l’or noir divise l’opinion. L’utilisation du pétrole est très différente : effectivement, plus un pays est développé, plus l’utilisation du pétrole est dédiée aux transports. De plus, les chocs pétroliers du XXème siècle ont permis aux dirigeants des pays développés de comprendre qu’il fallait mieux utilisé le pétrole là où il n’est pas possible de le remplacer. Le pétrole est utilisé partout. Il est à la base de la société de consommation. Son coût était très bon marché pour une denrée fossile jusqu’à une date récente, il est présent  dans notre économie comme un produit incontournable, pratiquement irremplaçable. A la fois présent comme source d’énergie, il est aussi très prisé comme matière première. Nous commençons à en avoir conscience lorsque son prix augmente, car son impact se fait sentir dans nos déplacements, notre nourriture, notre confort, notre tranquillité.

Production, consommation et réserve de pétrole

La consommation mondiale de pétrole est en forte croissance. Elle a augmenté de 11 % entre 1970 et 2000, on estime qu’elle va encore augmenter de 30 à 40% d’ici 2030. C’est le résultat de la combinaison de plusieurs facteurs :

UNE DEMOGRAPHIE GALOPPANTE : la population mondiale passera à 9 milliards entre 2020 et 2050. Même si les pays qui ont la plus forte croissance démographique ne sont pas les plus industrialisés, cette augmentation de la population va avoir un impact sur la consommation mondiale de pétrole

L’EMERGENCE DE NOUVEAUX PAYS INDUSTRIALISES : Certains pays, comme la Chine et l’Inde, qui représentent à elles deux environ un quart de la population mondiale, sont en plein développement économique. Leur expansion engendre une forte consommation de pétrole. D’ici 2030, on estime que la consommation de pétrole de ces pays émergents représentera 50 % de la consommation mondiale

L’EXPANSION DU SECTEUR DES TRANSPORTS : 97 % des transports dépendent des produits pétroliers. La mondialisation de l’économie et du commerce implique un important développement du secteur des transports. On estime que les transports représentent actuellement 50 % de la consommation de pétrole ; cette proportion devrait passer à 60% d’ici 2030. Autrement dit la consommation de pétrole pour le seul secteur des transports devrait augmenter d’environ 35% d’ici 2030

LE MANQUE D’ALTERNATIVES COMPARABLES :

Les alternatives comparables au pétrole sont peu nombreuses. Celles qui ont le plus gros potentiel ne pourront se substituer au pétrole que par une volonté ou une nécessité de rupture avec les traditions issues du pétrole. C’est la raison pour laquelle les agro carburants sont largement défendus par les entreprises pétrolières : ils leur permettent de conserver la mainmise sur les réseaux de distribution, et d’un point de vue de l’utilisation, les agro carburants ne représentent qu’une évolution technologique. Ils ne changent en rien le comportement du consommateur, et c’est bien ce qui intéressent ceux qui maîtrisent les réseaux de distribution.

On pourra évoquer l’hydrogène, dans le même genre de problématique de réseaux de distribution (et de production, car l’hydrogène est un vecteur d’énergie, au même titre que l’électricité, et non une source d’énergie).

Les solutions de production et d’utilisation de sources d’énergie décentralisées, si elles peuvent constituer une alternative viable, ne sont pas privilégiées car elles impliquent un changement d’habitude pour les fournisseurs et les consommateurs. Si aujourd’hui ou dans un futur proche la technologie pouvait nous offrir une nouvelle source d’énergie propre et compatible avec les utilisations et les modes de distribution actuels, nul doute qu’elle finirait par s’imposer. Mais de telles sources d’énergie n’existent pas : celles qui se présentent comme telles ne sont que des leurres vantant des qualités biaisées. Il “suffit” généralement d’analyser leurs filières dans leur ensemble pour se rendre compte des aberrations qu’elles constituent, ou des conditions dans lesquelles elles pourraient réellement constituer (même partiellement) une alternative crédible (et de se rendre compte que ces conditions ne sont pas respectées)

L’ECONOMIE DES PAYS BASEE SUR LE PETROLE

Quand une économie repose en grande partie sur l’exportation du pétrole c’est sure de voir le PIB (Produit intérieur Brut)  augmenter ou diminuer selon la hausse ou la baisse du cours du pétrole. Après avoir été stable pendant plus de trois ans, autour des 110 dollars le pétrole a entamé une chute en juin 2014, jusqu’à environ 50 dollars le baril en décembre. Depuis le début de l’année 2015 les secousses sont vives, à présent le cours est autour de 60 dollars, une telle variation a des conséquences particulièrement lourdes pour les pays producteurs de l’or noir.

Prenons le cas du Venezuela la dépendance du pétrole est extrême, l’or noir représente 95% des exportations et constitue deux tiers des recettes de l’Etat. La chute inexorable des prix du pétrole avait  considérablement diminué les rentrées monétaires vénézuéliennes et porté un coup terrible aux importations, entrainant la pénurie de nombreux produits de première nécessité. Autant d’éléments qui ont conduit à un taux d’inflation incontrôlé, au point que la Banque centrale du Venezuela se refuse à communiquer cette année les chiffres relatifs à l’augmentation des prix.

COURSE AU PETROLE ET GUERRE

La géopolitique du pétrole décrit l’impact de la demande et de l’offre en pétrole sur la politique des pays consommateurs et producteurs de cette matière première essentielle au mode de vie économique actuel. Les gisements de pétrole étant limités et leur emplacement géographique ne coïncidant généralement pas avec celui des pays consommateurs, l’exploitation des ressources pétrolifères est source de tension. Les pays consommateurs, généralement de grandes puissances militaires, sont alors tentés d’employer des moyens de pression puissants (militaires ou économiques) pour avoir accès à ces ressources. Le pétrole, matière hautement stratégique, est fréquemment associé aux affrontements internationaux depuis le début du xxe siècle.

En Irak et en Syrie, l’Etat Islamique du « Calife Ibrahim » a mis la main sur de vastes champs pétroliers et entend les exploiter tel un butin de guerre.

Pour les peuples de cette région, le pétrole n’est pas une « manne » mais un mal qui corrompt les dirigeants et qui, au lieu de conforter les Etats, les affaiblit durablement. La guerre d’Irak voulue par Bush était d’abord une guerre pour le contrôle des ressources pétrolières de ce pays, afin d’empêcher la Chine d’avoir accès à des champs pétroliers indispensables à son développement. Elle déboucha en fait sur la déstabilisation de tous les Etats de la Région.

En Palestine, la bataille fait rage autour des ressources en eau. L’Etat d’Israël et les colons asphyxient la Palestine en ouvrant ou fermant le robinet selon leur bon vouloir.
En Afrique, la guerre du Mali n’est pas – contrairement au storytelling humanitaire que l’on nous raconte – une guerre dénuée d’enjeux économiques. La proximité des sites d’uranium du Niger, exploités par Areva, comme les ressources exploitables dans le Nord-Mali, sont au cœur de ce conflit.

LES EMISSIONS DE GAZ A EFFET DE SERRE PAR LE (PETROLE) ET D’AUTRES ENERGIES

Les combustibles fossiles sont les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre et donc de l’augmentation de température de la surface terrestre que nous observons depuis la fin du 19ème siècle.

Dans les grands pays industriels, ils fournissent l’essentiel de l’énergie nécessaire à la fabrication des biens de consommation. C’est dire leur importance économique et stratégique ! La diminution prévisible avant la fin du siècle de leur disponibilité, en premier lieu le pétrole, puis le gaz naturel, et enfin le charbon, est préoccupante pour l’avenir des pays fortement consommateurs.

ALORS UN MONDE SANS PETROLE ?

Sachant que l’exploitation du pétrole est une source de richesse et de succès économique,

Mais cette énergie est non renouvelable et vu que ça consommation ne cesse de croitre pour des besoins grandissants, ce qui pourrait expliquer l’augmentation de sa production.

Les découvertes de pétrole diminuent au fur et à mesure, même  celle qui sont trouvées sont dans des zones géographiques où les conditions climatiques sont extrêmes, ce qui exigent de nouvelles méthodes de forage très avancées, voire encore inexistantes.

Cependant on estime que les réserves de pétrole ont une durée de consommation finie, ce qui explique déjà la présence des énergies renouvelables, même si l’or noir demeure irremplaçable.

Alors un monde sans pétrole, pourra mettre fin à notre dépendance au pétrole qui est quasiment présente partout, c’est notre quotidien. Les compagnies pétrolières seront ou sont entrain même d’être déjà confrontées à cette impasse, si le pétrole est fini on ne pourra plus parler de compagnies pétrolières car les compagnies d’assurance font de l’assurance, les compagnies d’électricités produisent de l’électricité, et les compagnies pétrolières ?

Il faut être courageux de dire qu’elles disparaitront à moins qu’elles diversifient leur activité outre que le pétrole.

Plusieurs compagnies d’énergies renouvelables voient le jour et se multiplieront. Le problème est que les énergies renouvelables sont fabriquées et leur utilisation ne dépend que des facteurs climatiques, tel que le soleil, le vent etc.

Imaginons un futur où les moyens de transport ont changé leur configuration de fonctionnement, plus jamais de turboréacteur avec du kérosène, plus de propergol pour les fusées, la situation se complique. Faudra t’il détruire tout système mécanique fonctionnant avec l’or noir ?

Alors l’humanité connaitra une nouvelle phase, car dépendre des énergies renouvelables serait éternel, et changera nos habitudes

Cependant certains pays dont l’économie dépend du pétrole ont commencé à se préoccuper de l’alternance énergétique en orientant leur investissement vers d’autres activités afin de relayer leur économie. La rentabilité dans la production du pétrole reste élevée, ce qui est la cause de leur boom économique. La question  serait de savoir si à la suite ils connaitront la même croissance qu’ils ont connue durant l’ère de l’or noir ?

Une chose pourrait peut-être nous rassure, le pétrole étant souvent vu comme le nerf de la guerre et de certaines tensions géopolitiquement parlant, son absence pourra stabiliser les relations internationale.


Maya COUMESMaya COUMESMarch 8, 2018
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La contractualisation des produits dérivés

L’association professionnelle internationale des swaps et des dérives (ISDA) est un acteur majeur du monde de la finance qui regroupe les principaux intervenants sur les marchés de gré-à-gré. Basée à New York, l’ISDA a pour objectif d’harmoniser les pratiques contractuelles internationales en matière de produits dérives en créant un contrat cadre standardisé [1]afin d’assurer la sécurité juridique de ces transactions. Le droit britannique est applicable à cet accord, mais semble désormais remis en cause depuis l’annonce du Brexit en juin 2016.

L’application du droit britannique au contrat cadre ISDA

L’application du droit britannique n’est pas surprenante dans la mesure où la « common law », système juridique particulièrement souple fondé sur la coutume et la jurisprudence diffère très largement de la « civil law » appliquée majoritairement en Europe et notamment en France. La souplesse de la « common law » a été motrice de premier choix car ce système permet d’englober tout type de transactions financières. Le second facteur ayant influencé le choix du droit anglais est d’ordre économique, il est ainsi nécessaire de rappeler que Londres conserve son rang de première place financière mondiale avant New York même après le vote en faveur du Brexit[2]. Cette prédominance de la « common law » se confirme par la reconnaissance des décisions des tribunaux anglais dans les Etats Membres en vertu du droit européen. Cependant, la sortie du UK en Europe semble redistribuer les cartes.

La remise en cause du droit anglais applicable suite au Brexit

Le contrat cadre ISDA régit par le droit britannique prévoit que les juridictions anglaises sont compétentes pour régler un litige portant sur les clauses contractuelles stipulées. Le UK une fois sortie de l’Union Européenne sera considéré comme un pays tiers[3], ce qui implique qu’une contrepartie implantée dans un Etat Membre de l’Union Européenne qui souhaite voir une décision de justice prise par un tribunal anglais reconnue par son droit interne devra faire l’objet d’une procédure d’exequatur. L’exequatur est une procédure rendant exécutoire sur le territoire français une décision judiciaire ou une sentence arbitrale rendue à l’étranger[4]. Les dispositions applicables à la procédure d’exequatur varient en fonction du pays d’origine de la décision invoquée. Ainsi, on constate que cette nouvelle exigence issue de la sortie du UK de l’Union Européenne neutralise la souplesse de la « common law » appréciée jusque ici par l’ISDA. L’association se pose donc la question de choisir d’appliquer le droit français au contrat cadre ISDA.

Les alternatives en cours d’étude par l’ISDA

Des groupes de travail sur la question ont d’ores et déjà été crées par l’ISDA afin d’évaluer les enjeux et les modification à prévoir suite à l’approche de la réalisation du Brexit[5]. Les droits français et irlandais sont en liste pour la modification du droit applicable des contrats ISDA. De même, la création d’une Cour représentant 27 Etats membres compétente pour les litiges portant sur les contrats cadres ISDA régis par le droit britannique. Ceci faciliterait l’exécution des décisions de justice prise sur le fondement d’un manquement contractuel d’un contrat cadre ISDA.

[1] ISDA Master Agreement

[2] « Place financière : Londres en tête, Frankfurt bondit, » Guillaume Benoit, les Echos, 11/09/2017

[3] Non membre de l’Union Européenne

[4] Terence Richoux, avocat à la Cour

[5] https://isda.derivativiews.org/2018/01/08/brexit-and-the-isda-master-agreement/

 


Benjamin CHOUKROUNBenjamin CHOUKROUNMarch 6, 2018
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Il est probable que vous connaissiez déjà le Bitcoin, la crypto-monnaie numéro un en plein essor en 2016 et 2017, mais il faut savoir qu’il existe plusieurs autres de ces devises virtuelles dont les principales particularités sont de ne pas avoir de forme tangible, et surtout de ne pas répondre à un seul organisme mais plutôt à un protocole de contrôle sans frontière, en théorie accessible à partir de n’importe quel ordinateur.

Parmi les plus citées, on trouve Ether (ETH) et Ripple (abréviation : XRP). Si la première est elle aussi une monnaie électronique distribuée sous licence libre, la seconde, non contente de faire office de monnaie d’échange, se targue également d’accélérer les transactions internationales en travaillant en parallèle avec le système bancaire traditionnel, un système en apparence moins cher, plus rapide et sans risque.

La start-up californienne Ripple, créée en 2004, utilise un protocole de transaction dit en blockchain, basé sur sa propre monnaie cryptographique qui lui permet d’offrir des services comme l’échange de devises ou de matières premières et le transfert de fonds en temps réel. Comparé au Bitcoin, qui se concentre plus exclusivement sur l’aspect monnaie en encourageant les mineurs à fournir de plus en plus de puissance informatique au réseau, Ripple est d’abord un réseau transactionnel qui utilise sa crypto-devise pour accélérer les échanges (quelques secondes pour une transaction entre l’Espagne et le Mexique, par rapport à quatre jours pour les organismes bancaires traditionnels et quelques heures pour le Bitcoin).

Et les banques et gouvernements se bousculent pour tirer parti du système. La Banque Nationale d’Abu Dhabi fait par exemple appel à Ripple pour proposer des transactions transfrontalières rapides et économiques à ses clients. De quoi attiser la curiosité des traders en ligne qui ne veulent pas rater le coche : après tout, si le Bitcoin, l’ancêtre et concurrent de Ripple, poursuit doucement mais sûrement son ascension fulgurante sur les marchés, les avantages supplémentaires proposés par le second ne peuvent, là aussi, que stimuler une croissance fiable et rapide.

Alors, puisqu’il n’y a pas de mineurs, comment fait-on pour trader Ripple ? Selon des règles établies par Ripple, un milliard de XRP sont échangés chaque mois et si la valeur de la devise fluctue, l’avenir pourrait être prometteur pour ceux qui auront pensé à investir leurs dollars ou leurs euros dans quelques XRP.

On a longtemps douté des monnaies cryptographiques qui apparaissaient sur les marchés, et la moindre baisse de valeur s’accompagne d’un petit effet de panique auprès des investisseurs, réaction somme-toute compréhensible puisque les technologies utilisées par ces réseaux sont tellement nouvelles et high-tech qu’il est difficile de prévoir leurs mouvements futurs.

Pourtant, la récente alliance de Ripple avec MoneyGram ainsi que le déploiement du système par 11 des 100 plus grandes banques au monde ne peut que contribuer à un futur prometteur pour le XRP, et il faudra plus que les doutes occasionnels du marché pour l’arrêter.

 

Bibliographies :

Le Ripple peut-il détrôner le Bitcoin ? Forbes France, 2018.

Ripple’s XRP is the biggest loser of the cryptocurrency bloodbath Business Insiders, 2017.


Nicolas DUVOISINNicolas DUVOISINFebruary 25, 2018
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Que ce soit les grands cabinets d’audit ou les banques d’investissement les plus connues, il semblerait qu’ils soient tous sur la même longueur d’onde : cette année 2018 connait un nombre de deals sans précédent et semble se poursuivre sur la même trajectoire.

Étonnamment, alors que la mondialisation se fait de plus en plus prégnante au fil des années, il appert après consultation des différents avis des plus grands institutionnels du M&A et du Private Equity (PE) que les plus gros deals auront toujours lieu dans les économies les plus développées et non dans les pays émergents (Chine exclus).

Malgré un début d’année réjouissant pour les opérations M&A annoncées, qui pour le premier semestre 2018 représentent $2500 milliards1, en hausse par rapport aux $2300 milliards de 2007, force est de constater que les différents événements en Europe ou aux Etats-Unis et en Chine – guerre commerciale, attaque & sauvetage d’Italia Telefonica par des fonds activistes, hausse décalée des taux d’intérêts entre la FED et la BCE, l’impact d’un éventuel Brexit qui tarde à prendre forme etc. – installent quelques doutes quant à la force des marchés financiers à moyen terme.

Ceci étant, la chute des marchés en février a été présentée par les experts comme une correction liée à la tendance haussière de 2017. Cette correction a permis de retrouver la volatilité perdue sur les marchés et on remarque aujourd’hui que celle-ci a été comblée sans pour autant pouvoir faire de plus haut significatif. La stagnation des cours des marchés traduit l’atmosphère d’incertitude dans laquelle les investisseurs se retrouvent, compte tenu des événements évoqués au paragraphe précédent.

Le Private Equity toujours porteur…

Les événements macros n’ont, au premier trimestre 2018, semble-t-il, pas encore affecté le marché du Private Equity (PE) puisque le cabinet EY constate une hausse, à l’échelle mondiale, des closing de deals sur le premier trimestre 2018 comparativement au premier trimestre 2017.

Source: EY Q1 2018 PE report

Cette bonne performance peut être due aux levées de capitaux exceptionnelles de l’année dernière, où les fonds de PE ont attiré plus de $640 milliards, ce qui a nécessité de faire travailler le capital ainsi levé. Cependant, les premiers chiffres pour le deuxième trimestre semblent moins prometteurs en ce qui concerne l’Europe avec un recul général des closing de deals sur la même période attribué à l’instabilité politique à laquelle certains pays, tels que l’Angleterre et l’Italie, font face.

Nonobstant cette vue en demi-teinte et compte tenu des incertitudes sur les marchés financiers, de plus en plus d’analystes recommandent d’alléger le portefeuille actions pour passer sur une gestion alternative où certains types de fonds alternatifs performent mieux que les fonds traditionnels sur un marché bearish.

Ces recommandations sont confortées par l’étude d’EY qui révèle que 55% des fonds existants de Private Equity chercheront cette année à créer un nouveau fonds avec, pour 60% d’entre eux, la certitude de voir ce fonds lever plus de capital que les fonds actuels.

Si les instabilités macros actuels persistent voire s’amplifient alors il se peut que la récession crainte par certains économistes se réalise, ce qui engendrera très certainement un désinvestissement d’une partie du capital investi dans les marchés financiers vers les marchés privés.

Et des deals M&A toujours plus gros…

Selon Bain&Capital mais aussi JP Morgan&Chase, les secteurs M&A les plus en vue aujourd’hui concernent les secteurs de la santé (Pharmaceuticals&Healthcare), de la technologie (Technology, Media&Telecommunication) ainsi que le secteur de la consommation (Consumer&Retail).

Cette tendance qui se dessine dans les secteurs susmentionnés est constaté par les activités de grands groupes qui sont aujourd’hui de plus en plus agressifs dans leur politique d’acquisitions tels que Philips à travers son plan Accelerate qui est d’acquérir diverses sociétés dans le domaine de la santé principalement, tout comme General Electrics qui désinvestit2 la sphère de la manufacture de matériels ferroviaires et d’éclairage pour se porter aussi sur le secteur de la santé.

Au-delà de ces sociétés nous constatons l’émergence de mega-deals en quantité de plus en plus importante comme l’acquisition de Shire par Takeda pour près de $77 milliards, le rachat de Script Holdings par Cigna à hauteur de $68 milliards ou encore la bataille entre Comcast et Disney pour acquérir le studio 21st Century Fox, qui s’élève pour l’instant, compte tenu de la dernière offre faite par Disney, à hauteur de $80 milliards. Ce type d’opérations risque de s’intensifier d’autant plus depuis le jugement rendu aux Etats-Unis, en juin dernier, sur le dossier United States vs. AT&T, où le juge a estimé que l’acquisition de Warner Time par AT&T ne constitue pas une violation des règles antitrusts.

Les groupes cash rich mais réticents à lancer des opérations M&A d’envergure au risque de se faire épingler par le Department of Justice (DoJ) ou par la Securities Exchange Commission (SEC) passeront certainement l’arme à gauche, soutenu plus encore par des actionnaires très particuliers dont le rapport de JP Morgan&Chase fait référence : les activistes.

Cela fait écho au rapport de Deloitte, sur la problématique des deals M&A, qui rapporte que 65% des sociétés interrogées par leur étude souhaite utiliser leurs disponibilités pour entreprendre des opérations M&A contre 58% d’entre eux l’année précédente. Il ressort de cette étude que les corporates auront tendance, pour créer de la croissance, à plus compter sur la croissance externe qu’organique.

Conclusion

L’année 2018 semble prometteuse tant du point de vue du nombre de deals M&A et de leur importance mais aussi des deals de PE et ce malgré des marchés financiers quelque peu malmenés.

Plusieurs choses semblent se dessiner : tout d’abord la performance décevante des marchés actions influencée par les éléments macros qui, si la tendance continue dans ce sens, va voir le capital des marchés financiers passer vers les marchés privés, sur lesquels les fonds de PE, et plus largement les fonds alternatifs, opèrent. Ensuite, la tendance semble converger vers une volonté manifeste d’acquérir des sociétés déjà matures, qui possèdent des multiples importants et non plus majoritairement des start-ups comme ce qui pouvait se faire par le passé – à quelques exceptions près, comme le secteur des Fintech. Les raisons à cela sont liées à un climat économique plus incertain, qui ne favorise pas la prise de risque, des disponibilités importantes et une régionalisation des deals.

En effet, les deals intercontinentaux semblent, de manière générale, se tasser et on peut se demander s’il n’y a pas là une volonté de protectionnisme compte tenu du climat politique international actuel.

De ce fait, si les deals sont de taille conséquente alors on peut penser que les effets de synergie seront plus importants et une attention toute particulière sera portée sur la qualité des due diligence pour estimer au mieux l’éventuel goodwill à payer.

Globalement, les secteurs de M&A et de PE semblent avoir de beaux jours devant eux malgré une conjoncture qui n’en reste pas moins tendue et un marché en pleine transformation.

Bibliographie

https://www.journaldunet.com/economie/magazine/1210252-private-equity-la-france-royaume-des-deals-au-premier-semestre-wansquare/https://www.ey.com/gl/en/industries/private-equity/ey-2018-global-private-equity-survey

http://www.bain.com/publications/articles/asia-pacific-private-equity-report-2017.aspx

https://www.jpmorgan.com/jpmpdf/1320744801603.pdf

https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-09-26/siemens-to-merge-rail-operations-with-french-rival-alstom

https://www.lesechos.fr/06/02/2018/lesechos.fr/0301258729817_bourse—les-cinq-grandes-incertitudes-pour-2018.htm

https://www.ey.com/Publication/vwLUAssets/ey-pe-capital-briefing-april-2018/$FILE/ey-pe-capital-briefing-april-2018.pdf

AGEFI HEBDO N°621 du 5 juillet 2018, p.26-27

The Economist, p.58, November 18TH-24TH 2017 issue (General Electrics)

1 AGEFI Hebdo n°621 du 5 juillet 2018, p.26

2 A hauteur de $20 milliards d’ici 2020


Antoine NODETAntoine NODETFebruary 20, 2018
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Dans un marché de Paris anémié et qui ne cesse de se déliter pour des raisons économiques, conjoncturelles, mais aussi réglementaires et fiscales, donc structurelles, toute introduction de belle taille est la bienvenue. NOVARES avec 521 millions de valeur estimée a de quoi mettre du baume au cœur des professionnels de la finance et donner espoir aux entreprises en quête de financement pour leur croissance.

Toutefois de nombreuses raisons doivent inciter à la prudence

Le secteur de la plasturgie est par définition difficile subissant à la fois de fortes fluctuations des matières premières, souvent amplifiées par les variations des parités monétaires et dont les débouchés sont cycliques. Les marges, lorsqu’elles sont positives, sont en fait assez faibles traditionnellement. La marge opérationnelle devrait atteindre 6.5%.

Le passé l’a montré lorsque la société était en situation plus que périlleuse à la suite de la crise de 2008 et que le FAA (Fonds d’Avenir Automobile) à l’initiative de Nicolas Sarkozy est entré au capital assurant ainsi le salut de l’entreprise. Depuis le fonds Equistone a opéré un remarquable travail de retournement mais, est-ce un signe, profitera de l’introduction en bourse pour se désengager partiellement.

Par ailleurs, si la société a su devenir plus forte en se restructurant par la diversification des constructeurs clients et des zones géographiques d’implantation, on peut se demander s’il reste des marges d’amélioration. En revanche, l’horizon n’est pas tout à fait dégagé. La remontée des taux pourrait entraîner un ralentissement économique et en particulier des achats de véhicules, souvent achetés à crédit. Par ailleurs, la position en Chine est présentée comme une opportunité mais ne doit pas faire oublier le souhait des autorités chinoises de voir l’industrie nationale devenir indépendante. Nul ne saurait oublier le développement de l’industrie ferroviaire qui en une petite décennie a su se passer des partenaires étrangers.

Enfin les marchés financiers connaissent des turbulences liées aux hausses de taux qui ne sont pas près de s’atténuer.


AvatarLaurent BATTISTELLIFebruary 19, 2018
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Depuis plus de vingt ans, la société civile, les pouvoirs publics et le monde des affaires s’accordent sur un fait indéniable dépassant la sphère individuelle et mettant la survie de l’être humain au centre des préoccupations : la planète est menacée par les activités humaines qui ont contribué à la richesses des nations.
Initié par la protocole de Kyoto en 1997 et relancé par la COP 21 en 2015, le financement de la transition énergétique et d’un modèle de développement durable, respectueux de l’environnement et des générations futures est au centre des préoccupations relevant d’une nouvelle étape dans l’histoire industrielle mondiale. Si les précédentes révolutions industrielles ont exploité les ressources naturelles et humaines de la planète, l’ere qui semble se dessiner sera celle des économies responsables et de la finance « verte ».

La priorité qui s’impose aux entreprises tout comme aux Etats concerne principalement le changement de sources d’énergie, indispensables pour le maintient de l’activité économique. Les réserves de pétrole, première source d’énergie de nos économies actuelles, tendant à s’amenuiser et dont l’exploitation arrivera à son terme aux environs de 2030, il parait crucial d’encourager le passage à l’exploitation des énergies renouvelables comme pilier de la transition énergétique.
Cependant, l’enjeux est de taille. Les besoins de financement annuels pour limiter le réchauffement climatique global à moins de deux degrés, comme il est convenu par les Accords de Paris, sont considérables.

C’est en partant de ce postulat qu’il convient de donner à la sphère financière toute son importance dans la mouvance vers une économie verte dont les investisseurs semblent de plus en plus se préoccuper et qui représente un secteur à haute rentabilité pour les décennies à venir.

Ainsi, la creation des green bonds comme moyen de financement de ces operations apparait à point nommé dans une société de plus en plus soucieuse de l’impact environnemental des activités des entreprises.

Il est alors légitime de se questionner quant au fait de savoir si la possibilité d’émettre de telles obligations peut constituer une modification majeure dans les politiques de financement des entreprises.

Toutefois, avant d’analyser l’impact des green bonds dans les politiques de financement des entreprises, il demeure important de se demander dans quelles mesures ces obligations vertes peuvent être émises, à quelles entreprises s’adressent-elles, qui peuvent en être les détenteurs et comment éviter les dérives sur un marché porteur et attirant les convoitises

I. Les green bonds, fonctionnement d’un outil de financement au service d’une économie verte.
Si les moyens de financement des entreprises sur les marchés ne manquent pas, se pencher sur le fonctionnement des green bonds revêt un intérêt particulier. En effet, contrairement à une obligation « classique », l’obligation verte contraint son émetteur à employer les fonds tirés de l’émission à une destination particulière et qui doit s’inscrire dans une logique de financement de projets durables.

Cependant, un large vide juridique est présent et aucune loi ou organisme n’encadre strictement ni ne contrôle la bonne utilisation des fonds. Bien que la charte Green Bonds Principles énonce les standards de reference à l’emission de ces obligations, les autorités de réglementation, tout comme les gouvernements, bien qu’adoptant une posture proactive, n’ont toujours pas statué sur les sanctions s’appliquant aux entreprises ne
respectant pas les engagements.

De plus, comme toutes émissions obligataires, cet outil ne convient pas à toutes les entreprises et en écarte de nombreuses ce qui constitue un frein à la volonté d’amorcer une transition globale de l’économie.

Dans cette partie, il s’agira d’expliciter les particularités des green bonds par rapport aux obligations classiques, qui soulignera l’importance de la destination finale des fonds. Une large place sera accordée au volet juridique entourant ces obligations : qui peut faire force d’autorité de contrôle, quel texte les encadre, peut-on profiter de cette zone juridique grise à des fins non morales, seront autant de points qui seront développés.

Dans le cadre des obligations vertes, les montants levés auprès des investisseurs sont destinés spécifiquement à financer des projets ou de l’innovation destinés à la transition énergétique de façon large, c’est-à-dire à l’efficacité énergétique ou aux énergies renouvelables. La spécificité est clairement le fléchage de l’argent directement vers les projets, alors que les obligations traditionnelles financent l’ensemble de l’activité de l’entreprise ou de l’émetteur.

Côté investisseurs, l’agenda green prend beaucoup de place et monte dans la hiérarchie des grands investisseurs institutionnels. On observe un appétit croissant pour les fonds spécifiques green bond ou green impact qui se développent parmi les acteurs de la place.

On constate surtout l’arrivée de nouveaux acteurs qui n’étaient pas des acteurs historiques.

Le principal sujet sur le marché des green bonds est celui de la standardisation. Cela implique d’établir une définition commune du green bond, de fixer des critères d’éligibilité des projets pour le fléchage des montants levés et enfin, de mesurer l’impact environnemental ou social des projets financés. Un reporting d’impact normé permettrait ainsi aux investisseurs de réaliser des arbitrages en fonction de l’impact des projets.

Le deuxième levier consisterait à convaincre davantage d’industriels d’émettre des green bonds pour financer les projets d’efficacité ou d’amélioration de leur empreinte carbone.

Il n’existe pas de définition réglementaire ni de standards précis, mais de grands principes volontaires, les « Green Bond Principles », rédigés en 2013 par quatre grandes banques internationales, Bank of America Merrill Lynch, Citigroup, JP Morgan Chase et le français Crédit Agricole CIB. Ils recommandent notamment des avis d’experts extérieurs, tels qu’une attestation de seconde opinion Pas d’accord commun d’un texte legal de régulation.

Ainsi, l’absence d’accord sur un texte définissant clairement un positionnement commun sur les directives qui doivent être appliquées à l’emission d’un green bond soulève de nombreuse questions quant à l’encadrement, au suivit et aux sanctions applicables en cas de non respect de la bonne destination des fonds.
Cet encadrement repose pour listant sur la seule moralité des entreprise et du facteur réputation qui tend à s’amoindrir en cas de scandale du au « green-washing », cette pratique consistant à se déclarer abusivement comme respectueux de l’environnement ou du climat, dans la commercialisation d’un produit ou une action de communication, et par extension dans le cadre d’une opération financière telle qu’un «green bond»

II. Quel avenir pour le financement des entreprises?
S’inscrivant dans une logique de refonte des systèmes de financement des entreprises tout en favorisant les projets au service d’un nouveau modèle de création de richesses durables, par le green bond est introduite une nouvelle question concernant l’avenir du financement des entreprises. En effet, cette partie sera l’occasion de souligner que la modification qui tend à s’opérer ne concerne pas seulement la forme mais aussi le fond.

Tout en considérant les dispositions prises par les pays signataires des Accords de Paris, mais aussi les préoccupations mondiales sur le réchauffement climatique combinées à la volonté des consommateurs et investisseurs de « dépolluer » leur mode de vie ou leurs portefeuilles, il est pertinent de se demander si la finalité de ces opérations ne réside pas dans le fait que les acteurs économiques souhaitent, à terme, ne financer que des projets eco-responsables.

L’attrait des acteurs de l’économie globale pour les entreprises respectant les critères et dispositions pris par les multiples accords internationaux régulant l’impact climatique de l’activité économique, est en hausse. A cet effet, les investisseurs sont de plus en plus sensibles à ce marché en croissance, en témoigne la forte multiplication des émissions de green bonds. Cependant, celle-ci ne représente qu’une part minime au regard des emissions totales d’obligations.

La dynamique des obligations vertes ou green bonds s’inscrit dans le cadre d’une prise de conscience des enjeux de la lutte contre le changement climatique et du financement de la transition énergétique et écologique. L’intérêt marqué des investisseurs et des émetteurs publics et privés, notamment français, pour les obligations dites « vertes » est notoire. La France a en effet conforté sa position de leader en matière de finance verte lors de la dernière conférence environnementale lorsque le Président de la République a annoncé que la France allait développer le marché des ‘green bonds’ et que l’Etat pourrait porter lui-même un tel instrument financier dédié à la transition. Sous réserve de présenter une véritable additionnalité, l’émission d’une « obligation verte souveraine » est intéressante car elle permettra de passer à une autre échelle et d’élargir la gamme de investissement verts disponibles Cependant, si le marché des green bonds a connu une croissance de +50% depuis sa création en 2007, avec une forte croissance en 2014, son développement a légèrement ralenti en 2015 pour atteindre un niveau d’encours de 91 milliards de dollar en fin d’année 2017, soit moins d’un pour-cent des titres de créance négociés sur les marchés internationaux.

A travers la question des financements par green bonds, on s’aperçoit que c’est toute l’économie qui se trouve concernée. Pouvoirs publics et investisseurs, société civile et consommateurs, bien que les enjeux soient différents pour chacun, une trame commune se dessine : le modele de croissance doit se transformer.
Cependant, sans législation efficace, le risque de dérives est toujours présent et le «greenwashing » inquiète. En definitive, ce n’est pas tant les politiques de financement qui tendent à être modifiées par l’introduction de ce nouveau moyen de financement; mais bien l’utilisation des fonds des entreprises et par extension leurs activités en générale.

Ainsi, une nouvelle idée de devoir pour les acteurs économiques se mêle aux préoccupations climatiques : la transition vers une économie verte tient du ressort de tous, entreprises, Etats, consommateurs, un consortium doit se créer autour d’enjeux communs dont la finalité est profitable à tous.

Si Nietzsche écrit dès 1888 dans l’Antéchrist qu’« un peuple est perdu lorsqu’il confond son devoir avec l’idée du devoir en général », ne serait-il pas d’actualité que tous les acteurs prennent conscience de ce qu’il est attendu d’eux?



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