Jerome BLANCHETJerome BLANCHETAugust 2, 2018
Fotolia_87658912_XS.jpg

9min3220

L’épineux problème de l’application des intérêts négatifs vient d’être remis sur le devant de la scène par une décision de la Haute Cour anglaise du 25 juillet 2018 opposant les Pays-Bas à Deutsche Bank sur l’application des intérêts négatifs dans un contrat de garantie d’instruments dérivés Credit Support Annex (CSA) ISDA.

La problématique de l’applicabilité des intérêts négatifs a été très largement débattue en Europe depuis leur existence dans la zone euro. Elle a notamment été partiellement prise en compte par le protocole d’accord sur les intérêts négatifs ISDA de 2014, mais de façon lacunaire cependant, le protocole ne reprenant pas tous les types de CSA et seulement un nombre limité de contreparties (y ayant adhéré).

Dans sa décision fortement motivée, reprenant les mécanismes clés de l’interprétation du droit des contrats de droit anglais applicables à la convention-cadre ISDA et ses annexes, la Haute Cour anglaise a précisé le champ d’application des intérêts négatifs dans le cadre d’un contrat CSA non soumis au protocole sur les intérêts négatifs : il n’existe aucune obligation de payer des intérêts négatifs au vu du contrat CSA qui lui avait été soumis. En voici les raisons.

La Haute Cour a examiné si le constituant était tenu, en l’absence de dispositions et stipulations expresses prévues à cet effet, de payer des intérêts pour le bénéficiaire de la garantie (en espèces) dans les cas où le taux stipulé dans le CSA était négatif. La Haute Cour, pour les raisons exposées ci-après, a conclu que le constituant n’était pas soumis à une telle obligation.

En l’espèce, Deutsche Bank et les Pays-Bas avaient conclu un CSA obligeant Deutsche Bank à fournir du cash en garantie aux Pays-Bas pour couvrir l’exposition en risque sur certains produits dérivés (cas classique). Le taux d’intérêt contractuel stipulé dans le CSA était alors négatif, mais le protocole portant sur les intérêts négatifs (généralement en vigueur pour la plupart des transactions postérieure à 2014) n’était pas applicable car le CSA avait étéconclu antérieurement et les parties n’avaient pas voulu se soumettre, postérieurement à la signature du protocole ce CSA, à ses stipulations.

Dans leur demande, les Pays-Bas ont fait valoir :

– premièrement que les intérêts courus mais impayés (y compris les intérêts négatifs) devaient être inclus dans le calcul du Credit Support Balance (et conséquemment dans le Return Amount et le Delivery Amount) ; et

– deuxièmement que le but du CSA était de les protéger du défaut de Deutsche Bank et que les intérêts négatifs avaient vocation à s’appliquer pour permettre un traitement commercial « équivalent ». A leur soutien, les Pays-Bas se sont en outre appuyés sur la Bonnes pratiques 2013 de l’ISDA sur l’utilisation du CSA (qui contient [aussi] un principe stipulant que les parties doivent se consulter et décider comment traiter les taux d’intérêt négatifs).

A contrario, Deutsche Bank soutenait que :

– la référence à des intérêts négatifs devait être expresse ; et

– le User’s Guide du CSA ISDA dans le paragraphe 5 (c) du CSA prévoie que le Cessionnaire doit payer des intérêts sur toute garantie en espèces au taux convenu (taux pouvant être nul).

La Haute Cour a retenu les arguments suivants :

– faisant référence à la jurisprudence Firth Rixson concernant l’interprétation de la convention-cadre ISDA, elle a précisé que l’interprétation des CSA doit suivre les principes contractuels habituels à savoir : étudier les impacts sur la relation commerciale en répondant aux objectifs de clarté, de certitude et de prévisibilité ;

– les Pays-Bas n’avaient pas démontré qu’il existait une obligation de Deutsche Bank de payer les intérêts négatifs – l’utilisation du paragraphe 5c) (ii) prévoyait seulement (sauf indication contraire) le transfert d’intérêt par le bénéficiaire au constituant ; en revanche il n’exigeait pas du constituant le paiement d’intérêt au bénéficiaire (et donc la notion d’intérêt négatif ne pouvait en être déduite) ;

– concernant l’argument des Pays-Bas qui intégrait le calcul des intérêts négatifs dans le Credit Support Balance, ce raisonnement aboutissait à une distinction de régime entre les intérêts positifs (compris dans le paiement direct) et les intérêts négatifs (inclus dans le Return et/ou Delivery Amount par le mécanisme du Credit Support Balance). Privé de réel fondement économique, cet argument ne pouvait pas prospérer ; et enfin

– pour l’argument d’équivalence des conditions commerciales, la Haute Cour a noté que le demandeur ne subirait pas nécessairement de pertes en détenant des liquidités dans un contexte de taux d’intérêts négatifs et qu’il était loisible au demandeur d’investir ces espèces dans d’autres produits afin d’en tirer les intérêts escomptés.

La décision ne surprend pas et tient compte des incertitudes qui existent depuis plusieurs années déjà sur les marchés quant à la façon dont les intérêts négatifs doivent être traités en l’absence de stipulations contractuelles expresses et où lorsque le protocole ISDA ne s’applique pas. Le principe qui découle de cette décision d’espèce pourrait avoir vocation à s’appliquer à toute forme de contrats financiers prévoyant le paiement d’intérêts. Au final on peut noter que la décision de la Haute Cour londonienne s’est fondée sur la rédaction claire du CSA en comparaison d’autres types de contrats sur lesquels plusieurs Cours d’Appel françaises se sont déjà prononcées en faveur de l’application des intérêts négatifs (dans des contrats de prêt notamment) en l’absence de stipulations contractuelles précises.

En conséquence, et même si on peut encore s’interroger sur la notion d’intérêts négatifs (l’intérêt représentant le prix du temps qui passe), il nous semble qu’il est donc nécessaire d’analyser au cas par cas l’application (éventuelle !) des clauses d’intérêts négatifs et de le faire en fonction du degré de sophistication de la rédaction ce celles-ci.

De quoi déchaîner la passion des teneurs de plume et les plus habiles de leurs lecteurs…


Alexandre CAMPOSAlexandre CAMPOSJuly 28, 2018
Fotolia_194839680_XS-1.jpg

7min3720

Le côté humain ou animal des salles de marchés demeuraient primordiale dans le monde du trading. De nos jours, l’informatique et les mathématiques sont omniprésentes en front office. Dans cette guerre contre le temps, certains acteurs du marché dénoncent de plus en plus une véritable « course à l’armement », rendant impossible l’intervention de petits acteurs et créant ainsi des distorsions de concurrence.

The Hight frequency Trader ou le trading haute fréquence utilise de puissants ordinateurs incluant des algorithmes permettant de sélectionner et opérer d’infime mouvement de marché avec un ordre de temps proche de la milliseconde. On peut avoir jusqu’à 1000 exécutions à la seconde.

Le but étant de tirer profit de très faible écart de prix sur les valeurs des systèmes de titres, c’est une forme de scalping. Cette forme de Trading qui s’est fortement développé depuis quelques années suscite énormément d’engouement, comme pour Goldman Sachs qui n’a quasiment plus de trader à New York, mais aussi beaucoup de questions pour les gestionnaires, les investisseurs et surtout l’AMF. En effet, il est difficile pour l’AMF d’établir ce ratio car les traders HF ne sont pas tous membres de marché et l’AMF n’a accès en direct qu’à l’identité des membres de marché responsables des ordres et des transactions, non des clients finaux.

Le débat est grand autour de cette forme apparente de Trading. Certains estiment qu’il apporte de la liquidité via le market-making et l’arbitrage ainsi qu’une certaine efficience de marché par le biais d’un équilibre de prix entre place et valeurs liées.

Ses détracteurs dénoncent une liquidité « fantôme », l’instabilité permanente du carnet d’ordres introduirait une incertitude structurelle dans le trading (un ordre est déjà obsolète au moment où il est envoyé) qui est un obstacle à l’éfficience.

Schéma : Source AMF

De plus, les autorités de marché commencent à hausser le ton. Ainsi, l’AMF a récemment fait état d’un rapport accablant sur ce type de trading, dénonçant notamment les menaces « d’intégrité du marché dès lors que les stratégies de trading sont détournées de leur objectif initial pour être utilisées à des fins de manipulation de marché ». 

Nous notons dorénavant l’apparition depuis quelques années l’apparition d’un système similaire au trading haute fréquence : Les robots advisors.

Provenant pour la plupart et surtout en France de FinTech (Financial Technology), soutenus par l’AMF et l’ACPR, cela marque une rupture pour les particuliers concernant leurs investissements et leurs conseillés.

Notons que les robots sont déjà bien établis en finance de marché comme énoncé ci-dessus. Pour les acteurs de la finance de marché, ces robots sont une réalité indéniable prenant entièrement partie dans l’ère du digital (BigData).

Les banques ont donc ouvert cette possibilité aux investisseurs particuliers afin de retenir à moindre cout les clients peu rentables, attirer de nouveaux clients via une délégation des transactions automatisé et fluidifié à travers ces robots et leurs algorithmes.

Les possibilités sont nombreuses pour une gestion de portefeuille, une définition du marché et du profil de risque permet alors de laisser libre cours au robot qui traitera les ordres automatiquement. Qui sera pris alors pour responsable d’une mauvaise gestion, une perte de capital ou un mauvais arbitrage. La banque, le quant ou l’investisseur ? de nombreuse question restes présente concernant ces robots attrayant, avide de gain mais encore plus la plupart inefficient sur des sites frauduleux.

En résumé, les robots permettent pour les acteurs financiers un trading haute fréquence permettant une exécution automatique sur des milliers d’ordres au quotidien, néanmoins il nécessite une vigilance de tous les instants ainsi que des personnes hautement qualifiées en mathématiques et en informatique pour repousser un peu plus chaque jour les limites de la finance. Ce système fut une ouverture aux Fintech et un développement de l’offre bancaire et financière pour les investisseurs particuliers à travers des robots pouvant gérer un portefeuille d’actif en achat/vente de façon algorithmique.


Ahmed TOUILAhmed TOUILJuly 26, 2018
Fotolia_186725100_XS.jpg

10min3190

L’inflation et la lutte contre celle-ci ont beaucoup préoccupé le public ces dernières années. Le rétrécissement du pouvoir d’achat du dollar dans le passé, et en particulier la crainte (ou l’espoir par les spéculateurs) d’une nouvelle baisse sérieuse à l’avenir, a grandement influencé la pensée de Wall Street. Il est clair que ceux qui ont un revenu fixe en dollars souffriront lorsque le coût de la vie sera plus chère, et il en va de même pour un montant fixe de capital en dollars.

D’autre part, les détenteurs d’actions ont la possibilité qu’une perte du pouvoir d’achat du dollar puisse être compensée par des avances sur leurs dividendes et les prix de leurs actions. Sur la base de ces faits indéniables, de nombreuses autorités financières ont conclu que les obligations sont une forme d’investissement intrinsèquement indésirable et, par conséquent, les actions ordinaires sont, par leur nature même, des placements plus souhaitables que les obligations.

Nous avons entendu dire que les institutions caritatives devraient être constituées de 100% d’actions et de zéro% d’obligations. C’est un renversement de situation par rapport aux premiers jours où les investissements fiduciaires étaient limités par la loi aux obligations de premier rang (et quelques choix stocks préférés).

Il faut avoir assez d’intelligence pour reconnaître que même les actions de haute qualité (HQLA) ne peuvent être mieux achetées que les obligations dans toutes les conditions – indépendamment de la hauteur du marché boursier et du rendement du dividende actuel par rapport aux taux disponibles sur les obligations.

Une déclaration de ce genre serait aussi absurde que l’affirmait le contraire – trop souvent entendu il y a des années – que toute obligation est plus sûre que n’importe quelle action. Dans ce chapitre, nous essaierons d’appliquer diverses mesures au facteur d’inflation, afin de tirer des conclusions quant à la mesure dans laquelle l’investisseur peut être sagement influencé par les anticipations concernant les hausses futures du niveau des prix.

Dans ce domaine, comme dans tant d’autres dans la finance, nous devons fonder notre vision de la politique future sur la connaissance de l’expérience passée. L’inflation est-elle quelque chose de nouveau pour ce les états unis, au moins sous la forme grave qu’il a prise depuis 1965? Si nous avons vu des inflations comparables (ou pires) dans l’expérience de vie, quelles leçons peut-on en tirer pour faire face à l’inflation d’aujourd’hui?

La plus forte dose sur cinq ans a eu lieu entre 1915 et 1920, lorsque le coût de la vie a presque doublé. Cela se compare à la progression de 15% entre 1965 et 1970. Entre-temps, nous avons connu trois périodes de baisse des prix, puis six d’avances à des taux variables, certaines assez faibles. Sur cette base, l’investisseur devrait clairement tenir compte de la probabilité d’inflation continue ou récurrente à venir.

Pouvons-nous dire quel sera le taux d’inflation? il montre des variations de toutes sortes. Il semblerait raisonnable, cependant, de s’inspirer de l’historique plutôt constant des 20 dernières années. La hausse annuelle moyenne du niveau des prix à la consommation pour cette période a été de 2,5%; pour 1965-1970, il était de 4,5%; Pour la seule année 1970, elle était de 5,4%. La politique officielle du gouvernement a été fortement contre l’inflation à grande échelle, et il y a des raisons de croire que les politiques fédérales seront plus efficaces à l’avenir que ces dernières années. Je pense qu’il serait raisonnable pour un investisseur de baser son réflexion et décisions sur un taux d’inflation futur probable (loin d’être certain) de, disons, 3% par an. (Cela se comparerait à un taux annuel d’environ 21/2% pour toute la période 1915-1970.)

Quelles seraient les implications d’une telle avancée? Cela ferait grimper, à un coût de la vie plus élevé, environ la moitié du revenu que l’on peut maintenant obtenir avec de bonnes obligations à moyen terme exemptes d’impôt (ou notre équivalent hypothétique après impôt d’obligations de sociétés de premier ordre). Ce serait un rétrécissement sérieux, mais il ne devrait pas être exagéré. Cela ne signifierait pas que la véritable valeur, ou le pouvoir d’achat, de la fortune de l’investisseur doit être réduite au fil des ans. S’il dépensait la moitié de son revenu d’intérêt après impôts, il maintiendrait ce pouvoir d’achat intact, même contre une inflation annuelle de 3%.

Mais la question naturelle, est la suivante: «L’investisseur peut-il être raisonnablement sûr de faire mieux en achetant et en détenant autre chose que des obligations de haute qualité, même au taux de rendement sans précédent offert en 1970-1971? par exemple, un programme d’achat d’actions serait-il préférable à un programme d’achat d’actions à participation partielle? Les actions ordinaires ne disposent-elles pas d’une protection intégrée contre l’inflation et ne sont-elles pas presque sûres de donner un meilleur rendement au fil des ans que les obligations?

La réponse à ces questions est un peu compliquée. Les actions ordinaires ont en effet fait mieux que les obligations sur une longue période dans le passé. La hausse du DJIA, qui est passé de 77 en moyenne en 1915 à 753 en moyenne en 1970, s’échelonne sur un taux annuel d’environ 4%, auquel s’ajoute 4% pour le rendement moyen des dividendes. (Les chiffres correspondants pour le composite S&P sont à peu près les mêmes.) Ces chiffres combinés de 8% par an sont bien sûr beaucoup mieux que le rendement des obligations sur la même période de 55 ans. Mais ils ne dépassent pas ce que proposent désormais les obligations de qualité supérieure. Cela nous amène à la prochaine question logique: y a-t-il une raison convaincante de croire que les actions ordinaires sont susceptibles de faire beaucoup mieux dans les années à venir qu’elles ne l’ont fait au cours des cinq dernières décennies et demie?

Les stocks communs peuvent faire mieux dans le futur que par le passé, mais ils sont loin d’être certains de le faire. Il faut traiter ici deux éléments de temps différents dans les résultats d’investissement. Le premier couvre ce qui est susceptible de se produire à long terme – disons les 25 prochaines années. La deuxième s’applique à ce qui est susceptible d’arriver à l’investisseur – financièrement et psychologiquement – sur des périodes courtes ou intermédiaires, disons cinq ans ou moins. Son état d’esprit, ses espoirs et ses appréhensions, sa satisfaction ou son mécontentement à l’égard de ce qu’il a fait, surtout ses décisions, sont déterminés non pas rétrospectivement par une vie d’investissement, mais plutôt par son expérience d’année en année.

Il n’y a donc pas de lien étroit entre les conditions inflationnistes (ou déflationnistes) et le mouvement des bénéfices et des prix des actions ordinaires. L’exemple évident est la période récente, 1966-1970. La hausse du coût de la vie a été de 22% aux états unis, la plus importante en cinq ans depuis 1946-1950. Mais les bénéfices boursiers et les prix des actions dans leur ensemble ont diminué depuis 1965. Il y a des contradictions similaires dans les deux directions dans le record des périodes quinquennales précédentes.


Mohamed GUERBAZMohamed GUERBAZJuly 26, 2018
Fotolia_195393707_XS.jpg

4min3480

Le lancement en 2007 de MiFID II n’a pas répondu parfaitement aux attentes des marchés. Une expérience qui a ete challenge par la crise des sub-
primes (defauts reglements-livraisons, manque de liquidite, manque de transparence,. . . ) juste quelques mois plus tard. Le 03 janvier 2018 MiFID II a vu le jour
comme successeur qui, selon les experts des marche nanciers, reste loin d’être un changement progressif. MiFID II changera radicalement la quasi-totalité du
marchée tel que nous le connaissons aujourd’hui, avec des repercussions profondes sur toutes les parties négociantes d’instruments financiers. En particulier, MiFID II ne va pas seulement changer completement la facon dont presque tous les produits de gré à gré sont cotes, negocies et declares, mais apportera
également d’autres changements au marchée boursier negocié en bourse. Cela entrainera toute une serie d’implications pour les banques d’investissement, les
banques privées, les gestionnaires d’actifs, les banques de détail, les compagnies d’assurance, les fournisseurs d’infrastructures de marché et les entreprises non
financières telles que les fournisseurs d’énergie.

MiFID II doit être alignée sur un certain nombre d’autres réglementations mises en ouvre a l’échelle mondiale, européenne et nationale. Par consequent,
de nombreuses entreprises reagissent en considerant plusieurs reglementations connexes, par exemple aligner Dodd Frank, Bâle III / directive sur les exigences
de fonds propres (CRD) (Connu comme Basel IV), reglement EMIR (European Market Infrastructure Regulation), directive sur les abus de marche (MAD)
II et MiFID II. Cette demarche permettra une mise en oeuvre beaucoup plus contrôléee, cohérente et efficace, en évitant la duplication du travail dans les zones
de chevauchement. Les entreprises doivent comprendre l’impact, a la fois sur leur organisation et sur le marché en général, pour évaluer les exigences de confor-
mité spécifiques à leur organisation et déterminer les opportunitées commerciales potentielles. Compte tenu de cette complexité et de cette vaste portée, les en-
treprises devraient s’assurer que leur stratégie et leur organisation sont alignées pour la conformité à janvier 2017.

La nouvelle directive vise a mettre un  “Focus”  sur les plates-formes de négociation réglementées (marchés réglementés, systèmes multilatéraux de négociation et systèmes organisés de négociation) pour la négociation réglementé des instruments nanciers ou assimilés (tels que les dérivés, les obligations, les produits structurés, les quotas d’émission carbone. . . ), éetablir un climat de négociation transparent Pré/Post opération, stabiliser les marchés financiers via l’encadrement des activités de trading algorithmique, protection les investisseurs et garantie du principe de ”Best Execution”. Cette transparence dans
l’exécution s’accompagne d’une forte augmentation du nombre de plateformes de négoce et du nombre de rapports générées (reporting).

Est-ce que le coût de l’exécution et la complexité vont visiblement diminuer?


Lauriane NYALauriane NYAJuly 26, 2018
Fotolia_154599216_XS.jpg

5min2710

Ce concept de finance dite « green » a toujours fait parlé de lui depuis un bon bout de temps .Il met en rapport des domaines tel que : la finance, l’économie et l’éco responsabilité. Au premier abord on pourrait dire qu’il s’agisse de deux notions plutôt contradictoires, mais pourtant il s’agit ici de trouver des solutions pour que la finance mette une pierre à l’édifice d’une planète plus saine.

Nous avons d’un coté l’écologie, un domaine dont le but principale est de permettre une meilleure préservation des ressources naturelles. De l’autre côté, nous avons la finance, dont la principale ambition est de tirer autant de bénéfices que possible des ressources naturelles, et inclue fatalement une consommation de celles-ci.

La question ultime ici est donc : y a-t-il une possible réconciliation entre la finance et l’écologie.

Pour pouvoir y arriver, il conviendra d’abord de se débarrasser des postures convenues, des discours surfaits, autrement dit du « politiquement correct ». La nature est considérée comme un cadeau dont les hommes sont les gardiens et qu’il convient de préserver pour les générations futures.

Alors oui, il devient possible de tracer une voie commune entre ceux deux pensées. La finance est déjà vue comme un moyen (et non une fin) pour le développement économique, tout en acceptant une certaine forme de décroissance pour les biens de consommation et l’utilisation des énergies, alors pourquoi la finance ne pourrait elle pas être au service de l’homme ? Il faut voir cela comme une responsabilité individuelle mais aussi collective et prospective, c’est à dire une responsabilité transgénérationnelle afin de quitter l’immédiateté pour penser le futur lointain.

Grâce à ce concept tendance de finance verte, on voit des projets se mettre en place dans le but de permettre au monde de la finance en général d’être plus responsable sur le plan de l’écologie. Ainsi, il aurait possibilité d’assouvir ses besoins en termes de ressources tout en restant dans des limites raisonnables, qui pourraient être délimitées par différents consensus. Même si cela n’est pas totalement évident, des efforts sont faits pour arriver à ce résultat.

Il est question de faire en sorte d’investir dans plus de projets qui jouent un rôle plus important pour la nature. Parmi ces investissements nous avons les énergies renouvelables qui sont un exemple bien concret, car on touche le long terme. De plus ces énergies sont bien plus rentables que les énergies fossiles. Mais nous ne pouvons pas nier le fait qu’une telle transition est à la fois couteuse financièrement et très étalée sur le long terme.

Comme autre contraintes possible, nous avons les défaillances présentes dans le monde de la finance (exemple : crise de 2008) qui pourraient avoir des conséquences plutôt désastreuses sur la nature si on en venait à lui confier celle-ci. Il est donc évident que pour concilier les besoins des deux domaines, il est nécessaire de fixer quelles sont les limites à ne pas franchir, et quels sont les objectifs à atteindre pour assurer autant une bonne préservation de la nature et un bon rendement financier de celle-ci. Pour cela il faudrait des rencontres entre écologistes et financiers, sans anathème ni préjugé, commelaCOP21 à Paris.

De manière globale, on conclue q’une finance verte est tout à fait possible, et les discussions essentielles au succès de ce projet sont déjà effectuées par les organisations concernées. L’implémentation de ce projet est sur en expansion, nous avons foi en le succès de cette collaboration pourtant si inattendue.

 


Ilias KACHMARIlias KACHMARJuly 25, 2018
Fotolia_141775930_XS.jpg

17min3560

The carbon market… What is it?

Roughly speaking, it is a market similar to the equity market where we find buyers, sellers and brokers, but instead of trading shares, we negotiate rights or credits for CO2 emissions. Companies are first subject to emission quotas that they must reach, and then during each year, a CO2 emission quota is allocated to each facility (1 quota = 1 ton of CO2). In the European Union, if a company emits more carbon than the imposed limit by the European Union Emissions Trading Scheme (EU ETS), the company must buy a “right to pollute” from a company that consumed less than its quota.

Effectively, companies that fail to ensure their quotas must purchase “rights” to emit more CO2. On the other hand, a company that has managed to emit lower quotas than what was imposed, will obtain credits of which can be sold on the market, all through different types of contracts. The aim of this system is to reward the “good performers” who invest in clean technologies by allowing them to earn money by selling their credits and penalizing those who exceed their quotas by forcing them to buy “rights” to pollute more.

There are two types of carbon markets: A “regulated” and a “voluntary” carbon market. The regulated carbon market concerns the countries that are part of the Kyoto Protocol. It is binding, and concerns the five sectors considered as the most polluting sectors: electricity production, steel, paper, refining, and glass. On the other hand, the voluntary market is open to everyone: anyone can offer CO2 credits, but for this to work you need at least a label.

In the regulated market by the Kyoto Protocol, there are different types of mechanisms for green project financing. For example, the “joint implementation mechanism” gives companies the opportunity to invest in “clean projects” outside of their national territory and subsequently generates greenhouse gas emission credits that can be used by these investors. There is also the “clean development mechanism”, which allows developed countries to achieve their greenhouse gas emission reduction targets by investing in projects that reduce these emissions in developing countries. In return, they obtain emission credits that can be used for their own greenhouse gas reduction targets.

Several types of gas are involved in this market:

Carbon dioxide (CO2), Methane (CH4), Nitrous oxide (N2O), Sulfur hexafluoride (SF6), Hydrofluorocarbons (HFC), Perfluorocarbons (PFC) or per fluorinated hydrocarbons.

Some key data…

The carbon market is also a public policy tool to reduce greenhouse gas emissions (mainly CO2) in the atmosphere, of which are responsible for global warming. As a result, companies are driven to invest in green and less polluting technologies, whether in the energy, transportation, housing or agriculture sectors.

Nowadays, 60% of global GDP is covered by a carbon price, and to reach it, 46 countries and 26 provinces/cities have introduced carbon pricing, whether through tax or emissions trading schemes.

Nonetheless, this level still seems too low to support the transition to a low-carbon economy in both public and private sectors, according to the I4CE, Institute for Climate Economics:

Indeed, more and more countries have introduced taxes or markets since the Paris Agreement to give CO2 a price, each country has its own carbon price and the differences vary by less than 1 Euro, as in Poland and Ukraine, up to 139 € in Sweden. There is no common global carbon price and prices vary considerably from one country to another!

As a result, it is difficult to assess the economic consequences of climate change. However, US researchers have calculated the effects on the world economy if we line up on a trajectory of 1.5 ° C by the end of the century. The result is a gain estimated at $ 20 trillion.

We can also note that 75% of emissions are covered by prices not exceeding $10 per tonne of CO2. The objective of limiting the global temperature to 2 ° C by the end of the century as set by the Paris Agreement cannot be achieved given these large price differences. According to economists and presidents of the High Level Commission on Carbon Prices, Stern and Stiglitz, prices should vary between $ 40 and $ 80 per tonne by 2020, then between $ 50 and $ 100 by 2050 to achieve this goal.

Carbon revenues are an increasingly important source of financing for the environment and the economy” stated by the I4CE.

Indeed, this carbon pricing generates 32 billion dollars of revenues in 2017, against 22 billion dollars in 2016. These revenues are used for the general public budget, for projects dedicated to low carbon transition, to finance tax exemptions and a small part is transferred to companies and households.

China creates the world’s largest carbon market

Heavyweights like China and Canada; respectively because of coal-fired power plants and tar sands industry, are among the largest emitter of greenhouse gases. Thus, between 2016 and 2018, the percentage of global emissions covered by carbon pricing has almost doubled from 13% to 25%, mainly through the entry into force of the Chinese trading system in 2017. For the coming years, more than 25 pricing instruments are announced.

As of 19th December 2017, China has created the largest carbon market in the world, and largely surpasses the European emissions trading market. The more companies pay to pollute, the more motivated they will be to invest in the clean energy sector, where China is already a world leader in term of investment. Surprising, no?

With the launch of this carbon market, China not only sees a market opportunity, but also intends to be at the forefront of the global warming fight, just when the United States decided not to more honor their commitments. At the Paris agreement, China promised to reduce its carbon emissions by 60% to 65% per unit of GDP by 2030, compared to 2005 levels.

When it comes to reducing carbon emissions, it’s not just about what governments can do, but about what the population itself can do. The United Nations reported that the entire process of producing, harvesting, transporting, and packing food waste generates more than 3 billion tons of CO2. If this food waste quantity was a country, it would be the third largest greenhouse gases emitter behind the United States and China.

Other regions are pulling out of the system, and see it as a disadvantage: Ontario

Ontario, however, sees things differently. Ontario’s new Prime Minister Doug Ford since the 29th June 2018, rather conservative, is fulfilling his election promise to take the province out of the common carbon market with Quebec and California.

Why?

According to him:

Cap and trade systems for greenhouse gas emissions are nothing more than tax levies that do not represent any gain for the environment and deprive taxpayers of their money – they primarily serve to fund large government programs.

The Earth biodiversity will undergo important changes if humans do not react in time!

International trades are primarily derived from fauna and flora, and global warming will impact them seriously.

This would result the extinction of several hundred thousand plant species. CO2 causes an increase in the growth rate of plants, but the increase in temperature will have repercussions on their lives. Global warming will also increase the severity of disease in the ocean and cause a deterioration on the marine ecosystem health (fish, algae, corals, etc.), and the entire food chain will be impacted.

Reducing these inequities and inefficiencies would save a lot of money. Does the human race realize that if plants disappear because of the increase of CO2 present in the atmosphere and the decrease of the oxygen, many forests would disappear, there would be less food for human consumption and many species would become extinct? Life in general would suffer unthinkable consequences. As a result, the Earth’s biodiversity will undergo significant changes if humans do not react in time.

Nowadays, there is a lack of projects that allows or targets waste transformation into energy, and that in some countries landfills are burned, partly responsible for greenhouse gas emissions instead of being used for example in transportation or local energy.

Therefore, the carbon market seems to be a good tool to encourage a real energy transition and to unite all countries efforts.

For that to occur, all countries would need to abide by these rules through energy production, agricultural transformation and waste management. Countries would need to take advantage of these financial resources to be able to invest differently and durably!

The Earth biodiversity will undergo significant changes if humans do not react in time.”

Sources:

http://edgar.jrc.ec.europa.eu/overview.php?v=CO2andGHG1970-2016&sort=des8

https://www.contrepoints.org/2018/06/22/318712-lenergie-par-le-marche-plutot-que-par-letat

https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/le-bon-prix-pour-le-carbone-50-a-100-la-tonne-en-2030-144475.html

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/marches-du-carbone

 


Ilias KACHMARIlias KACHMARJuly 23, 2018
Fotolia_174211454_XS.jpg

6min3060

The French SME lending company has made the decision to increase its loan capacity by 200 million euros. A decision that should reassure private investors.

Lendix decides to think bigger. With the creation of a new fund of 200 million euros, the leader of “crowdfunding” hopes to guarantee to SMEs access to loans. This fund “ensures private customers and offers insurance to borrowers to receive their funds very quickly,” said Thomas de Bourayne, president of Credit.fr. The European Investment Bank (EIB) is one of the investors.

« Increase its strategic strength »

The French platform, which has already lent 150 million euros to SMEs, aims to extend its scope.

“This new commitment of leading institutional investors will increase Lendix’s strength by supporting more than 600 VSEs & SMEs in their development,” said Olivier Goy, founder and president of Lendix. This initiative will undoubtedly help boost the investment of European SMEs, and consolidate its leading position in its category in France: A decision that seems responsible considering how Lendix remains below its target risk budget of 2% of outstandings. Nevertheless, the gap remains wide with the UK world leader Funding Circle, which reported having lent more than $ 5 billion.

However, it should be noted that to lend money to a SME, Lendix proceeds firstly with an eligibility test. It is necessary that:
• The head office has to be in Metropolitan France,
• The company must have a commercial activity,
• The turnover must be greater than 250 000 €,
• Operating incomes must be positive.

An in-depth study is then carried out on the career of the CEO where they verify whether he has created other companies or not, and whether they are doing well or not.

Once these verifications have been made, and to ensure their viability and profitability, the analyst examines – through financial documents – the company’s profitability and repayment capacity, its solvency through EBITDA and equities.

No SME is immune to bankruptcy!

According to a study carried out by the Banque de France from March 2017 to March 2018, the number of SME defaults is decreasing. Defaults are falling for all SMEs (-7.1%) and are increasing for medium-sized companies and large companies (+17 failures over one year), as shown in the table below:

 

Source : Banque de France, Direction des Entreprises, Données disponibles fin mai 2018

The higher the rating, the lower the loan rate!

Even if the number of SME bankruptcies in France decreases, Lendix must ensure that the company to which it will lend funds will be able to repay.
To do such, the Lendix credit team guarantees – as soon as the offer is issued – a fixed interest rate for the entire duration of the contract, based on a rating assigned to the project. This rating, ranging from A+ to C, allows lenders to easily understand the repayment capacity of the company and the risk level of the project to finance.

Here are the loan rates defined for each rating:

 

Source: https://lendix.com

In order to evaluate the loan rate amount, several criteria are taken into account:
– The performance of the company
– The Business environment
– The quality of the management team

The higher the Fixed Charge Coverage Ratio (FCCR), the greater the margin of safety!

Above all is calculated the Fixed Charge Coverage Ratio (FCCR) through the following formula:


• If the FCCR is < 1, there is not enough profitability to cover the debt repayment charges,
• If the FCCR is = 1, the profitability is just enough to cover the debt repayment expenses,
• If the FCCR is > 1, the profitability is sufficient to cover the expenses of repayment of debts.

Thus, in order to ensure its financial independence, any SME must diversify its sources of financing so as to ensure a positive growth, manage its risks and ensure its financial balance.

This decision taken by Lendix is somewhat correlated with the decrease in the number of SME bankruptcies and the growing number of created companies that will perhaps be tomorrow’s large groups.

Sources:
https://www.banque-france.fr/statistiques/chiffres-cles-france-et-etranger/defaillances-dentreprises
https://lendix.com/les-etapes-de-selection-dune-entreprise-chez-lendix/
https://fitsmallbusiness.com/what-is-fixed-charge-coverage-ratio-fccr/


Josselin FOURRIERJosselin FOURRIERJuly 20, 2018
Fotolia_162670537_XS.jpg

6min2760

Nous savons tous que l’image que nous dégageons est la première chose perceptible par les autres. L’actualité de ces dernières semaines m’a fait réagir sur le risque d’image des dirigeants, des employés ou même de l’entreprise elle-même. La question que l’on peut se poser lorsque nous souhaitons investir dans une société, peut être formulée de la manière suivante, est-il possible d’évaluer et de quantifier le risque d’image ?

Dans cet article nous allons poser les jalons de cette réflexion, car le risque d’image est souvent subjectif et l’impact qu’il aura diffère largement suivant sa nature et suivant le public atteint par ce risque.

Lorsqu’un investisseur décide d’investir ou non, la plupart du temps il se base sur une analyse fondamentale des comptes de la société, de son positionnement, sa part de marché. L’analyse fondamentale se base sur des éléments quantifiable et mesurable. Mais l’investisseur peut très bien, de part son horizon d’investissement, se baser uniquement sur de l’analyse technique, se basant uniquement sur l’analyse des cours boursiers et des figures qu’ils peuvent former. Dans cet article nous nous baserons que sur l’investisseur utilisant l’analyse fondamentale car son horizon d’investissement est beaucoup plus long.

Les données économiques qu’une société peut fournir au travers de ses comptes annuels (bilan et compte de résultat) nous indiquent sa situation financière ainsi que sur l’actif de la société (outils de production, usine, parc automobile, etc..). Avec ces données nous pouvons donner une certaine valorisation de cette dernière, mais ils nous indiquent également l’évolution de son chiffre d’affaires par rapport aux années précédentes, généralement l’entreprise indique également des projections sur l’évolution de son chiffre d’affaires ainsi que sa part de marché pour les années à venir, ce qui permet d’ajuster cette valorisation en fonction des revenus qu’elle pourra générer. Ces données économiques sont utilisées par tous lorsqu’il s’agit d’analyser et de formuler des objectifs de cours.

Ce qui nous intéresse vraiment c’est de pouvoir mesurer et quantifier le risque d’image, qui par nature, n’est que difficilement quantifiable. Le risque d’image ou de réputation correspond à l’impact que peut avoir une erreur de gestion sur l’image d’une organisation, la réputation est un actif stratégique pour le développement et la valeur de l’entreprise. Celle-ci doit être prise très au sérieux par les investisseurs car un dirigeant ou même l’entreprise en tant que telle soupçonné de fraude ou de corruption peut avoir un impact non négligeable sur la valeur de l’entreprise. Prenons un exemple, LafargeHolcim, cette dernière a été accusée d’avoir financé l’état islamique afin de continuer à travailler et à honorer ses contrats, ou plus récemment, l’affaire Weinstein nous prouve que l’impact de telle affaire peut anéantir une société, c’est le cas ici, la société qui porte le nom de son fondateur ne vaut quasiment plus rien.

Ce que les investisseurs doivent quantifier c’est la qualité et le charisme du dirigeant de la société, c’est un personnage primordial dans la vie d’une société, c’est lui qui donne les axes stratégiques à suivre, c’est lui qui insuffle la motivation de ses salariés.

Prenons le cas de Total, lorsque son ancien PDG Christophe de Margerie est décédé accidentellement dans un dramatique accident d’avion, le marché avait chahuté la valeur car c’était un dirigeant charismatique, il savait ou il voulait amener Total, comment l’amener.

Chaque investisseur devrait se rendre aux assemblés générales des entreprises car c’est un exercice difficile pour les dirigeants, ils doivent s’exprimer et réponde aux questions des actionnaires, jue pense que c’est le meilleur moyen d’apprécier la qualité d’un dirigeant, et ainsi d’évaluer sa capacité à générer des revenus pour son entreprise.


Alassane MBENGUEAlassane MBENGUEJuly 19, 2018
Fotolia_73481319_XS.jpg

12min3160

L’effet de levier peut être présenté très rapidement dans son principe. Son mécanisme tient à deux propositions :

La rentabilité des fonds propres est accrue par un recours à l’endettement financier si et seulement si la rentabilité des actifs est supérieure au coût des dettes ;

Cette augmentation de rentabilité a pour contrepartie une augmentation du risque financier de l’entreprise, qui croît avec le niveau des dettes de l’entreprise.

Principe de l’effet de levier

L’effet de levier explique le taux de la rentabilité des capitaux propres en fonction du taux de rentabilité de l’actif économique et du cout de la dette.

L’ensemble des capitaux apportés par les préteurs et les actionnaires finance l’ensembles des emplois, c’est-à-dire l’actif économique ; ces emplois dégagent un résultat d’exploitation qui se répartit ensuite entre les frais financiers (rémunération des prêteurs) et le résultat net revenant aux actionnaires.

En fait lorsque l’on compare la rentabilité des capitaux propres et la rentabilité économique (après impôt pour être homogène), on s’aperçoit qu’elles ne sont séparées que par l’impact de la structure financière.

On appelle effet de levier la différence entre la rentabilité des capitaux propres et la rentabilité économique économique.

L’effet de levier explique comment il est possible de réaliser une rentabilité des capitaux propres supérieure à la rentabilité économique.

Mais attention, l’effet de levier peut jouer dans les deux sens : s’il peut accroitre la rentabilité des capitaux propres par rapport à la rentabilité économique, il peut aussi, dans certains cas, la minorer. Le rêve devient un cauchemar.

Les limites des taux de l’effet de levier

Partant d’une taulogie comptable, la formule de l’effet de levier est nécessairement juste, même si certains chiffres sont manifestement des aberrations. Ainsi, le coût de la dette calculé comme le rapport des charges financières nettes des produits financiers sur l’endettement net au bilan pourra être de façon évidente trop élevé (ou trop faible). Cela indique simplement que l’endettement net figurant au bilan ne correspond pas à l’endettement moyen, que l’entreprise est beaucoup plus endettée que cela (ou beaucoup moins) ou qu’il y a un phénomène de saisonnalité ou une opération financière (augmentation de capital) qui a été réalisée en cours d’année.

Il faut donc se méfier des taux d’intérêt apparents lorsqu’ils sont visiblement aberrants et de l’effet de levier ainsi calculé.

La rentabilité économique ou la rentabilité des capitaux propres sont des taux de rentabilité comparable ex-post ; en aucun manière ils ne peuvent correspondre aux exigences de rentabilité ex-ante des actionnaires ou de l’ensemble des pourvoyeurs de fonds.

L’intérêt de l’effet de levier

Stratégie caricaturale des années 1960, ou actuellement en chine dans la sidérurgie, la stratégie de fuite en avant est particulièrement bien adaptée dans un contexte de forte croissance. Cette stratégie a une double caractéristique : forts investissements pour augmenter la taille de l’outil industriel et faibles marges pour conquérir des parts de marché et faire tourner l’outil de production. Bien évidemment, la rentabilité économique est faible (faibles marges et forts investissements), mais le recours inévitable à la l’endettement (la faiblesse des marges entraine des flux sécrétés par l’exploitation insuffisants pour couvrir les investissement important) permet de gonfler la rentabilité des capitaux propres par le mécanisme de l’effet de levier. Ce d’autant plus que le cout réel de la dette est faible ou négatif en raison de l’inflation. Cependant, la rentabilité des capitaux propres est très instable, elle peut brutalement chuter lorsque le taux de croissance de l’activité se ralentit.

Ce fut typiquement la stratégie de Suntech, le leader mondial chinois des panneaux solaires, qui lui a permis de s’imposer sur son marché, de « descendre sa courbe d’expérience » diraient les consultants, mais qui fut aussi la source de sa faillite en 2013.

L’intérêt de l’effet de levier est donc essentiellement pédagogique : comprendre comment se partage la rentabilité des capitaux propres entre la rentabilité de l’outil industriel et commercial et une pure construction financière (l’effet de levier).

L’effet de levier n’a qu’un intérêt limité en finance car il ne crée pas de valeur sauf dans deux cas très particuliers :

Inflation constante, le taux d’intérêt réel (inflation déduite) est négatif et conduit à la spoliation des créanciers remboursés en monnaie de singe pour plus grand bonheur des actionnaires.

D’un endettement très lourd (cas des sociétés en LBO, qui pousse les dirigeants à être particulièrement performants pour que l’entreprise soit à même, par ses flux de trésorerie, de faire face au lourd poids de son endettement qui a alors peu près le rôle du fouet dans les villas de l’antiquité !

Une globalisation abusive de la dette

Un point qui n’est que rarement mentionné concerne la nature des capitaux empruntés des dettes. Implicitement, les auteurs entendent “Total des dettes financières”. Or, pour valider ce modèle, on doit retenir l’ensemble des dettes (dettes financières, dettes d’exploitation, dettes hors exploitation). En effet, comme la rentabilité économique est calculée sur le total de l’Actif, cela implique que l’on doive raisonner sur le total du Passif. Les fonds propres, les dettes financières et les dettes non financières (dettes fournisseurs et assimilés, dettes fiscales et sociales, autres dettes).

On est donc confronté à une alternative dont les termes ne sont satisfaisants ni l’un ni l’autre :

– si l’on retient comme indicateur l’ensemble des dettes de l’entreprise, on incorpore des dettes qui ne portent pas intérêt (dettes d’exploitation et dettes hors exploitation) et donc le calcul d’un coût moyen de la dette est faussé ;

– si l’on ne retient que les dettes financières, le calcul d’un coût moyen de la dette aura un sens, mais cela introduit une nouvelle hypothèse :

on suppose que Total du Passif = Capitaux Propres + Dettes financières.

En d’autres termes, on suppose qu’il n’existe pas de dettes non financières. En tout état de cause, on procède à une globalisation de la dette indépendamment de son origine et de son coût, et surtout sans tenir aucunement compte de son terme. Dans ces conditions, cela expose le modèle à une sensibilité aux fluctuations de la dette d’exploitation. Or, en matière de politique financière, les directeurs financiers jouent régulièrement sur le montant de leurs dettes d’exploitation pour résoudre leurs problèmes de financement.

Ceci peut s’expliquer, après coup, par le modèle lui-même :

La rentabilité financière d’une entreprise est égale à sa rentabilité économique augmentée du différentiel entre le rendement des actifs et le coût moyen des dettes multiplié par le coefficient d’endettement. Par simple lecture, on comprend que tant que r – i > 1 l’entreprise a intérêt a s’endetter.

Tant qu’une entreprise trouve des actifs dont le taux de rentabilité est supérieur au taux de financement des dettes, l’entreprise a intérêt à se financer par de la dette.

A fonds propres égaux, on accumule ainsi de la richesse marginale sans avoir à accroître l’investissement des actionnaires. On peut alors très logiquement chercher à optimiser le levier :

si l’on recherche un rendement d’actif fort, la rentabilité se maximisera avec l’endettement, et dès lors que l’endettement est gratuit, la maximisation sera optimale :

on aura donc intérêt à préférer de la dette fournisseur gratuite. Le passif optimal sera constitué de peu de fonds propres et d’un maximum de dettes fournisseur. Cela peut conduire à négliger la constitution d’un fonds de roulement, et à de la transformation : financement des emplois longs par des ressources très courtes. Certes, le caractère permanent du crédit fournisseur peut corriger ce risque de transformation, mais les bilans générés par une politique de ce type demanderont une gestion stricte du Besoin en Fonds de Roulement, tout en présentant un risque financier très fort : tout aléa sur les ventes, donc toute volatilité sur les achats, se répercutera immédiatement sur la structure du passif et conduira l’entreprise à l’illiquidité, une crise de trésorerie non résolue. La maximisation de la rentabilité pour l’actionnaire s’accompagne alors d’un risque fort. Ceci nous ramène à une logique économique fondamentale : la juste rémunération du risque encouru.

Source:

VERNIIMEN

ZONE BOURSE

LE FINANCIER

YAHOO FINANCE

LECTURE DES ARTICLES ET MEMOIRE

WIKIPEDIA



About us

Bonds & Shares is a participatory non-Profit information platform for, through and by experts in finance and business.


CONTACT US

CALL US ANYTIME