Alassane MBENGUEAlassane MBENGUEJuly 19, 2018
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Un peuple pêcheurs avec des milliers de pirogues bigarrées qui colorent les plages témoignent de l’importance de cette activité. Originaire de Rufisque à 28 Km de Dakar, j’appartiens à la communauté lébou (traditionnellement pêcheur et sont concentrés dans la presqu’ile du cap vert (Dakar)). Dans mon Quartier Diokoul, Où plus de 65% de la population pratiquent ce métier qui est avant tout une passion pour eux ; j’assistait à la fabrication des pirogues artisanales qui se faisaient sur la rive. Au-delà d’une passion ce métier a des retombés économiques conséquentes, notamment une contribution de la production intérieure brute PIB.

Le Sénégal est l’une des destinations “pêche” les plus prisées au monde. C’est la diversité des milieux aquatiques sénégalais qui fait la diversité des espèces de poissons : les eaux froides de la Grande Côte, les fonds rocheux volcaniques de la presqu’île du Cap Vert, les eaux chaudes de Casamance, les bolongs du Sine-Saloum, etc. accueillent en grand nombre des requins, carangues, coryphènes, carpes rouges, marlins, espadons, truites de mer, thons, bars, barracudas, mérous, capitaines, etc.

Une expansion spectaculaire au cours des dernières décennies grâce à l’impulsion des politiques publiques de développement basées sur une logique sectorielle productiviste. Plus qu’une activité économique, la pêche au Sénégal est une culture, une tradition. Elle est pratiquée par plusieurs communautés de pêcheurs utilisant plus d’une vingtaine de techniques de pêche suivant des stratégies qui varient saisonnièrement en fonction de facteurs biologiques et socioéconomiques. L’organisation du secteur est liée aux interactions entre les pêcheurs et leur environnement.

Sur le plan économique et social

Le secteur de la pêche joue un rôle important dans l’économie du Sénégal. Ouvert sur l’océan, le Sénégal dispose, d’un littoral de 718 km de cotes réputées parmi les plus poissonneuses du monde. Par ailleurs, le pays recèle un réseau hydrographique dense :

  • Le fleuve Sénégal (1700 km), avec cinq principaux affluents
  • Le fleuve Gambie long 1150 km dont 477 km en territoire sénégalais
  • Le fleuve Casamance (350 km)
  • Le fleuve Sine Saloum (130 Km)

La pêche continue de jouer un rôle capital dans l’alimentation des populations avec une contribution moyenne de près de 70% aux apports nutritionnels en protéines d’origine animale.

La zone maritime sénégalaise se caractérise par une grande diversité biologique. Les ressources exploitées comprennent quatre groupes dont les caractéristiques bioécologiques et l’importance socio-économique sont différentes. Il s’agit des ressources pélagiques hauturières, côtières, démersales côtières et profondes.

Les ressources pélagiques hauturières : Toute la filière thonière Sénégalaise et la pêche sportive reposent sur les ressources pélagiques hauturières.

Les ressources pélagiques côtières (plus de 70% des prises réalisées dans la zone économique Exclusive Sénégalais). Elles constituent l’essentiel des captures de la pêche artisanale ainsi que la part la plus importante de la consommation annuelle per capita en poisson des populations. Les ressources démersales côtières : comprennent principalement les crustacés (crevette côtière, langouste, crabe et la plupart des poissons dits nobles du Sénégal (sole, rouget, capitaine, mérou, dorade, des céphalopodes)

Elles supportent l’essentiel des opérations de pêche des chalutiers industriels et des embarcations de la pêche artisanale en raison de leur forte valeur marchande à l’exportation et sont à la base des activités de la plupart des industries de transformation et d’exportation installées au Sénégal.

Les ressources démersales profondes (crevettes, merlus) sont presque exclusivement pêchées par des chalutiers.

Les grands écosystèmes mondiaux d’upwelling

L’abondance de la pêche au Sénégal est liée à l’upwelling (remontée des eaux froides profondes des océans le long de certains littoraux)

Quatre grands systèmes d’upwelling bordent les façades Ouest des grands continents. En Atlantique, il s’agit des écosystèmes de Courant de Bengale dans l’hémisphère Sud (sur de l’Angola, Namibie, Afrique du Sud) et du courant des Canaries dans l’hémisphère Nord (Maroc, Mauritanie, Sénégal et Gambie).

Les écosystèmes d’upwelling fournissent plus de 40 % des captures de pêcheries mondiales alors qu’ils représentent moins de 3 % de la surface de l’océan. Les upwellings sont provoqués par des vents qui induisent des remontées d’eaux profondes, froides et chargées en sels minéraux. Ils sont à l’origine d’un apport important d’éléments nutritifs dans la couche homogène qui va permettre de développer et de maintenir une forte production biologique dans la zone côtière, mis à part les apports par les fleuves. Ce potentiel productif est beaucoup plus important que celui existant dans les zones océaniques où la grande part des apports en sels minéraux provient de la régénération de la matière organique.

Les Accords de pêche

Les accords de pêche entre le Sénégal et la Mauritanie

Alors que la Mauritanie laisse ses eaux au repos pour des mois et ce qui va permettre une production abondante de poisson, mais tel n’est pas le cas au Sénégal.

Ce qui entraine des frottements entre les deux pays, où dans les périodes de reproduction des eaux Sénégalaise, les pêcheurs sénégalais essaient de franchir les océans Mauritanienne pour pêcher Et cela entraine parfois des captures de pirogues, des emprisonnement et pire parfois des morts.

C’est une bonne chose de mettre en place des accords de pêche. Etant donné que le ministre de la pêche est parvenu à se retrouver et signer un accord pour que 400 pirogues sénégalais puissent aller chercher 500.000 tonnes de poissons en Mauritanie, en toute quiétude et en une année.

Paraphés par les ministres de la Pêche des deux pays, les nouveaux accords-cadres sénégalo-mauritaniens dans le domaine de la pêche permettront aux mareyeurs sénégalais de pêcher dans les eaux mauritaniennes et de débarquer leurs produits à Saint-Louis, région septentrionale du Sénégal.

A cette occasion, le ministre mauritanien avait réitéré aussi l’engagement des autorités de son pays à contrôler les quantités débarquées afin de préserver les ressources halieutiques de la Mauritanie.

La première source nationale d’exportation

Les produits de la pêche constituent la première source nationale d’exportation. Elle portait en 1996 sur 107 000 tonnes de produits finis, soit 160 à 170 000 tonnes de produits finis en équivalent frais, c’est à dire 40 % des captures débarquées au Sénégal (SOFRECO, 1998). En 1996, les recettes d’exportation des produits halieutiques ont atteint 160 milliards de CFA soit 247 millions d’euros. Le Bureau de Contrôle des Produits Halieutiques de la DOPM, estimaient les exportations en 1997 à plus de 111 400 tonnes, tous types de produit confondu, soit une hausse de 4% en volume par rapport à 1996 (augmentation des exportations de congelé Afrique) et à 108 000 tonnes en 98 (stagnation).

De la pêche à la transformation des produits halieutiques

La transformation artisanale stabilise le marché de poisson frais en demeurant un débouché important et sécurisant pour les pêcheurs en période de surproduction. Elle remplit aussi une fonction sociale très importante. Forte utilisatrice de main d’œuvre, elle emploie en grande majorité des femmes et contribue également de façon significative à la satisfaction des besoins alimentaires en protéines animales, surtout à l’intérieur des pays où le poisson frais est peu ou pas du tout disponible. Les produits de la transformation artisanale font, par ailleurs, comme le poisson frais ou congelé, l’objet d’une exportation vers les pays de la sous-région ouest-africaine (Mali, Côte d’Ivoire, Ghana, Burkina-Faso etc.), contribuant ainsi au développement des échanges commerciaux régionaux.

La principale source de protéines

Les habitudes de consommation sont à base de céréales. Toutefois, les produits de la pêche sont la principale source de protéines des sénégalais. Ils assurent 75 % de leurs besoins en protéines. Les sénégalais sont de grands consommateurs de produits halieutiques puisque ces derniers entrent dans la composition de nombreux plats et particulièrement de celle du plat national : le “céebu jën” (riz au poisson). En 1997, la consommation moyenne annuelle de poisson au Sénégal était de 26 kg/hab/an alors que la consommation moyenne mondiale est de 13,5 kg/hab/an. Cette forte consommation cache cependant des disparités : à Dakar, la consommation s’élève à 43 kg/hab/an alors qu’elle n’est que de 0,2 kg/hab/an à Kolda, au sud du pays, au centre des terres. Traditionnellement, la sardinelle peu consommée par les ménages urbains était transformée en kéthiakh (poisson fumé) par les femmes des pêcheurs et stockée jusqu’en période de soudure (hivernage) pour être consommée. De nos jours, avec l’importance de l’exportation des autres espèces vers les pays européens, les ménages utilisent également de plus en plus la sardinelle (produit frais) dans leur préparation. Le kétiakh semble également faire une percée dans les modes de consommation des dakarois, notamment des ménages pauvres, en substitution au poisson frais. Au-delà des valeurs nutritionnelles, ce produit peut s’adapter à toutes les bourses.

L’industrie des produits haut de gamme pour l’exportation

La transformation industrielle des produits de la pêche a une importance non négligeable sur l’économie nationale tant en termes de nombre d’entreprises, d’effectifs employés qu’en terme de chiffres d’affaires. La pêche a ravi depuis 1985 la première place, dans les exportations, aux arachides d’huilerie. Cependant cette contribution importante à l’économie masque une situation grave que la dévaluation a quelque peu améliorée.

Le Métorah, exporté vers le Burkina Faso provient principalement de Joal. En effet, des transformateurs burkinabés sont installés sur ce site. Ils disposent de leurs propres circuits de commercialisation. Ils vendent à des grossistes burkinabés. Les produits sont acheminés par camions jusqu’à Kayes puis par train jusqu’à Bobo Dioulasso. Ils sont ensuite dispersés sur les différents marchés du pays. Le volume de cette transaction a été estimé à 50 tonnes/an. Le Métorah, principalement du machoiron fumé est acheminé vers le Mali. Par exemple, des importateurs maliens basés à Dakar s’approvisionnent en Casamance. Les produits arrivent dans des paniers par bateaux au port de Dakar. Les produits sont ensuite transférés dans des cartons, puis acheminés par camions jusqu’à Kayes où ils sont chargés sur le train en direction de Bamako. Ils utilisent ces deux moyens de locomotion par souci d’économie. Le coût du transport en camion est moins élevé que celui du train.

Le marché à l’exportation hors Afrique

Profitant de la stimulation induite par la dévaluation du Fcfa, la pêche sénégalaise a développé ses exportations. Les produits halieutiques en constituent le premier poste d’exportation devant les conserves et les produits frais. Congelés entiers 40% Conserves de thon 29% Frais entiers 15% Congelés élaborés 10% Frais élaborés 3% Farine de poisson 3% Répartition des produits halieutiques exportés vers l’Europe. Gret Aperçu de la filière halieutique au Sénégal 14 Ainsi, un grand nombre d’établissements, plus d’une soixantaine, se consacrent à l’exportation de produits de la mer en frais ou congelés. L’Europe et notamment la France sont les principaux importateurs de produits halieutiques sénégalais, en particulier les poissons entiers congelés et les conserves de thon. Les principaux pays importateurs de produits halieutiques frais ou congelés, à savoir, l’Europe, le Japon et les Etats Unis continueront à être demandeurs de ces produits. On peut supposer que l’augmentation quantitative de la demande sera faible compte tenu de leur pression démographique réduite et de leur niveau de consommation déjà élevé. Actuellement, la demande en produits halieutiques à destination de ces marchés est estimée à 105 000 tonnes. Ces pays sont demandeurs de poissons à chair ferme et blanche (espèces démersales) entiers ou en filets, congelés ou frais. Certains produits transformés traditionnels sont exportés par les circuits informels vers les marchés ethniques des grandes villes européennes et des Etats Unis. Ces flux concernent essentiellement les poissons fumés ou séchés expédiés en petites quantités. Généralement, ce sont des particuliers qui voyagent avec quelques paniers de produits.

Conclusion

Cet aperçu de la filière met en évidence un réel dynamisme de la pêche artisanale. Or une part non négligeable des captures est transformée ensuite par des petites et microentreprises. Le secteur de la transformation joue donc un rôle essentiel dans la valorisation des produits, dans la diminution des pertes, dans l’approvisionnement des villes et des régions et plus précisément dans la couverture des besoins en protéines d’une grande partie de la population, grâce à l’accessibilité économique des produits et à leur durée de conservation qui permet une distribution très étendue sur tout le territoire sans équipement frigorifique. Parmi ces produits, le plus important est sans aucun doute le ketiakh (55% de la production), ce qui mérite effectivement de s’y intéresser.

Auparavant les activités étaient bien réparties. Si la pêche demeure une activité exclusivement masculine, il n’en est pas de même pour la transformation jusqu’à présent presqu’exclusivement féminine. Les hommes n’intervenaient que dans certains tâches (transport du poisson de la plage aux sites de transformation, opérations d’étêtage et d’éviscération) confiées à des ouvriers saisonniers. Mais de plus en plus d’hommes s’intéressent à cette activité de transformation et investissent dans des équipements de plus grande capacité (fumoirs) qui leur permettent de capter les gains de croissance du marché.

Sources

DOPM – Direction de l’océanographie et de la Pêche Maritime

Ministère de la pêché du Sénégal

Des articles sur les produits halieutiques du Sénégal (IKAJEL)

Google

Wikipédia


William NDJENJEWilliam NDJENJEJuly 18, 2018
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Le Botswana est souvent désigné comme un pays à la réussite impressionnante, à la richesse insolente, et devant servir de modèle de développement à toute l’Afrique subsaharienne. Sont pour cela mis en avant les indicateurs économiques et les rapports d’ONG : désigné comme le pays le moins corrompu d’Afrique par Transparency International [1], son PIB en parité de pouvoir d’achat par habitant est supérieur à celui de la Chine ou du Brésil [2], il affiche une croissance de 9% par an durant les 40 premières années du pays et n’a pas connu de conflits majeurs. Toutefois, la plupart des travaux concernant le pays tendent à être idéalistes et souvent économicités, négligeant les dynamiques politiques qui ont marqué le pays avant et après son indépendance en 1966.

Parmi ces dynamiques importantes dans l’histoire du pays, l’une des plus significatives est la menace qu’a pu constituer l’Afrique du Sud pour l’intégrité territoriale et la souveraineté des entités ayant occupé le territoire suite à l’arrivée des Européens – à savoir le protectorat du Bechuanaland puis le Botswana moderne. C’est chose finalement assez logique, du fait du peuplement similaire de l’Afrique du Sud et du Botswana pré-coloniaux, les deux étant majoritairement habités par des groupes appartenant aux familles linguistiques Khoisan et Sotho.

De plus, les rapports et éloges mentionnés plus haut font la part belle à l’aspect économique de l’histoire et la réussite du Botswana alors que le rôle diplomatique du pays après son indépendance en a fait, progressivement, le leader de l’Afrique australe, avant que la fin de l’apartheid permette à l’Afrique du Sud d’endosser ce rôle.

Le protectorat du Bechuanaland : simple périphérie des Etats voisins ?

Dès 1885 et la proclamation du protectorat du Bechuanaland – ancêtre du Botswana –, les Britanniques tentent d’alléger au maximum le coût économique de leur domination sur le territoire, ce qui conduit à un double mouvement. Tout d’abord, les Britanniques ont ainsi eu tendance à déléguer leur autorité, notamment à la British South Africa Company de Cecil Rhodes [3]. Ensuite, les autorités coloniales se sont appuyées sur leur colonie d’Afrique du Sud pour la gestion du territoire, en employant par exemple des fonctionnaires sud-africains, plus facilement disponibles que ceux de métropole.

Ainsi, très rapidement après l’établissement du protectorat du Bechuanaland, la British South Africa Company de Cecil Rhodes cherche à obtenir des concessions sur le territoire du protectorat. En effet, Rhodes est le fondateur de la Rhodésie voisine, et cherche à établir une grande liaison qui irait du Caire au Cap, et qui passerait donc par le territoire du protectorat, dont la situation géographique fait donc, à ses yeux, la valeur. Les autorités britanniques concèdent ainsi plusieurs parties du territoire du protectorat à la British South Africa Company, et notamment des terres situées au Sud de l’actuelle bande de Caprivi que celle-ci convoitait pour y faire passer une ligne de chemin de fer.

Il est alors convenu que la majeure partie du protectorat doive, à terme, être mise sous l’autorité directe de la Company de Rhodes, ce que perçoivent rapidement les locaux. Or, ceux-ci connaissent les pratiques de domination par l’élite blanche mise en place en Rhodésie voisine, alors que le protectorat en place permettait aux autorités traditionnelles de conserver un poids important, l’administration britannique restant assez « légère ». Les chefs locaux se mobilisent donc pour faire part de leur opposition résolue à cette intégration, et en appellent aux autorités britanniques. Leurs demandes ne sont toutefois pas prises en compte, et l’importance de la British South Africa Company dans le protectorat ne cesse de croître.

Ce processus connaît toutefois un coup d’arrêt aussi décisif qu’inattendu en 1895. En effet, Leander Jameson s’appuie alors sur son ami Cecil Rhodes pour monter une tentative de coup d’État au Transvaal voisin, convoité de longue date par les Britanniques et les autorités du Cap. L’échec de cette intervention et le coup porté en conséquence à l’image ainsi qu’à la crédibilité britannique font tomber Jameson en disgrâce, lequel entraîne Rhodes dans sa chute. Dès lors, une incorporation du Bechuanaland à la Rhodésie n’est plus d’actualité.

Le protectorat reste toutefois convoité par l’Afrique du Sud, avec laquelle il entretient des liens de dépendance importants, qui viennent principalement de la volonté des Britanniques d’opérer une administration indirecte du territoire en s’appuyant sur la province de la colonie du Cap, de façon à alléger le « poids » du protectorat pour le colonisateur. Ainsi, la première capitale du Bechuanaland est établie à Vryburg, sur la frontière avec le territoire administré par le Cap. En 1895, la partie méridionale du protectorat, sur laquelle est située Vryburg, est intégrée à la colonie du Cap. Les autorités britanniques désignent alors Mafeking comme nouveau quartier général de l’administration, elle aussi située sur le territoire du Cap – elle est désormais capitale de la province sud-africaine du Nord-Ouest. Le Bechuanaland devient alors la seule colonie à être administrée depuis l’extérieur de son territoire.

De plus, en 1909 est voté au Parlement britannique le South Africa Act, qui planifie la réunion de plusieurs colonies britanniques dans le dominion de l’Union sud-africaine. L’article 151 de l’Acte d’union ainsi voté prévoit alors une intégration, à terme, du protectorat du Bechuanaland à l’Union sud-africaine. Le protectorat est dès lors incorporé à la Southern African Custom Union, centrée sur l’Afrique du Sud, et qui gère la collecte ainsi que la distribution des droits de douane en Afrique australe – 98% de ceux-ci reviennent finalement à l’Afrique du Sud. Cette incorporation future annoncée à l’Afrique du Sud a pour double conséquence l’absence d’investissement britannique et de mise en valeur du protectorat – du fait qu’il soit amené, à terme, à disparaître – et le renforcement de la dépendance au voisin sud-africain, désireux d’incorporer le Bechuanaland. Signe de cette nouvelle donne, le protectorat est alors placé sous l’autorité du Commonwealth Relations Office, en charge des dominions, et non du Colonial Office, et la chaîne de commandement va de Londres au Cap, avant de se prolonger jusqu’à Mafeking. Cette situation est d’ailleurs dénoncée par John Mackenzie, missionnaire et premier administrateur du protectorat, qui dit craindre que cela ne porte préjudice au « développement des capacités politiques » des populations indigènes, qui ne peuvent dès lors « bénéficier » de la politique bienveillante du Colonial Office.

Cet aspect était renforcé par la proportion extrêmement importante de nationaux sud-africains au sein de l’administration coloniale. En 1950, ils représentent onze des hauts fonctionnaires du protectorat, contre douze Britanniques, et seulement deux personnes nées sur place. Encore en 1960, ce sont 263 des 470 fonctionnaires coloniaux qui viennent de l’Afrique du Sud voisine. Cela s’explique par la volonté des Britanniques de limiter les coûts imputés au protectorat, et donc de recruter à proximité, quitte à augmenter l’influence sud-africaine. Interrogé sur la question en 1949, le Premier ministre Clement Attlee doit d’ailleurs s’en défendre : « As to where the [administrative] officers are drawn from is quite different from the suggestion that these protectorates are administered by the Government of the Union of South Africa »[4].

La dépendance du Bechuanaland envers son puissant voisin est particulièrement manifeste en matière d’éducation. Extrêmement lacunaire, le système éducatif du territoire ne comporte de plus pas d’échelon secondaire, ce qui force l’élite locale à se rendre en Afrique du Sud, et notamment à l’université de Fort Hare, pour poursuivre ses études. Cela contribue à l’émergence de ce que Joseph Nye appelle une « élite interterritoriale », base éventuelle d’une future société transnationale qui permettrait une incorporation facile du territoire à l’Union sud-africaine. Encore en 1961, les secondary schools du Bechuanaland préparent leurs étudiants à des examens pensés par le Joint Matriculation Board of the University of South Africa. Le secrétaire d’État aux colonies se contente alors de signaler que les responsables du système éducatif envisagent de passer à une certification de Cambridge. De même, le secrétaire d’État reconnaît en 1964 que les livres scolaires utilisés proviennent d’Afrique du Sud et non d’Angleterre. Cela s’explique tout d’abord par l’économie réalisée par « l’importation » de livres scolaires sud-africains plutôt que britanniques. Ensuite, par le fait qu’une partie importante du personnel enseignant du protectorat avait poursuivi des études dans le pays voisin, et était donc plus familière avec le matériel éducatif sud-africain qu’avec celui venant de métropole. Ces explications ne sont d’ailleurs que des indices supplémentaires de l’imbrication du système éducatif du protectorat dans celui de l’Union sud-africaine.

De même, les réseaux et moyens de communication, décisifs dans la délimitation d’un territoire autonome, étaient très largement dépendants de ceux du puissant voisin. Ainsi, le protectorat dépend de l’African Postal Union et de l’African Telecommunication Union, lesquels ont leurs bureaux à Pretoria. La seule radio du Bechuanaland est, de plus, émise depuis Mafeking et co-dirigée par l’Afrique du Sud. Ce n’est qu’en 1963 qu’une station de radio ouvre ses locaux sur le territoire du protectorat. De façon peut-être encore plus significative, les journaux les plus lus dans le protectorat – Rand Daily Mail, Die Transvaler, Dagbreek en Sondagnuus… oeg – sont des journaux sud-africains.

Enfin, sur le plan économique, on peut citer l’exemple de l’élevage. Plutôt que de développer, comme cela aurait pu être le cas, une importante industrie agro-alimentaire dans le protectorat, les Britanniques ont préféré faire de l’élevage bovin une « activité de réserve » [5] uniquement dévolue à alimenter l’agro-alimentaire sud-africain, et renforçant la dépendance du protectorat.

Toutefois, le protectorat, pris dans cette “toile d’interdépendance fonctionnelle” (Richard Dale), membre d’une union douanière dominée par l’Afrique du Sud depuis 1910, utilisateur du rand et cible des visées expansionnistes de son voisin, le protectorat n’a finalement pas été intégré à l’Union sud-africaine. Cela s’explique par le veto que les Britanniques ont, malgré l’Acte d’union et la proximité entre ces deux territoires, toujours opposé à ce projet notamment du fait de l’opposition des indigènes. En effet, désireux de conserver cette « administration légère » et une unité territoriale propre, les chefs locaux ont ardemment plaidé leur cause, comme lorsque trois rois de la majorité de groupes Tswana se rendent directement à Londres pour court-circuiter le Cap.

Ainsi, du fait de la promesse britannique de consulter la population locale sur la question, le Bechuanaland n’est finalement pas incorporé à l’Afrique du Sud, et obtient donc une indépendance fragile – du fait de sa dépendance envers l’Etat voisin – en 1966 avec le départ des Britanniques.

De “simple appendice politique” de l’Afrique du Sud au développement d’une politique extérieure active (1966-années 1970)

En 1966, le Botswana ne semblait pas prédisposé à jouer un grand rôle, ni une influence significative sur le plan régional et international. Le Botswana Democratic Party (BDP) de Seretse Khama, qui arrive au pouvoir est alors un mouvement relativement jeune. Créé en 1961, il ne s’est pas fait connaître par ses positionnements sur l’apartheid en Afrique du Sud ni lors des regroupements tiers-mondistes. Le Botswana est aussi un des pays les plus pauvres du monde. De plus, les membres du BDP connaissent alors pour la plupart leur première expérience de politique internationale, puisqu’ils sont peu nombreux à avoir occupé des postes d’importance dans l’administration coloniale.

Alors que le Botswana est considéré comme un acteur négligeable sur la scène politique régionale à la fin des années 1960, il se convertit en un acteur reconnu dans les relations internationales les années 1970 en dépit de la forte dépendance envers son voisin sud-africain.

Le contexte politique et économique intérieur du Botswana sont déterminants dans la politique extérieure du pays. Afin de mieux comprendre la place qu’a acquis le Botswana sur la scène régionale, il convient donc de revenir sur la mise en place d’un système politique démocratique et le développement de l’économie. Le système politique est fondé sur la popularité d’une seule personne : Seretse Khama. Fils de Sekgoma Khama II, chef du peuple des Bamangwatos, il passe sa jeunesse dans les internats d’Afrique du Sud où il obtient son baccalauréat avant d’aller étudier à Oxford puis à Londres où il suit une formation d’avocat. Le cadre politique dans lequel son parti arrive et se maintient au pouvoir se caractérise par des élections libres et équitables. Même si le système politique a pu recevoir la dénomination de “libéralisme autoritaire” [6], notamment à cause de la faiblesse de la société civile botswanaise, de la docilité des médias, ou encore des problèmes de l’accès à la terre des San, d’autres auteurs comme Daniel Bourmaud [7] insistent sur l’attribution du label de démocratie pluraliste au Bostwana car des élections libres et concurrentielles s’y tiennent depuis l’indépendance. Ainsi, la démocratie botswanaise correspond au moins à la définition, comme l’a d’ailleurs écrit Jean-François Médard [8], minimale, c’est-à-dire procédurale de la démocratie.

Le contexte économique à l’indépendance est caractérisé par une extrême dépendance vis-à-vis de l’Afrique du Sud qui faisait douter de la viabilité même du Botswana. Cette dépendance, davantage prégnante encore pour le Lesotho et le Swaziland, s’illustre dans divers secteurs de l’économie botswanaise. Tout d’abord, au niveau des transferts de main d’oeuvre. Les migrations de travail vers l’Afrique du Sud avaient déjà commencé durant la période coloniale et peuvent se comprendre à la lumière du contexte spatial et géographique du Botswana. Le milieu naturel botswanais est en effet peu favorable au développement d’une activité économique dense : le “désert” [9] du Kalahari occupe 80% du territoire, les pluies sont faibles et irrégulières et les sécheresses récurrentes. La répartition démographique suit ces contraintes géographiques : au milieu des années 1960, les 600 000 habitants du Botswana sont majoritairement concentrés le long du Limpopo, fleuve qui marque la frontière avec le voisin sud-africain. Gaborone, la capitale, qui concentre environ 10% de la population est elle-même située à 15 km seulement de la frontière. Dans ce contexte démographique et à l’intérieur de frontières étriquées (malgré les possibilités qu’offre la superficie élevée de son territoire, le Kalahari est vide d’hommes), on comprend l’importance passée et présente des migrations de travail vers l’Afrique du Sud. Dix ans après l’indépendance du Botswana, on compte 40 000 travailleurs botswanais en Afrique du Sud.

De plus, la dépendance économique vis-à-vis de l’Afrique du Sud s’illustre dans le secteur diamantaire. La croissance économique du Botswana est en effet fondée sur l’extraction du diamant. L’exploitation du premier gisement, à Orapa dans le Kalahari, a débuté en 1971. Un deuxième gisement a été découvert dans la même région, à Letlhakane, et exploité dès 1981. Enfin, la mine de Jwaneng a commencé à être exploitée en 1982. Le lien économique ténu entre le Botswana et l’Afrique du Sud s’illustre aussi ici. En effet, la Debswana, qui contrôle l’intégralité de la production diamantaire dans le pays depuis 1969 est une coentreprise entre le gouvernement du Botswana qui la détient à 50% et le conglomérat diamantaire sud-africain De Beers pour les 50% restants. Cette dépendance est d’autant plus étroite que, même si la possession est partagée en parts égales, c’est la De Beers qui assure une des étapes essentielles du commerce des diamants : leur transformation. Néanmoins, le Botswana a pu s’appuyer sur cette richesse du sous-sol pour fonder son développement économique. Enfin, cette dépendance se réalise à un niveau plus pratique qui est celui de la commercialisation des diamants. Pays enclavé, le Botswana est obligé de passer par l’Afrique du Sud pour accèder aux grands ports commerciaux de l’océan Atlantique et d’utiliser les transports sud-africains pour faire la liaison avec le Mozambique et accéder à l’océan Indien.

Néanmoins cette dépendance est aussi vraie dans le sens inverse. Dans les années 1980, l’Afrique du Sud désirait contourner le blocus international qui lui était imposé dans le cadre de la contestation de l’apartheid. Des entreprises sud-africaines, majoritairement issues du secteur textile et de la production, s’installent donc à la frontière. Ce développement industriel couplé à l’exploitation du diamant qui assure au pays des recettes fiscales et des rentrées de devises permettent au Botswana d’apparaître comme une réussite économique dès les années 1980.

La réussite économique du Botswana et son label démocratique sont primordiaux pour comprendre le rôle que joue le Botswana au plan régional et international. Sa politique extérieure démontre peu à peu qu’il n’est pas un simple bantoustan de l’Afrique du Sud.

Seretse Khama, premier président du Botswana, développe une “politique d’équilibre” face à l’encombrant voisin du Sud. Il conduit en effet la politique étrangère de son pays tout en étant conscient des considérations d’ordre interne que nous venons de voir. James Polhemus a dénommé cette politique, la “non-springboard policy”. D’une part, Seretse Khama est conscient de la dépendance vis-à-vis de l’Afrique du Sud mais d’autre part, il affirme aussi très tôt sa position à l’égard du régime d’apartheid : “Le Botswana n’est pas une réserve tribale fondée sur l’exclusion ethnique et la séparation des races, mais une démocratie raciale qui rejette toute forme d’apartheid et de discrimination raciale où qu’elles soient appliquées”[10]. Il explique alors la difficulté de la position dans laquelle se trouve son pays en ces termes : “Botswana accepts that we are part of the Southern African economic complex and that the harsh fact of history and geography cannot be obliterated, for obvious reasons, we have to maintain normal friendly with South Africa” [11] . La situation du Botswana indépendant est de plus aggravée par les sécheresses que connaît le pays en 1960 et 1965. Près d’un tiers de la population dépend alors de l’aide délivrée par Oxfam et le Programme alimentaire mondial. La moitié du cheptel est décimée alors que l’élevage est une ressource de premier plan pour le Botswana. La dépendance financière vis-à-vis de la Grande-Bretagne continue jusqu’à 1972-1973 que ce soit pour des investissements dans le développement, les dépenses courantes ou maintenir l’équilibre du budget de l’Etat.

Dans ce contexte, Seretse Khama entreprend néanmoins d’affirmer la légitimité de l’État botswanais. Cela passe par l’adoption d’une politique étrangère active, dont s’occupe personnellement Khama. Même s’il ne se résigne pas à l’impuissance en raison de la dépendance envers l’Afrique du Sud [12], le Botswana est toujours vu comme une marionnette de l’Afrique du Sud par d’autres pays africains. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Botswana ne rejoint pas tout de suite l’Organisation de l’Unité africaine (OUA). Il y a des préventions à son égard de la part de certains membres de l’organisation tels que celle de Kwame Nkrumah. Celles-ci viennent en partie de Philip Matante, un ex-cadre du Botswana People’s Party (BPP), proche du groupe panafricain de Casablanca, dont le dirigeant est justement Nkrumah. Finalement, le Botswana intègre l’OUA la même année que celle de son indépendance. Cette adhésion est décisive car elle envoie un signal aux autres Etats africains. Le Botswana parvient ainsi à limiter la puissance, notamment économique, de son voisin sud-africain, en se liguant avec les autres pays d’Afrique australe dirigés par la majorité noire. Cela permet au Botswana de limiter la portée de l’action en sous main de l’Afrique du Sud.

L’opposition à l’apartheid se réalise lors des forums internationaux et des discussions bilatérales notamment avec la Suède, le Danemark et les Etats-Unis. Cependant, le Botswana suit une politique pragmatique de survie nationale. Il ne peut pas s’opposer frontalement à l’Afrique du Sud, car son économie en dépend. Le pays tente en conséquence de s’opposer à l’établissement des mouvements de libération sud-africains. Devant le risque de représaille de la part de l’Afrique du Sud, l’OUA prend la décisions de tolérer ce choix. D’autant que le Botswana ne se prive pas de donner l’asile à tous les réfugiés politiques dont il ne craint pas qu’ils soient des militants armés. Ainsi, si l’appui à la lutte de la libération en Afrique australe est réel – en 1971, le Botswana accueillait 4 000 réfugiés d’Angola, d’Afrique du Sud, de Namibie et du Zimbabwe -, il se réalise de manière discrète et modeste. Seretse Khama se voit d’ailleurs décerner la médaille Nansen en 1978, reconnaissance symbolique de la politique d’accueil du Botswana sous sa présidence. On peut voir une récompense plus matérielle dans l’accord croissant de financement de la part d’organisations internationales et de certains pays (Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Norvège et Suède). Ces démocraties libérales sont en effet plus désireuses de financer un régime et une économie qui ressemble aux leurs, alors que la région est marquée par l’ombre de l’apartheid et la progression du socialisme en Angola et au Mozambique. Les bailleurs internationaux considèrent de plus que les financements sont utilisés en tenant compte de la rationalité économique, ce qui donne bonne réputation internationale au Botswana sur cet aspect.

Une politique extérieure orientée vers la stabilité et la coopération régionale : l’affirmation du Botswana comme acteur diplomatique et économique central dans la région (années 1970-1994)

A la fin des années 1970, les progrès économiques du Botswana sont certains et il semble que son indépendance vis-à-vis de l’Afrique du Sud s’affirme tout comme son rôle en tant qu’acteur central dans l’intégration et la stabilité de la région. La création des Etats de la Ligne de Front en opposition à l’Afrique du Sud et son implication centrale dans la création de la Southern African Development Coordination Conference (SADCC) en témoignent.

Le Botswana est un acteur central dans la mise en place d’une opposition régionale diplomatique à l’Afrique du Sud. Le pays se dote d’une armée avec la loi de 1977 qui met sur pied une Botswana Defence Force (BDF) alors qu’il n’existait qu’une petite unité de police mobile jusqu’à là – le Botswana étant la seule ancienne colonie à ne pas hériter d’une armée coloniale. Cette loi répond en particulier aux raids de la Rhodésie et de l’Afrique du Sud sur son territoire. Elle marque aussi la volonté de s’investir davantage dans la sécurité du pays. L’opposition au régime sud-africain s’illustre davantage dans la création des Etats de la Ligne de front (en anglais, Frontline States, FLS). Le Botswana est l’un des trois membres fondateurs avec la Tanzanie et la Zambie de cette coalition qui se réunit à partir de la fin des années 1960 afin d’asseoir la coordination des efforts pour fournir un appui matériel, politique et diplomatique aux différents mouvements de libération. Ce qui rassemblait cette coalition était l’engagement de ces pays à mettre fin à l’apartheid et à la domination de la minorité blanche en Afrique du Sud et en Rhodésie. Sa création est institutionnalisée en avril 1975 lors de sa reconnaissance en tant qu’entité par l’Assemblée des chefs d’Etats de l’OUA. Ces trois Etats sont rejoints la même année par l’Angola et le Mozambique et en 1980 par la Namibie, lorsque ces pays obtiennent leur indépendance. Même si ces pays ne faisaient pas partie de l’Aire monétaire commune (en anglais, Common Monetary Area, CMA) qui regroupait l’Afrique du Sud, le Lesotho et le Swaziland, leurs économies étaient également directement liées à l’Afrique du Sud par la Southern African Custom Union (SACU), qui, comme nous l’avons vu, était responsable de la collecte et de la distribution des recettes générées par les droits de douane.

Néanmoins, les FLS ont soutenu et accueilli des groupes opposés à la domination blanche, non seulement en Afrique du Sud (le Congrès national africain, en anglais African National Congress, ANC), mais aussi en Namibie (l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain, en anglais South West Africa People’s Organization, SWAPO), qui était contrôlée par l’Afrique du Sud. Dès les années 1980, l’Afrique du Sud a utilisé sa force militaire afin de contraindre les FLS à arrêter leur soutien à ces mouvement, avec deux raids armés.

En effet, dans le cadre de sa politique de lutte contre les exilés de l’ANC, l’Afrique du Sud cherchait à convaincre – parfois en utilisant la menace – les pays voisins de signer des « pactes de non-agression », visant à limiter les attaques de l’ANC se servant de ces pays comme base. Le premier de ces pactes est secrètement signé avec le Lesotho en 1982. Lorsque le Mozambique signe à son tour, les militants quittent le pays pour le Botswana, ce qui ne fait que renforcer la pression sud-africaine sur le pays. Mais Quett Masire, alors président du Botswana, comprend bien que ces pactes servent, entre autres, de prétexte pour justifier une intervention militaire en cas d’attaque de l’ANC à partir du Botswana. Il exprime en mai 1984 ainsi son opposition définitive à la signature d’un pacte de ce genre, tout en réaffirmant la détermination des autorités à faire cesser les attaques prenant le pays comme point de départ. Archie Mogwe, ministre des affaires étrangères ajoute, “the mere presence of refugees in a country qualifies [that] country for an invasion from South Africa these day” [13]. Ainsi, le 14 juin 1985, en pleine nuit, des véhicules avec de fausses plaques d’immatriculation du gouvernement du Botswana, transportant une cinquantaine de soldats sud-africains entrent dans Gaborone. Leurs cibles sont dix bâtiments supposés être le lieu d’organisation d’attaques de l’ANC. Après un raid de 40 minutes, les soldats laissent derrière eux plusieurs morts, quatre bâtiments détruits, et les autres sévèrement endommagés. Ils repartent sans avoir rencontré de résistance.

Immédiatement, le Botswana mobilise ses soutiens internationaux. Le Royaume-Uni et les États-Unis rappellent leurs ambassadeurs en Afrique du Sud. Dès le 21 juin 1985, le Conseil de Sécurité adopte à l’unanimité une résolution condamnant le raid, demandant à l’Afrique du Sud de présenter des réparations – ce qui ne fut jamais fait –, et réaffirmant l’importance de l’accueil des réfugiés par le Botswana. Cela n’empêche pas l’armée sud-africaine d’organiser un second raid sur Mogoditshane le matin du 19 mai 1986. Là où le premier raid se voulait totalement discret, l’armée sud-africaine utilise cette fois des hélicoptères, largue des tracts de propagande, échange des tirs avec les soldats botswanais, et surtout frappe alors que des représentants du Commonwealth sont alors en visite dans la capitale, à moins de dix kilomètres de là. Pik Botha, ministre des Affaires étrangères sud-africain, parle alors de d’”opérations préventives”, visant à limiter les attaques “terroristes” en provenance du Botswana, invoquant l’exemple du bombardement de Tripoli par les Etats-Unis. Celles-ci étaient pourtant basées sur de “simple soupçons” [14] et servaient avant tout à forcer le Botswana à expulser ses réfugiés.

Les relations diplomatiques entre le Botswana et l’Afrique du Sud ne sont établies qu’en 1992, après l’abolition officielle de l’apartheid.

Sur le plan économique, le Botswana devient un acteur majeur de l’intégration régionale. Dès que l’indépendance du Zimbabwe est sûre d’être acquise conformément aux accords de Salisbury de mars 1978, l’attention des Etats de la Ligne de front se porte sur la réduction de la dépendance économique vis-à-vis de l’Afrique du Sud. Pour Mandaza et Torstensen, “l’expérience de la coopération politique des Etats de la Ligne de front facilita leur coopération dans le domaine économique et la création de la Southern African Development Coordination Conference (SADCC) en 1980” [15]. Cela s’explique par la participation des mouvements de libération nationale locaux à leurs activités qu’ont permise les Etats de la Ligue de Front, puisque cela permet ensuite une coopération plus importante avec les “nouvelles nations en devenir”.

Aussi, Seretse Khama a eu une grande importance dans le fonctionnement de la SADCC – devenue Southern African Development Community (SADC) en 1992 – et l’extension de ses compétences. Les autres présidents des Etats de la Ligne de front considèrent d’ailleurs eux-mêmes Khama comme le plus compétent pour s’occuper de la question de la SADC, du fait de sa capacité à gérer ses relations avec l’Afrique du Sud. La création de l’organisation lui revient donc, comme l’explique le Tanzanien Nyerere : “Seretse était un chef d’Etat très posé, plus facilement entendu sur ces questions car moins bruyant que certains d’entre nous. Nous voulions quelqu’un qui puisse défendre ce projet avec conviction” [16]. C’est donc logiquement que Gaborone est désignée comme siège du secrétariat de la SADCC, et Khama organisateur du sommet annuel des chefs d’Etats et de gouvernement.

Cette action fait du Botswana un acteur central dans la région. La volonté et l’habileté diplomatique des dirigeants sont cités par Balefi Tsie [17] comme la principale cause de l’émergence du Botswana sur la scène politique régionale et internationale. Le Botswana passe alors pour un acteur diplomatique central sur l’ensemble du continent. Cela se matérialise par l’aide apportée à l’arrêt de la guerre civile mozambicaine (1977-1992), ou par le rétablissement du régime démocratiquement élu au Lesotho en 1993. Hors de l’Afrique australe, le pays participe aussi à l’opération “Restore Hope” de l’ONU en Somalie.

Le Botswana jouit donc d’un respect international important, ce qui facilite l’octroi de financements internationaux pour les projets de la SADC.

De son accession à l’indépendance au début des années 1990, le Botswana a fait la démonstration qu’un “petit” pays peut parvenir à exercer un rôle non négligeable sur la scène politique mondiale. Illustration d’une vision pragmatique dans les relations internationales, le Botswana s’est aussi distingué durant cette période comme un acteur majeur de l’intégration économique de sa région. Son affirmation économique peut être vue comme une cause et une conséquence de son affirmation politique : l’influence politique doit beaucoup à la rigueur de sa gestion économique et ses positionnements en matière de politique étrangère sont aussi responsables de sa bonne réputation et donc de l’appui international dont il dispose pour son développement. Cette réussite économique et diplomatique se fait dans le cadre d’une relation ambigüe avec l’Afrique du Sud. Partenaire essentiel à la survie du Botswana après l’indépendance, c’est donc avec pragmatisme que cette relation est gérée dans le contexte de l’apartheid. L’établissement de relations diplomatiques en 1992 marque un tournant décisif dans le rapport entre les deux pays qui s’illustre encore plus après l’élection de Mandela en mai 1994.

Suite à la démocratisation de l’Afrique du Sud, la SADC paraît alors être l’instrument idoine pour mener à bien le développement économique du pays, la résolution des conflits dans la région et la mise en place d’une bonne gouvernance. L’Afrique du Sud devient en effet un partenaire de choix de plein droit. Le passage de relais à la présidence de la SADC en 1996 entre Masire et Mandela est l’exemple même d’une coopération renforcée qui s’annonce au milieu des années 1990.

 


Rihab HAFIDHIRihab HAFIDHIJuly 17, 2018
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Give me your tired, your poor, your huddled masses yearning to breathe free, The wretched refuse of your teeming shore.”

The New Colossus, engraved on the Statue of Liberty

Homo Sapiens have been relocating around the planet since the beginning of time. Estimates vary, but modern humans started to spread out from Africa around 80,000 to 60,000 years ago, and since then they have been moving all over the globe.

Here, we will try to look into international migration, and focus on voluntary economic migration in particular. In 1889, Georg Ravenstein wrote in his Laws of Migration : “Bad or oppressive laws, heavy taxation, an unattractive climate, uncongenial social surroundings, and even compulsion… all have produced and are still producing currents of migration, but none of these currents can compare in volume with that which arises from the desire inherent in most men to ‘better’ themselves in material respects.” Ravenstein wrote this during the Great Atlantic Migration, which began in the 1840s as large numbers of Europeans relocated to the Americas.

Immigration is, in many ways, a result of technological advances. Improved transportation like steamships reduced the cost and difficulty of travel, and the rapidly growing industries of the west needed foreign labor to keep producing.

Today, immigration is a major component of the economy and is one of the most contentious issues of almost every election. Most studies agree that immigration is beneficial for national economies and associate it to increases in GDP and in productivity. Its opponents, however, point to the costs that usually come along with immigration and that it might result into short term drops in wages and contribute to inequality by shifting money from labor to capital.

Harvard economist George Borjas wrote about a category of economic models he called the Immigration Surplus. Population growth through immigration increases the demand for goods, which can, in the long term, lead to more employment and higher wages. This can come at the cost of people who are already in the job market, as cheap immigrant labor can drive down wages. But the majority of economists point to this as a short-term effect, and that the overall growth in the economy driven by population growth will eventually push wages up.

Furthermore, the immigration of high-skilled workers has many advantages. Studies indicate that high-skilled immigrants are more inclined to innovation. Actually, foreign-born entrepreneurs register about 25% of new patents in the United States. The 1998 doubling of the quota for H1-B visas, which enable employers to hire high-skilled foreign workers, led to an average 15% of revenue increase for the American companies in question.

And that’s not just pie in the sky liberal thinking. Many non-partisan thinkers and economists believe that immigration reform granting easier access to a legal status would bring undocumented workers into the tax base, and thus leading to more growth in revenue and creating additional jobs.

If the debate over immigration were only about economics, there wouldn’t be much of a debate. But the world is a very complex place. Like any form of economic change, immigration causes anxiety and disruption to many communities. But in general, nations thrive on dynamic transformations that produce winners as well as losers. Such transformations stimulate growth. Certain societies with a dominating nationalist culture have opted for more controls and regulations on immigration and labor markets. They certainly have more stability, but less growth and fewer jobs. Economists have highlighted these issues, but they still cannot decide them. The resolution depends on a question that David Card once asked but our politicians have not yet come to answer: “What is it that immigration policy is supposed to achieve?”


Vincent LITZLERVincent LITZLERJuly 17, 2018
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Une Consommation qui a doublé en vingt ans.

La consommation mondiale de café est passée de 142,4 millions de sacs (de 60 kilos) à 155,6 millions de sacs entre 2013 et 2017, soit une évolution de 9,27 % en seulement 4 ans (source:USDA).

En 2017/2018, elles devrait même atteindre un nouveau record de 158,5 (+1,86 %) millions de sacs, ainsi que le niveau de stock mondial le plus faible depuis cinq ans avec seulement 29,3 miilions de sacs toujours d’après l’USDA

Mais comment évolue l’offre pour répondre à cette demande grandissante?

La production mondiale de café pour 2017/2018 devrait s’établir à 155,3 millions ce qui entraine un deficit de 3,2 millions de sacs de café. Malgré une augmentation de 0,92% de la production, le deficit entre la production et la consommation reste toujours présent.

Vient s’ajouter à ce déficit un problème majeur qui est le réchauffement climatique.

Le café craint les zones rudes et préfére les temprératures moyennes comprises entre 18 et 25°c. L’arabica est le plus menacé car celui-ci supporte très mal les moindres fluctuations de température, d’ensoleillement ou même d’humidité.

La colombie a déjà perdu 20000 hectares de plantation en 20 ans à cause de l’augmentation de ses températures.

Au Vietnam ce fléau entraine la proliferation d’insectes ou de maladies qui ravagent les plantations de robusta.

Si la temprérature augmente de 2 degrés Celsius, voir plus d’ici 2050 alors la production de graines sera réduite de 73 à 88% dans les zones les plus propices.Cela entrainerait un impact négatif sur la saveur de celui-ci ainsi que sur son prix.

Actuellement plusieurs methodes sont mises en place pour essayer de conserver le café comme nous le connaissons aujourd’hui.

Premièrement, il y a des Investissements dans la création de nouvelles variétés d’Arabica plus resistant tout en preservant le goût tant apprécié des consommateurs.

De nombreux acteurs mettent en place des programmes de développement durable ce qui va permettre de lutter directement avec la source du problème.

La dernière solution serait de déplacer la culture du café vers des zones où l’altitude est plus élevée, afin que la température reste adaptée.

Conclusion:

Malgré une menace sur la deuxieme matière première la plus échangée dans le monde celle-ci bénéficie encore de beaux jours devant elle grâce aux acteurs de ce marché qui essayent de trouver des dispositifs pour conserver le café comme nous le connaissons aujourd’hui.

Alors apprécions le voyage gustatif que nous procure le café.


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Contexte historique :
Le Cameroun a connu son indépendance en 1960 mais ce n’est que dans les années 1970, sous l’effet d’une croissance spectaculaire du secteur pétrolier que le Cameroun a enregistré une croissance économique forte. Ce qui a eu pour résultat de doubler son produit intérieur brut (PIB) par habitant en seulement 15 ans. Ce pendant après le déclin du « peak oil » en 1985, la dégradation des soldes budgétaires du pays ont contribué le plonger dans une profonde crise économique jusqu’au milieu des années 1990. Cette période a été́marqué par une forte dégradation de l’évolution du revenu par habitant et a mis en avant les faiblesses économiques du Cameroun dans son potentiel de croissance.

Les enjeux économiques :
l’enjeu économique majeur du pays demeure la mise en place d’un système de croissance qu’on pourrait appelé « post-pétrolier » permettant de diversifier davantage l’économie pour lui permettre des perspectives de croissance régulière et stable sur le long terme. A l’heure d’aujourd’hui et au vu de son histoire nous constatons un déséquilibre important dans la balance commerciale du pays qui se caractérise principalement par une abondance de ces exportations de biens primaires, notamment de pétrole. L’un des enjeux majeur pour l’avenir serait de mettre en oeuvre sa capacité de diversification et de développement de ces activités économique.

Quels secteur le Cameroun pourrait exploité pour soutenir sa croissance ?
La crise économique mondiale de 2008 nous a permis de mettre en évidence certain élément sur lesquelles nous pouvons travailler:

  • La baisse des prix mondiaux des principaux produits d’exportations comme le pétrole et les produits
    miniers ont entrainé une détérioration importante des termes de l’échange.
  • La baisse de la demande mondiale sur les exportations de bois.
  • La baisse des liquidités internationales et de l’accès aux financements internationaux, retardant le
    financement de certains projets d’investissement comme le secteurs de l’énergie et des mines réduisant
    les entrées de capitaux et donc peux d’investissement.

Fort de ce constat, nous nous rendons bien compte que le ralentissement enregistré en 2008 et 2009 démontre une grande dépendance de la santé économique du pays aux crises financière. Alors il me paraît évident qu’l serait stratégique que concentré les richesses du Cameroun dans l’exploitation de produit qui serait moins impacté par des risques de crise économique. Comme par exemple le développement de l’agriculture. En effet les publications du FMI nous permet de constaté qu’à la suite de la crise économique a la croissance à repris de 2,9 % en 2010 puis de 4,1 % en 2011 grâce aux performances du secteur primaire. En grande partie par l’agriculture vivrière. Mais aussi dans le tertiaire, par les activités de commerce et les télécommunications. Les enjeux en termes d’emploi et de perspective de croissance sont importants.

Pépites de Croissance:

  1. Il existe d’important gains de productivité́à réaliser dans le secteur agricole. Le Cameroun dispose de grande capacité de production dans le cacao, le café́, le coton, les productions maraichères, bananes et bien d’autres. Ceci constitue une réelle source de richesse sachant la demande mondiale grandissante sur ces produits.
  2. le potentiel hydroélectrique du pays est exceptionnel le deuxième d’Afrique, le développement des infrastructures à travers le lancement de grands projets structurants à grande échelle conditionnerait l’accélération de son développement.
  3. La plus grande part du PIB est aujourd’hui constituée du secteur des services, qui dispose d’une marge importante d’évolution. Notamment dans les services financiers. Le secteur bancaire n’est pas encore très développé au Cameroun, peu de personne dispose d’un compte bancaire. L’informel représente à ce jour 80% des activités économiques du pays.

Carine BAYACarine BAYAJuly 17, 2018
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CONTEXTE

L’Afrique possède une grande variété de conditions climatiques qui favorisent une gamme de production agricole conséquente. De par ses saisons de pluies et sa végétation relativement clairsemée, son potentiel agricole est indéniablement l’un des plus importants des années à venir.

Cependant, elle importe encore en quantité importante, des produits agricoles et alimentaires pouvant être produits sur le continent. En effet l’importation de produits alimentaires sont évalués à 25 milliards USD et pourrait passer la barre des 110 millions USD d’ici 2025. Une situation bien paradoxale pour un continent à fort potentiel agricole. L’on comprend ce paradoxe, lorsqu’on sait que plusieurs raisons y sont à l’origine à savoir : la pauvreté, car en effet la moitié de la population africaine vit dans des zones rurales et comptent uniquement sur l’agriculture comme moyen de subsistance. Ceci engendre donc une faible productivité quand on sait que c’est dans ces zones-là qu’il y a le plus de terres cultivables. Ajouté à ça la déficience des infrastructures et des techniques agricoles pas modernisés, entrainant le sous-développement du secteur agroindustriel.

On prête généralement peu d’attention à la chaîne de valeur qui achemine les denrées et les produits agricoles jusqu’au consommateur final dans le pays et à l’étranger. Cette négligence coûte très cher en termes de pertes considérables de valeur ajoutée et de possibilités d’emploi. L’agro-industrie dans les zones rurales africaines est pour ainsi dire, inexistante ou à l’état embryonnaire. En conséquence, les pays sub-sahariens subissent d’énormes pertes après-récolte, atteignant les denrées agricoles périssables comme les fruits et les légumes, une moyenne de 35-50 % de la production réalisable totale, et entre 15 et 25 % en ce qui concerne les céréales.

CERTAINS MONTRENT L’EXEMPLE

S’il est vrai que le secteur agro industriel de l’Afrique sub-saharienne peine à se développer, certains pays arrivent à sortir la tête de l’eau, dans un continent noyé dans son propre potentiel. Leur crédo : Transformer su place les aliments produits localement. Une initiative enthousiaste même face aux obstacles cités plus haut. En Afrique de l’ouest, plus particulièrement au Sénégal, c’est le maraichage qui connait un développement plus qu’encourageant ; en effet grâce a une ferme volonté politique de l’Etat traduite dans ces projets de développement incitant à améliorer la qualité du produit et à la mise en place d’une logistique efficace, le Sénégal s’annonce s’être approché de l’autosuffisance dans la culture des oignons des pommes de terre. En côte d’Ivoire Les autorités ivoiriennes mesurent assez bien les enjeux et l’importance de relever le niveau de transformation de toutes ces spéculations agricoles. Leur ambition se traduit par l’objectif assigné au second PND, celui de 2016-2020, censé conduire le pays vers l’émergence. La Côte d’Ivoire n’a que deux produits qu’elle parvient à transformer en intégralité. Il s’agit du palmier à huile et du coton en graine. Pour le reste, les taux de transformation varient d’une spéculation à une autre – le cacao à hauteur de 30%, et moins de 5% pour les autres produits d’exportation comme l’anacarde, le café, l’hévéa, la mangue et l’ananas. Lorsqu’on compare le pays à deux autres gros producteurs de noix de cajou comme le Ghana et le Nigeria, l’écart est considérable. Ces deux Etats africains transforment actuellement 40% de leurs noix de cajou. Elle reste néanmoins leader dans la production de certains produits agricoles.

Les transformations commencent à se matérialiser dans certaines régions d’Afrique. C’est ainsi que l’on peut noter au nombre des exemples de transformation de l’agriculture dans certains pays africains, l’enregistrement des agriculteurs nigérians et la distribution des intrants agricoles à ceux-ci, l’extension de la floriculture en Éthiopie, l’essor de l’horticulture au Kenya, l’amélioration des rendements du riz au Sénégal et au Mali, la réduction rapide et substantielle de la malnutrition au Rwanda, l’intégration verticale et la transformation des produits agricoles au Maroc, ainsi que la production de coton au Burkina Faso.

DES MESURES ET STRATEGIES SUR LES RAILS

En dépit des nombreux obstacles à surmonter par la communauté africaine, des améliorations sont observées dans des pays cités ci-dessus. Cependant bien qu’encourageantes elles restent néanmoins suffisantes, car la plupart doivent améliorer ou créer de nouvelles stratégies afin de satisfaire la demande intérieure et extérieur. De ce fait les stratégies mises en place ont pour points directeurs, la mise en place de partenariats entre les différentes entités à savoir les partenaires du développement, ls entités du secteur privé, les institutions communautaires et ls entités de la société civile, la réalisation d l’augmentation de la valeur d la production, l’augmentation des investissements dans les infrastructures physiques et immatériels facilitatrices, et la promotion des flux de financements visant l’agriculture. L’agenda pour la transformation de l’agriculture accordera la priorité à l’inclusion des petits exploitants agricoles et des jeunes, ainsi qu’à l’avènement d’une nouvelle génération d’agriculteurs. Des initiatives que la Banque Africaine de Développement (BAD) devra coordonner et diriger. Entre 2011- et 2015 celle-ci a investi près de 612 milliards USD et prévoit un accroissement des investissements à hauteur de 2,4 milliards USD. On ne peut que rester optimiste.

Une excellente occasion se présente d’examiner sous un jour nouveau les coûts sociaux et économiques actuels liés à la faible productivité du secteur de l’agriculture. Ce qui a été jusqu’ici une relative faiblesse pour le continent africain peut être redéfini comme un atout et, plus important encore, une des solutions les plus rapides pour nourrir et employer des millions de personnes et les sortir de la pauvreté. La transformation agricole s’est révélée une entreprise complexe, mais elle est de plus en plus comprise à mesure qu’apparaissent des poches d’interventions couronnées de succès à travers le continent.

 


Mamadou FOFANAMamadou FOFANAJuly 16, 2018
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La Côte d’Ivoire est un pays ouest africain dont l ‘économie est basée sur l agriculture. Premier producteur mondial de cacao depuis de nombreuses années, elle a sue maintenir cette position malgré l’importante crise de 10 ans qu’elle a traversé. La production ivoirienne ne fait qu’augmenter en moyenne sur le cinq dernières années malgré une baisse du prix mondial. En effet la production ivoirienne est passée à 4.69 millions de tonnes contre une estimation de 4,55 millions de tonnes. Il faut dire que la culture du cacao en Côte d’Ivoire connaît beaucoup de problèmes notamment le travail des enfants et les conflits foncier entre différentes communauté.

Le gouvernement ivoirien lutte contre ces fléaux en menant des campagnes de sensibilisation contre le travail des enfants et aussi en effectuant un contrôle plus élevé des espaces cultivable. Ce travail positif du gouvernement qui s’accentue de plus en plus pourrait apporter un résultat positif en diminuant le travail des enfants donc une baisse du main d’œuvre dans les champs de cacao. L’autre problème fondamentale qui se pose est celui du foncier car une très grande partie de la forêt classée est utilisée par les populations autochtones et qui grâce à une négligence des autorités , des milliers d’hectares de forêt sont utilisés pour la culture du cacao . Il y a des affrontements entre différentes communauté sur ces terres faisant plusieurs mort et ce là se répète pratiquement tous les ans. L’ exemple récent est le conflit de guiglo. Ceci étant pour éviter les conflits le gouvernement dans sa recherche de solutions durable cherche à interdire toutes sortes d’utilisation de forêt classée.

Toutes ces actions du gouvernement qui sont à saluer auront un effet sur la production ivoirienne qui connaîtra une baisse significative. Une solution alternative pourrait se proposer et celle-ci consisterait à ce que le gouvernement mécanise l’agriculture en innovant des techniques nouvelles . L’agriculture ivoirienne qui est restée au même niveau depuis plus de 50ans. En effet cette modernisation aurait put compenser cette baisse future par une forte production sur un petit espace et avec peu de main d œuvre. Il est fort probable que nous assistons de manière impuissante à une baisse de la production a long terme.

Les prix à l international qui depuis un moment sont restés stable à la baisse pourrait connaître une évolution à la hausse à cause de l instabilité des conditions de la culture du cacao en Côte d’Ivoire .


Mamadou FOFANAMamadou FOFANAJuly 16, 2018
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En 1960, vu les problèmes de reboisement au nord de la côte d’Ivoire , l’idée d’introduire l’anacarde fait son chemin et ce n était pas pour une raison économique mais écologique mais en 1970, les objectifs de départ qui portaient pour l’essentiel sur les qualités végétatives de l’anacardier vont se trouver élargis quand ses fruits commencent à acquérir sur le plan international de la valeur marchande. L’on ne regarde donc plus l’anacardier comme un arbre forestier destiné uniquement au reboisement et dont les pommes sont consommées sous la forme de fruits frais par les populations. Il est désormais vu comme une plante dont les noix peuvent être exploités et faire l’objet de spéculation à l’instar du cacao et du café. La côte d’Ivoire étant un pays producteur et même le premier en cacao et 3 ème en café n’avait pas vraiment besoin de l’anacarde tant son prix était en dessous des deux premiers cités. La prospérité de la côte d’Ivoire étant basée sur les cultures qui poussaient uniquement au sud a eu comme conséquence le développement et l’avance du Sud sur le nord dans tous les domaines de développement d’où l’afflux des populations du Nord vers le sud.

Pendant de nombreuses années les populations du Nord ont essayés de développer la culture du Cotton sans succès jusqu’à dans les années 2000 où il y a eu un essor dans la culture de l’anacarde simultanément avec l’augmentation et la valorisation de l’anacarde. Les jeunes qui auparavant vivaient de la culture du fonio maïs et soja ont subitement découvert la Marne financière de la culture de l anacarde et donc ce sont empressés pour développer cette culture . Voyant les premières récoltes après 4 ans en moyenne les autres jeunes en ont fait leur culture de prédilection. Motivés par la concurrence entre les jeunes , cette culture s’ est rapidement développée dans cette région de la côte d’Ivoire faisant ainsi de ce pays le premier producteur de l anacarde au monde. Aujord’hui au nord de la côte d’Ivoire les jeunes qui avaient difficilement des vélos comme moyen de déplacement ont aujourd’hui pratiquement tous des motos et certains des voitures, ce qui serait impossible sans la culture de l anacarde aujourd’hui.

Vu l’enthousiasme des jeunes les aider en motorisant cette culture ne fera que de réduire le chômage et contribuer à développer d avantage toutes ces régions autrefois laissées pour compte.

Le gouvernement commence à prendre très au sérieux la filière anacarde vu son impact non négligeable sur l économie du pays, étant donné le nombre de jeunes ivoiriens qui partent à l aventure en se sacrifiant dans la méditerranée il est primordial de développer des secteurs pourvoyeurs d emploi et de richesse pour la stabilité sociale des familles.


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1.) Le contraste entre la pauvreté et la richesse.

Le Mali est un pays enclavé situé en Afrique de l’ouest avec une superficie 1 241 238 km2 Il fait frontière avec sept pays dont ’Algérie au nord, le Niger et le Burkina Faso à l’est, la Côte d’Ivoire, la Guinée au sud, la Mauritanie, et le Sénégal à l’ouest.

Le Mali a une population de 17,9millions de personnes, Les principales villes sont Bamako, la capitale, Kati, Kayes, Koulikoro (ville) , Ségou, Mopti, Sikasso, Tombouctou(ville), Gao (ville) et Kidal (ville).
Il possède un sous-sol riche en minerais notamment en or, ce qui lui vaut le titre de 3eme pays producteur d’or d’Afrique et 16eme au monde. Il est cependant, le 17eme pays le plus pauvre au monde.

  • Contraste entre la pauvreté et la richesse.
    1-1 classement des 25 pays des plus pauvres du monde.
    1-2 classement des 55 pays producteurs d’or au monde.
    Le MALI occupe la dix-septième place dans le classement des pays les plus pauvres au monde.

1-1 classement des 25 pays des plus pauvres du monde

Classement 2015 : Les 25 pays les plus pauvres du monde

Selon le classement de Forbes, basé sur des données du FMI (fonds monétaire international), le continent le plus riche du monde (Afrique) a les habitants les plus pauvres au monde. En effet, parmi les 25 pays les plus pauvres au monde, seuls trois ne sont pas africains.

Ci-dessous, un tableau listant les 25 pays les plus pauvres au monde.

Rang Pays                         PIB par habitant
(en dollars US)
1           Burundi                     315,2
2           République               338,7
centrafricaine
3           Malawi                      352,7
4           Gambie                     384,2
5           Madagascar             392,6
6           Niger                         403,4
7           Libéria                      469,1
8          République              478,2
démocratique
du Congo
9           Guinée                      545,6
10         Togo                          578,1
11         Guinée-Bissau         582,2
12        Afghanistan              614,9
13        Ouganda                    625,3
14        Mozambique            626,2
15        Erythrée                    630,3
16        Burkina Faso           631,4
17        Mali                           672,2
18        Sierra Leone            675,2
19        Ethiopie                    702,1
20       Bénin                         709
21        Comores                   736,8
22       Rwanda                     742,9
23       Népal                         751,1
24       Haïti                          829,6
25       Sénégal                     934,6

Cette pauvreté accrue si visible sur ce tableau est malheureusement la description du Mali, sa visibilité, son rayonnement géostratégique, et son développement sont entachés par cette étiquette.

Paradoxalement il fait aussi partie des grands pays producteurs d’or, même à ce niveau les statistiques sont intellectuellement et expressément fausses car la réalité et la vérité n’arrangent pas les multinationales qui profitent du Mali au vue et au su du monde entier.
Cette naïveté ou l’ignorance des dirigeants maliens pénalise le Mali dans son développement économique ; car l’or du Mali n’est pas estampillé en son nom ; mais au nom d’un autre pays ou d’un exploitant en grossissant ainsi la production d’or de l’un ou grandissant la notoriété de l’autre.

1-2 classement des 55 pays producteurs d’or au monde

Le tableau des pays producteurs dans le Monde

Rang           Pays                      Quantité d’or              En % par rapport  
Mondial    producteurs       extraite en 2014         à la production
                                                      (en tonnes)                  mondiale (à 0,01 près)

1.)             Chine                                   462                                      14,74
2.)            Australie                              272,4                                  08,68
3.)            Russie                                  266,2                                  08,50
4.)            États-Unis                          210,8                                   06,73
5.)            Pérou                                   171                                        05,46
6.)            Afrique du Sud                  167.9                                    05,36
7.)            Canada                                151,3                                     04,83
8.)            Mexique                             110,4                                     03,52
9.)            Ghana                                 104,1                                     03,32
10.)          Brésil                                    90,5                                     02,89
11.)           Indonésie                            89,5                                     02,86
12.)          Ouzbékistan                        85                                        02,71
13.)          Papouasie-
Nouvelle-Guinée                67,2                                    02.14
14.)          Argentine                             60                                       01,91
15.)          Kazakhstan                          49,2                                    01,57
16.)          Mali                                       48,6                                    01.55
17.)          Chili                                       44,5                                    01.42
18.)          Colombie                              43,6                                    01,39
19.)          Burkina Faso                       38,9                                    01,24
20.)         République                          36,1                                     01,15
Dominicaine
21.)          République                        35,8                                       01,14
Démocratique du Congo
22.)          Mongolie                            32                                          01,02
23.)          Soudan                               31,9                                       01,02
24.)          Turquie                              31,3                                       01,00
25.)          Zimbabwe                         23,9                                         0,76
26.)          Guinea                               23,5                                         0,75
27.)          Venezuela                         22,7                                          0,72
28.)          Kirghizstan                      19,2                                           0,61
29.)          Surinam                            18,1                                           0,58
30.)          Côte d’Ivoire                    17,6                                           0,56
31.)           Guyane                             16,2                                           0,52
32.)          Équateur                           15,3                                           0,49
33.)          Égypte                                11,7                                           0,37
34.)          Éthiopie                             11,5                                           0,37
35.)          Nouvelle-Zélande             10,8                                          0,34
36.)          Mauritanie                         10,1                                           0,32
37.)          Sénégal                                 8,6                                           0,27
38.)          Finlande                               7,5                                           0,24
39.)          Japon                                    7                                              0,22
41.)           Nicaragua                           6,8                                           0,22
42.)          Bolivie                                  6,6                                           0,21
43.)          Suède                                    6,5                                           0,21
44.)          Guatemala                           6,2                                           0,2
45.)          Corée du Nord                    6,0                                           0,19
46.)          Thaïlande                             5,4                                           0,17
47.)          Laos                                       5                                               0,16
48.)          Malaisie                                5                                               0,16
49.)          Zambie                                  4,8                                           0,15
50.)          Arabie Saoudite                   4,7                                           0,15
51.)          Bulgarie                                  4,4                                           0,14
52.)          Madagascar                           3,3                                           0,11
53.)          Iran                                         3                                               0,1
54.)          Tadjikistan                            3                                               0,1
55.)          Honduras                              3                                                0,1
– TOTAL                                             3088,8                                       98,58

– Autres pays                                      44,5                                              1,42
– TOTAL GÉNÉRAL                       3133,3                                             100

2.) Les différentes mines d’OR du MALI.

Le Mali regorge des ressources minérales incommensurables : il possède 9 mines d’or dont 5 en phase d’exploitation qui sont :

Les Mines d’or de Kodiéran : ( Wassoul’or.sa )

Elle est sur une superficie de 1,27 km2 avec un gisement de 42, 22 tonnes d’or sur les 82 tonnes d’or mises en évidence et dont l’exploitation selon les prévisions doit durer 8 ans.

Cette mine est exploitée par la société wassoul’or est cotée à la bourse de francfort. Cependant, les évènements du 22 mars 2012 au Mali ont eu une incidence très négative sur la mine.

Mines d’or de kalana (Somika.sa)
Première mine industrielle découverte en 1985 Aujourd’hui elle est la propriété de la société Avnel Gold Mining Limited, partenaire majoritaire à 80 % de la société Somika.sa, les 20% appartenant à l’Etat malien. En août 2009, Avnel a signé un contrat de partenariat stratégique (joint-venture) avec la société IamGold, principalement pour la recherche et le développement de la réserve. Ledit contrat entre les deux sociétés porte sur un investissement de 11 millions de dollars. Kalana produit en moyenne seulement quelques 360 kilogrammes d’or avec des pics de 700 kilos en 2006, 2007 et 2008. De sa mise en exploitation à nos jours, la mine a produit 8 tonnes d’or dont 5,47 tonnes depuis la reprise de la mine par la société Avnel. Elle a rapporté au trésor public malien quelques 45 milliards FCFA.

La mine d’Or de Morila.sa
Le capital de la société Morila.sa est constitué de 20% pour l’Etat malien, 40% pour AngloGold Ashanti et 40% pour Rand Gold Ressources, cette dernière société assurant la gestion de la mine. La mine d’or de Morila a été très productive, pour ne pas dire la plus productive des industries aurifères au Mali. En effet, de 2000 à 2013, elle a produit 225,25 tonnes d’or. C’est à dire beaucoup plus que les recherches et autres forages avaient prouvé comme réserves (103,720 tonnes selon les études de départ).

Au cours des dix premiers mois de l’année 2012, la mine a produit 6,38 tonnes d’or avec un coût de production de 796 dollars l’once. De 2000 à 2013, le coût moyen de production de l’once d’or à Morila a été de 274 dollars. Selon les chiffres fournis par les responsables de la mine, de sa mise en service à fin 2011, la société Morila.sa a distribué à ses actionnaires 665 milliards FCFA dont 133 milliards FCFA de dividendes versés à l’Etat malien. De son ouverture à 2011, la contribution de Morila.sa à l’économie malienne s’est fixée à un total de 812 milliards FCFA classant la mine au premier rang des entreprises maliennes en termes de chiffre d’affaire en année 2007. Cependant, elle a fait l’objet d’un redressement fiscal de l’ordre de 5,6 milliards FCFA infligé à la mine. Une affaire en cours de traitement avec le gouvernement malien.

Mine de Syama (Somisy.sa)
Exploitée par La société Rand Gold Ressources jusqu’en 2001. Mais pour des problèmes d’ordre essentiellement technique, la mine est fermée en 2001. En avril 2003, l’australienne Resolute Mining Limited signe avec Rand Gold une option de 12 mois aux fins de rouvrir la mine. En avril 2005, Resolute finalise une étude d’optimisation des ressources de la mine et l’acquiert définitivement. L’étude de Resolute met en évidence des réserves de minerai de 66 579 779 tonnes contenant 200, 108 tonnes d’or soit l’équivalent 6 433 722 onces d’or. C’est à dire beaucoup plus que les études menées avant, d’abord par BHP (77,759 tonnes d’or) puis par Rand Gold (80,869 tonnes d’or). La société Resolute a rouvert la mine en 2009. Sous Resolute, la mine de Syama a produit 11,72 tonnes d’or de 2009 à aujourd’hui.

Au cours des dix premiers mois de l’année 2012, Syama a produit 4,6 tonnes d’or. De sa mise en service en 1990 à 2012, la mine de Syama a produit au total 56,68 tonnes d’or. Cet or a été extrait d’une carrière à ciel ouvert qui atteint aujourd’hui 1,4 km de longueur, 1 km de largeur et 440 mètres de profondeur. La durée de vie de la mine de Syama est de 15 ans, c’est à dire jusqu’en 2024. Le reste du minerai en réserve est estimé à 47 970 000 tonnes soit l’équivalent 144, 388 tonnes d’or.

Goldfield (Komana)

Goldfield hérite du site de Komana découvert entre 1992 et 1996 par un autre géant, BHP-Utah.

L’entreprise North puis la société Glencar mène les travaux géologiques. Mais Glencar est durement frappé par la crise financière internationale de 2009.

En cette même année, Glencar signe une JV avec Goldfield qui poursuit les travaux de recherche sur le site Komana. Il s’agit en fait d’un projet, dit Projet de Yanfolila dans un rayon de 25 kilomètres où ont été identifiés 5 gisements qui sont : Komana Est, Komana Est, Kalaya Sud, Gonka et Sanioumalé. Sur ces différents sites il a été prouvé l’équivalent de 2 millions d’onces soit 60 tonnes d’or.

Quel paradoxe?
3eme pays producteur d’or en Afrique après l’Afrique du sud et le Ghana, le Mali est actionnaire minoritaire de 20% de toutes les exploitations d’or sur son sol.

Une production de 70 tonnes par an, les mines d’or génèrent des centaines de milliards de FCFA mais le Mali n’en garde qu’une infime partie. Il assiste ou participe au pillage des ressources précieuses qui font le bonheur de tous les autres sauf des maliens, sous prétexte que le Mali n’a pas les moyens d’extraction.

Selon le ministère malien des Mines, la valeur totale des exportations d’or a atteint, en 2014, 863 milliards CFA. Soit, plus de 70 % des recettes d’exportation totale du Mali. Mais elle n’a contribué au budget qu’à hauteur de 254,3 milliards CFA. Soit 25 % des recettes budgétaires et 8 % du PIB. Et comme si cela ne suffisait pas, les populations installées sur ces sites souffrent plus que partout ailleurs au Mali.

L’état malien ne pourrait-il pas mieux négocier ses contrats ?

3-Le contrôle de la quantité d’or extrait du sous-sol
Toutes les données liées à l’or sont exclusivement fournies par les sociétés minières. Ou est le contrôle de l’état ? la justesse et l’exhaustivité des chiffres dépendent de l’honnêteté des sociétés minières. Afin d’éviter une évasion de richesse ne faut-il pas qu’à ce niveau une commission de control d’état soit instaurée ? en outre, nous n’avons remarqué nulle part l’estampillage de l’or Malien.

4-L’identite de l’or du Mali: le label made in Mali
A ce jour le tampon «MADE IN MAL» n’est pas visible sur l’or extrait du soul sol malien alors que seul ce label au-delà de son aspect économique peut valoir une visibilité et une valorisation du Mali dans le monde, là les autorités maliennes se contentent de leurs parts sans se soucier de l’identité réelle de son métal.

5-La cotation de l’or Malien bourse: Pourquoi l’or malien n’est-il pas coté en bourse?
Jusqu’a nos jours l’or du Mali n’est pas coté en bourse selon un site malien Maliweb, si il l’était cela permettra à l’État malien d’améliorer son portefeuille et d’élargir l’éventail du partage des dividendes, car l’or fait partie des matières premières les plus cotées en bourse ; nous pensons que l’État malien peut valoriser sa part dans le capital des compagnies minières, en cotant l’or du Mali à une bourse quelle qu’elle soit afin que les bénéfices tirés de la vente de ses actions permettront d’améliorer les recettes de l’or dans le trésor public. Il peut également exiger des compagnies minières la cotation en bourse pour permettre aux investisseurs privés maliens de prendre des parts dans leurs capitaux.

Malheureusement aujourd’hui en 2017, L’or malien n’est ni estampillé made in Mali ni coté en bourse à part une cotation disparate et ponctuelle des sociétés minières comme le cas de wassoul’or qui est cotée à Frankfurt.
N’est t-il pas temps que l’état réfléchisse à cela ? nous savons, toute naïveté mise part que la réalité politique, l’épée de Damoclès des multinationales empêchent peut être une visibilité claire et entretien une opacité autour de la gestion de cette matière première,

En effet, il est de l’intérêt des maliens, du Mali, de mieux négocier les contrats d’exploitation des ressources minérales du Mali et une cotation de l’or du Mali sous le label MALI.

6-CONCLUSIONS
Le contraste entre ces deux tableaux l’un montrant un Mali à la 17eme place des pays les pauvres au monde et l’autre cote un Mali riche à la 16 place des 55 pays producteurs d’or dans le monde et 3eme producteur d’or en Afrique. En effet, si les choses se passent normalement ce paradoxe ne doit plus exister. Le Mali doit se servir de cette subtilité économique qui est sans doute à la portée de tout le monde pour mieux profiter de cette ressource minérale. Se prévaloir d’une économie et d’un développement stable passe forcément par un travail acharné.
L’Etat malien doit revoir cette politique contractuelle avec les compagnies minières soit par une joint-venture ou comme associe à part entière car après tout le sous-sol reste une propriété malienne.

SOURCES
Wikipédia
Over blog Centrafrique om
Site 24 carats Fr
le site chambre des mines du Mali
les évènements de 2012 : coups d’état au MALI

lexique :
1 once = 31.104 grammes (soit 0.031104 kg).



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