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Juventus Turin, AS Roma, Borussia Dortmund, Olympique Lyonnais… Les passionnés de football reconnaîtront ces clubs prestigieux ayant remporté les plus grandes compétitions nationales et européennes.

Mais qu’en est-il de leur valeur sur les marchés financiers ?

Les clubs de football ont une économie fonctionnant comme toutes entreprises : des recettes (guichets, publicité, droits radio et télévision, produits dérivés…) et des dépenses (Salaires, transferts de joueurs, installations…) afin d’en tirer un résultat. Pour financer leurs dépenses, certains clubs du premier sport populaire au monde ont décidé de faire appel à l’épargne publique. Comme tout bon investisseur, nous avons analysé s’il est raisonnable de faire fructifier son épargne en investissant dans ces clubs cotés en bourse.

Un marché pas très honorable

Depuis février 1992, l’indice boursier STOXX Europe Football permet de suivre l’évolution des principales valeurs de clubs de football européens cotées en bourse. L’indice est composé aujourd’hui de 22 valeurs dont des clubs italiens (Juventus Turin, L’AS Roma), Turcs (Fenerbahce, Galatasaray, Besiktas) et le seul club français (L’Olympique Lyonnais).

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Evolution du STOXX Europe Football depuis février 1992 (Source: stoxx.com)

Depuis sa création en 1992, l’indice du football a performé de seulement 11% pendant que le CAC 40 évoluait de +171% et le Euro STOXX 50 de +203%. La croissance du marché du football n’évolue donc pas à la même ampleur que les principales entreprises européennes.

Après avoir connu une forte croissance en atteignant le point le plus haut en janvier 1997 à 507 points, l’indice STOXX Europe Football a perdu 79% et reste stable autour des 100 points depuis 2002. Nous avons donc affaire ici à des valeurs qui n’arrivent pas à décoller et dont la tendance est difficile à déterminer.

Une forte dépendance du modèle économique

La valeur d’une action de club de football varie surtout en fonction des résultats sportifs et des droits TV qui représentent plus de 50% des recettes d’un club. D’autres éléments peuvent aussi avoir une influence sur le cours d’une action de club de football comme les transferts de joueurs, le financement d’infrastructures voire même une simple blessure d’un des joueurs du club.

Le cas de l’action de l’Olympique lyonnais est très démonstratif de cette dépendance économique. En février 2007, l’Olympique lyonnais Groupe (OL Groupe) entre en bourse avec une cotation au prix de 24 euros par action. L’objectif étant d’apporter un financement à la construction de son nouveau stade des lumières qui était prévu pour une livraison en 2010. A cette époque, L’OL en est à son septième titre de champion de France de suite et est sur la première scène européenne en participant tous les ans à la plus prestigieuse des compétitions européennes : la ligue des champions. Tout semble donc sourire pour ce club qui instaure une certaine confiance envers les investisseurs. Cependant, à partir de 2008 le club perd son titre de champion de France, ne se qualifie même plus pour la ligue des champions en 2012 ce qui limite les rentrées d’argent sans oublier la valeur de ses joueurs achetée à prix d’or qui diminue et pour couronner le tout, la livraison du stade des lumières est repoussée à 2014. La conséquence étant qu’entre 2010 et 2015 le club est en perte nette cumulée de 140 millions d’euros. Son cours va alors atteindre le 8 avril 2013 un plus bas historique de 1,68 euro soit une chute de 93% de sa valeur depuis l’introduction. Aujourd’hui, son cours est évalué aux alentours de 3 euros suite à de meilleurs résultats et une meilleure situation financière. Mais il sera difficile pour le cours de l’action d’atteindre sa valeur d’introduction tant le marché du football beigne dans l’incertitude.

Un avenir difficile

Un danger plane pour les valeurs des clubs de football cotées en bourse. En effet, il y a une tendance ces dernières années de rachat des principaux clubs de football par des milliardaires (Roman Abramovitch rachète Chelsea FC en 2003, Frank McCourt rachète l’Olympique de Marseille en 2016…), des fonds (Le Paris Saint-Germain est sous le contrôle d’un fonds souverain Qatari depuis 2011, Manchester city est racheté par un fonds d’investissement d’Abu Dhabi en 2008…) voire même des consortium (Le Milan AC est repris par un consortium chinois en 2016).Ce phénomène entraîne une nouvelle ère dans le monde du football qui va mettre en difficulté les clubs cotés en bourse. Ces « nouveaux clubs milliardaires » vont dépenser des milliards sur les marchés des transferts et la construction d’infrastructure ce qui va mettre ces clubs au premier plan mondial. Il va être alors difficile pour les clubs cotés en bourse ayant un budget très inférieur à ces clubs milliardaires de gagner des titres et d’agir sur le marché des transferts. En effet, pour gagner les plus grands titres, ces fameux clubs milliardaires s’offrent les meilleurs joueurs du monde à des prix d’or (Neymar au PSG pour 222M€ en est un parfait exemple). Avec le prix des joueurs qui augmente fortement tout comme les salaires de joueurs, il est difficile pour les clubs cotés en bourse d’agir sur ce marché sous peine d’engendrer des coûts très importants ce qui ne facilitera pas leur situation financière. L’écart ne fait donc que de se creuser entre ces clubs milliardaires et les clubs cotés en bourse et les chances de gagner les plus grands titres pour ces derniers ne font que de s’amoindrir. La seule manière de redonner confiance au marché est de réaliser de fortes plus-values sur la vente de joueurs de talents en profitant de la montée des prix sur le marché des transferts.

Redorer le blason en diversifiant son activité

Les clubs peuvent aussi avoir recourt à une diversification financière pour redonner confiance au marché en acquérant par exemple des entreprises centrées sur les loisirs ou des centres de fitness comme l’a fait le club danois FC Copenhague qui a vu suite à cela son chiffre d’affaires multiplié par 47 entre 1997 et 2008. Son cours de bourse a alors explosé avec une hausse de 700%. Le recettes provenant directement des résultats sportifs du club sont devenus très minoritaire. Une façon d’éliminer l’incertitude lié aux résultats. C’est ce que font parfaitement les grands clubs turcs d’Istanbul. Par exemple, Fenerbahçe qui est propriétaire de Fenerium, chaîne vestimentaire comptant 64 magasins dans le monde, dégage un bénéfice d’environ 30 millions d’euros. Son rival Galatasaray détient quant à lui un gigantesque patrimoine immobilier. Grâce à cette diversification, ces clubs ont vu leurs actions grimper et ont pu distribuer des dividendes aux actionnaires.

Conclusion

En prenant du recul, on constate très objectivement que le seul aspect sportif n’est pas un critère prédominant dans le choix d’investissement dans une action de club de football. En effet, le seul critère du résultat sportif à l’avenir comporte une incertitude tant détestée par les marchés. Cependant, les temps changent et les dirigeants de clubs prennent conscience que s’ils veulent se financer à travers les marchés, ils devront diversifier leurs activités. Cette étape consiste donc à transformer le club en une « pseudo-entreprise » dans laquelle le résultat pourra être plus facilement évalué. Une grande partie d’incertitude sera donc éliminée ce qui attirera certainement plus d’investisseurs à l’avenir.

 

Références

L’express Stoxx Lesechos

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