Twitter, nouvelle arme (de communication et) de destruction massive notamment via le trading à haute fréquence?

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Close up of a man using mobile smart phone

Nous vivons aujourd’hui dans un monde où les réseaux sociaux sont omniprésents surtout auprès des jeunes mais pas seulement. En effet, Donald Trump, président des Etats-Unis en a fait son outil de communication préféré via ses fameux tweets.

Twitter est un réseau social créé en 2006 permettant d’envoyer des messages courts (limités à 140 caractères) appelés tweets de manière instantanée sur internet. Il figure dans le top 10 des réseaux sociaux les plus populaires et les plus utilisés dans le monde avec plus de 300 millions d’utilisateurs actifs par mois, environ 500 millions de tweets envoyés quotidiennement dans plus de 40 langues.

Cependant, outre ses fonctions de communication et d’information instantanée qui font son succès, Twitter (comme tout autre réseau social) est sujet à des piratages qui peuvent avoir des conséquences non négligeables sur les marchés financiers et plus précisément si ces marchés sont régis par des automates du trading à haute fréquence.

Le trading à haute fréquence est basé sur la rapidité croissante des échanges de titres. Les machines peuvent être 100 fois plus rapides que les traders humains. Par conséquent, des investissements massifs sont consentis comme en témoigne les 300 millions de dollars investis pour l’artère Londres – New-York pour un gain de 5 millisecondes.

Une dérèglementation des marchés a accentué le phénomène. Historiquement, en 1971 un nouveau mécanisme de fixation des prix en temps réel est mis en place ; en 2001 la décimalisation des cours et en 2007, la perte de monopole des places traditionnelles avec une ouverture à la concurrence.

Le trading à haute fréquence occupe désormais une part importante des transactions effectuées. Il représente à peu près 40% des échanges en Europe et environ 60% des échanges aux Etats-Unis. La répartition entre les différentes classes d’actifs n’est pas uniforme, les actions et contrats à terme sont préférés aux changes et à l’obligataire.

C’est ainsi que le 23 avril 2013 à 13h07 (19 heures en France) un tweet de The Associated Press (AP) indiquait : « Urgent : deux explosions à la Maison-Blanche, Obama est blessé ». Le compte Twitter de AP compte plus de 2 millions d’abonnés et cette information a été relayée (retweetée) plus de 3000 fois en 3 minutes avant qu’un premier démenti soit publié à 13h10.

Résultat des courses, ces 3 minutes de krach ont entrainé une chute de 143 points du Dow Jones soit quasiment 1% de sa valeur (0,7%) et surtout, 136,5 milliards de capitalisation boursière envolés sur le S&P 500!

Rapidement, l’attaque est revendiquée sur Twitter même par l’Armée syrienne électronique qui soutient le président syrien Bachar el-Assad. Elle n’en est pas à son coup d’essai : la National Public Radio américaine, la BBC, la CBS, l’Agence France-Presse et Reuters News ont également vu leur compte détourné.

Les algorithmes anticipent les réactions du marché en fonction des informations relayées par les médias notamment sur les réseaux sociaux comme Twitter gages d’informations en temps réels mais non sanctionné par la SEC (U.S. Securities and Exchange Commission) et repris par le réseau Bloomberg.

Ainsi, des machines sont spécialement conçues et calibrées pour analyser toutes les informations disponibles sur tous les médias Internet, télévision… Chaque discours, chaque publication, chaque écrit est décortiqué jusqu’à la virgule près ! De ce fait, la programmation de ces automates peut conduire à des situations chaotiques sur les marchés.

Se pose maintenant la question de la régulation du trading à haute fréquence. A l’heure actuelle, elle n’en est qu’à ses débuts et les sanctions rares. Il est vrai que pour pouvoir contrôler et analyser les flux à haute fréquence de manière efficace, le régulateur doit investir dans des ordinateurs puissants et performants. Cette tâche s’avère difficile quand on sait à quel point la course à la technologie est un pilier du trading à haute fréquence. Récemment, le président des Etats Unis Donal Trump a choisi Chris Giancarlo pour diriger la CFTC (Commodity Futures Trading Commission). Ce dernier est un défenseur du trading à haute fréquence et prône un allégement de la loi Dodd Franck. Le trading à haute fréquence est donc loin de disparaître.

Justement, concernant Donald Trump et sa communication pour le moins dans l’ère du temps, il a reconnu lors d’une interview sur la chaine Fox News : « Je pense que je ne serai peut-être pas là sans Twitter. ». Le prochain krach boursier viendra t-il d’un tweet de l’homme le plus puissant du monde ou du moins de son compte (proie à un piratage) suivi par plus de 26 millions d’abonnés ?

Sources :

http://www.lefigaro.fr/medias/2013/04/24/20004-20130424ARTFIG00363-un-faux-tweet-d-ap-fait-plonger-wall-street.php

Vincent Inthinavong

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