Solidité financière: Une bonne nouvelle peut en cacher une …..moins bonne !

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A quelques semaines d’intervalle, deux informations importantes sur le sujet de la solidité financière des banques ont été publiées.

La première est l’analyse des résultats des stress tests menés au premier semestre 2012 par l’Autorité de contrôle Prudentiel (ACP) auprès des établissements financiers et assureurs français.

La seconde est le classement annuel du magazine américain Global Finance des 50 établissements bancaires les plus sûrs du monde.

solidarité financière

Un bon résultat suivi d’une mauvaise surprise

Une bonne résistance aux stress tests…

L’analyse de l’ACP a concerné les 8 plus gros établissement bancaires français représentant plus de 97 % du total des banques françaises, 12 assureurs vie représentant 70 % du marché et 13 assureurs IARD représentant 50 % du marché de l’assurance non vie.

Visant à mesurer la résistance des différents établissements à des chocs hypothétiques, macro-économiques ou financiers ces études reposaient sur l’observation du comportement des banques dans 2 scénarios : l’un « central » et l’autre « défavorable » pour chacun desquels étaient observés différents indicateurs : indicateurs de solvabilité incluant un stress souverain, indicateurs de liquidité et indicateurs de contagion.

Menée au cœur de la crise de la dette souveraine européenne ces tests prenaient donc en compte un contexte macro-économique et financier déjà particulièrement dégradé.

Dans ce contexte les résultats se révèlent tout à fait satisfaisants :

Les résultats des stress de solvabilité témoignent de la capacité des banques françaises à résister à une détérioration significative de l’environnement économique, tout en étant capable de se conformer aux nouvelles exigences de la CRD IV :

l’ensemble des banques affichent, dans le scénario central, un ratio supérieur à 9% sur tout l’horizon considéré, et supérieur à 8% dans le scénario adverse. (1)

Par ailleurs, en simulant un dysfonctionnement partiel des marchés interbancaires (« wholesale funding »), les stress de liquidité ont permis de mesurer, la vulnérabilité que constitue cette source de financement de marché pour le secteur bancaire et, d’autre part, l’existence d’importantes réserves de collatéraux éligibles à la BCE leur permettant de faire face durablement (plus d’un an) à un épisode de crise, en ayant recours à la BCE. (1)

Enfin, les stress tests sur les expositions interbancaires ont montré la forte résilience du système bancaire français aux risques de contagion.(1)

Les résultats sont tout aussi satisfaisants pour les assureurs :

ceux spécialisés en vie étant en situation d’absorber par la participation aux bénéfices un niveau important de pertes dans le scénario défavorable.

Les assureurs non vie partant de niveaux de solvabilité élevés, ne voient pas leur solvabilité mise en risque dans le scénario défavorable.

Pourtant seules 3 banques françaises figurent dans le top 50 des établissements les plus sûrs du monde

Cette étude menée semestriellement par le magazine américain Global Finance prend en compte le montant et la qualité des actifs mais aussi la notation accordée par chacune des 3 agence de notations S&P, Moody’s et Fitch et leurs évolutions..

Quoique dominée globalement par les établissements bancaires européens qui trustent encore une fois les 10 premières places et au total 19 des 50 places contre 5 pour les états unis, le classement ne voit en effet figurer que 3 banques françaises :

La Caisse des Dépôt et Consignation bien que touchée par la dégradation de la note de la France, figure en 7 ème position perdant ainsi 5 places par rapport à août 2012.

Plus surprenant les 2 autres établissements français présents dans le classement sont la Banque fédérative du Crédit Mutuel (38 ème) et la Banque Postale (44 ème).

De nos autres grands groupes privés point de trace….BNP Paribas encore présent à mi 2012 est sorti du classement à la suite de la dégradation de sa note par S&P.

De 6 établissements en 2011, la représentation française a été divisée par 2 en 1 an, impactée notamment par la crise de la zone euro et la forte exposition de ses établissements à cette zone et ses risques.

Reste que la zone euro, quoique que mise sous tension par la crise monétaire, truste les meilleures places: 9 des 10 premiers établissements du classement sont issus de pays de cette zone : 4 allemands, 3 néerlandais, 1 luxembourgeois accompagnent la CDC, dans ce Top Ten complété par la suissesse Zürcher Kantonalbank.

Parmi les autres pays significativement représentés on notera le canada avec 5 établissements classés entre la 11 ème et la 30 ème place et également Singapore, ou encore l’Australie.

Dans les mouvement significatifs on notera 3 nouveaux entrants : deux banques de Corée du Sud – Korea Finance et Industrial Bank of Korea qui font leur entrée dans le classement, respectivement à la 33ème et la 40ème place, ainsi que la norvégienne DnB, qui prend la 50 ème position.

La plus forte progression au classement est à mettre au crédit du chilien Banco estado of Chile qui gagne 6 places en 36 ème position.

Gageons que l’embellie sur la situation financière de la zone euro, si elle surpasse l’épisode chypriote, favorisera le retour d’établissements français dans le prochain classement…

Pierre LIEBAERT

(1) sources : Analyse et synthèse – Stress tests sur le système bancaire et les organismes d’assurance en France (ACP 01-2013)

(2) http://www.acp.banque-france.fr/uploads/media/201301-stress-tests-systeme-bancaire-et-organismes-assurance-en-france.pdf

(3) http://cdn.gfmag.com/images/stories/attachments/140_SafestApril2013_.pdf

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