Nouveaux critères pour investir dans le secteur bancaire ?

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Malgré la crise financière de 2008, de nombreux scandales financiers continuent à coûter cher au secteur. Celui-ci est dégradé par ses dépenses incessantes en procès et amendes. Depuis 2008, l’ensemble du secteur bancaire ne cesse de décevoir. Entre autres, il se voit accusé comme étant responsable de manipulations de marchés. La manipulation du Libor ou bien du FX Trading en sont les meilleurs exemples. Le secteur financier est également poursuivi pour ventes abusives comme le récent scandale des PPI en Grande Bretagne. Mais de nombreuses autres fautes graves lui sont reprochées telles que des violations sur l’évasion fiscale, sur l’anti blanchiment d’argent ou bien des suspicions envers les fameux Dark pools.

Ces scandales révèlent deux conclusions frappantes. La première est la persistance de ces fautes graves, voir illicites, après la crise des Subprimes de 2008 et malgré l’engagement des régulateurs qui a suivi. La seconde est l’impact financier et de réputation sur l’ensemble de l’activité. Indubitablement, les amendes et sanctions infligées ont été bien plus significatives que les profits néfastes générés en premier lieu. D’autant qu’il reste encore beaucoup de fautes non acquittées pour de nombreuses banques. Pourtant déjà, le secteur bancaire a payé 275 milliards de dollars depuis 2008 en amendes et règlements. Ce sont 275 milliards de dollars qui n’ont pas pu être versés aux actionnaires ou utilisés pour la croissance. En 2016, la Société Générale publie un rapport qui dénonce une dépense en moyenne de 15% de la capitalisation Boursière des plus grandes banques en coûts pour fautes graves. Au-delà des amendes appliquées suite à ces comportements néfastes, plusieurs autres séquelles sont observées sur le secteur. D’abord, les banques doivent mettre en œuvre des coûts supplémentaires pour respecter les nouvelles règles appliquées par les régulations. Ensuite, un réel manque de confiance s’installe envers l’activité financière. Celle-ci souffre alors d’une érosion de ses contrats clients et de ses relations envers ses contreparties de trading. Egalement du point de vue des investisseurs, cette imprévisibilité, qui régit le secteur, explique parfaitement leur crainte. Leur perte d’intérêt induit une chute de leurs cours de bourse et augmente ainsi le coût du capital bancaire.

Mark Carney, Président du conseil de stabilité Financière et gouverneur de la banque d’Angleterre (2014) atteste « Cette succession de scandale prouvent qu’il est désormais impossible de penser que la source des problèmes n’est qu’une poignée de quelques cas isolés. Un changement fondamental est nécessaire dans la culture institutionnelle.”

Pour les investisseurs, cela nécessite d’intégrer de nouveaux critères extra financiers dans leur processus d’investissement. Ces mauvais comportements, impactant le capital des banques, poussent désormais les analyses d’investissement à intégrer une matrice prenant en compte la génération de capital de la banque ainsi que ses réformes mises en place pour empêcher tout risque de comportements outranciers. La capacité de la banque à générer du capital permet effectivement à la banque d’absorber des éventuels coûts pour fautes graves. On peut facilement voir ce cas pour les banques américaines, plus aptes à payer les amendes, qui ont mieux performé que par exemple Deutsch Bank. Une réforme culturelle sociale et de gouvernance au sein de la firme lui permet, quant à elle, de réduire les risques de mauvaises conduites.

Ces deux critères traduisent ainsi le potentiel de la firme à distribuer cette forte génération de capital à ses actionnaires plutôt que de la voir dépenser pour des redressements clients ou règlements aux différentes régulations. D’après le rapport de la Société Générale, les investisseurs peuvent désormais considérer cette matrice comme essentielle pour réaliser un choix d’investissement dans le secteur bancaire et éviter ainsi de très mauvaises surprises en tant qu’actionnaire.

Sources :

The culture of British retail banking, Rapport d’UK New City Agenda/Cass Business School, 2014.

Culture change in Banking, Rapport de la Société Générale, 2016

Marine Brabec

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