L’inefficience des marchés Européens (Comparatif sommaire entre deux systèmes Financiers)

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Le comparatif entre les USA et le reste du monde est plus que jamais d’actualité. Nous voyons ce genre de comparatif comme un acte souvent politique, intéressé, et donc rarement fiable. Néanmoins certaines comparaisons peuvent nous montrer l’étendu des clivages entre deux entités distinctes.
« Qu’en est-il de l’épargne et de la Finance de marché ? Pourquoi l’inefficience des marchés Européens

marchés Européens
De manière globale les Etat Unis n’ont pas de programme d’état portant sur les retraites de leurs citoyens. La France de son côté, ne cesse d’accumuler les discours politiques et les reformes afin de pereniser un système globale de retraites. Les deux pays affrontent les mêmes problèmes mais ne les traitent pas de la même manière. On juge normal, en France et en Europe, de cotiser chaque mois une somme fixe, celle-ci allant directement dans une caisse étatique de retraite.

Au Etats-Unis la retraite n’est pas considérée de la même manière. Elle résulte d’une succession de placements financiers effectués directement par l’épargnant ou en collaboration avec des brokers et des gérants de fond. Les entreprises américaines sont souvent directement impliquées dans les plans de retraite de ses employés. Les conséquences sont parfois dramatiques (cf Affaire Enron). En Europe la retraite est la responsabilité de l’état et non celle de chaque citoyen.

De se fait les épargnants perdent la notion de retraite par capitalisation et ne sont plus connectés au cycle économiques. Ce qui prive le citoyen d’une vision de marchés a l’inverse du peuple Américain. Cette distinction entre nos deux modèles d’épargne et de retraite est fondamentale dans l’étude des disparités concernant la gestion des crises de ces deux continents.

Les Français voient la finance d’un mauvais œil car utilisée par des politiques afin d’en extraire les dérivés. La finance de marchés et l’investissement sont intégrés par la majorité des Français comme étant sources de crise et cause de tout les maux.
C’est alors qu’on comprend pourquoi des crises comme celles que nous avons pu voir courant 2016 sur les marchés du cochon et du lait ont été gérer par des politiques et non par les marchés eux même.


Certain grands transformateurs de matières premières comme Bigard-Socopa ont boycotté l’achat de Porc Français à cause des prix fixés par l’état jugés  « En total décalage avec les prix des marchés Européens » Le marché des matières premières en France et en Europe est si important qu’il représente 1/3 des cotisations payées par les contribuables à l’Europe (La P.A.C).


A contrario aux Etats-Unis (notamment à la bourse de Chicago), les prix des matières premières sont gérées de manière centrale, avec un marché à terme fixant les prix sur une période de temps donné. Réduisant ainsi au maximum la volatilité du prix des céréales, du lait, du cochon etc…. Stephan Le Foll ancien député européen sur les questions d’agriculture et actuel ministre de l’agriculture en France nous expliquait la difficulté d’établir un tel système et le coût pour l’état, mais n’était nullement en désaccord avec cette méthode de fixation des prix à terme.

« Mon véritable adversaire c’est le monde de la finance » Citation de François Hollande lors de son discours au Bourget le 22 janvier

La question n’est pas de savoir pourquoi nous utilisons les subventions plutôt que les outils proposés par les marchés (marchés Européens) mais bien quel est le coût pour les contribuables d’une telle intervention de l’état dans le marché lui même.
Le coût de la PAC (11 milliards d’euros par ans) ne cesse d’augmenter, c’est donc de l’argent que l’on prend au consommateur final pour rémunérer les agriculteurs qui perdent en produisant la matière première.

Cela signifie une baisse du pouvoir d’achat immédiat pour le consommateur afin d’augmenter le prix de vente du producteur. Le coût de toutes ces crises est donc directement imputé aux cotisants sans même qu’ils ne soient au courant. Aux Etats-Unis les marchés régulent eux même ces crises et sont donc en circuit fermé (les consommateurs ne sont pas taxés dans le but de corriger une dérive des cours de bourse).


La non utilisation des marchés à terme en France et des outils de gestion des risques proposés par les marchés entraine donc un effet inverse au postulat de base à savoir : « nous ne voulons pas être tributaire des marchés financier ».


Notre économie est mondiale et c’est une économie de marché. Chaque intervention de l’état a un impact. La France a décidé de ne pas suivre ses homologues américains sur le sujet de l’épargne. Poussant ainsi le citoyen Français de plus en plus loin des réalités affectant sa vie quotidienne et intervenant sans cesse dans la fixation des prix (nourriture, chauffage, essence, etc…).

Nicolas Persant

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