L’Expansion de la Finance Islamique

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Lancée durant les années 1970 au Moyen-Orient, la finance islamique est aujourd’hui présente en Malaisie, en Indonésie, au Pakistan, à Singapour, à Abu Dhabi, au Maroc, en Algérie ou encore au Soudan. Des banques islamiques ont également vu le jour en Occident, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis notamment. Il y a également la banque islamique en france.

Avec la crise financière, la finance islamique ne cesse de conquérir de nouvelles parts de marché. D’après une dernière étude, les actifs financiers islamiques devraient progresser de 33 % par rapport à 2010 pour atteindre 812 milliards d’euros d’ici à la fin 2012.

Selon les estimations du FMI, il existe actuellement plus de 300 institutions islamiques opérant dans plus de 75 pays. Selon les mêmes statistiques, l’industrie a connu une croissance annuelle moyenne d’environ 15% pendant les dix dernières années.

banque islamique en france

 

Leurs prévisions indiquent que cette tendance devrait continuer à connaitre même une accélération durant les années à venir en fonction des pratiques réglementaires qui seraient mises en place.

L’expansion rapide de la finance islamique comme un modèle alternatif de l’intermédiation financière reflète sa capacité à répondre à l’évolution structurelle de la demande des consommateurs ainsi que des entreprises, sa compétitivité et sa capacité à résister à un environnement difficile et en mutation. La vivacité de ce marché a été ressentie dans les centres traditionnels de la finance islamique et sur plusieurs autres marchés.

D’après la Bank Negara Malaysia (Banque Centrale de la Malaisie), le nombre des filiales de banques islamiques en Malaisie a augmenté de 126 en 2004 à 766 en 2005 (+508%) 4.

De plus, un nombre important de nouvelles institutions financières islamiques (IFI) ont été mise en place dans les marchés traditionnels de cette industrie, plus exactement dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). On constate également que la finance islamique est en croissance dans de nouveaux marchés, tels que la Syrie, le Liban, le Royaume-Uni, la Turquie et le Canada.

Ce développement a engendré une grande attention de la part des acteurs mondiaux de la finance conventionnelle dans les économies développées qui ont tenté d’accroître leurs participations dans les marchés financiers islamiques. Suite à une libéralisation accrue, le système financier islamique est devenu plus varié et a acquérie de plus en plus de profondeur.

Par conséquent, la finance islamique semble être actuellement un des segments les plus dynamiques de l’industrie internationale des services financiers. D’autres pays majoritairement musulmans, commencent aussi à s’intéresser à ce secteur, tout particulièrement ceux de l’Afrique du Nord.

L’augmentation de la demande des produits islamiques et leur notoriété croissante étaient dues en grande partie a une masse considérable de liquidité en provenance des pétrodollars dans la région du Golfe persique ainsi que par les nouvelles dispositions géopolitiques. Ce type de financement est devenu une partie intégrante du système financier mondial.

Plusieurs motifs expliquent l’importante croissance des actifs islamiques :

  • Le premier est le renouveau spirituel et religieux qui a crée une demande croissante des produits conformes à la Charia.
  • Le deuxième est en lien avec l’apparition d’une épargne abondante en provenance des pays du Golfe, principalement dû à l’augmentation des revenus pétroliers.
  • Le troisième pourrait être l’accroissement de la concurrence bancaire au Moyen Orient. Cette concurrence s’est intensifiée et est devenue plus visible suite à l’intégration de ces pays à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Ceci a encouragé les banques de petites tailles à chercher une alternative via la spécialisation en tant que banques islamiques. Les banques de taille importantes avaient le choix entre conversion en IFI ou ouvrir des « fenêtres » islamiques afin de diversifier leurs portefeuilles et de profiter de cette niche en développement.

Aujourd’hui, les institutions financières islamiques continuent à assurer leur base de dépôts et les divers opérateurs profitent des innovations financières afin de développer leurs offres de produits.

Elles sont actuellement présentes dans plusieurs régions du monde : Moyen Orient, Asie du Sud, Europe, Amérique, Afrique du Nord, etc. Devant cette opportunité, un consortium de banques islamiques et d’associations du secteur financier a lancé, mardi 22 novembre, le premier taux interbancaire compatible avec les principes islamiques. Ce taux repose sur les taux de 16 banques islamiques et branches islamiques de banques conventionnelles principalement basées au Moyen-Orient.

Le taux, initié par Thomson Reuters, le groupe spécialisé dans la finance, correspond au retour sur investissement moyen attendu pour un financement interbancaire à court terme et compatible avec la charia. Il sera utilisé comme base pour évaluer le prix d’un large éventail d’instruments financiers islamiques, dont les sukuk (obligations islamiques).

L’IIBR doit être le moyen de résoudre l’une des sources de tension dans les activités financières islamiques : l’islam interdit les intérêts dans toute transaction mais le secteur de la finance islamique a longtemps utilisé le taux interbancaire Libor (London Interbank Offered Rate) comme référence en l’absence d’un taux compatible avec la charia.

Le lancement de l’IIBR montre que la finance islamique a fini par acquérir un niveau et une renommée grâce à laquelle elle peut largement rivaliser avec la finance conventionnelle. Certains experts présentent ce système comme moins risqué et plus stable que la finance conventionnelle.

La finance islamique en France:

la finance islamique

Dès juillet 2008, la ministre de l’Economie Christine Lagarde avait fait part de son souhait de modifier l’environnement juridique français pour que les activités de la finance islamique soient “aussi bienvenues à Paris qu’elles le sont à Londres et sur d’autres places”. A sa demande, le Trésor public a publié en février une instruction fiscale, afin d’éviter aux instruments financiers “charia compatibles” une trop lourde taxation.

Mais pour permettre l’émission d’obligations islamiques, il faut modifier la législation. Le Parlement avait adopté en septembre dernier dans le cadre de la loi sur les PME un article modifiant le régime de la fiducie et devant faciliter l’émission en France de “sukuks”, mais il a été censuré par le Conseil constitutionnel, au motif que l’article n’avait pas de lien avec l’objet du texte. Bercy ne devrait cependant pas aussi facilement baisser les bras…

Amel MERZEKANE

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