L’essor d’une nouvelle ère: trading haute fréquence

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Un vent de panique s’est abattu le 6 mai 2010 sur les marchés financiers. L’apparition d’une nouvelle crise qui n’a jamais existé auparavant. En l’espace de 10 minutes, les marchés ont fait une chute vertigineuse sans interruption pour perdre jusqu’à -9%, du jamais vu. C’est ce que l’on appelle le « Flash crash ». Encore aujourd’hui, nul ne connaît les raisons exactes de cette crise. Mais pour certains, il n’y a aucun doutes. Le trading algorithmique à une part de responsabilité.

Mais revenons tout d’abord au trading haute fréquence. C’est dans les années 2005 qu’il apparaît lorsque les Etats-Unis commencent à mettre en place des algorithmes pour automatiser les ordres à toute vitesse. Encore de nombreuses personnes pensent que pour négocier, il faut encore hurler dans les salles et exécuter des signes incompréhensibles.

trading haut fréquence

Mais cette époque est bel et bien révolue. Désormais, la criée a laissé place à l’informatique et ses algorithmes interminables. Les mathématiciens mettent donc en place de nouvelles formules qui permettent de prendre des positions à la place de l’homme. Ils ont donc le contrôle sur la plupart des transactions financières. Les nouvelles machines n’ont pas d’émotions et permettent donc de ne pas être influencés par des biais psychologiques.

Chaque jour, le trading haute fréquence brasse des milliards de dollars dans le monde entier avec environ 60% des transactions quotidiennes mondiales. Pour automatiser tout ceci, les puissants algorithmes mathématiques sont codés et intégrés dans des ordinateurs ultra-rapides afin de détecter et exploiter les micro-mouvements de marché.

Les ordres sont exécutés en une dizaine de millisecondes et essayent donc de tirer profit de très faibles écarts de prix sur les valeurs. Avec une telle vitesse d’exécution, on peut se demander si cela ne peut pas déstabiliser les marchés et il est légitime de se poser des questions en matière de régulation.

Faut-il encadrer le trading à haute fréquence ?

A force que le trading haute fréquence se développe, les autorités n’ont pas tardé à réagir. Notamment l’AMF qui a réalisé une cartographie des risques. Elle estime que le volume de transactions traité par le trading haute fréquence concernant le CAC 40 est de 17 % et environ 30 % pour l’Europe.

Le débat est complexe car parmi les nombreux experts, on constate qu’il y a deux parties. Certains disent qu’il est dangereux d’utiliser ce système, et d’autres mettent en avant, ce trading essentiel pour la liquidité des marchés. Cependant, les autorités ont pris la décision de limiter la vitesse des transactions.

En effet, un projet de révision de la directive sur les marchés d’instruments financiers compte imposer un temps de latence minimum pour les ordres boursiers. C’est-à-dire, que chaque ordre automatisé, avant d’être exécuté, devra rester au minimum une demi-seconde dans les carnets d’ordres.

Ce nouveau projet risque de fortement impacter les volumes de transactions ainsi que les opérateurs de marché. En attendant la réponse du Parlement européen et l’adoption d’une décision commune, le débat est très animé entre les détracteurs et défenseurs du trading haute fréquence.

Future « Flash crash » ?

D’autre part, le sujet du trading haute fréquence ne laisse personne indifférent, on peut se demander si l’origine des « flash crash » n’est pas en partie à cause du trading haute fréquence. Nous sommes pour le moment bien incapables de trouver les facteurs qui provoquent le « flash crash », mais d’après des experts, le trading haute fréquence peut amplifier la chute.

Nous le savons tous, le trading haute fréquence a pour principe de prendre des positions en fonction de la tendance du marché. Et il est clair que si le marché est « bearish », les machines vont donc massivement se retourner à la vente, ce qui provoque une mini-crise. Le marché est donc extrêmement volatile, et la vitesse d’exécution est tellement rapide que même les stop-loss sont surpassés et n’ont pas le temps d’être déclenchés.

Nul ne sait donc où et quand la prochaine crise apparaîtra mais une chose est sûre, c’est que le trading haute fréquence a déjà impacté la profondeur des marchés. C’est-à-dire que l’on voit de plus en plus des ordres de petite taille et la taille des transactions ont diminué. Ceci a pour conséquence une incapacité à absorber un ordre de taille importante et la croissance des transactions de gré à gré.

Vicky TSANG

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