Le développement du shadow banking

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Le shadow banking ou finance de l’ombre représente tous les intermédiaires financiers qui sont en dehors du système bancaire traditionnel, et qui participent au financement de l’économie mondiale. Autrement dit, ce sont toutes les opérations financières qui se font hors des bilans des banques.

Les principaux intervenants sont les banques d’affaires, les hedge funds, les fonds de titrisation, les fonds monétaires, les fonds de pension, mutuels, d’assurance-vie, …

Cette pratique a commencé à se développer dans les années 80 mais sans cadre juridique, elle est rapidement devenue complexe, excessive et à but spéculatif. Malgré l’effort des régulateurs pour contenir ces pratiques, les banques, systématiquement, contournent ces nouvelles réglementations en retirant de leurs bilans les actifs risqués et en transférant le risque associé vers d’autre acteurs. Pour cela, la titrisation des dettes en produits dérivés a pris énormément d’ampleur et la crise des subprimes de 2007 en est la preuve.

De cette façon, la finance de l’ombre échappe aux règles prudentielles (Bâle III) qui imposent aux banques de garder en dépôt une fraction de leur encours de crédit.

Le Financial Stability Board (crée en 2010 après la crise des subprimes) a évalué le marché de l’ombre à 75.000 milliards de dollar à fin 2013, soit environ un quart des actifs mondiaux, répartis aux Etats-Unis, en zone euro, Royaume Uni et notamment en Chine où selon certains économistes une bulle immobilière est en formation à la fois dans le système bancaire traditionnel et dans le système de l’ombre avec un risque réel sur l’économie mondiale.

Ce risque systémique potentiel inquiète les banques centrales et les régulateurs des marchés boursiers. Cependant, pour beaucoup la finance fantôme n’est pas mauvaise ou néfaste et peut être bénéfique à l’économie si elle est bien encadrée et bien comprise. Il est possible de citer Mark Carney, Gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du FSB, qui insistait sur l’important de transformer le shadow banking en une source de financement de l’économie.

A l’inverse d’autres représentants européens comme Pierre Moscovici et Wolfgang Schaüble sont bien plus réticents à cette idée et tente de réguler les crédits provenant de cette finance.

Bien que tous les moyens soient mis en œuvre (Bâle III, ratio de liquidité) pour prévenir d’une nouvelle crise financière, il est possible de constater que les activités sur produits dérivés se déplacent vers la finance de l’ombre qui est quant à elle beaucoup moins encadrée ; une nouvelle phase de dérégulation financière semble s’amorcer, en Europe où la Commission européenne entend freiner les réformes bancaires comme aux États-Unis où Donald Trump est bien décidé à défaire les lois Dodd Frank.

Sources :

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/regulation-financiere-le-temps-de-la-pause-638348.html

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/01/08/faut-il-avoir-peur-de-la-finance-de-l-ombre_5059493_3234.html

http://www.capital.fr/enquetes/economie/alerte-les-financiers-de-l-ombre-attaquent-1175907

Thomas Carreyre

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