Le collatéral, instrument des marchés financiers

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Le « collatéral » représente l’ensemble des actifs, titres ou liquidités, remis en garantie par la contrepartie emprunteuse à la contrepartie créancière afin de couvrir le risque de crédit résultant des transactions financières négociées entre deux parties. En cas de défaillance du débiteur, le créditeur a le droit de conserver les actifs remis en collatéral afin de se dédommager de la perte financière subie.

L’utilisation du collatéral a connu un développement constant ces dernières années. La dernière crise financière a assurément permit d’accroître ce développement. La mise en place des accords de Bâle 2, qui permettent de réduire l’exigence en capital pour les opérations couvertes par du collatéral, est également un facteur d’intérêt pour cette pratique. La gestion du collateral disponible, c’est-à-dire utilisable pour être remis en garantie, devient donc un enjeu stratégique pour les acteurs.

Comment les marchés financiers utilisent le collatéral (gestion du collateral)?

Le collatéral peut être un instrument du marché du repo, prêt emprunt ou encore des produits dérivés.

Le « collat » peut être donné de plusieurs manières : il peut être l’objet d’un repo. En finance de marché, les acteurs ont souvent recours à la pension livrée.

gestion du collateral

Illustrons par un exemple : Lorsqu’une contrepartie débitrice A fait un repo avec une contrepartie créditrice B, A vend provisoirement un titre à B en échange de cash et s’engage à lui racheter ce titre à maturité. Si, entre temps, A fait défaut, B pourra vendre les titres pour se dédommager de la perte financière du au non remboursement de sa créance.

Le collatéral peut également être utilisé dans une opération de prêt-emprunt de titres. Exemple : une contrepartie A prête un titre en échange d’un autre titre. Celui-ci peut être changé par du cash, ce qui rend l’opération similaire à une pension livrée. La seule différence c’est que dans une opération de Repo, la principale motivation de la transaction est l’acquisition de cash, alors que dans l’opération d’un prêt-emprunt de titre, c’est l’obtention du titre qui en est la motivation première.

Le collatéral ne fait l’objet d’opération de Repo ou Prêt/Emprunt. Il peut être également un outil de Hedge et ainsi couvrir le risque sur de transactions de produits dérivés. De manière plus précise, il sert à couvrir les flux financiers futurs. Si la contrepartie qui, à terme, devra payer ses flux (contrat dérivé) fait faillite, le collatéral est censé couvrir les pertes.

Les dérivés OTC assez standardisés pour passer par une chambre de compensation, comme l’astreint EMIR et la loi Dodd-Frank, nécessitent aussi du collatéral. Ça peut être souvent le cas des dérivés OTC non compensés aussi.

Le collatéral a d’autres vertus. Il peut s’avérer extrêmement utile dans l’enclenchement du système de règlement/livraison de titres ou du règlement des paiements en cash. Mais aussi garantir un bonne protection contre le risque de crédit (le collatéral transforme un risque de crédit en un risque juridique et opérationnel).

Il peut être également un instrument de la vente à découvert. Par exemple, un acteur vend un titre qu’il ne possède pas encore. Avec le cash récupéré de cette vente, il peut aller sur le marché du repo, prêter l’argent à une autre contrepartie et recevoir en échange le titre qui lui fait défaut.

Pour conclure, le collatéral peut prendre de multiples formes : obligations, actions et même créances bancaires. Il est une garantie pour couvrir un risque de crédit, S’il est principalement utilisé dans les opérations de « Repo » (pensions livrées), il reste un élément inévitable des flux et des échanges sur les marchés dérivés.

Alexandre CASTRO

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