L’Art, un investissement alternatif à la bourse

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Entre les marchés en évolution et le Brexit, les investisseurs recherchent d’autres façons d’investir dans des actifs qui ne dépendent pas du gouvernement. La tendance d’investissement est de rechercher des classes d’actifs avec pénurie, comme les vins, les voitures anciennes et les biens immobiliers. Cependant, Les œuvres d’art sont devenues des actifs très prisés depuis quelques années. En effet, avec plus de 30 milliards d’échanges mondiaux par an, les objets d’art sont à présent considérés comme une valeur refuge. Malgré le fait qu’il soit très volatil à court terme, et peu liquide, cet actif n’est pas corrélé avec les marchés financiers, ce qui est intéressant lors de crises financières. . L’art a de nombreux arguments pour plaire, notamment sa fiscalité très avantageuse, sa haute rentabilité, et son côté tangible, beaucoup plus rassurant que des produits financiers.

Le marché de l’art

Le marché de l’art est un marché de gré à gré où s’échangent des œuvres d’art (tableaux, meubles anciens, chefs-d’œuvre…). L’offre et la demande en objets d’art (acheteurs, vendeurs et curieux) se rencontrent sur des places physiques ou numériques pour jauger la valeur vénale et concrétiser éventuellement des transactions en fonction de critères subjectifs et objectifs.

Au cours du temps, l’art est devenu une marchandise comme une autre qui s’échange, de gré à gré, entre des agents économiques.

La structuration et l’organisation du marché de l’art est complexe qu’on peut résumer en différents acteurs :

  1. les artistes (producteurs) qui produisent des œuvres d’art de diverses qualités avec une segmentation d’époque et typologique à profusion (art contemporain, art chinois, art primitif, art moderne,…)

  2. les Galeries d’art, les plateformes numériques d’art, les échanges privés d’art et les ventes aux enchères publiques qui représentent l’écosystème de la distribution, des revendeurs et des milliers d’agents intermédiaires (collectionneurs, investisseurs, critiques d’art, commissaires-priseurs, banques privées, fonds d’investissement,…)

Valeur refuge (1)

En période d’inflation élevée et croissante, l’art a réalisé une performance historique dans tous les secteurs du marché. En règle générale, lorsqu’il existe un marché incertain, les collectionneurs cherchent à acheter de l’art avec une vision d’investissement, pas seulement pour acheter de beaux objets. Conformément au rapport Deloitte (Luxembourg & ArtTactic Art & Finance 2016), 73% des gestionnaires de patrimoine en 2016 (contre 58% en 2014) ont déclaré que leurs clients souhaitent inclure des actifs ayant trait aux objets d’art ou de collection dans leur patrimoine afin de bénéficier d’une vue consolidée de leur fortune. En outre, dans le rapport de 2016, 78% des gestionnaires de patrimoine (contre 55% en 2014) ont déclaré qu’ils pensaient que l’art et les objets de collection devaient être inclus dans le cadre d’une offre de gestion de patrimoine.

L’art garantit d’être un actif très sûr, par rapport au risque encouru, offrant de multiples options (différents styles de peinture, variété d’artistes…) et est très mondialisé. Le marché de l’art s’est beaucoup professionnalisé au cours de ces derniers temps, notamment dû à la création d’un indice propre, le Mei Moses qui est censé donner l’évolution du marché de l’art à la manière du CAC 40 ou du Footsie mais aussi grâce à la prolifération des fonds d’investissements dans l’art qui rend plus abordable son entrée au sein du marché.

Portefeuille moderne (2)

Les investisseurs d’aujourd’hui devraient envisager d’avoir une partie de leurs portefeuilles

diversifiés dans le marché de l’art. La faible corrélation entre l’art et les actions et les classes d’actifs traditionnelles offre une précieuse diversification du portefeuille, ce qui entraîne une augmentation des rendements globaux. Selon le rapport 2016 Deloitte Art & Finance, 72% des collectionneurs d’art ont déclaré avoir acheté de l’art pour la passion mais aussi dans un but d’investissement. En outre, il y a eu une augmentation de 3% en 2014 à 6% en 2016 des clients et des conseillers cherchant à acheter de l’art spécialement à des fins d’investissement.

Investir dans l’art peut être très rentable, à partir du moment où il est considéré comme un placement à long terme. En effet, si on conserve son bien plus de 5 ans, il est possible de profiter d’une revalorisation allant jusqu’à 7,5 % par an, pour un investissement en direct, et 12 % en moyenne en passant par les fonds d’investissement spécialisé dans l’art. Il existe par ailleurs une cote afin d’évaluer le prix d’une œuvre à un moment donné, et une pour son artiste. Le propriétaire pourra alors suivre le cours de son acquisition à tout moment. La première base de données mondiale au niveau des œuvres d’art est nommée ArtPrice.

En ce qui concerne la fiscalité, elle y est très avantageuse, et c’est en grande partie pour cette raison que les investissements dans les objets d’art ont de plus en plus conquis les français.

Tout d’abord, les œuvres d’arts sont entièrement exonérées à l’ISF, et sont très facilement transmissibles. Il existe deux régimes d’imposition sur les plus-values lors de la revente du bien :

  • La première consiste à taxer à hauteur de 5 % du montant de la vente globale.

  • La seconde est une taxation sur les plus-values au même taux que les plus-values immobilières, c’est-à-dire 19 % et les 15,5 % de prélèvements sociaux. A la différence des plus-values immobilières, le régime d’imposition appliqué au domaine de l’art permet de pratiquer un abattement de 10 % par année de détention. Ainsi, la revente sera nette de fiscalité si l’objet d’art est détenu plus de 12 ans.

Les Fonds d’investissement

Pour investir dans l’art, il y a bien sûr les ventes aux enchères et autres galeries mais cela nécessite d’avoir du temps et des connaissances pour sélectionner les œuvres les plus intéressantes. Une autre manière d’investir est de passer par des fonds d’investissement spécialisés dans l’art comme le Art Collection Fund ou par les départements en conseil art qui ont été créés dans certaines banques comme à la Société Générale qui gère le fonds Sgam AI Art Fund.

Grâce aux fonds et aux banques, les investisseurs ont la capacité d’exploiter rapidement et de manière sûre l’expertise et la recherche qui, autrement, aurait pris des décennies pour tout connaitre. Les fonds permettent une combinaison d’expertise artistique et financière avec une grande base de capital et une équipe de conseillers.

L’un des plus importants fonds fut The British Rail Pension Fund (3) qui acquit environ 2500 œuvres dans le milieu des années 1970 et affichait une rentabilité de 11,3% de 1974 à 1999. En 2014, l’industrie des fonds investis dans l’art aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Brésil, en Chine, en France, en Russie représentait 15,2 milliard de dollars. Thierry Ehrmann, PDG d’Artprice, déplore le déclin de la France, dont la part de marché est passée de 60 à 3% en 50 ans (4).

https://www2.deloitte.com/lu/en/pages/art-finance/articles/art-finance-report.html (1)

http://www.capital.fr/finances-perso/actualites/investir-dans-l-art-peut-rapporter-gros-encore-faut-il-savoir-comment-s-y-prendre-1154189 (2)

http://www.nytimes.com/1989/04/05/arts/british-pension-fund-sells-65.6-million-in-artworks.html (3) http://www.capital.fr/bourse/actualites/l-incroyable-declin-de-la-france-sur-le-marche-de-l-art-1016207 (4)

 

 

Aymen TRIKI

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