La microfinance

0
293

C’est dans les années 1970 que Muhammad Yunus, économiste et entrepreneur bangladais, crée la microfinance. La microfinance démarre avec la Grameen Bank, la première institution de microcrédit.

Son essor a été spectaculaire dans les années 1990 et l’information s’est vraiment répandue dans les années 2000, notamment lorsque l’ONU déclara l’année 2005 « Année internationale du microcrédit ». La consécration est arrivée en 2006 lorsque le Professeur Yunus et la Grameen Bank ont reçu conjointement le Prix Nobel de la Paix pour leur action.

microfinance

La microfinance fait référence à l’offre de services financiers aux personnes exclues du système bancaire traditionnel, c’est-à-dire la population qui perçoit des revenus bas. Cette partie de la population n’est pas assez rentable pour les banques conventionnelles.

Sont donc concernées les populations défavorisées des pays en développement mais aussi celles des pays développés. Cela comprend un ensemble de besoins financiers pour les pauvres dont le microcrédit, la microassurance, l’épargne et les transferts de fonds.

L’encours de microcredit dans le monde des Institutions de Microfinance (IMF) représentait 62,5 milliards de dollars US en 2009 et 1 900 institutions de microfinance étaient recensées par le MixMarket en 2010.

Le microcrédit met au centre de ses priorités l’homme et la liberté individuelle, notamment la liberté d’entreprendre. Les organisations adaptent leurs prêts aux personnes qui en ont le plus besoin. Il est fondé sur une cible nouvelle: les plus démunis. Le microcrédit leur permet de jouir des mêmes avantages que le reste de la population en leur accordant des prêts adaptés à leurs besoins tout en considérant leur capacité de remboursement.

Ces services financiers leur permettent de démarrer une activité et de se sortir de la misère. Ainsi, ce ne sont pas les méthodes de travail qui sont révolutionnaires dans les organisations de microcrédit mais la population en difficulté qu’elles visent. Les IMF se chargent d’octroyer ce type de prêts qui sont fixés à des taux d’emprunts plus élevés que les taux classiques. Ce système bénéficie en particulier aux femmes leur permettant d’acquérir une certaine indépendance, non négligeable dans les pays en développement.

Le microcrédit s’est développé dans le monde entier, tant dans les pays en développement (en Asie du Sud, Afrique et Amérique du Sud) que dans les pays développés. Il existe de nombreuses grandes organisations connues dans le monde comme la Gramen Bank au Bangladesh, BRI en Indonésie ou Bancosol en Bolivie. En France Maria Nowak a créé l’association pour le droit à l’initiative économique (Adie) qui permet aux plus démunis de bénéficier des microcrédits pour créer leur propre entreprise.

La microfinance pourrait apporter une réponse à la crise financière actuelle. Elle représente une finance plus éthique et responsable qui place le client au coeur du système. Ce sont les besoins de l’emprunteur qui sont privilégiés, à l’inverse de la crise des subprimes où les banques cherchaient à obtenir le plus de rendements possible sans se soucier de la capacité de remboursement de leurs clients. En effet la principale cause de la crise des subprimes est l’usage excessif des crédits accordés à des ménages non solvables.

Avec le microcrédit il y a un vrai suivi du client avec des remboursements fréquents et des crédits adaptés à leurs revenus pour qu’ils ne s’endettent pas comme avec les crédits subprimes. La création de leur petite entreprise leur permet de subvenir à leurs besoins, cela leur donne donc une indépendance financière. D’autant plus que généralement une IMF de pratique pas la titrisation (seules les institutions les plus matures), elle conserve donc les crédits dans son bilan, ainsi le risque ne peut pas être transféré.

Avec le microcrédit la crise des subprimes n’aurait pas pu arriver. Selon un article Jacques Attali, président de Planet Finance, affirme qu’il faudrait accorder à la microfinance “beaucoup plus de moyens pour se développer, pour toucher plus de pauvres, relançant ainsi une demande mondiale saturée au Nord par l’excès de dettes, et participant ainsi à l’émergence d’un monde nouveau, plus équilibré, plus juste, dont la naissance marquera le commencement de la fin du désordre actuel”.

En théorie la microfinance représente une bonne alternative à la finance actuelle, en 2008 et 2009 elle a su résister à la crise et a même attiré de nouveaux investisseurs. Cependant elle est aujourd’hui de plus en en plus contestée. Leur objectif premier était de lutter contre la pauvreté, mais on s’est éloigné de cet objectif pour laisser place à l’inclusion financière des populations rejetées des services bancaires.

Les IMF ont été incité à être plus rentable financièrement, or c’est peu conciliable avec le principal but de la microfinance. De plus, Les taux d’intérêt restent relativement élevés et on comptabilise de nombreux suicides de clients endettés ces dernières années. Certains accusent le microcrédit “de ruiner les économies locales”.

Aussi les microcrédits se concentrent surtout dans le financement de petites entreprises familiales qui, certes permet à leurs propriétaires de vivre mais ne représentent pas de croissance remarquable à l’échelle mondiale.

Les institutions de microfinance restent un marché marginal qui peut être une solution pour éradiquer la pauvreté mais pas pour supprimer les crises. En revanche, la finance traditionnelle pourrait fortement s’inspirer des concepts de la microfinance pour retrouver un marché plus sain.

David ZAFFRAN

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here