La bourse, la psychologie : un lien ?

0
587

Le marché boursier est un secteur important pour tout Etat. Il est composé d’un ensemble de règles et de mécanismes permettant la vente et l’achat de titres. Les principaux facteurs influençant l’activité du marché boursier sont :

  • L’offre et la demande

  • La situation des marchés adjacents : le marché boursier fait partie du marché financier et est influencé par d’autres marchés connexes (marché des changes, services financiers, etc.)

  • La subjectivité : le comportement de certaines personnes influentes affecte le comportement des autres entités du marché financier et ainsi les volumes traités.

Les règles de base du marché boursier et de la psychologie des intervenants ont été étudiées par de nombreux scientifiques. On peut résumer ces règles au nombre de 4 :

Règle 1 : Le marché anticipe. Le marché boursier anticipe l’état de l’économie. Cela avait été par exemple confirmé deux ans avant la crise de 1929 où certaines agences de conseil recommandaient déjà aux investisseurs de shorter leurs actions. Cependant, bien que les prévisions étaient des plus pessimistes, le marché ne cessa d’augmenter, jusqu’au crack.

Règle 2 : Le marché boursier est irrationnel. Le crack de 1626 en Hollande est un excellent exemple de l’irrationalité des investisseurs. Malgré l’hystérie qui avait précipité un mouvement d’enrichissement dans tout le pays suivi par la faillite et la récession, l’objet d’investissement n’était ni des actions, ni des obligations ou des marchandises. C’était des bulbes de tulipes. Il était prestigieux pour les nobles et bourgeois d’avoir des tulipes de plusieurs variétés. On raconte qu’un bulbe rare d’une certaine variété a même était échangé contre plusieurs chargements de grains, plusieurs porcs, plusieurs vaches et tonneaux de bières, etc. Les êtres lambda se mettaient à vendre leurs actifs afin d’investir dans ce nouveau marché florissant. Un jour, la majorité s’est mise à douter de la réelle valeur de ces bulbes. Le marché s’est mis à chuter, d’innombrables personnes ont fait faillite, et une récession suivit l’hystérie.

Le marché boursier est en mesure de réagir très rapidement aux faits, aux nouvelles. Mais il peut être également pourvu de subjectivité, d’émotions et être soumis aux caprices tendancielles changeant constamment. Parfois, les prix peuvent varier en fonction de la situation financière et des intérêts des investisseurs, errant entre hystérie et indifférence. Certains investisseurs – même raisonnable – peuvent effectivement avoir des comportements absurdes.

Règle 3 : Le marché boursier est chaotique. Les prévisions macroéconomiques sont très inexactes. Toutes les interconnexions économiques sont en mesure d’influencer de petits mais signifiants facteurs. Personne ne peut prédire cela à la perfection. Comme le stipule la Théorie du Chaos, un système dynamique complexe est très sensible aux conditions initiales. On parle « d’effet papillon », où un battement d’ailes de papillon au Brésil pourrait provoquer une tornade au Texas, où encore une grand-mère ayant vendu des actions à Bruxelles pourrait causer un effondrement financier au Japon. Par conséquent, tenter de prédire une longue chaine d’événements ou de donner des prévisions quantitatives sur le long-terme peut paraître absurde.

Règle 4 : Les analystes techniques utilisent des indicateurs graphiques afin d’analyser le marché boursier. Si beaucoup d’investisseurs utilisent les mêmes indicateurs techniques, les graphiques peuvent s’auto-réaliser. Un investisseur peut donc faire du profit, qu’il ait raison ou pas.

Les scientifiques ont identifié 2 groupes de facteurs comportementaux pouvant influencer le comportement des investisseurs et le marché boursier :

    • Les émotions. Les décisions financières sont pour beaucoup basées sur des émotions (impulsion, intuition, etc.) plutôt que sur des calculs rationnels. Les émotions surgissant spontanément et inconsciemment, il est très difficile de neutraliser leur impact.

    • Les processus cognitifs. Les « simplifications heuristiques » conduisent les investisseurs à simplifier leur processus de prise de décision.

Le facteur émotionnel le plus puissant influençant le processus de prise de décision est la confiance des investisseurs.

Une émotion peut conduire, d’une part à un investisseur sous-estimant la probabilité d’occurrence d’événements marginaux et d’autre part, à un investisseur surestimant la probabilité de croissance continue d’une valeur boursière.

Les croyances infondées des investisseurs peuvent être des plus dévastatrices pouvant mener à des volumes de transactions excessifs sur le marché boursier.

La théorie de la finance comportementale gagne en popularité et tenant compte du comportement humain et de son impact sur le marché boursier. Comprendre les règles de la finance comportementale qui sous-tend les décisions d’investissement, permet de mieux évaluer la situation réelle du marché boursier et ainsi d’anticiper au mieux les changements futurs afin de prévenir l’impact de facteurs négatifs.

Quels remèdes proposent les scientifiques pour contrôler un excès de confiance ? Nous verrons cela dans un prochain article.

Sources :

  1. The psychology of finance / Lars Tvede

  2. La finance comportementale / Amos Susskind

 

Camille Girard

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here