Goldman Sachs, une banque d’affaire au centre des pouvoirs mondiaux.

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Goldman Sachs

Goldman Sachs, une banque détestée et adulée à la fois, un PDG Lloyd Blankfein insubmersible dans les différentes crises… voici en quelques mots ce qui peut caractériser l’établissement. Une recherche perpétuelle de l’excellence et du meilleur conseil au client. Seulement, les différentes crises passées ont montré un autre visage de la banque, plus cupide et plus offensif quant à la recherche perpétuelle du profit. Le procès de Fabrice Tourre qui a rendu son jugement en début de ce mois d’août laisse encore un goût amer quant aux vraies implications de la banque et ont tendance à valider les excès du groupe. Qu’importe, celle ci a réglé son différent avec la SEC en versant 550 millions de dollars en 2010.

1. Des liens stratégiques dans les dernières grandes Crises.

a. La crise des « Subprimes »

Dans un contexte de crise sans précédent, l’intelligence économique chez Goldman est « terriblement » présente. L’institution que l’on appelle « La Firme » (« The firm » en anglais) est accusée par beaucoup d’observateurs d’utiliser ses pouvoirs d’influence pour favoriser son unique profit au détriment de tous les autres parties prenantes économiques.

En Avril 2010, la SEC attaque Goldman Sachs pour fraude généralisée et conflits d’intérêts, l’affaire « Abacus ». En effet, la banque aurait délibérément spéculé à la baisse sur les titres de créances immobilières (« Mortgages » en anglais) tout en les recommandant un maximum à ces clients. De plus, celle ci aurait favorisé Le Hedge Fund Paulson & Co en transmettant illégalement ces informations stratégiques pour que John Paulson, patron de ce fond, puisse vendre massivement à découvert ces titres de créances.

Celui-ci a dégagé 1 milliard de dollars de bénéfices sur cette opération. (John Paulson est connu pour être l’un des premier avoir spéculé à la baisse sur le marché de l’immobilier américain. Par ailleurs, il est l’un des détenteur du record de rémunération sur 360 jours comptables avec 3,7 milliard de dollars de bonus en 2007, le record absolu étant de 4 milliards en 2009 toujours pour un patron de Hedge Fund). L’affaire sera classée sans suite après le versement de 550 millions de dollars par Goldman à la SEC. Par ailleurs, beaucoup de journalistes s’accordent à dire que Goldman est « le grande vainqueur » de la crise de 2008.

Premièrement, grâce à ce qu’il vient d’être expliqué. Ensuite grâce à la chute de Lehman Brothers, un concurrent redoutable. Pour finir, le « Plan PAULSON » plan d’aide de l’économie américaine à l’initiative du secrétaire d’état au trésor Henry Paulson à permis à Goldman Sachs d’encaisser 13 milliards de dollars au titre de paiement des CDS souscrits chez AIG, la plus grande société d’assurance du monde passée à coté de la faillite et renflouée par le trésor américain à hauteur de 85 milliards de dollars (sur cette somme du contribuable, 13 sont donc allés dans les caisses de Goldman). Les analystes s’attendaient à ce que la banque renonce à une partir du paiement synonyme de solidarité face à la crise mais finalement les contrats ont été honorés dans leurs totalités entre AIG et Goldman Sachs.

b. Goldman Sachs et la Crise Grecque.

En 2002, le pays inquiet de la situation des comptes publics du pays mandate la banque Goldman Sachs pour une opération de conseil visant à protéger le pays quant à sa faculté de financer sa dette sur les marchés. Concrètement via des écritures spécifiques intégrées au bilan que certains appelleront par la suite « de la falsification de comptes », la banque tente de rassurer les investisseurs sur l’achat éventuel d’obligations souveraines grecques avec un taux d’intérêt supportable. L’objectif principal étant de masquer la dette réelle du pays pour « coller » notamment au traité de Maastricht. Cependant, Goldman, en première ligne pour avoir connaissance de ces données stratégiques, retiendra ces informations et ne manquera pas de spéculer à la baisse sur les obligations grecques quelques années plus tard, influant directement les taux d’intérêts.

2. Goldman Sachs, une stratégie d’influence gouvernementale unique au monde.

« Après avoir éliminé ses principaux concurrents, (dont Lehman), après avoir profité de ces faillites et reçu de l’Etat d’énormes prêts sans intérêt, cette institution plus que centenaire fait aujourd’hui fortune grâce à des décisions prises par Geithner, Summers et les autres, dont chacun sait qu’ils rejoindront un jour la firme, après avoir quitté leurs fonctions » (Jacques Attali)

Goldman Sachs communément appelée « Government Sachs » par ses détracteurs a une stratégie d’influence et de détention de l’information redoutable. C’est certainement l’acteur financier le plus représentatif de la définition d’intelligence économique. Le but pour Goldman Sachs est d’étendre son pouvoir d’influence gouvernemental dans toutes les grandes zones économiques majeures du monde.

Concernant l’Europe, Mario Draghi, remplace Jean Claude Trichet au poste de président de la Banque Centrale Européenne, celui-ci a été entre 2002 à 2005 vice-président de Goldman Sachs Europe. Par ailleurs, Mario Monti, ancien président du conseil italien est lui aussi un ancien consultant de « la Firme ». Pour finir Lucas Papadémos ancien premier ministre grec était gouverneur de la banque centrale grecque de 1994 à 2002 et a joué un rôle majeur dans l’activité de vérification des comptes publics de la Grèce par Goldman Sachs.

Aux Etats-Unis, la frontière avec le conflit d’intérêt est très mince. Le meilleur exemple est de loin celui de Henry Paulson, ancien secrétaire d’Etat au trésor sous la présidence de Georges Bush et ancien PDG (CEO) de Goldman Sachs de 1999 à 2006 celui-ci notamment à l’initiative du plan de relance américain aurait très clairement favorisé Goldman Sachs notamment dans le sauvetage d’AIG d’une part et dans le non sauvetage de Lehman Brothers, concurrent redoutable de Goldman Sachs d’autre part. Par ailleurs, une étude du New York Times démontre que (le dernier week-end avant l’annonce de l’aide fédérale d’AIG) celui-ci a été beaucoup plus de temps au téléphone avec le PDG de Goldman Sachs Lloyd Blankfein qu’avec toutes les autres grandes banques de Wall Street, de la favoriser un paiement des CDS par AIG pour Goldman Sachs, les détracteurs l’affirment. Goldman Sachs a encore d’anciens salariés à des postes déterminants comme Mark Carney, actuel gouverneur de la banque d’Angleterre (il était gouverneur de la banque du Canada il y a encore quelques mois) ou bien encore un des dirigeants de la banque d’Angleterre Ben Broadbent qui est un ancien directeur économique du secteur européen chez Goldman Sachs.

Que pouvons-nous conclure sur cette vaste partie d’échecs où le but est de placer le mieux possible ses pions ? Goldman Sachs est un modèle d’intelligence stratégique puisque leur principale stratégie d’influence est de mettre en place des personnes capables de prendre partie en leur faveur le moment voulu, (l’exemple d’Henry Paulson est très réaliste).

GENECHESI, Pierre

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