Enternext: Une nouvelle Bourse dédiée à la micro-economie !

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En ces temps de crédit rare, la question du financement est devenue cruciale pour de nombreuses entreprises. De la PME (Petite et moyenne entreprises) à la multinationale, les entreprises ont en effet les yeux rivés sur leur trésorerie. Avec un impératif commun: éviter la crise de liquidité, c’est-à-dire l’incapacité de faire face aux décaissements immédiats, du paiement des fournisseurs aux salaires des employés, en passant par les échéances d’emprunt. Car même une entreprise rentable peut se retrouver dans cette situation inconfortable, décaissements et encaissements coïncidant rarement.

En France, le financement des entreprises obéit à un ordre établi. Alors que le financement des sociétés innovantes est l’apanage des sociétés de capital-investissement, que les multinationales se financent en grande partie grâce aux marchés financiers, les PME/ETI se financent traditionnellement grâce aux emprunts bancaires.

Suite à la crise financière de 2007, les banques ont été soumises à des contraintes réglementaires (Bâle 3) réduisant leur capacité de prêt. Les PME étant les clients les plus fragiles des établissements bancaires, ce sont elles qui pâtissent de ce reflux de capitaux. Dès lors, la bourse, et donc les marchés financiers, apparaissent comme une solution de remplacement pour le financement des entreprises de taille intermédiaire.

Les entreprises ont le choix entre aller sur les marchés financiers, puiser dans leurs fonds propres, le recours aux emprunts bancaires ou encore recourir au capital investissement.

Pour ce qui est de l’appel aux marchés financiers, il existe deux formes de financement :

– l’endettement ou

– l’ émissions d’actions

Si l’entreprise choisit l’endettement, elle émet des titres de dettes appelés obligations. On peut résumer cela par la promesse de payer un montant fixe tous les ans à moins qu’elle ne se trouve en cessation de paiement et de rembourser le nominal à l’échéance du titre.

Quant à l’émission d’une action : elle consiste à octroyer un droit sur les bénéfices futurs (incertains) de l’entreprise, associé à un droit de vote aux assemblées et un droit à l’information : un actionnaire est propriétaire de l’entreprise. Si la société qui émet des actions ne réalise pas de bénéfice ou ne distribue pas de dividendes, les actionnaires ne retirent pas d’argent des titres qu’ils possèdent quand les détenteurs d’obligation continuent à toucher, sauf faillite de la firme, les intérêts promis. En outre en cas de faillite, les détenteurs d’obligation ont plus de droits que les actionnaires sur les actifs résiduels et peuvent donc plus facilement récupérer leur investissement.

D’autre part, les entreprises favorisent en général une troisième option quand elle est à leur portée : l’utilisation des fonds propres c’est-à-dire du capital initialement mis en place par les actionnaires augmenté des bénéfices non distribués. Autrement dit les firmes préfèrent quand elles le peuvent piocher dans leur caisse plutôt que faire appel aux marchés. Ce sont des ressources à long terme. Ces capitaux propres se décomposent en apports effectués par les actionnaires et en résultats passés mis en réserve. Ils représentent une ressource illimitée dans le temps pour l’entreprise, puisqu’ils n’ont pas à être remboursés à un moment donné et gratuite dans la mesure où leur rémunération n’est en théorie du moins pas obligatoire. La rémunération intervient en effet à travers les dividendes versés aux actionnaires en cas de succès de l’entreprise. Un niveau suffisamment important de capitaux propres est donc une garantie de stabilité pour le financement d’une entreprise.

Cependant, les actionnaires ne disposent pas nécessairement de capitaux suffisants pour financer l’ensemble des actifs à long terme. De plus, la rentabilité des capitaux propres sera d’autant plus importante que ceux-ci seront mobilisés en faible quantité.

Le financement des immobilisations sera donc souvent complété par de la dette à long terme, les entreprises pouvant également souscrire un emprunt bancaire.

Quant au capital investissement, il constitue un enjeu fondamental pour favoriser l’apparition de jeunes entreprises, innovantes, qui seront la croissance de la France. En effet, Les entreprises françaises et particulièrement les PME se heurtent fréquemment à une difficulté récurrente : l’étroitesse du marché boursier hexagonal et la pénurie de capitaux à long terme qui freinent leur croissance. Dans ce contexte, pour augmenter ses fonds propres sans perdre le contrôle de la société, le recours au capital-investissement est souvent une solution optimale.

Le capital investissement consiste en une prise de participation, généralement minoritaire, dans le capital des PME non cotées pour la plupart. Il s’agit, donc, d’un investissement en fonds propres. Il s’organise en 4 phases :

A. Phase d’amorçage : lors de la création, l’entreprise a besoin de soulever des fonds pour investir alors que les revenus d’activités sont faibles voire inexistants.

B. Phase de développement : elle intervient quand le seuil de rentabilité est atteint et que les profits apparaissent. Ces fonds sont destinés à accroître la capacité de production, développer la force de vente, des produits nouveaux et augmenter le fonds de roulement. Il s’agit de lever du « capital développement ».

C. Phase de transmission, qui marque la fin de la logique initiale pour les gestionnaires. Durant cette phase, les investisseurs récupèrent leur fonds et réalisent une plus-value. Le capital de transmission ou LBO « Leverage Buy Out » est utilisé. En 2008, 81 % des entreprises soutenues par ce type de financement étaient des PME-PMI.

Les modalités de financement d’une entreprise en général et pour les PME étant définis, comprenons maintenant l’enjeu de la création d’une bourse dédiée.

Les petites et moyennes entreprises (PME) font depuis des années l’objet d’une attention croissante de la part tant des pouvoirs publics que des économistes. Acteurs importants de l’économie en termes d’innovation et de créations d’emplois, elles pourraient l’être davantage encore si elles parvenaient à trouver les conditions de leur développement dans de meilleurs conditions et pour certaines d’entre elles, à se constituer en leaders mondiaux.

Les PME forment l’armature de toutes les économies et sont une source essentielle de croissance économique, de dynamisme et de flexibilité aussi bien dans les pays industrialisés avancés que dans les économies émergentes et en développement. Elles constituent la forme dominante d’organisation de l’entreprise, et représentent entre 95 % et 99 %, selon le pays, de la population des entreprises. Elles assurent entre 60 et 70 % de la création nette d’emplois dans les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Les petites entreprises jouent un rôle particulièrement important dans la mise sur le marché de techniques ou de produits innovants.

Le financement des PME est assuré dans notre pays par quatre grands acteurs, les investisseurs institutionnels, essentiellement banques et compagnies d’assurances, les pouvoirs publics, les grandes entreprises et les particuliers.

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont des entreprises dont la taille, définie par un ensemble de critères (essentiellement le nombre de salariés), ne dépasse pas certains seuils. Les autres critères de taille utilisés sont le chiffre d’affaires annuel, et on utilise parfois également un critère d’indépendance s’exprimant sous la forme de non appartenance à un groupe trop important. Les PME sont constituées des entreprises qui occupent moins de 250 personnes et : – dont soit le chiffre d’affaires n’excède pas 50 millions d’euros, soit le total du bilan annuel n’excède pas 43 millions d’euros.- qui sont indépendantes vis-à-vis d’un grand groupe (ne pas être détenue à 50 % ou plus par un groupe de plus de 250 salariés).

Les PME qui lancent de nouveaux projets d’investissement font face aujourd’hui à la réduction des crédits des banques commerciales due à leur manque de liquidités. Or, depuis 2008, les entreprises ont de plus en plus recours au crédit bancaire, pendant que le financement par le marché financier s’écroulait.

Partant du constat que l’octroi de crédit aux entreprises se resserre, l’objectif est ainsi de créer une source de financement alternative à celle des banques. De ce fait, annoncé le 30 avril 2013 dernier par le groupe NYSE Euronext, la bourse dédiée aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises de taille intermédiair, baptisée « EnterNext » a ouvert ses portes le 23 mai 2013, avec pour objectif de prendre le relais des banques et de faciliter la croissance des PME et des ETI. Les PME françaises ont des difficultés à croitre et souffrent souvent de la comparaison avec le Mittelstand, le fameux tissu industriel de PME allemandes.

EnterNext a été créée afin de faciliter l’accès des PME et ETI aux marchés de capitaux mais également répondre aux besoins de financement des PME et des ETI, en complément des prêts bancaires. La nouvelle bourse a pour vocation de représenter un mode de financement alternatif pour les entreprises qui souhaitent ouvrir leur capital aux investisseurs sur les marchés et donner les moyens aux PME et ETI de faire face à la concurrence des autres entreprises nationales et étrangères.

EnterNext est donc une filiale spécifiquement dédiée aux petites et moyennes entreprises et aux Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI). Ce nouveau dispositif s’adresse aux sociétés dont la capitalisation est inférieure à un milliard d’euros. Il leur offre la possibilité, sous certaines conditions de communication financière notamment, d’être introduites en Bourse à la fois sur le marché réglementé (compartiments B, capitalisation moyenne et C petites capitalisations de NYSE Euronext) et sur le marché organisé (Alternext).

750 entreprises d’Euronext et d’Alternext sont concernés en France, en Belgique, aux Pays Bas et au Portugal. Par ailleurs, le PDG d’Enternext, Eric Forest, espère ainsi 80 cotations sur les trois premières années d’activité de la bourse. Cette bourse vise à avoir des bureaux répartis dans toute la France de manière à séduire des entreprises localisées sur l’ensemble du territoire national ; mais visera aussi les PME de tous les pays européens qui ne disposent pas, pour la plupart d’entre elles, d’un outil comme celui-ci. La question désormais est de savoir si Enternext est un moyen suffisant et efficace pour le financement des PME et ETI ?

L’avenir nous le dira !

Marylin BAKOULA

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