Anticipations, cycles économiques et marchés financiers.

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Historiquement sur longues périodes, on constate sur les graphiques d’évolutions des cours des actifs financiers des fluctuations récurrentes ayant un même type de profil mais n’étant pas régulières dans le temps. Ces fluctuations évoluent au travers d’un même schéma qu’on appelle le cycle économique. Il existe également un cycle financier qui se calque sur les cycles économiques, avec un décalage temporel lié aux anticipations des intervenants sur les marchés financiers.

cycles économiques

Il existe plusieurs types de cycles économiques dans la littérature économique, on se cantonnera ici à une synthétisation appliquée sur la base d’observation de l’indice CAC40 depuis l’année 1998. Ceux-ci se répètent dans l’histoire de façon irrémédiable. Les cycles économiques sont liés aux fondamentaux économiques ainsi qu’aux évolutions des prix d’actifs sur les marchés financiers, qui sont eux-mêmes liés aux politiques monétaires menées par les banques centrales.

Commençons le schéma avec une période « creuse » qui survient à la fin du précédent cycle ; les banques centrales ont à cette période des politiques monétaires dites accommodantes (taux d’intérêts bas, éventuellement des politiques non conventionnelles), les actifs ont des valorisations jugées attractives par les investisseurs.

Les marchés esquissent une hausse, la baisse du coût des crédits permet aux entreprises de commencer a augmenter leurs investissements, épaulées en théorie par les capitaux apportés par le biais des marchés financiers.

S’en suit une période d’expansion économique avec une baisse des stocks des entreprises, la production qui s’accroît plus rapidement que la consommation, les entreprises qui embauchent pour faire face à la hausse de la demande auto-entretenue par la baisse du chômage. À ce moment-là la confiance des entreprises et des ménages est au plus haut.

On atteint ensuite un sommet (ou une période de surchauffe) : l’inflation ou les craintes liées à celle-ci émergent et les banques centrales adoptent des politiques monétaires restrictives. Les marchés s’ajustent à la baisse à ce moment-là, ce qui impacte négativement l’économie.

On entre alors dans la période de récession. Les taux d’intérêts étant toujours élevés (les politiques restrictives des banques centrales servant à tenter de ne pas permettre à l’inflation de rogner le pouvoir d’achat des agents économiques) le renforcement de la devise de référence (en raison des taux d’intérêts élevés) cause une baisse de compétitivité des entreprises et une diminution des investissements de celles-ci, qui en réponse débauchent, ce qui diminue la consommation.

Les stocks des entreprises s’accroissent et les anticipations des investisseurs relatives à la santé économique sont négatives, ils vendent des actifs financiers, ce qui accable d’autant plus la chute des prix sur les marchés financiers.

Ensuite, on revient à la période de creux décrite au départ, où les taux sont au plus bas et les autorités soutiennent massivement l’économie (politiques accommodantes des banques centrales, investissements des pouvoirs publics…), ce qui apporte de la liquidité de façon abondante aux marchés, relance l’économie, les prix des actifs financiers étant jugés sous évalués, les investisseurs se repositionnent à l’achat, puis on constate la période d’expansion et ainsi de suite.

Quand on examine le graphique d’évolution du CAC40 depuis 1998 on peut ainsi en déduire les cycles financiers (la déduction des cycles économiques est plus délicate) suivants.

Cycle 1998-2003
Septembre 1998 : Creux.
Octobre 1998- Août 2000 : Expansion.
Août 2000 : Sommet.
Septembre 2000- Décembre 2002 : Récession.
Mars 2003 : Creux.

Cycle 2003-2009
Mars 2003 : Creux (en effet, le creux du précédent cycle est en partagé avec le cycle d’après).
Avril 2003-Avril 2007 : Expansion.
Juin 2007 : Sommet.
Juillet 2007-Janvier 2009 : Récession.
Février 2009 : Creux.

Le décalage entre les cycles économiques et les cycles financiers est dû aux anticipations des investisseurs vis-à-vis de la santé d’une économie, l’investisseur moyen/long terme cherche a identifier la position de l’économie par rapport à son cycle afin de tenter de spéculer sur un retournement de tendance sur les marchés financiers avant les autres.

Ils procèdent généralement par l’analyse des indicateurs macroéconomiques. C’est une des raisons pour lesquelles les marchés se redressent plus rapidement que l’économie quand elle entame son expansion et chutent avant que l’économie ne soit dans la phase de récession. Notons donc que ceci amplifie ou détériore l’économie en fonction de la position dans le cycle.


Pour tenter d’anticiper les changements de directions de l’économie et donc tenter d’anticiper le trend global des marchés les investisseurs rationnels analysent l’évolution des principaux indicateurs dont la répercussion sur le PIB n’est effective qu’entre 6 mois et 1 an après leurs publications : les commandes de biens de consommation courante et de biens durables, les enquêtes liées au moral des consommateurs ainsi que des entreprises, ainsi que l’offre de monnaie (susceptible de faire changer le type de politiques menées par la banque centrale).

Ils utilisent des indicateurs complémentaires qui eux reflètent à environ 1 mois près l’état actuel de l’économie : le taux d’emploi, la production industrielle ainsi que le revenu disponible des ménages, pour corroborer leur première idée (obtenue par les indicateurs principaux).

Les indicateurs composites sont utilisés quant à eux pour l’identification des points de retournement. Les investisseurs ayant également des compétences économiques quantitatives se servent des séries temporelles et des modèles DSGE, outils également utilisés par les experts des institutions monétaires internationales qui souhaitent donner des prévisions du PIB à un horizon donné.

Les gestionnaires quantitatifs de salles de marché préféreront eux des algorithmes sophistiqués personnalisés avec intégration du maximum de variables possibles. La transcription en lignes de code dans l’algorithme devant s’exécuter de manière la plus exhaustive possible afin d’introduire les différentes corrélations et liens causes à effets entre les variables.

Enio DARIU

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