Analyse fondamentale ou technique ? Quelles différences ?

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Chaque investisseur qui choisit de placer leur argent dans le capital d’une entreprise a sa propre méthode pour déterminer quelle sera la société qui lui permettra d’obtenir le meilleur retour sur investissement.

Cependant il existe deux écoles bien distinctes en ce qui concerne l’investissement sur le marché des actions, qui s’opposent depuis toujours : celle de l’analyse fondamentale et celle de l’analyse technique. Pour mieux comprendre ces deux points de vue, il est primordial de connaître les deux méthodes afin d’évaluer les différences.

L’analyse fondamentale

Cette méthode s’intéresse à l’entreprise ainsi qu’à tous les facteurs qui influencent son développement, que ce soit des éléments internes à la société comme son chiffre d’affaires ou des éléments externes comme la macroéconomie. L’analyste fondamental doit donc prendre connaissance des éléments suivants pour pouvoir déterminer le potentiel de croissance de l’entreprise :

  • La macroéconomie

Le contexte macroéconomique permet d’avoir une vision globale des régions mondiales et de leurs états de santé c’est donc sur cet aspect que l’analyse doit se faire en premier lieu afin de savoir quelle zone est plus propice à un développement économique et quelle zone est en difficulté.

Pour effectuer une analyse efficace, il faut se référer aux indicateurs économiques et surtout à leur évolution. On peut consulter ces indicateurs sur les calendriers économiques de la plupart des sites internet sur la bourse ou les marchés financiers en général.

Il existe de nombreux indicateurs économiques concernant différentes zones géographiques, différents aspects de l’économie comme l’emploi, l’évolution des prix ou le niveau de confiance des consommateurs. Ces indicateurs sont publiés à des moments différents et à des fréquences différentes, ils influent sur les entreprises car ils permettent de faire un diagnostic complet de la situation macroéconomique.

L’analyste fondamental va donc surveiller ces chiffres macroéconomiques avec attention afin de savoir quelle est la zone la plus propice à l’investissement et une fois qu’il aura déterminé vers quelle zone géographique va se porter son choix d’investissement, il pourra alors effectuer une analyse des différents secteurs d’activités pour connaitre le plus porteur.

  • L’analyse sectorielle

Cette analyse se fait tout d’abord par une prise de connaissance approfondie de l’industrie du secteur, c’est-à-dire de toutes les entreprises, de leurs fournisseurs et de leurs clients.

Une fois cette première tâche effectuée, il va falloir déterminer les différents éléments qui viennent influencer le secteur, ces éléments se divisent en deux catégories, d’une part une approche « macro » extérieure au secteur avec des éléments que les entreprises qui le composent subissent ou ne peuvent que très peu influencer et ensuite une approche davantage « micro » qui se rapporte à des critères pouvant être influencés par les sociétés qui composent le secteur en question.

  • L’approche macro s’intéresse aux différents évènements extérieurs qui peuvent être politiques, économiques, sociologiques, technologiques, écologiques, législatifs… On appelle cette méthode d’analyse sectorielle le PESTEL.

  • L’approche micro quant à elle se concentre sur des facteurs comme l’intensité de la concurrence existante, le pouvoir de négociation des clients, le pouvoir de négociation des fournisseurs, la menace des produits et technologies de substitution ou encore la menace de nouveaux entrants. Ces critères sont connus sous le nom de forces de Porter.

Cette analyse du secteur permet de savoir si ce dernier est attrayant ou non pour une entreprise et donc si cette dernière va facilement se développer. L’analyste fondamental peut alors déterminer si investir dans ce secteur est un choix pertinent ou non.

Une fois que l’analyste a sélectionné un secteur qu’il pense être favorable à la croissance des entreprises, il lui faut alors s’attaquer au cœur du problème qui est bien sûr l’analyse de l’entreprise elle-même.

  • L’analyse de l’entreprise

L’analyse de l’entreprise se fait en quatre étapes :

  • Tout d’abord, il faut déterminer le métier de l’entreprise afin de savoir précisément qu’elle est sa propre vision de son activité et comment celle-ci est perçue par son environnement.

  • Une analyse structurelle est ensuite effectuée, on recherche ici à analyser l’entreprise dans son ensemble en cherchant les interactions qui régissent son fonctionnement. Elle permet d’avoir une vision globale, on s’intéressera plus particulièrement aux styles de management, à la stratégie, à la gouvernance de l’entreprise ainsi qu’à l’ensemble des avantages concurrentiels.

  • La troisième étape consiste en une analyse fonctionnelle de l’entreprise où l’on étudie les grandes fonctions de l’entreprise (production, marketing, commercial, R&D, finance,…) pour en dégager les forces et les faiblesses.

  • La dernière phase d’analyse est sans doute la plus importante puisqu’il s’agit de l’analyse financière de la société, elle permet de déterminer, au travers de différents documents servant d’outils (bilan comptable, compte de résultat, tableau de flux de trésorerie…), certains éléments primordiaux comme la rentabilité de l’entreprise, son endettement ou son besoin en fonds de roulement.

L’analyse complète de l’entreprise permet de savoir exactement qu’elles sont ses forces et ses faiblesses et ainsi savoir si son potentiel de croissance est important ou au contraire si elle semble être en déclin.

L’analyse fondamentale est donc une méthode qui se base uniquement sur des éléments factuels pour investir dans une entreprise, elle est très couteuse en temps car elle demande de recueillir un grand nombre d’informations mais elle permet d’avoir une vision très précise de la santé d’une entreprise et de ses perspectives de croissance future.

Du fait du très grand nombre de facteurs qui rentrent en jeu, l’investissement fondamental est souvent lié à une approche discrétionnaire, c’est-à-dire que l’investisseur pend ses décisions lui-même sans programme automatisé.

L’analyse technique

Cette méthode est tout à fait différente de la précédente, bien qu’elle vise évidemment aux mêmes objectifs, puisque l’analyste technique ne s’intéresse pas à l’entreprise lorsqu’il investit mais uniquement à son prix et à ses variations au cours du temps qui sont représentés à l’aide des graphiques boursiers que tout le monde a eu l’occasion de voir au moins une fois dans sa vie.

L’analyste technique va donc suivre attentivement les cours des prix des actions afin de savoir si ces derniers vont augmenter ou baisser. Il utilise pour cela des notions très différentes de celles de l’analyste fondamental comme la notion de tendance afin de déterminer si les prix sont dans une dynamique haussière ou baissière.

Action de Natixis dans une tendance haussière

 

  • Les supports et résistances

Il va également chercher des zones sur le graphique appelées zones de support et de résistance qui correspondent à des niveaux de prix que le cours de l’action est venu toucher plusieurs fois sans réussir à les enfoncer à la hausse (résistance) ou à la baisse (support).

  • Les figures chartistes

Une autre méthode propre à l’analyse technique consiste à repérer certaines configurations des prix récurrentes qui peuvent indiquer un changement dans l’évolution des prix, c’est le cas par exemple de la figure en tête épaule qui annonce un retournement des prix.

Figure en tête – épaule

  • Les indicateurs techniques

Les analystes techniques utilisent également des indicateurs mathématiques qui peuvent leur permettre de déceler les changements de tendance ainsi que le bon moment pour pouvoir acheter ou vendre une action.

Il existe encore bien d’autres méthodes d’analyse technique car il s’agit d’un domaine très vaste et complexe, cependant, elles visent toutes à comprendre les variations des prix des actions. Les investisseurs qui utilisent cette méthode s’intéressent à la psychologie des autres acteurs du marché et pensent que tout ce qui se passe sur le marché est visible dans la courbe des prix.

Les investisseurs se tournent vers cette méthode car elle est plus facile à comprendre et nécessite moins de travail de recherche en amont, elle est donc très prisée du grand public. Toutefois, cette méthode est très difficile à maitriser et il ne faut surtout jamais oublier qu’en matière d’investissement, il n’existe pas de recette miracle pour gagner à tous les coups et que quelle que soit la méthode utilisée, la perte fait partie du jeu.

A la différence de l’analyse fondamentale, l’analyse technique est davantage liée à une approche systématique, donc basée sur des programmes statistiques qui prennent les décisions d’achats ou de ventes eux-mêmes lorsqu’ils reconnaissent certaines configurations comme nous avons pu les voir précédemment.

Analyse fondamentale ou technique, il n’existe à priori pas une méthode en tout point supérieure à l’autre. Il existe en revanche des méthodes qui conviennent mieux à certaines personnes plutôt qu’à d’autres. A chacun de savoir laquelle lui permet d’obtenir les meilleurs résultats.

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que ces deux types d’analyse ont leurs avantages et leurs inconvénients et qu’il serait dommageable pour un investisseur de dénigrer complètement une méthode alors que finalement le fondamental et le technique ne sont pas opposés mais bel et bien complémentaires pour la compréhension du marché des actions.

Benoît Gueguen

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