Vers un remplacement du Libor ?

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Geopolitics, word cloud concept on black background.

UBS 1.5 milliards de dollars ; RBS 612 millions de dollars ; Rabobank 440 millions de dollars et Barclays 330 millions de dollars. Ces montants astronomiques sont les amendes que ces quatre banques ont dû payer aux autorités de régulation anglaises et américaines suite au scandale du Libor.
Le Libor (London Interbank Offered Rate) est un indice de taux publié par la British Bankers’ Association. Il doit refléter le taux moyen auquel un échantillon de grandes banques établies à Londres prête « en blanc » (c’est-à-dire sans que le prêt soit gagé par des titres) à d’autres grandes banques. Il repose donc sur des déclarations plutôt que sur des transactions effectivement recensées. Et ici c’est bien le problème, il est bien connu qu’une déclaration repose sur la confiance et qu’il n’est pas très difficile de cacher la vérité.
Ainsi, en 2011, la banque UBS a dévoilé aux autorités américaines de régulation qu’elle et de nombreuses autres institutions bancaires s’étaient concertées de 2005 à 2009, pour orienter le taux Libor en violation des dispositions anticoncurrentielles. Le taux interbancaire fixé à Londres, et l’Euribor pour la zone euro sont des taux de référence qui servent de base pour quelque 550.000 milliards de dollars de produits dérivés de taux, mais aussi pour certains crédits immobiliers ou étudiants et des cartes de crédit. Ainsi l’impact de cette manipulation est mondial. Et cela signifie surtout que des millions emprunteurs ont payé un taux d’intérêt majoré ou minoré sur leur dette. Les banques fautives de cette manipulation peuvent s’attendre à de nombreuses plaintes judiciaires.
D’ailleurs le groupe américain de refinancement des prêts Freddie Mac a annoncé le 18 mars 2013 avoir porter plainte contre une quinzaine de banques pour des pertes infligées dans le cadre du scandale. Freddie Mac estime avoir pâti de pertes en raison notamment de paiements à des taux d’intérêt trop bas. Ainsi le groupe réclame des dommages et intérêts. Selon le Wall Street Journal du 20 décembre 2012, les deux organismes américains de prêts hypothécaires (Freddie Mac et Fannie Mae) auraient perdu plus de trois milliards de dollars à cause de la manipulation du taux Libor.
La question qui se pose aujourd’hui c’est de savoir si oui ou non il faut remplacer le taux Libor ? Malgré l’ampleur de l’affaire, les propositions de réforme du Libor sont restées plutôt timides jusqu’ici. Trois solutions sont envisagées.
La première, et la plus évidente, est de mieux surveiller la qualité des données fournies par les établissements sondés.
Deuxième proposition, accroître le nombre de banques qui participent au sondage, pour réduire l’influence de données faussées. Cette proposition est critiquée car un sondage qui serait effectué auprès d’une multitude de petites banques, peu actives sur le marché interbancaire, n’améliorerait pas forcément la représentativité de l’enquête.
Troisième proposition, les taux de référence s’orienteraient selon des indices reposant sur des transactions réelles. Il pourrait s’agir notamment de «swaps» de taux d’intérêt sur devises. Cependant, le nombre de transactions réellement effectuées est parfois très réduit pour certaines monnaies à certaines échéances. Cela pourrait rendre le taux encore moins représentatif que le Libor.
Le 18 mars 2013, un groupe réunissant différentes banques centrales ont indiquées que le Libor « devrait être remplacé par une série de taux de référence calculés à partir de transactions de marché réelles effectuées par les banques »
Dans tous les cas, il faut espérer que les propositions de réforme n’accouchent pas d’une souris. Une chose est sûre le Libor est l’un des chiffres les plus important dans la sphère financière et il est donc évident qu’il doit être basé sur de véritables transactions que sur des déclarations.

John DUMMOLLARD

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