Sauvetage européen, l’argent sale au secours de nos modèles économiques !

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Gold coin with the symbol of the European currency is falling down on parachute. Isolated. 3D Illustration

A l’heure où l’externalité négative sauve l’Europe, où le voyou financier n’est plus distinguable entre le traficant, le financier et un conglomérat étatique, l’Europe et le monde, du moins sur le papier tente de répondre aux challenges que nous imposent cette nouvelle économie 2.0.

L’Europe s’est constituée dans le but de pouvoir développer un modèle économique et une structure de société permettant de se prémunir et de profiter des nouveaux paramètres qu’amènent la mondialisation.

Par la nature internationale que revêt la création d’une telle entité, de nombreux paramètres ont été sources de conflits économiques, du fait notamment, de la différence entre les modèles économiques étatiques à savoir différence entre: taux d’imposition, taux de chômage, secteurs prépondérant de marché, fédéralisme ou non….si bien que chacun d’entre eux a naturellement su favoriser son potentiel pour se développer à l’international.

Chypre s’est ainsi concentrée sur un modèle favorisant l’industrie financière. L’ampleur des fonds présent dans les banques Chypriotes étaient alors majoritairement composé de dépôts de provenance :

  • Russes à hauteur de 43 mds d’euros ;

  • Grecs, Anglais et de Moyen Orientaux à hauteur de 13 mds d’euros ;

  • Autres pays étrangers pour 33 mds d’euros.

Placés sur la liste noire de l’Onu et de l’OCDE en tant que paradis fiscal pour ses :

  • avantages fiscaux notables,

  • son secret bancaire bien gardé,

  • son territoire bien placé

  • sa régulation laxiste.

Il est de nature reconnu que la conformité des fonds placés dans ses banques étaient d’origine plus que douteuse. C’est ainsi que ce paradis fiscal que représentait Chypre jouait un rôle prépondérant dans les transactions financières en provenance ou à destination de la Russie.

Et pour cause, avec sa taxe unique à 10%, Chypre est la première destination pour les fuites de capitaux russes. Le montant se chiffre à plus de 43 milliards d’euros en 2012, dont 27 milliards considérés par la Banque centrale comme des transferts illégaux. L’agence Moody’s a elle évalué à 14 milliards d’euros les seuls avoirs de sociétés russes placés à Chypre, auxquels s’ajoutent 9 milliards d’avoirs de banques russes dans des établissements chypriotes. Les sommes considérables placées à Chypre, qui font le chemin inverse quand il s’agit de les utiliser, font de l’île le premier investisseur en Russie. Les sommes qui sont ainsi engagées sont par contre beaucoup plus élevées, estimées à près de 250 milliards d’euros. Il s’agissait, bien entendu, d’avoirs de sociétés suisses, luxembourgeoises, britanniques, et fort souvent la propriété d’oligarques russes. Cet argent transitait dans les banques chypriotes, mais n’y restait pas.

Celui-ci retournait en Russie à vocation notamment de transactions immobilières pour faciliter le blanchissement d’argent des mafias russes.De nombreuses sociétés russes ont ainsi des comptes à Chypre pour y effectuer des règlements ou recevoir de l’argent de l’ensemble de la zone Euro. C’est le cas des principales sociétés pétrolières et gazières, mais aussi d’Aeroflot. C’est donc à ce titre que Chypre est effectivement une place financière d’une grande importance pour la Russie.

Pourtant perçu comme un bon élève européen et faisant parti grâce à son industrie financière du top 20 européen économiquement, les répercussions de la crise Grecque, le 25 juin 2012, date clé européennes vont entrainer son économie dans un véritable cauchemar.

Faisant suite à la crise de souveraineté de la dette Grecque et à sa restructuration auprès de ses créanciers, l’ensemble des acteurs bancaires détenteurs de ses obligations sont entrainées dans un gouffre financier. C’était le cas des deux principales banques de Chypre qui en détenaient massivement et qui mécaniquement ont subi une perte de près de 4,5 milliards d’euros suite à l’effacement de cette dette. Cette exposition au risque Grec s’accroit d’autant plus, que les banques chypriotes sont également fortement exposées à la faiblesse de l’économie grecque due aux prêts accordés aux entreprises et aux ménages à hauteur de 23 milliards d’euros.

Afin de pouvoir sortir de cette crise bancaire, éviter la faillite et répondre à leurs engagements internationaux, Chypre fait alors une demande d’aide auprès de la Troïka. Après étude de sa situation la Troïka parvient au consensus que compte tenu de la faiblesse de son modèle économique et industrielle, il lui serait impossible de rembourser à long terme un prêt d’un montant supérieur à 10 mds d’euros.

Après moults aller retours au travers de différents échanges entre la troïka, la Russie et Chypre, plusieurs frayeurs de soubresaults de nouvelle crise européenne, une solution définitive finit par émerger consistant à:

  • La division des banques chypriotes avec une concentration des actifs douteux dans une seule banque,

  • La taxation des dépôts supérieurs à 100 000€ au taux de 4% dans toutes les banques du pays

  • La décôte de 20% de l’ensemble des avoirs dit de source potentiellement sombre.

Que devons nous comprendre de la décision qui a été prise et adopter?

Qu’il est évident qu’aux yeux de nos organisations mondiales, les fonds mafieux aux origines les plus sombres (drogues, commerce humains, armes…) représentent non pas une masse monétaire condamnable mais un moyen supplémentaire de faire fonctionner nos modèles économiques. Qu’utiliser une partie de cette masse monétaire revient également à cautionner ses activités illégales.

On peut finalement se demander si les externalités négatives issues de notre besoin individuel de réglementation et de contrôle ne constituent pas les dernières pierres qui soutiennent finalement nos modèles économiques. Que d’ironie!

Après avoir tant lutter pour stopper l’ensemble de ces tares de l’humanité pour finir par compter sur eux lorsque nos modèles si vertueux de l’économie du win to win finissent par s’écrouler.

Finalement ces situations extrêmes n’amène t’elle pas en période de crise nos états, nos dirigeants à être encore plus voyous, que le voyou lui-même?

L’argent de la drogue, rançons d’enlèvement et de la prostitution est donc finalement de la même couleur que celui obtenu par la dure labeur ? Ou finalement l’argent réquisitionné par l’état prend une autre vocation à des fins de compromis et de politique européenne?

Car soyons clair comment aurait on pu et du solutionner un tel problème?

D’un point de vue cartésien, seules 3 solutions étaient viables:

  1. Dans les circonstances économiques actuelles, les seuls potentiellement à mêmes économiquement de pouvoir y faire quelque chose sans bouleverser leurs économies étaient l’Allemagne pour autant ceux-ci ont déjà l’impression de porter l’Europe à bout de bras et qui peut les blamer de ne pas avoir envie de porter un tel «bébé»,

  2. Sortir Chypre de l’Europe, mais qui auraient pu être les suivants? L’Espagne, l’Italie?Quelles auraient les répercussions sur les marchés financiers? Et quels répercussions cela aurait entrainé sur les marchés financiers, en Europe et au monde d’envoyé de tels messages?

  3. Fédéraliser l’Europe et permettre à une pseudo institution d’en devenir une, avec un réèl impact au niveau mondial.

Le problème vient des répercussions d’une telle décision finale, car que devons nous comprendre?

Que la législation est devenue permissive envers l’économie illégale du moment que celle-ci finance nos modèles économiques? Nous revenons donc à une économie de pot de vins et de corruptions, quelle belle image de l’Europe aux yeux du monde et quelles crédibilités lorsque celle-ci prone l’instauration d’une économie propre et revendiquant les droits de l’homme à des modèles économiques comme la Chine ou la Russie.

Cette crise aura donc une fois encore permis de se rendre compte des limites de fonctionnement d’une institution n’ayant ni les moyens pour agir, ni la volonté de le faire, s’empêchant par la même d’avoir dans le futur, un réèl impact sur le monde et son économie.

Philippe GIUSTINIANI

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