Quantitative Easing : Quand l’argent ne coûte plus rien !

Depuis le lancement du Quantitative Easing, La BCE a créé plus de deux milliards d’euros pour financer son rachat de dettes sur le marché. Et ne compte pas s’arrêter là…

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Depuis le début des années 2000 et surtout la fameuse crise des subprimes, les politiques monétaires des pays de l’OCDE sont devenues ultra expansionnistes (Taux d’intérêt proche de Zéro, augmentation des liquidités monétaires, primes de risque au planche…). Les politiques monétaires dites laxiste ont pour rôle d’augmenter les masses monétaires circulant sur les marchés grâce à la baisse des taux d’intérêt (autrement dit du loyer de l’argent) et à l’injection des liquidités.
En effet, lors de la crise de liquidité bancaire de 2009, ces politiques d’injection de masses monétaires avaient un sens. Il fallait éviter un désastre encore plus grave que celui de1929 à tout prix. C’est ainsi qu’une poignée de banquiers centraux tel que Ben Bernanke aux états unis, Jean-Claude Trichet pour la zone Euro et Mervyn King au royaume uni, et quelques autres personnalités, tous quasi inconnus du grand public, sont entrés dans la lumière et devenus en quelques mois les nouveaux maitres du monde car ils ont sauvé la planète Finance.
Mais depuis 2010, de telles libéralités ne se justifient plus. Pourtant, leurs successeurs (Mario Draghi, Janet yellen et Mark Carney ont laissé les vannes grandes ouvertes, encouragés par l’absence d’inflation et dans l’espoir de faire répartir le crédit et la croissance. Difficile en effet de relancés le crédit lorsque les économies sont surendettées, or l’endettement mondial est désormais supérieur à celui de 1946 avec des niveaux que l’on avait observés jusque-là qu’après les guerres, et encore…Après les guerres on se débarrassait vite de l’endettement rongé par la hausse des prix, ce qui n’est plus le cas actuellement. Or l’endettement sans inflation compose tout simplement une équation tout simplement mortelle : la plupart des pays développés en font la cruelle expérience.
Du coup, pour espérer trouver une certaine efficacité, les politiques monétaires doivent être de plus en plus violentes.
C’est la première fois de l’histoire de ‘économie moderne que tous les marchés sont à ce point, et en même temps gavés de liquidités. Certes, les masses monétaires ont été nécessaire pour éviter l’effondrement du système financier, mais ces interventions des banquiers centraux ont été jugées très prolongées ce qui a causé une certaine fébrilité atroce dans les marchés financiers en faisant grimper démesurément les indices boursiers : entre septembre 2010 et septembre 2015, le S&P 500 a bondi de + 72 % à New York, la Bourse de Tokyo a pris + 93 %… À Londres, c’est la bulle immobilière qui a enflé.
La prise de risque est d’autant plus inconsidérée que les opérateurs croient toujours que les banques centrales interviendront pour éviter le crash – “TOO BIG TO FAIL”.
Habitués de recevoir leur dose quotidienne d’argent au frais, les opérateurs achètent et vendent compulsivement, sans autre considération que le profit à très court terme. Ils le font d’autant plus de légèreté que, à Wall Street comme à la City ou ailleurs…Plus de la moitié des traders n’ont jamais exercé leur métier autrement que dans l’univers féerique des taux zéros et de l’hyper-liquidité, ou toute lucidité semble anesthésiée par les montagnes de cash. La prime de risque a totalement disparu car l’écart entre les titres risqués et ceux qui ne le sont pas a baissé, cela dit que la valeur des actifs ne correspond plus à leur réelle valeur.
Depuis le lancement du Quantitative Easing, La BCE a créé plus de deux milliards d’euros pour financer son rachat de dettes sur le marché. Et ne compte pas s’arrêter là…Dans son rapport annuel sur la zone Euro, Le Fond monétaire international(FMI) a préconisé le 25 juillet que la BCE doit maintenir sa politique accommodante car l’objectif prévu pour l’inflation ne sera pas atteint en 2018 et encore moins en 2019. “Les appels de certains à une sortie de l’accommodation monétaire sont en conséquence prématurés”, écrit le Fonds.
Il y’a beaucoup de questions qui se posent sur ce sujet: comment continuer à créer des masses monétaires alors que les marchés financiers sont totalement déconnectés de l’économie réelle? Quand est ce que nos banquiers centraux vont redéfinir une politique monétaire susceptible de créer des richesses, de la prospérité et des emplois ? Cette distortion entre création monétaire et création de richesses continuera-t-elle a exister ?
Seul le temps pourra répondre à toutes ces questions…

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