Pouquoi la FED américaine domine l'économie mondiale

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Cette institution maintenant centenaire depuis le 23 décembre a sut au fil des décennies s’imposer comme un acteur incontournable de l’économie mondiale et des marchés financiers.

Il suffit de regarder les deux dernières annonces de la Fed pour s’en rendre compte:

  • Fin mai l’ex président de la Fed Ben Bernanke lance pour la première fois l’idée d’une réduction des mesures de soutien à l’économie américaine, résultant ainsi une chute massive des devises des pays émergents tels que le Brésil, l’Inde ou la Turquie.

  • Mi décembre juste avant l’annonce de Janet Yellen sur le maintien de la politique de quantitative easing, tous les grands marchés mondiaux à l’exception du Japon ont chutés, s’accompagnant de très faibles volumes traduisant ainsi un véritable stress des investisseurs.

L a mission initiale de la Fed se limite en principe à veiller à la stabilité des prix et à favoriser l’emploi aux Etats-Unis, cependant son pouvoir est bel et bien planétaire et nous allons tacher d’expliquer pourquoi.

Avant toute chose, la Fed est ce qu’elle est du fait de la puissance des Etats-Unis. Cette puissance s’explique de façon historique, notamment par les deux guerres mondiales qui lui ont permis de supplanter l’Europe au rang de grande puissance mondiale.

Les accords de Bretton Woods leurs assurent l’exclusivité de la conversion en or, de ce fait le dollar devient le pivot du système monétaire mondial et chaque banque centrale va détenir des réserves de dollar et ceci perdure encore aujourd’hui( plus de 60% des réserves de change), la fin des accords de Bretton Woods en 1973 n’a pas changé les choses. Le dollar est présent dans 85% des échanges internationaux.

Les Etats-Unis disposent également des marchés financiers les plus importants en terme de capitalisation boursière, près de 15 000 milliards de dollars, supplantant ainsi l’Europe et le Japon.
Les bons du trésor américains sont également des actifs très recherchés et sont considérés comme des indicateurs de la santé de l’économie américaine.

La gestion des taux obligataires aux Etats-Unis entrainent la plupart du temps une contagion aux taux des états européens, en effet il existe un adage qui dit que quand l’Amérique éternue le reste du monde s’enrhume. Une telle comparaison peut également s’appliquer à la reprise de l’économie mondiale, après la reprise de l’économie américaine, les autres économies ont faites de même dans les mois qui suivent.

On comprend donc mieux pourquoi la Fed qui décide de la quantité de dollar en circulation dispose d’un tel pouvoir, elle va influencer des milliers d’actifs dépendant du billet vert.

Néanmoins il serait incorrect de se limiter à cette analyse, la Fed dispose d’un autre atout dans son sac: son expérience centenaire. Elle a été créée au début du siècle à la suite de plusieurs paniques bancaires, son premier rôle fut de se comporter comme prêteur en dernier ressort.

Les différentes crises qu’elle a traversée sont nombreuses: crise de 1929, 2 crashs pétroliers, un crash obligataire, la bulle internet et la crise des subprimes.

Elle n’a pas toujours géré parfaitement ces crises, elle est par exemple responsable du crash de 1994. Certains économistes estiment même que l’ancien président de la Fed Alan Greenspan est responsable de la crise des subprimes ayant laissé les taux directeurs à un niveau bas pendant trop longtemps, permettant ainsi à des ménages considérés comme très peu solvables de s’endetter à faible coût, créant ainsi une bulle immobilière sans précédent.

Cependant depuis la crise des subprimes elle a encore gagné en influence. En effet à l’aide d’outils non conventionnels et d’une bonne réactivé elle a sut redonner vie à un marché interbancaire paralysé du fait du manque de confiance des banques entre elles mais aussi en injectant régulièrement des liquidités pour un montant de 85 milliards de dollar par mois. Ce montant est en train d’être réduit légèrement depuis l’annonce du 18 décembre passant à 75 millions du fait de signes de redressement de l’économie (on parle ici d’indicateurs tels que le chômage, la croissance et l’inflation principalement). L’objectif du quantitative easing étant qu’en rachetant de la dette américaine les banques transmettent à leur tour ces liquidités dans l’économie réelle.

Il convient néanmoins d’être prudent car cet argent facile peut finir par entrainer la création de bulles spéculatives, les investisseurs pouvant se tourner vers des actifs plus rentables.

La mission à laquelle sera donc confrontée la nouvelle présidente de la Fed est la suivante: elle va devoir peu à peu réduire la politique de quantitative easing tout en veillant à ne pas pénaliser la reprise de l’économie, entrainant ainsi dans son sillon les autres économies.

En conséquence la Fed exerce sa dominance sur le monde et cela est parti pour durer.

Thibault PARGUEY

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