Petit historique des CFD (Contract For Difference)

0
464
Bild 3 007

Introduction
Un CFD, Contract For Difference, ou encore Contrat de Différence est un instrument financier dérivé dont le payoff est la différence entre deux niveaux de prix d’un actif financier. Les CFD se sont développés depuis 2007 de façon exponentielle, en effet depuis la mise en place de MIFID en novembre 2007. Cette directive européenne permet une plus grande protection des investisseurs, la mise en concurrence des marchés réglementés et des plateformes alternatives et notamment l’apparition de nouveaux services d’investissement tels que les CFD.
Les prix côtés des CFD sur ces nouvelles plateformes de trading servent de base à la création d’un marché synthétique qui réplique fidèlement tous les sous-jacents cotés sur les places financières. Cependant les CFD correspondent juste à des prix et non des actifs, c’est un marché parallèle, dérivé mais corrélé à 100% au sous-jacent.
Les investisseurs souhaitant spéculer sur les variations des prix auront la possibilité de passer un ordre uniquement sur les prix, et non plus sur l’actif lui-même. Mais à la différence de certains produits dérivés, ce sont simplement les prix qui sont négociés. Au contraire des options ou warrants qui intègrent d’autres paramètrent plus complexes, comme la valeur temps, seule la valeur intrinsèque du sous-jacent constitue la base de ce marché.
Ces contrats sont négociés de gré à gré sur la différence entre deux niveaux de prix pour un actif donné, il n’y a pas d’échange de propriété contre cash du sous-jacent.
1.) Apparition des CFD
Les premiers CFD furent négociés entre professionnels des marchés financiers et le cabinet de courtage britannique Smith New Court (racheté plus tard par Merrill Lynch), afin de faciliter la vente massive à découvert sur actions pour les hedge funds en optimisant le principe du swap d’actions ou equity swap. Un Equity Swap permet d’échanger la performance d’une action ou d’un indice boursier contre un taux d’intérêt, sans avoir à avancer d’argent, et donc sans transfert de propriété de l’action. Par exemple, actuellement, ces swaps servent à répliquer synthétiquement des indices dans la construction des trackers ou ETF.
Ces swaps sont beaucoup moins utilisés que les swap de taux ou de change. En 2002, la Banque des Règlements Internationaux publia la valeur du marché concernant les swaps d’actions, de devises et de taux respectivement à 60 milliards d’euros, 3,9 et 79 trillions de dollar.
L’utilisation des equity swaps permet de neutraliser les frais et barrières à l’international en générant une exposition synthétique sans répercussion sur le carnet d’ordre dans le marché organisé et par définition sans transfert de propriété. On retrouve ici une des caractéristiques des CFD.
L’autre caractéristique est l’effet de levier. Pour un equity swap, il résidait dans la possibilité d’obtenir le rendement d’une quantité d’actifs financiers sans mobiliser un montant égal au nominal, mais en versant des paiements ponctuels à leur propriétaire ou emprunteur direct, bien inférieur à la valeur totale des actifs.
En 1999, le courtier Gerrard and National Intercommodities (GNI) propose la première plate-forme (alternative) électronique de négociation dédiée aux CFD. Le succès est tel que de nombreux brokers spécialisés ouvriront aussi leur plateforme de trading de CFD et élargiront les possibilités offertes aux investisseurs en terme de type de sous-jacent, de provenance de ce dernier et du montant de l’effet de levier.
Finalement en 2007, la réforme du marché européen permet aux broker d’introduire les CFD en France notamment. Les échanges de CFD sont OTC, car le marché est tenu par ces brokers en tant que market makers, les clients ne passent pas par des marchés organisés via brokers.
Exemple
Prenons le cas d’un CFD ayant pour sous-jacent une action, par exemple l’action Total. Prenons un prix à 37,39€. Nous anticipons une hausse de l’action, pour cela nous achetons 100 CFD le 27/03/2013 au matin.
Le broker côte en bid 37,37€ et en offer 37,41€, demande 5% de marge initiale et 0,1% de frais de transaction.
Achat de 100 CFD : 37,41 x 100 = 3741€
Initial Margin : 5% * 3741 = 187,05€
Frais de Transaction : 0,1% * 3714 = 3,741€
Le montant engagé est égal à l’initial margin plus les frais de transactions soit 190,79€.
Si le soir l’action Total est montée à 38,12€ soit une hausse de 1,89% ou de 71 cents, l’investisseur décide de clore sa position alors:
Le broker côte en bid 38,10€ et en offer 38,14€.
Vente de débouclement de 100 CFD : 38,10 * 100 = 3810 €
Frais de transaction : 0,1% * 3810 = 3,81 €
Profit brut : -3741 + 3810 = 69€
Profit net : 69 – 3,741 – 3,814 = 61,445 €
Pour un montant engagé d’environ 190 € le gain est de 61€, alors que l’achat de 100 action aurait immobilisé 3741€.
Conclusion
Les CFD sont des instruments financiers qui permettent de profiter des variations des cours de tous les sous-jacents à la hausse comme à la baisse grâce à un effet de levier très importants. A la différence des autres produits dérivés, Ils ne nécessitent pas une très bonne connaissance des caractéristiques des sous-jacents.
Les CFD sont en plein essor, cependant il doit être utilisé avec précaution. En effet malgré leurs nombreux avantages notamment:

  • l’effet de levier,
  • l’absence de coût de stockage,
  • pas de maturité,
  • un accès à un choix considérable de sous-jacents,
  • pouvoir parier à la hausse ou à la baisse,

les inconvénients correspondent au pendant des avantages :

  • l’ouverture d’une position longue engendre des frais de financements ou overnight (par exemple paiement de euribor + 2% pour une position longue et pour une position courte l’investisseur reçoit euribor -2 %, ce qui est non symétrique). Les CFD sont donc moins appropriés pour les investisseurs qui ont une analyse à long terme à cause des frais financiers. Il convient aux investisseurs qui ne gardent leurs positions que quelques jours ou semaines.
  • l’effet de levier très important ce qui peut s’avérer dévastateur, car les pertes peuvent être supérieurs aux montants investis,
  • Non détention des titres. Il n’est pas possible de recevoir les titres de quelques manières que ce soit.

Certes la simplicité de ce produit est très attractif surtout pour les particuliers mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un produit dérivé risqué. En plus la réglementation en France reste floue à son sujet. Comme il s’agit d’un « contrat » et non d’un produit côté en bourse, tout dépend de la crédibilité de l’intermédiaire financier.

Guillaume MATHIEN

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here