L’investissement socialement responsable (ISR)

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De quoi s’agit-il concrètement ?
Une nouvelle mode ? Une réponse à la crise ? Une nouvelle obligation réglementaire ? Non pas du tout, l’ISR consiste à sélectionner les émetteurs qui obtiennent de bons résultats financiers tout en respectant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). L’ISR c’est avant tout un investissement, qui intègre le concept de développement durable pour les produits d’épargne.
Naissance de l’ISR
Aux Etats-Unis, dans les années 20, certaines congrégations religieuses refusaient d’investir dans des « valeurs du péché » telles l’alcool, la pornographie, les jeux de hasard, le tabac, etc. Par la suite dans les années 70, une approche qu’on peut qualifier de laïque a pris place en ciblant des causes comme les Droits de l’Homme, le nucléaire, etc. Dans les années 80, une nouvelle forme d’ISR est apparue mettant en avant les retombées positives sur les résultats financiers d’une entreprise du fait de bonnes pratiques sociales, environnementales et de gouvernance.
Une autre approche de la gestion de portefeuille
L’ISR prend en compte des facteurs de risque et d’opportunité sous l’angle ESG.
En fonction de la culture locale, différentes approches de l’ISR sont appliquées. En France, l’accent est mis sur le social, alors qu’en Allemagne et en Suisse on privilégie l’environnement, aux Etats-Unis l’éthique. On peut exclure certains secteurs pour des raisons morales, religieuses comme le jeu, le tabac, l’armement, ou bien exclure une entreprise qui ne respecte pas les normes du Pacte mondial en matière de droits de l’Homme. On sélectionne des entreprises solidaires qui privilégient le développement de l’économie locale et régionale, de l’insertion et du micro crédit.
Les moyens dédiés à l’ISR
Pour ce faire, soit on peut faire un tri moral et éthique, sélectionner les meilleurs au sein d’une thématique et inciter au progrès via des rencontres avec les entreprises. Il existe des analyses faites par des agences extra-financières. Contrairement à l’analyse financière qui se concentre sur le compte de résultat et le bilan d’une entreprise, une analyse extra-financière (ISR) évalue en amont les risques et enjeux de gouvernance économique (ex: transparence des décisions, séparation des pouvoirs…), sociale (ex: dialogue social, conditions de travail…) et environnementale (ex: émission de gaz à effet de serre, traitement des eaux…). Afin de garantir la démarche ISR des fonds, deux labels existent en France : CIES (Comité Intersyndical de l’Epargne Salariale) et NOVETHIC.
La clientèle ISR
La clientèle ISR, ce sont des clients qui recherchent une performance financière mais qui veulent également donner un sens à leur épargne. On retrouve de l’ISR dans différents produits d’investissement : actions, obligations, emprunts de collectivités locales, etc. En France, 20 % de l’épargne est investi en OPCVM (SICAV et fonds communs de placement) dont environ 3% est engagé sur des fonds ISR. Cette part est en progression beaucoup plus rapide que la masse globale des capitaux épargnés. Selon Novethic, pour fin 2010, l’ISR représentait 20,6 milliards d’euros sur un marché global 68,3 milliards d’euros, pour les particuliers. On pourrait penser que la performance d’un fonds ISR est inférieure à celle d’un fonds non ISR de même catégorie, mais ce n’est pas le cas elle est équivalente.

Fathia MANNAN

Sources
http://www.unpri.org/
http://www.semaine-isr.fr/definition-de-l-isr/
http://www.novethic.fr/novethic/investissement-socialement-responsable/

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