Les CAT Bonds – enjeux et réalité du monde assurantiel

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Concept of insurance with hands over a house, a car and a family

Depuis une trentaine d’années, on peut remarquer que les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes et avec des conséquences financières en augmentation constante. Il faut savoir que le terme de catastrophe naturelle est assez large puisqu’il regroupe des phénomènes divers et variés, cela va des tempêtes, d’ouragans, au de tremblement de terre et même au choc d’une météorite. Or, il se trouve que l’explosion des montants de sinistralité dans le monde de l’assurance devient un sujet majeur, voir vital pour la survie des groupes d’assurance. Le ratio combiné, étant le résultat entre les primes payés et les sinistres versés, dépasse bien souvent les capacités d’un assureur voire d’un réassureur, donc leur solvabilité.

Si on regarde d’un peu plus près certaines CN dépassent allégrement plusieurs Milliards d’€ voir plusieurs dizaines de Mrds d’€, voici quelques sinistres constatés : ouragan Matthew – 10 Mrds d’€ ; Inondation 2016 en France et Allemagne – 3,9 Mrds d’€ ; tremblement et tsunami à Haïti – 9 Mrds d’€ ; les feux au Canada – 3,6 Mrds d’€ ; et le plus important de l’histoire moderne fut le fameux tsunami du Japon, avec la catastrophe nucléaire de Fukushima compris, dont la facture s’élèvera au final à 150 Mrds d’€. Pour donner un ordre d’idée, pour l’année 2016, le coût de l’ensemble des catastrophes naturelles sont portés à 175 Milliards d’€ (à noter qu’en 2015 la note globale s’élève à 85 Mrds d’€).

Et plus précisément, c’est à partir de l’ouragan Andrew, 1992 aux USA, que l’idée de mettre en place un mécanisme financier de paiement partielle des conséquences financières fut réalisé. En effet cette CN fut un cout total de 27 Mrds d’€ (Katrina – 45 Mrds d’€). Afin de faire face à ce type d’enjeu, les assureurs ont commencés à mettre en place dans les années 90 un système de titrisation, de faire porter le risque par une partie tiers, cette réalisation est alors appelée CAT BONDS (obligations catastrophes).

Son fonctionnement est assez simple, l’assureur crée une petite structure juridique, que l’on nomme plus communément – société ad hoc (une SPV Special Purpose Vehicule), avec le soutien d’une banque d’affaires, qui jouent le rôle d’émetteurs de titres dans le cadre de l’opérations. Cette société ad hoc est bien souvent domiciliée dans une zone à faible fiscalité (paradis fiscal).

La société donc émet des titres obligataires qui sont vendus à des investisseurs, (les fonds sont positionnés sur un compte disponible pour l’assureur), admettons qu’il n’y est pas de catastrophe, les investisseurs perçoivent leur mise initiale ainsi que le coupon lié au titre obligataire, en revanche si une catastrophe survient, alors l’assureur s’octroie l’ensemble des fonds, les investisseurs perdent ainsi leur sommes de départ.

Ce fonctionnement assez simple permet d’avoir plus avantages pour les différentes parties engagées. Tout d’abord, l’assurer fait porter le risque sur un tiers (principe de titrisation), c’est en effet les investisseurs des titres obligataires qui financeront une partie du risque. Par la suite, l’avantage comptable est fort puisque cet échange permet aux assureurs augmentateur leur surface d’engagement et ne pas faire porter cette dernière sur le bilan, donc de conserver sa solvabilité pure. Autre avantage de taille, ce marché est liquide et ne représente pas de problème de contrepartie à gérer. Côté investisseur, qui sont essentiellement des institutionnels à la recherche de rentabilité, cela leur donne une réelle alternative à la baisse constante des obligations d’état, car elles sont décorrélées de situation industrielle ou de politique économique et donc, le rendement constaté est entre 7 et 8%.

Cependant, certains inconvénients sont à relevés, tout d’abord cette méthode est bien souvent une couverture partielle. En effet, il existe quasiment toujours pour l’assureur un Pay-Off basés sur les pertes effectives liées au sinistre (un différenciel entre les sommes constatées et les montants souhaités pour le sinistre) donc il faut que l’assureur provisionne une partie quoi qu’il arrive. De plus, au rythme de l’accroissement des catastrophes naturelles, es que les investisseurs seront toujours attirés vers ce type de produits, rien n’est moins sûr.

A ce jour, plus de deux cents CAT BONDS ont été émis depuis leur création, toujours pour de courtes durées (2 à 3 ans généralement, parfois 5 ans maximum). Le marché des CAT BONDS en 2016 s’établissait à 23 Milliard d’€ avec une moyenne d’émissions annuelles sur les cinq dernières autour de 5 Mdrs €/an.

Il n’aura échappé à personne que les catastrophes naturelles sont en constante augmentation autour de la planète, et ce, avec des causalités financières toujours plus importantes portaient par les assureurs et les réassureurs, d’où l’augmentation significative de la création de ces fonds mais également des volumes associés. On peut en déduire simplement que ce domaine va continuer à se développer, s’accroitre et se renforcer.

https://www.insurancespeaker-wavestone.com/2014/09/comment-les-assureurs-se-couvrent-contre-les-chutes-meteorites/

http://www.argusdelassurance.com/acteurs/catastrophe-naturelle-les-cat-bonds-concurrence-ou-complement-a-la-reassurance.110685

https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-economique/les-cat-bonds-ont-de-l-avenir

http://www.lefigaro.fr/assurance/2016/12/15/05005-20161215ARTFIG00252-le-cout-des-catastrophes-naturelles-a-explose-en-2016-a-158-milliards-de-dollars.php

David Charpentier

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