Le prêt emprunt

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Man doing his accounting, financial adviser working

Le prêt emprunt est une activité de gré à gré garantie à travers laquelle un préteur (lendeur) cède des titres à un emprunteur (borrower) en contrepartie d’un collatéral et d’une rémunération appelée borrowing fee.

Cette activité, qui a vu son émergence croître dans les années 1990, a permis à certains assetmanagement de lutter contre le manque de liquidité sur le marché et d’optimiser leurs revenus en ayant accès à certaines techniques de couverture.

On constate ainsi que les motivations incitant au prêt-emprunt peuvent différer selon les acteurs. On peut y voir une manière d’accompagner la stratégie de trading (vente à découvert) ou encore, de financer une position longue (to fund long securities holdings).

De plus, le prêt-emprunt permet de bénéficier de disparités qui peuvent exister au niveau fiscal selon les différents pays. En période de versement de dividendes par exemple, le « trading d’opportunité » consiste, pour une société, à transférer des titres vers une autre société soumise à un taux d’imposition plus faible et à se partager ensuite l’économie réalisée.

L’autre intérêt du prêt-emprunt consiste pour une société à se porter acquéreuse de titres pour les droits de vote que ces derniers confèrent, de manière à peser sur les décisions à prendre lors des assemblées générales.

Le lendeur abandonne sont droit de vote et tout les droits préférentiels attachés au titre, et peut aussi vendre le titre prêté à tout moment en faisant une demande de recalling loned shares.

Qui sont les borrower et les lender ?

Parmi les préteurs, on trouve des institutions telles que  les fonds de pensions, les fonds mutuels des assurances, et les banques centrales.

Cette activité de prêt-emprunt leur permet d’accroître leur besoin de financement et  leur rentabilité.

Concernant les emprunteurs, les banques d’investissement, les banques commerciales et les hedge funds désignent les principaux demandeurs de titre. Le but de ces institutions est de couvrir leurs positions short et de générer un besoin de financement.

Les titres prêtables sont triés en tenant compte de nombreux critères tels que  la catégorie de titres, la capitalisation boursière, la typologie des fonds et leur profil de risques. Les prêts sont valorisés chaque jour (marked to market daily) et les collatéraux sont ajustés en conséquence.

Si la contrepartie fait défaut, le collatéral requis, qui représente en France au minimum 105% du titre prêté, sera revendu ou permettra l’acquisition du titre cédé.

Le risque joue un rôle non négligeable, et il est donc important de l’appréhender. Pour cela il est nécessaire de diversifier pour le prêteur sa détention de collatéral, et de mettre en place des rapports quotidiens permettant de contrôler les positions et les expositions.

Ainsi, outre les risques de contrepartie, risques règlementaires, risques comptables juridiques et financiers, un risque opérationnel est observé et est caractérisé par un retard de livraison, mais aussi un déficit de réputation.

Pour palier un certain manquement, le prêt-empruntmet en relation de nombreux intervenants, tels que le Front-Office, le Middle-Office, le Back-Office, la direction des risques, les services administratifs des référentiels,  de la comptabilité, du Reporting, voire un service dédié à la gestion du collatéral.

Limites !

Bien que le prêt-emprunt ait le vent en poupe, certaines institutions tel que le FSB (conseil de stabilité financier) s’inquiètent du manque de transparence du secteur, en particulier sur les transactions bilatérales et synthétiques. Ces opérations sont également parfois peu visibles dans les comptes de ceux qui les pratiquent.

De plus avec la crise financière certaines valeurs d’actifs déposés en garantie peuvent également être source d’instabilité financière. Des intervenants de marché pouvant alors exclure tout un segment de collatéral de leurs opérations, un cercle vicieux risque de se former. Enfin, les ventes en catastrophe de collatéral en cas de défaut d’une contrepartie peuvent être à l’origine de perturbation sur le marché, ajoute le FSB.

Rzaini CHOUKRI

 

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